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samedi, 22 décembre 2007

La Direction de la RATP estime que le régime spécial a été maintenu

Nos grands quotidiens n'ont pas trop insisté sur ce titre étrange. Les syndicats ont beau se dire "partagés", il semble bel et bien qu'ils soient parvenus à maintenir le fameux régime de retraite de la RATP proche de son état initial, les compensations arrachées coûtant presque plus cher au contribuable, au final, que la situation d'origine.

 

Le détail des négociations étant particulièrement technique et opaque, difficile d'en savoir plus à ce stade... 

vendredi, 21 décembre 2007

Cas Bolufer : fraude dans une totale opacité

Le directeur de Cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, habite un petit 190 m2 coquet donnant sur la chapelle du Val de Grâce. Au lieu de payer 20 à 30 euros le m2, il règle 6.30 euros le m2 à la RIVP, l'organisme très opaque de la Ville de Paris (qui ne gère "que" 43.539 logements à Paris, nettement moins que l'OPAC de Paris qui dispose, elle, de 119.418 logements à très bas prix locatif). Occupant cet appartement depuis 1981, lorsqu'il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, on peut comprendre que le loyer n'ait pas suivi l'évolution du marché. Mais entre les 1.200 euros de loyer mensuel actuel et l'estimation haute de 5.700 euros par mois, notre haut fonctionnaire paye tout de même plusieurs milliers d'euros de moins par mois que le "vrai prix". Soit plusieurs dizaines de milliers d'euros d'avantage en nature defiscalisée par an !

 

Une fois de plus, nous constatons que le monde politique complète toujours les salaires de son personnel (sinon le sien même) par des avantages en nature divers et variés, non imposables et opaques. Si les rémunérations de base ne sont pas satisfaisantes, il faut les augmenter. Sinon, il faut s'en satisfaire. Il existe certainement des talents prêts à faire le même travail pour le salaire proposé. En attendant, le contribuable se rend compte que son argent ne va pas du tout où il le croit, le budget de la protection sociale servant ici implicitement à sur-rémunérer un haut fonctionnaire qui gravite depuis longtemps autour du monde politique.

 

Anecdote agravante, Jean-Paul Bolufer n'a pas hésité à sous-louer son bel appartement entre 1989 et 1996, alors qu’il avait été nommé à Toulouse puis de 1997 à 2007, alors qu’il bénéficiait d’un logement de fonction à Paris comme directeur des Journaux officiels. En tant que contribuable et en tant que responsable politique, j'aimerais savoir quels loyers il a perçu, et s'il les a bien déclarés au fisc. Si la fraude fiscale est lourdement sanctionnée lorsqu'elle concerne un entrepreneur ou une profession libérale, nous sommes en droit d'exiger le même traitement à l'égard de ceux qui vivent de notre argent. Et nous sommes ici en présence d'un risque manifeste. Que la lumière soit faite rapidement.

 

bfabf6d20d50eae8be0f38fb045dfde7.jpgSous la pression de françois Fillon, Christine Boutin a démis Bolufer de ses fonctions. Le président de la RIVP, Pierre Castagnou, a assuré de son côté avoir «engagé une procédure de résiliation du bail» et envoyé pour cela un recommandé à M. Bolufer le 14 décembre dernier, «l’enjoignant de donner sans délai son congé». Un peu tardivement. Une fois de plus, nous constatons que la gestion du parc HLM n'est pas à la hauteur. A Paris, le parc HLM constitue pourtant 17 % de l'ensemble des logements, de quoi loger les personnes les plus en difficulté. Hélas, on imagine bien l'échelle de ce type de fraude et de détournement de son usage social. Je souhaite que la Ville de Paris publie arrondissement par arrondissement le nombre de logements sociaux et, pour chaque logement, la superficie, le nombre de personnes et le revenu moyen sur les 3 années précédentes du foyer fiscal y habitant.

 

C'est dans ces conditions de transparence que les Parisiens pourront être rassurés par le bon usage de notre parc social et qu'un débat sur le mode d'attribution de ces logements, définitif comme aujourd'hui ou sous la forme de bail renouvelable sous condition de ressource comme je le souhaite, pourra avoir lieu sereinement.

