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jeudi, 29 novembre 2007

Le Nouveau Centre ne dort plus dans la rue

Il désespérait de ne pas avoir d'argent public. Il avait tenté de modifier la loi sur le financement des partis et Nicolas Sarkozy ne savait plus comment sortir ces alliés encombrants de cette impasse. Mais les filous du Nouveau Centre sont des malins. Ils ont trouvé un gentil parti indépendantiste des Dom Tom, le Fetia Api. Pour la très modeste somme de 20.000 euros par an, cette formation va permettre au Nouveau Centre de toucher environ 1 million d'euros sur an, 5 millions sur la mandature. Ca, c'est de l'effet de levier :

 

"Le récent parti centriste n'a obtenu aucun subside de l'État, faute d'avoir atteint aux législatives le seuil des cinquante candidats ayant obtenu 1% des voix. En s'alliant au Fetia Api, qui bénéficie des règles moins contraignantes de l'Outre-mer, le Nouveau Centre devrait toucher 'entre 880 000 et 1,3 million d'euros' (...)", rapporte "Le Monde" qui ajoute qu'en échange de son concours, le Fetia Api devrait obtenir une enveloppe de 20 000 euros."

 

Cette combine rend Maître Eolas (que je n'ai pas reconnu de mon balcon, parmi les avocats qui défilaient en chantant, cet après-midi, rue D. Casanova en direction de la place Vendôme) malade. Soit. Mais c'est bien la loi qui incite à de telles accrobaties. Comment se retrouve-t-on avec 20 candidats dans chaque circonscription à chaque élection ? Placer des candidats qui ne seront jamais élus, mais dont le coût de la campagne sera pris en charge par le contribuable, relève de la même logique pour les grands partis assurés de voir leurs ouailles atteindre les 5 % aux législatives. Placer des femmes sans logique de compétence (mais y en a-t-il une dans le monde politique ?) mais uniquement financière sert un but de parité, mais il repose sur ce même ressort. Chaque score, c'est avant tout un revenu pendant 5 ans. 20.000 voix, c'est plus de 30.000 euros par an pendant 5 ans. Imaginez l'enjeu à l'échelle de 577 circonscriptions !

 

Certes, le fait de négocier APRES le résultat de l'élection fait tâche. Tout le monde a négocié AVANT pour que ça ne se voit pas trop. Mais le principe reste le même : il y a un butin à se partager, financé par l'impôt. Les règles du jeu sont taillées sur mesure, elles laissent un espace ouvert pour apporter une solution aux cas difficiles.

 

Quelle morale tirer de cette histoire ? Le Nouveau Centre a prouvé à ses électeurs qu'il avait une réelle capacité à aller puiser dans les ressources d'autrui pour financer un projet propre, quitte à pratiquer l'art de la contorsion maximum ! Cette histoire rassurera localement. Demain, quand il s'agira de financer de lourds projets locaux, ils seront les plus compétents pour aller chercher des fonds en exploitant toutes les possibilités que notre décentralisation ratée leur offre : conseil général, régional, gouvernement et fonds européens, sans parler des multiples institutions parallèles. Citoyens, dormez tranquilles. Les plus compétents veillent sur vous.

mercredi, 28 novembre 2007

Les jeunes favorables à la retraite par capitalisation

Une bonne nouvelle figure en couverture et aux pages 2 et 3 du parisien du jour. Nous savons le sujet des retriates explosif. La mini-grève des transports que nous venons de subir n'est qu'un amuse-gueule à côté de ce qui nous attend si nous touchons bien davantage au régime de retraite actuel... pour augmenter les cotisations, rallonger la durée de cotisation (42... 43 ans ?) et/ou baisser les pensions. Seule solution, juste et performante : la libre capitalisation. Chacun décide librement de sa retraite en plaçant son épargne dans un logement, des obligations, un peu de monétaire, des subprime ou des fonds diversifiés.

 

Un sondage exclusif réalisé pour « le Parisien » et « Aujourd'hui en France » par l'institut CSA montre que, contre toute attente, le recours à des systèmes de retraite par capitalisation - il y a peu encore, bête noire d'une grande partie de l'opinion publique et de la classe politique - fait son chemin. Notamment chez les jeunes. Cela fait une dizaine d'années que les professions libérales s'y sont converties, en souscrivant aux produits dits « loi Madelin ».

