« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

samedi, 31 mai 2008

L'art, un secteur florissant

786213519.jpgLe monde de l'art se porte bien. Pas de crise pour les ventes d'art moderne et contemporain qui ne cessent d'aller de record en record. La demande grandit aussi dans le secteur des musées et des expositions. Le Louvre avait confirmé cette tendance début 2007 en annonçant l'ouverture d'une annexe à Abou Dhabi. Cela avait déclenché une polémique assez stérile dans le petit monde de la culture. Lorsqu'un mécène finance une nouvelle aile du Louvre, c'est formidable, mais lorsque nous louons nos oeuvres à l'étranger pour les faire circuler (le Louvre n'exposant que 10 % de son patrimoine de 300.000 pièces dans ses murs) et faire la promotion de notre richesse culturelle, c'est un scandale aux yeux des ayatollahs de la culture.
C'est au tour du musée Picasso, qui accueille une collection illustrant bien l'évolution du travail de Pablo Picasso, de louer ses oeuvres pour une coquette somme. Le "Picasso World Tour" a démarré en Espagne et terminera au Japon en 2011. Il se trouve actuellement à Abou Dhabi, nouvelle capitale culturelle du Golfe Arabique. A partir de l'année prochaine, l'Hôtel Salé qui abrite le musée Picasso sera fermé pour une grande restauration que cette tournée financera en grande partie. Beau montage.
 
Le point important de cette histoire, c'est que la tournée rapportera 15 millions d'euros au musée Picasso, couvrant 2/3 des travaux prévus. Anne Baldassari, directrice du musée Picasso, est franche en évoquant les 3.5 millions d'euros reçus de l'Espagne et les 3 millions d'Abou Dhabi :
"Depuis un an et demi, nous n'avons plus d'ascenseur. Nous transportons les oeuvres par l'escalier. Et tout est à l'avenant, ici. Quand les Emiratis voient ça, je vous assure qu'ils trouvent normal de payer. Et nous devrions refuser leur argent par principe et faire appel au contribuable ? Franchement, c'est absurde."
 
Abou Dhabi a choisi d'investir massivement dans l'industrie touristique et a compris que la culture en fait partie intégrante. Cet Emirat Arabe a investi un milliard d'euros dans l'annexe du Louvre, et il soutient le musée Picasso dont il fait la promotion auprès de ses riches touristes. Que demander de plus ? Pourtant, la polémique repart dans les petits cercles de la culture qui voient là une évolution inquiétante...pour leur avenir. Ils vont devoir s'adapter à ce changement de paradigme.
 
L'élévation générale du niveau d'éducation, de la richesse et de la place accordée aux loisirs accélère la croissance du secteur culturel à l'échelle mondiale. Les musées et les expositions constituene dorénavant un enjeu économique important. Chaque exposition coûte de plus en plus cher mais peut rapporter beaucoup, directement et indirectement; et durablement pour le lieu et la ville qui l'hébergent. Ce domaine crééra d'autant plus d'emplois qu'il se pliera aux règles du marché et ira à la recherche de son public, de nouveaux financements et de mécènes. Une révolution culturelle à laquelle nos fonctionnaires de la culture ne semblent pas préparés. Il leur faudra pourtant s'y faire, car aujourd'hui dans la culture, le client est roi !

mercredi, 28 mai 2008

Hugo Chavez n'a plus d'amis

893849532.JPGHugo Chavez est généreux. Très généreux. Alors que son pays sombre dans la misère, il n'hésite pas à distribuer dispendieusement les pétrodollars (souvent volés) de son pays. Hélas, ses amis l'abandonnent progressivement bien malgré eux : après Red Ken, c'est au tour de Tirofijo, surnom de Manuel Marulanda, de se retirer de la listye de ses soutiens actifs.