 

Note :  « Se trouvent aujourd’hui dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être et se trouvent dans la rue, dans des campings des gens qui devraient y être, notamment parmi les jeunes… Je considère que c’est un véritable scandale… Nous sommes en train de préparer un texte pour mettre en place de véritables surloyers pour ceux qui occupent indûment le parc HLM et qui, bénéficiant de leur rente de situation, se font construire peut-être par ailleurs des résidences secondaires. » . Ce n'est pas une réponse populiste d'un homme politique extrémiste, c'est signé Jean-Paul Bolufer sur France Culture le 22 novembre dernier !

mercredi, 19 décembre 2007

En politique, il faut aller chercher les voix une par une

Nicolas Sarkozy l'a bien compris. Après avoir conquis le coeur d'une droite en manque de repère, il a gagné progressivement celui de Français du centre et de gauche. Les partis sarkozystes de gauche essaiment avec Eric Besson (qui le connaît ?) ou Jean-Marie Bockel en tête pour ne prendre qu'eux. Les intellectuels de gauche lui reconnaissent des qualités après avoir hurlé au loup. Les artistes s'y mettent à leur tour. On reconnait ses erreurs. Le temps est à la repentance. Et les réformes, bonnes ou mauvaises, passent avec le soutien plus ou moins implicite d'une opinion publique béate.

 

Nous avons clairement affaire à un mutant de la politique. Sans avoir fait le parcours habituel Sciences-Po Ena Cabinet ministériel, il gagne ses batailles sur le terrain où il va conquérir chaque voix, une par une. La seule qui compte pour lui, c'est celle qui est juste après les 50 %. Human Bomb n'a pas eu le temps de voter pour lui, mais je parie qu'il l'aurait fait après son entreveue avec Nicolas Sarkozy s'il n'avait pas été abattu dans l'école à Neuilly. En revanche, combien de grévistes CGTistes ou de marins pêcheurs encore en vie voteront Sarko après l'avoir vu venir leur parler d'homme à homme, avec des mots simples et des convictions (le chéquier en langage courant) ! Tout le monde aime ou a au moins aimé un instant celui qui ose se retrouver seul au milieu d'une foule en colère pour la retourner.

 

 

6921bc565747292a49688d6360a56532.jpgEt il ne retourne pas que les marins, notre Nicolas. Très récemment, c'est l'une des plus belles femmes du monde qu'il a retournée séduite. Et là, tous les mâles de la République ont dû penser la même chose. Nicolas est fort. Il est très très fort. Cécilia était très belle. Mais son dernier bulletin de vote arraché à l'ennemi, c'est de l'exceptionnel. Carla Bruni n'est pas seulement belle et riche, elle écrit, elle chante, elle est brillante. Au tableau de chasse de Sarko, quel beau trophée supplémentaire. Et c'est réciproque. Cette croqueuse d'homme qui n'hésite pas à arriver un week-end avec le père pour repartir avec le fils (ou l'inverse) pourra se vanter d'avoir connu l'intimité des plus grands de ce monde. Enfin...grand, façon de parler.

 

 

Elle avait soutenu Ségolène, elle se déclarait à gauche. Et hop ! la voilà dans le lit de l'icone de la droite, lui offrant son image qui n'a pas de prix pour les marques qui se l'arrachent. Espérons pour lui qu'elle met du coeur à l'ouvrage, car lorsque Nicolas serre Carla contre lui (NDLA : les services de l'Elysée me confirment bien qu'il s'agit d'un homme), ce sont un peu tous les Français qui la serrent contre eux. Bon, ils vont devoir accepter d'avoir affaire à deux caractères ingérables. Lui est un coureur. Elle avoue qu'elle "s'ennuie follement dans la monogamie". Avec un tel taux de phéromones dans l'air, ça va swinguer à l'Elysée.