 

Si 55 % des Français continuent à privilgier la répartition (notamment au seind es CSP++), 40 % sont au contraire favorables à la capitalisation, un score qui ne cesse de grimper. Surtout, 49 % des 18-24 ans en défendent le principe. Autant dire que le temps joue doublement en notre faveur. Les associations militantes commencent à marquer des points dans une opinion ouverte au changement, particulièrement chez les jeunes qui devront porter les dettes de leurs ainés. Les échéances financières obligeront les gouvernements à venir de bouger sur le sujet.

 

Ce soir, j'allumerai un cierge en priant pour la Ste-Capitalisation.

vendredi, 23 novembre 2007

Face au télechargement libre : on encadre, on filtre et on balance des baffes

b6ef8929c5a40fefc8642963211ebec1.jpgLe télechargement est. Légal ou illégal, il est et cela suffit. Le seul fait d'appeler "Piratage" le téléchargement illicite n'y change rien. Je télécharge, tu télécharges, il télécharge, nous téléchargeons, vous téléchargez, ils téléchargent. Tout le monde télécharge. Même le fils de Denis Olivennes télécharge. Il n'a pas dû lire le livre de son père : "La gratuité, c'est du vol - quand le piratage tue la Culture". Cela dit, Madame la Ministre Christine Albanel n'a pas la même vision de la gratuité que Denis Olivennes à qui elle a pourtant confié le délicate mission de proposer des pistes dans cetts lutte acharnée et perdue d'avance contre le téléchargement libre. En rendant de nombreux musées "gratuits", elle vole bien les contribuables qui renfloueront par leurs impôts les caisses de ces institutions arbitrairement aupauvries.

 

En fait, aucun des millions de français qui téléchargent librement ne pense à mal. Cette pratique est naturellement devenue courante, quoi qu'en pensent quelques élites parisiennes et quoi qu'en pense une industrie en voie de reconversion forcée. Comme la siderurgie a disparu, les majors du disque vont devoir s'adapter ou disparaître à leur tour. La Culture a vécu sans elles, elle leur survivra aisément. Evidemment, le réflexe de survie d'un secteur en difficulté, c'est de demander des subventions et une réglementation protectrice. C'est à dire qui pèse sur les choix des consommateurs et sur les prix des biens ou services achetés. Les produits numériques n'ont plus de raison d'être payants, leur circulation étant gratuite et instantanée à l'échelle mondiale. Les artistes et leurs producteurs doivent trouver un modèle économique viable, quitte à pratiquer leur passion bénévolement, comme la plupart d'entre eux aujourd'hui. Vivre de son art n'a jamais été un dû, et il n'a aucune raison de l'être. C'est une passion qui appelle un public, des mécènes et/ou des entreprises qui peuvent en vivre et faire vivre l'artiste avec elles.

 

Vivre de sa musique signifie qu'il faut trouver un moyen d'être rémunéré. Si les politiques veulent nous imposer très arbitrairement un mode de rémunération dépassé (et de moins en moins accepté), certains d'entre eux commencent à comprendre que le monde avance dans une autre direction. En ligne, le seul espoir passe par la publicité, par des abonnements, peut-être par des prestations complémentaires payantes. Les supports matériels (CD) vont devoir apporter une réelle plus-value à leurs acquéreurs s'ils ne veulent tout simplement pas disparaître des rayons. De plus en plus, les artistes reprennent le chemin de la scène pour vivre de leur musique. Demain, la même question se posera pour le film, même si les contraintes technologiques rendent son téléchargement plus difficile.

 

En tout cas, les trois pistes suggérées par Denis Olivennes vont à l'encontre du mouvement de l'histoire. Cette vision répressive et réglementariste n'est donc pas réaliste à terme. Ce dernier sursaut n'aura pas de suite.

Filtrer les échanges de contenu constitue une grave intrusion dans notre vie privée. Pendant que des sites mondialement connus tentent de trouver des parades temporaires, le rythme des échanges continue à augmenter à toute vitesse. Malgré la multiplication des poursuites pour recel, bonne façon de se faire de l'argent sur le compte de monstres du net, la contrefaçon progresse à toute vitesse et ne dérange personne. Au contraire, le public est très largement favorable à cet accès gratuit et facile à toutes ces informations, culturelles ou non. 

Deuxième piste, le développement du téléchargement légal n'a pas attendu Denis Olivenne. Le vrai débat est là pour les entreprises qui veulent survivre.