A Londres en effet, la défaite de Ken Livingstone, battu par Boris Johnson, a eu un effet inattendu : le nouveau maire a décidé de ne plus accepter d'argent sale du Venezuela. Son prédecesseur, Ken Livingstone, avait signé un accord avec Chavez afin de bénéficier un rabais de 20 % sur le carburant commandé à la compagnie pétrolière d'Etat, moyennant un programme de réduction du prix des billets pour 250.000 Anglais défavorisés. C'était surtout une bonne façon pour Chavez de faire sa pub sur le dos des Venezueliens qui, eux, s'enfoncent impuissants dans la misère. Boris Johnson a décidé de ne pas renouveler cet accord "completely Caracas".

En Colombie aussi, notre Lider Minimo a des ennuis. Peu de temps après les révélations autour du cadeau de Chavez à la guérilla marxiste des FARC, plusieurs centaines de millions de dollars en armes, l'annonce de la mort de son chef historique, ce fameux Tirofijo, a porté un coup au moral à notre Caudillo venezuelien. D'autant que ce décès suit celui de Raul Reyes, tué dans un raid de l'armée colombienne en Equateur (mais que faisait-il donc là-bas ?), et d'Ivan Rios, assassiné par l'un de ses gardes du corps (preuve que le moral des terroristes baisse malgré le soutien du voisin Chavez).

Pour ses amis les FARC, que Chavez ne s'inquiète pas trop. Les amis de nos amis sont nos amis, ont tranché nos responsables gouvernementaux...voire elyséens qui pensent à les héberger sur notre territoire s'ils libèrent rapidement Ingrid B. Heureusement qu'il reste des députés qui ont les pieds sur terre. Jacques Myard, député UMP, s'est permis de réagir officiellement :

« Coupables d'avoir séquestré une Française, ces individus seraient passibles de poursuites. Les recevoir nous rendrait en quelque sorte complices ; politiquement, ce serait scandaleux, [...] on a trop joué sur la médiatisation. »

 

Pauvre Chavez, même dans notre pays où il compte tant de soutiens, ce n'est pas gagné.

vendredi, 23 mai 2008

Oui, je suis libéral ET socialiste

1721376322.jpgDelanoë fait son coming out avec un timing bien calculé. Il se démarque de Ségo qui, poussée à réagir dans la confusion, révèle à nouveau une vision creuse de l'avenir du pays. Il surfe sur la mode du Blairisme flamboyant (cela dit fort critiquable et dont Gordon Brown est en train de payer la facture). Et avec l'actif concours de son fidèle allié, Le Nouvel Obs, et de Manuel Valls et Vincent Peillon le voilà lancé dans un pari audacieux : assumer l'étiquette libérale au moment où les Français déchantent avec les fausses bonnes réformes du gouvernement, et attendent une nouvelle proposition de "rupture".

Si ce roi du marketing estime que ce positionnement peut lui faire gagner le coeur des socialistes, puis celui du pays, c'est bien que les mentalités évoluent vite. Une aspiration à davantage de liberté, de mouvement et de changement. Le libéralisme, jamais mis en oeuvre dans notre pays, commence à faire rêver. Même à gauche.

Mais qu'entend-il vraiment par "libéral" ? Nous sommes tous d'accord pour refuser la fatalité de la servitude, briser les chaines de l'oppression, défendre la liberté et la responsabilité. Même Henri Guaino. Cela marque-t-il pour autant une réelle volonté d'exiger moins d'Etat pour rendre leur espace de liberté aux individus et à la société civile, ou de défendre le vrai respect du libre choix de chacun ? Va-t-il abandonner les vieilles lunes socialistes concernant les services publics monopolistiques, les statuts protégés et la redistribution excessive pour porter ses priorités sur l'économie du savoir et de l'innovation, sur la mobilité sociale, sur l'émulation nécessaire au sein des services fondamentaux de l'éducation et de la santé ?