 

Nicolas, il te manque un trophée. Une fois Carla envolée vers d'autres cieux clinquants, attaque Ségolène. Elle est seule, elle a un charme royal et elle pense un peu comme toi. Si vous finissiez en couple à l'approche de 2012, vous seriez assurés, ensemble, de battre ton record de 2007. 

mercredi, 12 décembre 2007

Bernard Laporte innove et rend le volontariat obligatoire

Dans une interview récente, Bernard Laporte a ressorti un vieux serpent de mer français : le service civique obligatoire. Sa mouture imposerait 100 heures de travail au service d’une association aux adultes de 18 à 25 ans. Depuis la disparition du service militaire, le monde politique reste nostalgique de cet apprentissage forcé, qu’il soit militaire ou « civique ». De la remise au pas des insoumis à l’apprentissage supposé de la mixité sociale, les arguments en faveur d’un service obligatoire affluent de la droite comme de la gauche. Contraire à l’éthique d’une démocratie moderne, le travail obligatoire est aussi contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme. Semblant ignorer ce fait, le Secrétaire d’Etat aux sports propose également d’instaurer un « livret d’épargne civique » qui suivrait chaque Français tout au long de sa vie. L’aspect bureaucratique et le coût de ces mesures ne sont jamais exposés au grand public, afin de ne pas l’effrayer avec cet aspect trivial. Plus important, il s’agit d’un choix de société dont les conséquences inquiètent profondément les libéraux.

 

 

Tout le monde s’accorde sur le fait que l’engagement associatif, fruit d’une démarche volontaire, constitue une formidable expérience. Le don de soi favorise l’épanouissement personnel au travers de l’échange. Il renforce progressivement notre tissu social et contribue à l’émancipation de la société civile vis-à-vis de l’Etat. Nous en sommes loin, et cela alimente l’inquiétude de Français confrontés à une société divisée et déprimée. A chaque ébullition dans une cité, à chaque sondage révélant un sentiment de délitement social, nos gouvernants cherchent les artifices qui calmeront les craintes de leurs concitoyens. S’ils affirment vouloir davantage d’implication individuelle dans la vie locale et dans le monde associatif, nos politiques persistent à vouloir construire une société idéale bien artificielle. Pour Alternative Libérale, la société civile ne regagnera du terrain que si les individus qui la composent se sentent responsables de son sort et libres de leurs choix. L’engagement contraint et formaté ne remplacera jamais l’implication volontaire dans la création du lien social.

 

 

L’architecture de notre modèle social date de la période de reconstruction après-guerre. Profondément collectiviste, elle laisse un espace de décision trop réduit aux individus et à la société civile. Peut-être le « repli sur soi » tant décrié constitue-t-il d’ailleurs une réaction de défense face à un système qui a substitué ses contraintes rigides au nom du « bien public » à de nombreux choix qui auraient dû rester individuels ? En tout cas, notre modèle révèle aujourd’hui ses limites, par exemple avec le risque d’écroulement de notre régime des retraites par répartition. La dette qui attend le « jeune de 18 à 25 ans » commence à ébranler les fondements de cette « solidarité intergénérationnelle » tant vantée par ceux qui ont dépensé cet argent qu’ils n’avaient pas. Faire de l’engagement citoyen une obligation, sans en saisir la contradiction, revient à culpabiliser implicitement la nouvelle génération pour son irresponsabilité et son égoïsme supposés. Est-ce bien le message que nos hommes politiques veulent faire passer à ceux qui devront porter ce fardeau ?

 

 

Le « livret d’épargne civique » marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance officielle de ce type d’engagement. En consacrant le travail bénévole au travers d’un statut, un de plus, l’Etat pourra enfin influer sur ce type d’engagement qui relevait de la sphère privée jusque là. Si cette intrusion va à l’encontre de la volonté de discrétion de nombreux bénévoles, elle va surtout créer deux catégories de citoyens : ceux dont l’engagement sera visible et les autres. Si seuls nos comportements dangereux pour notre santé et celle d’autrui étaient la cible de réglementations et de discours publics culpabilisants, nous glissons irrésistiblement dans l’ère du jugement moral d’Etat. Après les messages obligatoires accompagnant toute promotion d’alcool ou d’aliments jugés peu sains, nous aurons dorénavant une quasi obligation morale d’être bénévoles et de l’afficher sur un livret. Aux incitations fiscales suggérées, paradoxales pour du bénévolat, succèderont peut-être un jour des sanctions. A quand la pastille verte du bénévolat, le bonus-malus en fonction de son engagement civique ou les emplois prioritairement accordés aux détenteurs d’un « livret d’épargne civique » bien rempli ?