Dernier axe : la "riposte graduée", jolie formulation pour mieux durcir les sanctions à l'égard des contrevenants. Le principe est assez choquant : il s'agit de transformer les FAI, entreprises privées, en magistrats pour instruire, condamner et appliquer les peines fixées (par exemple suspension de l'abonnement !). On évoque aussi la naissance d'une nouvelle agence publique (encore une !) qui se chargerait de faire ce sale boulot en lieu et place des FAI pour ne pas confier un pan de la Justice à des acteurs commerciaux privés. Une agence de contrôle du net : la Chine l'a fait, la France va s'y mettre.

 

En tout cas, attendons le rapport Olivennes définitif, et préparons nos armes pour le débat qui reprendra au printemps à l'Assemblée. Nicolas Sarkozy a rappelé son « son attachement à la création artistique et sa volonté de tout faire pour que les artistes puissent vivre de leurs oeuvres et voient leurs droits respectés sur les nouveaux réseaux ». Derrière la langue de bois se cachent des enjeux essentiellement économiques, et les premiers pénalisés seront les consommateurs de culture et les citoyens.

 

Notes :

  • Econoclaste nous livre une belle analyse de la dérive du droit d'auteur. Je vous livre sa conclusion :

Car le vrai problème est là : s'il y a une façon "romantique" de voir le téléchargement comme instrument sapant le capitalisme et la propriété privée : la réalité plus prosaique, c'est que le téléchargement gratuit est un choc susceptible de stimuler la création, de faire disparaître des intermédiaires inutiles et peu performants, et de garantir un accès plus général à une culture plus vaste et plus diversifiée.

Quel syndicalisme voulons-nous demain ?

Tribune publiée dans le Figaro du 22 Novembre 2007

 

8566493886313691bb9433cafcaf73f7.jpgDepuis son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’est engagé avec précipitation dans toutes les directions : loi sur l’immigration, sur les heures supplémentaires, rapport Balladur sur les institutions, rapport Attali, Grenelle de l’environnement... Il a su entraîner avec lui une opinion captivée par son énergie et par le renouvellement des codes de la communication politique. De la part d’un public réputé pour son conservatisme, ce changement ne peut que surprendre, notamment avec l’émergence d’une gauche « sarkozyste » ! Bien que sa politique manque de profondeur et de cohérence dans son ensemble, le mouvement fait illusion. Sans aller jusqu’à la « rupture » annoncée, le rythme promet d’être soutenu jusqu’en 2012. Car comme le dit Margaret Thatcher : « ce qui compte ce ne sont pas les cent premiers jours. Ce sont les cinq ans qui viennent et encore cinq ans de plus ». A défaut de plan clair derrière cette profusion de mesures, la confrontation actuelle répond au besoin de remobiliser un électorat désorienté par cette stratégie de la confusion. On est même en droit de se demander si ce conflit social ne ferait partie du plan de rupture de Sarkozy.

 

 

En face de cette machine bien huilée, un acteur joue sa survie. Les syndicats mobilisent leurs troupes dans le désordre depuis octobre sur des sujets qui s’accumulent d’eux-mêmes. Entrainés par une base radicalisée, leurs dirigeants se sentent poussés malgré eux vers une contestation dangereuse. Face à une opinion publique qui leur est largement défavorable, face à une gauche qui les soutient de moins en moins, la question syndicale se trouve implicitement au cœur du conflit actuel.  Tous savent que Nicolas Sarkozy n’a pas le choix. Il ne peut pas lâcher s’il ne veut pas brutalement se « chiraquiser » et se retrouver marginalisé par une opinion de plus en plus impatiente de changements. La droite fragmentée par sa politique d’ouverture n’attend que de le voir trébucher pour régler ses comptes avec ce maître autoritaire qui ne lui laisse aucun espace. Les grévistes espèrent-ils vraiment pousser Sarkozy au-delà de ses limites ? Compte tenu de leur handicap et du fait que la gauche n’est plus en état de prendre la relève, le pari est plus que risqué. S’ils perdent, ils auront dégagé les trois prochaines années de tout obstacle pour Nicolas Sarkozy. Son absence criante de stratégie à moyen terme est, hélas, un mauvais présage pour notre pays.