En lisant le détail de son propos, on se rend compte qu'il est beaucoup plus reservé sur le libéralisme que ce que le Nouvel Obs a fait ressortir. A la question "Tenez-vous un discours social-libéral ?", il répond d'abord :

"Non, je ne suis pas social-libéral : je n'adhère pas à ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable "libéral". Et quand il s'applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu'un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inaceptable pour un progressiste, c'est de hisser le "libéralisme" au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l'Etat et laisser-faire économique et commercial."

 

Nous voilà rassurés sur les limites de son "libéralisme". Cela dit, il est heureux qu'il se soit tout de même placé sur une voie dont il devra durablement assumer la portée : "être libre, ce n'est pas faire ce que l'on veut mais vouloir ce que l'on fait." Dans le flou de ses propos, nous sommes nombreux à souhaiter connaître sa définition du concept de "servitude", ainsi que le degré de la servitude auquel il n'est pas prêt à renoncer. Ce n'est pas tout de déclarer sa foi dans la Liberté. Encore faut-il en assumer le sens.

Il précise d'ailleurs sa pensée sur des sujets sensibles : "La gauche doit rester le parti de l'impôt", "La gauche a toujours été le parti des fonctionnaires, c'est à dire des agents de l'Etat." En consacrant le principe d'un statut dérogatoire pour le service de l'Etat, il vient contredire ses autres positions. Je ne reconnais pas un fonctionnaire en tant que tel mais en tant qu'enseignant, magistrat, guichetier au service des impôts... Par la fonction plutôt que le statut. Un prof ne sert pas l'Etat, il sert avant tout ses élèves et leur(s) famille(s). Un infirmier d'hôpital public ne sert pas l'Etat mais les patients. Bertrand va devoir réécrire sa copie avant de gagner en crédibilité auprès des libéraux. A ce jour, il reste ardent défenseur de l'impôt, des 35 heures, du statut de la fonction publique et de tout ce qu'il dénonce avec de grands mots pour faire croire à la modernité de sa pensée.

Je crois toutefois que nous devons féliciter Bertrand Delanoë pour cette audace qui place ce débat de fond sur le devant de la scène. Les prochaines années verront probablement s'opposer, à droite comme à gauche, les étatistes et les libéraux. Et sur ce point, Delanoë a raison : "Sarkozy n'est pas libéral, il est conservateur. Il l'a prouvé à plusieurs reprises : étatiste, protectionniste, il impose à tous les échelons  l'omniprésence d'un Etat que dans le même temps il désarme". Mais est-ce tellement différent à gauche ?

lundi, 19 mai 2008

Chinafrique, vers l'intégration de l'Afrique dans la mondialisation

518006134.jpgL'année dernière, j'avais signalé que l'Afrique attirait de plus en plus de ressources, capital humain aussi bien que financier, non plus seulement pour ses matières premières mais pour son potentiel intact de développement économique. Fonds et entreprises hésitent de moins en moins à investir sur ce continent qui s'est coupé trop longtemps du mouvement de mondialisation.  Deux journalistes ont passé un an en Afrique pour étudier cette tendance de près. Serge Michel, correspondant du Monde pour l’Afrique de l’Ouest, et Michel Beuret, du magazine suisse L’Hebdo, publient une enquête de 350 pages sur la présence chinoise en Afrique. Dés le 20 mai, jour de parution de cette étude, je vous recommande de faire comme moi et de courir chez votre libraire pour vous plonger dans la lecture de cette étude.
 
Ils avacent, citant plusieurs sources, qu'il y aurait 500.000, 750.000 ou 1 million de Chinois installés sur le continent africain, sans que personne ne sache trop bien l'ordre de grandeur exact. Seule certitude : "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !". 
 