 

 

Les libéraux, avocats et initiateurs historiques de la liberté d'association et de l’engagement civique, s’accordent tous à penser que la société civile doit se muscler. Nous sommes au seuil d’un choix crucial concernant notre modèle de société : l’approche libérale ou la méthode dirigiste. Bernard Laporte nous propose la seconde option, certes plus facile à médiatiser pour un ministre qui cherche à capitaliser sur son image. Mais en classant ceux que l’Etat juge coupables de ne pas jouer collectif dans la catégorie des citoyens de second rang, notre pays s’engage dans une voie dangereuse. Considérant au contraire la liberté comme fondatrice des rapports sociaux, Alternative Libérale souhaite passer d’une « société de contrôle » à une véritable « société de confiance et de responsabilité ». Monsieur Laporte, les libéraux vous demandent de ne pas forcer de jeunes adultes à servir malgré eux, à ne pas faire du bénévolat un critère moral public. Retirez votre projet de service civique…par simple civisme.

Etre épicurien, c'est être libéral

(l'inverse n'étant pas forcément vrai)

 

b616683d82c8cf518b207df7dd2014fb.jpgMerci à mes amis de Liberaux.org qui ont déniché cette lueur d'espoir dans notre monde de plus en plus hygiéniste et prohibitionniste. Le site des Amis des Plaisirs et du Goût commence avec cette belle sentence qui donne le ton :

"Le bien-être sanitaire doit être la démarche responsable de chaque individu et non pas un dogme imposé par l'Etat ou des lobbies "bien-pensants".

 

La seule lecture de ces mots me met l'eau à la bouche. La suite confirme cette philosophie simple : "Une tendance prohibitionniste s'installe peu à peu en France... Notre plaisir, celui de la table, celui du goût, ne saurait être bridé par l'hygiénisme ambiant.[... nous ne nous résignerons pas à la malbouffe au mal-manger, au mal-vivre.  ". Cela tombe bien, nous non plus. Le siège social se situe rue des fêtes, normal. Les bonnes adresses ne sont pas encore révélées aux gourmands que nous sommes, ça ne saurait tarder. Nous espérons que vins, alcools et bons petits plats seront au menu.

 

Comme moi, empressez-vous d'aller signer leur pétition.

 

Hélas, le diable ne rôde jamais bien loin, tapi dans un coin comme à son habitude pour nourrir insidieusement nos angoisses et nos frustrations :

 

Surtout, n'oubliez pas d'aller sur mangerbouger.fr après avoir lu ces insanités.

mardi, 11 décembre 2007

Publicité agressive

N'étant absolument pas opposé à la publicité, je me permets tout de même de manifester ma réprobation quand je vois, au-dessus du bandeau de mon blog, la pub suivante :

 

 

Un peu de respect pour l'auteur de ce blog, je vous prie. 

lundi, 10 décembre 2007

Nous sommes tous des "infirmières bulgares"

Je vous invite à participer à l'évènement suivant :

 

Grande manifestation du collectif des infirmières bulgares,

qui ira demain après-midi du 37, quai d'Orsay, sous la direction de Rama Yade, à l'Elysée pour manifester sa joie à l'occasion de la venue du "Guide de la Révolution".

Habillez-vous tous en infirmière bugare

 

7c673b1b58ea0bfa75d33a324a168ffa.jpgNous serons des milliers d'infirmières bulgares dans la rue. Quitte à ressembler à une Gay Pride hivernale. Non pas pour demander qui aura le prix Kadhafi des Droits de l'Homme (après Castro, Chavez ou le négationiste Garaudy... pourquoi pas Poutine en 2008 pour avoir obtenu 99% des voix dans une Tchétchénie karcherisée ?). Pas non plus pour négocier des dividendes aux entreprises qui profiteront de ce voyage officiel pour signer quelques juteux contrats, par exemple les centrales nucléaires promises par Nicolas Sarkozy. Juste pour demander au gouvernement d'arrêter ce défilé de tyrans à l'Elysée. Un minimum de dignité, svp !

 

"L'ouverture" va un peu trop loin.