 

 

Les premières victimes de ce règlement de comptes théâtralisé, ce sont les Français qui en saisissent mal les enjeux. Ils savent que les réformes les plus importantes restent à faire, comme par exemple la refonte du code du travail et du modèle de protection sociale ou la suppression du statut de la fonction publique et la baisse des dépenses de l’Etat. Or, l’histoire de notre syndicalisme et les règles qui le régissent en font une force conservatrice, bloquante, plutôt qu’une dynamique de négociations constructives. Repliés dans leurs bastions historiques et tenus par une base d’autant plus radicalisée qu’elle est restreinte, nos syndicats sont enfermés dans leur culture de la confrontation systématique. Ils n’apportent aucune valeur ajoutée aux salariés qui voudraient se syndiquer, par exemple au travers de services mutuellistes. L’adaptation périlleuse de la CFDT confirme à quel point cette mue est difficile. Pensons à l’après conflit. Alternative Libérale constate une fois de plus que la réforme du syndicalisme constitue le préalable à toutes les autres. Seule une sphère sociale assainie nous permettra de faire évoluer notre modèle social sans les perpétuelles confrontations qui interdisent tout débat.

 
Les libéraux se sont battus pour la liberté syndicale et le droit de s’assembler pour défendre des combats communs. Tant que ce regroupement restait libre. Le syndicalisme ne s’impose pas, il se choisit. Alternative Libérale demande l’abrogation du décret de 1966 qui octroie arbitrairement la « présomption irréfragable de représentativité » à cinq confédérations sans permettre à d’autres syndicats d’émerger au niveau de l’entreprise ou des branches. Il n’est plus concevable que seules ces confédérations moribondes disposent du monopole de représentation syndicale au sein de chaque entreprise en France. Aujourd’hui, nous devons nous battre pour retrouver cette liberté syndicale.

 

 

Les nombreux scandales financiers qui entourent la vie syndicale nous rappellent les dérives du monde politique des années 80 et 90. Il n’est plus tolérable que les branches de la sécu, de nombreux comités d’entreprise ou la formation continue alimentent les caisses noires de nos syndicats de salariés ou patronaux. Il est temps de leur imposer une vraie transparence financière en les obligeant à publier leurs comptes. Surtout, le financement des syndicats doit reposer exclusivement sur les adhésions de leurs membres, et non plus sur des contribuables captifs qui n’ont aucune raison d’y contribuer. C’est aussi à ce prix que les syndicats repartiront à la conquête d’un public nouveau, en vue d’accroître légitimement leurs moyens d’action.

 

 

Ne nous laissons pas aveugler par le conflit chorégraphié actuel. Profitons-en pour nous pencher sur la question de la modernisation de la vie syndicale de notre pays. Quelle définition pour les « partenaires sociaux », quel  champ d’action, quelles missions pour eux ? Alternative Libérale souhaite ouvrir ce débat autour de ce centre névralgique du modèle français afin de libérer la démocratie sociale de ses carcans actuels. Toutes les réformes fondamentales pourront alors se réaliser dans un environnement bien plus propice au changement.

On a gagné !

d5e359e3c51ce0a469724a329a4ddc82.jpgLa manifestation "contre les blocages, pour les vraies réformes" de dimanche a été un succès. Un très grand succès. En toute modestie, je dois vous l'avouer : nous avons gagné. Rétrospectivement, c'est incontestable. Solidaires, les libéraux ont brisé net le mouvement de grève égoïste à sa base dés lundi matin. On ne se rend pas compte à quel point ces grosses machines sont fragiles. Elles peuvent trébucher pour un rien. Le première lettre qui m'est parvenue est celle de François Chérèque. Très gentille. Sans aller jusqu'à parler de félicitations, il a reconnu le bien-fondé de nos arguements et a un peu repris nos propositions de réforme du syndicalisme. Je lui ai recommandé, par précaution, de faire attention aux agitateurs autonomes du mouvement. Avec raison comme les évènements l'ont rapidement montré. Ont suivi les lettres de Jean-Claude Mailly et de Bernard  Bernard Thibault qui m'ont demandé de ne pas rendre publique leur intervention dans l'immédiat. Aujourd'hui, le délai de 48 heures me parait raisonnable. Il me semble intéressant de citer un passage de leur missive envoyée mardi soir :

 

"Cher Président, [oui, je cite ce morceau parce que j'aime bien qu'on m'appelle président]

Blablabla...

L'impact de votre manifestation fut décisif. De nombreux responsables syndicaux ont compris que la majorité silencieuse ne voulait plus de notre mouvement, ringard et dépassé. Il nous faut nous rendre à l'évidence,...