Le Monde daté du 20 mai termine un bel article sur le sujet ainsi : "De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)"
 
Les fonds d'investissement suivent ce mouvement, les capitaux continuent à affluer dans la perspective de valoriser le capital humain jusqu'ici inexploité. Serait-ce la fin de la marginalisation de ce continent maudit ? Lorsque ses dirigeants comprendront qu'aucune richesse n'égale le capital humain, que l'état de droit, le respect de la propriété privée et la libre circulation des biens et des capitaux favorisent un développement économique et le recul de la pauvreté endémique, le continent aura franchi une étape importante. Restera à circonscrire les conflits meurtriers que la FAA a du mal à gérer aujourd'hui.

samedi, 17 mai 2008

L'argent sale des syndicats

438722246.jpgCe livre a peu fait parler de lui. Il touche un point névralgique dans notre pays : le syndicalisme. Tout le monde s'accorde à le dire malade,  archaïque et essentiellement tourné vers la défense d'intérêts corporatistes. Peu osent le déclarer corrompu. Pourtant, deux journalistes qu'on ne peut soupçonner d'anti-syndicalisme primaire, Roger Lenglet, Jean-Luc Touly (ancien délégué CGT chez Vivendi), viennent de lancer un pavé dans la mare.

De l'affaire de la CGT et du CE d'EDF à la "fluidification des relations sociales" par l'UIMM, plusieurs dossiers avaient déjà défrayé la chronique. Ils restaient ponctuels. Ce livre dresse un tableau beaucoup plus sombre du syndicalisme dans son ensemble. Espérons que les médias français oseront s'appuyer sur cette bombe pour ouvrir le débat...malgré le risque de rétorsion du syndicat du livre. Même si les fameux "partenaires sociaux" ont esquivé le scud au moment de se partager le gateau en négociant un compromis de représentativité syndicale en avril. 

Après s'être un peu attaqués aux pratiques mafieuses du monde politique, nos "petits juges" ne devraient pas tarder à étudier  de près celles des syndicats officiels. En faisant tomber ce tabou, ils ne changeront sans doute pas les règles du jeu ni ses acteurs principaux (pas plus qu'en politique), mais ils faciliteront le débat de fond sur le rôle et l'utilité du syndicalisme dans notre pays.

jeudi, 15 mai 2008

Hugo Chavez, le dangereux allié des FARC

1090007812.jpgL'information tombe vraiment mal. Ce qui explique les médias français ne reviennent pas trop dessus. Hugo Chavez arme des terroristes sanguinaires, les FARC colombiens, par centaines de millions de dollars ! Il faut dire que l'espoir de libération (âprement négociée) d'Ingrid Bettencourt n'étant pas retombé, ce n'est pas le moment de se fâcher. Pourtant, cette nouvelle ne surprend pas les esprits progressistes qui savent qu'Hugo Chavez, petit dictateur marxiste corrompu, constitue un vrai danger pour le continent sud-américain. Après avoir étouffé les médias et nationalisé brutalement des pans entier de son économie dans son propre pays, sa vision expansioniste ne fait plus de doute. Il se veut l'héritier idéologique de Fidel Castro et diffuser son idéiologie communiste à tout le continent. Bref, l'alliance avec les FARC semble bien naturelle aux observateurs lucides. Le réarmement du Vénézuéla avec l'argent du pétrole a de quoi inquiéter.

Idôlatré par nos altermondialistes, il est la nouvelle coqueluche de l'extrême gauche dans le monde. Moins dans son pays où la misère ne recule pas. Le peuple vénézuélien subit l'évolution d'un régime populiste qui se rapproche du modèle dictatorial. L'économie domestique, de plus en plus dépendante du pétrole national(isé), bloque l'initiative privée. Hugo Chavez est loin de la gauche éclairée de Lula ou de Michelle Bachelet. Ceux qui ont tant critiqué la realpolitik de Nicolas Sarkozy devraient assumer le même discours avec ce dictateur de plus en plus menaçant d'Amérique Latine. Ce n'est pas parce qu'il peut aider à faire libérér Ingrid Bettencourt qu'il est respectable. Faudra-t-il attendre qu'il fasse tirer sur les manifestants vénézuéliens pour que notre gauche radicale ouvre un peu les yeux sur le danger Chavez ?

Toutes les notes