Après un voyage officiel sans anicroches (même sur les Droits de l'Homme, à peine évoqués) en Chine, après le soutien enthousiaste à Chavez puis à Poutine, voilà que nous invitons en grande pompe le colonel Kadhafi à venir planter sa tente chauffée par ses 40 call girls, ses fameuses amazones armées (amazone, c'est vite dit), quelques jours à Paris. Tapis rouge, caviar, champagne pour ce SdF nord-africain. Rama Yade a enfin décidé de servir à quelque chose, histoire de justifier une petite partie de son salaire de ministre secrétaire d'Etat : « Mais au bout d’un moment, il faut bien que j’endosse l’habit ». La tâche l'habite, c'est clair. Le seul bon point au tableau de Nicolas Sarkozy, c'est d'avoir conclu la libération des infirmières bulgares (en volant au passage la vedette à Angela Merkel qui avait pourtant démarré les négociations sur cette question). Fallait-il en faire autant ?

 

« Je ne pense pas qu’on puisse se contenter d’une déclaration de virginité du colonel Kadhafi. C’est comme l’amour, c’est les preuves qui comptent. »

 

Cela dit, je ne vois pas en quoi les preuves d'amour consisteraient en une "déclaration de virginité". Au contraire, un peu d'expérience n'est pas inutile. En revanche, pour ce qui est des bisous et des cadeaux, je vois mieux dans quelle direction Nicolas Sarkozy nous emmène. Même dans le camp de la majorité, ça grince. Une fois de plus. Sans doute parce qu'avant de se faire baiser, la majorité, elle, n'a pas eu droit aux bisous. Bon, pardonnez-moi cette trivialité qui ne m'est pas coutumière (si ?), mais cette manie de jouer copain-copain avec des tyrans peu reluisants devient agaçante. Sans verser dans utopie, un minimum de distance devrait s'imposer avec ces gens-là. Nous ne sommes pas obligés de vendre des centrales nucléaires à tous les tyrans de la planète, tout de même. Ou alors j'ai mal compris le sens de "l'ouverture" du président. Peut-être entendait-il l'étendre au-delà de nos frontières ?

 

Bernard Kouchner, toujours prêt à déclarer la guerre à l'Iran (l'Irak, à côté, c'était de la balle), se fait discret dans ces moments délicats, hélas de plus en plus nombreux. Ainsi a-t-il pu répondre aux journalistes qu’il n’assisterait pas au dîner officiel puisque, «par un heureux hasard», il était retenu pour une réunion à Bruxelles. Y en a qui ont du bol au bon moment.

 

Une pensée pour...

Cette manifestation n'aura pas lieu. C'était une blague. L'affaire n'en est pas moins grave. Plus sérieusement, si vous avez pris 3 minutes pour lire ce petit texte sans ambition, vous devez pouvoir consacrer une minute de plus, en silence, en mémoire des victimes de l'attentat de Lockerbie (270 morts), du vol UTA à destination de Brazzaville (170 morts), de celles, bien plus nombreuses encore, des actions terroristes organisées depuis la Libye et financées par Kadhafi, des journalistes et opposants au régime libyen incarcérés, torturés et parfois disparus, et, enfin, de ces pauvres infirmières bulgares torturées pendant des années sans que l'Europe réagisse.

dimanche, 09 décembre 2007

Ron Paul : when you sacrifice Liberty to security, you lose both

I Heart Ron Paul

Ron Paul est l'outsider républicain des primaires aux Etats-Unis (voici le blog français de sa campagne). Ce libertarien (libéral au sens européen du terme, et non pas "liberal" au sens américain) est parvenu à se hisser au niveau des grandes figures républicaines avec un discours radicalement différent des autres candidats, notamment parce qu'il est le seul à s'être opposé à la guerre en Irak depuis l'origine. Le 5 novembre, une grande opération lui a permis de lever 4 millions de dollars en une seule journée. Un record aux Etats-Unis. Signe qu'un déclic a eu lieu. De nombreux grands médias ont alors dû se pencher sur ce cas atypique qui a émergé hors de tout système établi.

 

Si je ne partage pas certaines des positions de Ron Paul, notamment en ce qui concerne les banques centrales et l'immigration, je trouve son discours très intéressant. D'autant plus intéressant que ce qui est en train de se passer est important. Face aux dérives liberticides, face aux dérives protectionnistes, face à l'inflation réglementaire, face à l'envol des dépenses publiques qui atteignent des niveaux faramineux, soutenues par l'action d'industries qui en vivent comme le secteur de l'armement, il tient un discours cohérent qui séduit de plus en plus d'Américains. Même s'il ne franchit pas la barrière des primaires, ses idées resteront. En espérant que d'autres porte-parole libéraux talentueux prolongeront ce combat. 