Blablabla"

 

Je n'en demandais pas tant de leur part. Voilà, inutile d'enfoncer le couteau dans la plaie. Ils nous ont proposé de laisser tomber la journée de grève du service public de mardi. Mais la lettre est arrivée trop tard, nous n'avons pu réagir à temps de notre côté. Je leur ai tout de même répondu que pour des questions d'image auprès de leur base, ils feraient mieux d'attendre la grande journée de négociation de mercredi pour ne pas perdre la face. Et puis ce temps leur a aussi permis de diffuser le message auprès de la base Sud-Rail qui, il faut le dire, n'est pas aussi organisée que la CGT ou que FO. Bref, nous sommes tranquille...jusqu'au 20 décembre.

 

Un préavis de grève (reconductible) a déjà été déposé pour aborder les fêtes dans de bonnes conditions. Après avoir farci la dinde un peu brusquement pour Thanksgiving, ils comptent peut-être ramoner secouer le père Noël un bon coup pour marquer la fin de l'année. Voilà, tout ça pour rien.

 

Note : je me permets de préciser aux rares lecteurs qu'aucun des faits évoqués ci-dessus n'a eu lieu. Aucune lettre ne nous a été adressée, ou alors elles sont bloquées au !?"%*= de bureau de la Poste qui est encore fermé au coin de la rue. This is a joke. Repeat. This is a joke.

jeudi, 22 novembre 2007

J'offre deux lits superposés à Jacques et Roland

fbb403b8df95dc3cf3f9e5641873e239.jpgCet été, Jacques s'était fendu d'une longue lettre au Monde pour expliquer qu'il avait triché et volé les Français à une époque où c'était l'usage dans le petit microcisme politique. Bref, rien de méchant. Autre époque, autres moeurs. Pour lui, peut-être, mais pas pour les Français qui subissaient ces mauvaises manières, impuissants. Quant à la loi, à ce que je sache, elle était déjà la même pour tous, en tout cas c'est ce que nos politiques nous rabachent rgulièrement. Faute avouée (un peu tard et sous la pression des magistrats) est à moitié pardonnée. Pour la moitié qui reste, nous sommes nombreux à souhaiter voir la la loi appliquée avec la plus grande sévérité. Au moment où le pouvoir instaure des peines plancher et demande au Parquet de durcir l'application des peines, il est plus que souhaitable qu'on n'épargne pas les puissants qui ont autant abusé aussi longtemps. Pour l'exemple.

 

Mais le bougre résite. Certes, il n'a que ça à faire.  A peine mis en examen (enfin !), Chirac réitère et publie une nouvelle tribune dans le Monde. "Tant de choses inexactes, souvent caricaturales, parfois outrancières, ont été dites sur ce sujet". Pensez-vous, mon brave monsieur, on n'est pas comme ça en France...

 

"Jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis au service d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et les Parisiens. [ça me rassure, j'avais un doute] Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel. Jamais il n'y a eu de "système". [ouf]  Sur les 40000 agents de la Ville de Paris, il ne s'agit que d'une vingtaine de contrats qui sont contestés, d'une durée parfois courte, répartis sur une période de dix-huit ans.

Allons plus avant : qui étaient ces quelques chargés de mission ? Des personnes qui ont travaillé à m'éclairer sur des questions de fond – problèmes éducatifs, sociaux, économiques, sportifs – afin de permettre au maire de la capitale d'assumer au mieux ses missions. Il pouvait s'agir aussi de femmes et d'hommes de qualité, ayant toutes les compétences nécessaires, mais traversant une période professionnelle difficile et à qui j'ai voulu redonner une chance. Et enfin un très petit nombre de collaborateurs qui ont facilité la coordination et l'exercice de mes fonctions. Ces responsabilités étaient à mes yeux profondément complémentaires pour me permettre d'agir au service de mes concitoyens. "

 

A partir du moment où Jacques se considère comme un sauveur, tout ce qui peut l'aider sert le pays, c'est évident. C'est un moyen facile de balayer ces pinailleries d'un revers de la main. Placer des amis à des postes fictifs aux frais des Français, embaucher des soutiens qui allaient l'aider à gagner, et donc à mener la brillante carrière que l'on sait, tout cela n'avait rien de personnel, c'était au service de la France. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, simplement une carrière réussie dans un univers concurrentiel dans lequel tout le monde vole pour gagner...dans un but exclusivement altruiste. Quand un cambrioleur vole pour faire vivre sa famille et ses voisins en detresse, l'étroitesse du périmètre alimenté par cette redistribution un peu musclée rend l'acte bien plus odieux. Etonnant. Je voudrais que Jacques m'explique où il fixe la frontière entre un vol "égoïste donc qui mérite condamnation" et un vol "pour le bien collectif". L'association de quartier, la mairie, le conseil général, la présidence de la république ?