 

 

 

Le 16 décembre, l'équipe de campagne de Ron Paul propose de fêter les 234 ans du Boston Tea Party à Boston, déclencheur de la Révolution Américaine contre l'oppression fiscale britannique, et de renouveler le coup du "money bomb" du 5 novembre. Objectif : récolter plus de 10 millions de dollars en une journée. 

 

 

vendredi, 07 décembre 2007

Nanterre : bloqueurs délogés par les étudiants

Vidéo intéressante pour bien saisir la relation entre bloqueurs violents, peu nombreux, et la masse des étudiants qui veulent tout simplement travailler :

 

 



SMIC en Allemagne : un outil au service du monopole de la Poste

En Allemagne, la rémunération minimum, comme le temps de travail, n'est pas établie au niveau national, mais librement déterminée par des accords de branche entre partenaires sociaux, sans intervention de l’Etat. Après une première tentative infructueuse du SPD, cette année, l'idée de fixer un salaire minimum légal vient de l'emporter. Angela Merkel vient de céder et d'accepter son introduction dans un secteur en passe de s'ouvrir à la concurrence : le service postal. Les conséquences d'une telle intrusion de l'Etat dans un domaine privé peuvent pourtant être dramatiques pour le pays. Surtout que l'Allemagne compte déjà 3.5 millions de chômeurs. Bien que son principe soit généralement populaire, ce seuil minimum remontant les plus bas salaires dans l'esprit du public, la réalité est toute autre. Concrètement, le seuil exclut des catégories d'emploi dont l'utilité lui est inférieure, ainsi que toutes les personnes dont l'expérience et les compétences sont trop faibles pour espérer rentabiliser une telle rémunération.


Cette barre ressemble à celle du saut en hauteur. Elle est d'autant plus difficile à franchir qu'elle est haute. Lorsque Tony Blair l'a introduite au Royaume-Uni, il a choisi un niveau suffisamment bas pour exclure le moins de salariés possibles du marché de l'emploi. Il mesurait déjà la corrélation directe entre la hauteur de la barre et celle du taux de chômage parmi les couches les plus précaires. Résultat, seuls 3 % des salariés sont rémunérés à ce seuil minimum légal, et le chômage est inférieur à 5 % depuis de nombreuses années. En France, au contraire, le niveau du SMIC est suffisamment élevé pour coller 20 % des salariés à ce niveau. C'est la fameuse "SMICardisation" tant décriée. Effet voiture balais, ce SMIC, que la droite a considérablement relevé, contribue lourdement au chômage des profils les moins qualifiés, et souvent durablement. C'est une véritable trappe à exclusion décidée arbitrairement par des politiques qui se fichent éperdument des conséquences économiques et sociales de cette mesure, pourvu que les sondages aillent dans le bon sens.


La semaine dernière, Angela Merkel vient de faire un grand pas en arrière en dédidant d'établir un salaire minimum de 8 à 9.80 euros de l'heure à partir de janvier 2008 dans les services postaux au moment où ceux-ci s'ouvrent à la concurrence. Le principe est clair : couper la concurrence dans son élan, protéger l'ex-monopole public, Duetsche Post, et maintenir des tarifs postaux élevés pour le consommateur. C'est ce que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la BCE, vient de dénoncer lui aussi, come de nombreux observateurs locaux. Réaction immédiate : les concurrents de la Poste allemande ont annoncé les coupes dans leurs effectifs : 1.000 licenciements pour Pin Group, TNT et de nombreux autres opérateurs sont en train de refaire leurs calculs. Estimation : un tiers des 60.000 emplois sont mis en danger par l'instauration de ce revenu plancher. Les 20.000 emplois menacés sont bien entendu ceux qui auront le plus de mal à trouver un autre emploi, faisant partie des moins qualitifés.


Portée par le sentiment de confiance des entreprises et par une croissance consistante, Angela Merkel semble vouloir étendre cette mesure à dix autres secteurs de service non délocalisables. L'un de ses arguments de poids, c'est qu'en l'absence de revenu minimum légal, de trop bas salaires pèsent lourd sur la protection sociale qui vient compléter leur revenu. Mais le chômage plus élevé qui en résultera ne sera-t-il pas plus élevé que ces gains estimés ?

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