En tout cas, Chirac signe le PV de ses méfaits devant 60 millions de Français (au moins les quelques centaines de milliers de lecteurs du Monde) :

"Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu'ils étaient légitimes autant que nécessaires."

 

Evidemment, tout ceci ne vaut rien sur le plan juridique. Je suis prêt à me laisser convaincre que ce détournement répété de l'argent des citoyens se justifie sur le plan moral. Mais pour le moment, je ne trouve pas...

 

a7f4ebd83e4c2c259cc443f13e6d3f3f.jpgUne bonne nouvelle pour notre Jacques, il a au moins un ami (qui dément être son ami, du moins officiellement pour ne pas aggraver son propre cas déjà assez lourd comme ça). Lui aussi a été membre du Conseil Constitutionnel, lui aussi est embourbé dans plusieurs affaires...pénibles après avoir vécu sur notre dos : d'ailleurs,à quand un "Club des escrocs qui sont (ou ont été) membres du Conseil Constitutionnel" dans FB ? Ce bon Roland chante les louanges de Chirac dans le Figaro. Devant cette solidarité touchante, je suis prêt à offrir deux lits superposés à nos retraités de la corruption pour qu'ils puissent partager la même cellule chambre.

 

Une fine lame a achevé le bestiau de son commentaire assassin : "Aujourd’hui, c’est bien tard que de s’en prendre à un homme âgé, qui a des problèmes de santé et qui est retiré de la vie publique. C’est une sorte de... victoire posthume". Ouille.

mercredi, 21 novembre 2007

Nicolas Sarkozy engueule les salariés des Echos

9f1cadfb4c836a898d5f24416085a63d.jpgEtrangement, cette nouvelle est passée inaperçue. Un petit paragraphe dans le Monde, rien dans le Figaro, seule Rue89 l'a mise en tête de gondole. Alors que l'incident a de quoi inquiéter, je m'étonne que personne n'ose le relever.

 

Depuis plusieurs mois, nous savons que Bernard Arnault, propriétaire de la Tribune dont il prépare la cession, convoite les Echos et, sans doute, le Financial Times dans la foulée pour reconstituer le groupe de médias que Pearson avait mis du temps à mettre en place. En ne cherchant pas à compenser sa froideur naturelle par des gestes en faveur de l'équipe éditoriale du quotidien, il est parvenu à déclencher une violente réaction de rejet de l'ensemble de la rédaction. Les Echos se sont même mis en grève une journée, historique de la part d'un journal aussi réputé !

 

Bernard Arnault a alors réalisé un joli coup en débauchant Nicolas Beytout, ex-directeur en chef des Echos, au même poste au Figaro depuis 2004. Il va donc prendre la tête de DI group, la structure médias de LVMH. Réputé pour ses grandes qualités professionnelles, sa vision stratégique et son indépendance d'esprit vis-à-vis de tout pouvoir, le Figaro fait un peu la tête. Mais la manière dont les Echos ont appris la nouvelle a laissé sa direction pantoise. Alors que Nicolas Sarkozy recevait Erik Israelewicz et ses collègues à l'Elysée pour un entretien, il glisse rapidement vers la question sensible du rachat de leur journal par Bernard Arnault. «Et Nicolas Beytout ? Vous croyez qu’il est content au Figaro ?» Suit un grand silence des interlocuteurs des Echos, qui n’étaient pas venus pour ça. Récit de témoins :

 

Sarkozy annonce aux Echos le nom de leur patron

 

Erik Izraelewicz et ses collègues n'en croient pas leurs oreilles. D'un ton cassant, Nicolas Sarkozy leur déclare qu'ils sont idiots de refuser le rachat, qui a été annoncé le 5 septembre: Bernard Arnault, leur explique le président, est un homme très bien, et "il va investir" dans leur journal...

Catherine Pégard, la conseillère de l'Elysée qui a organisé la rencontre, semble surprise du tour pris par la conversation.

[...]

 

A la fin de l'entretien de vendredi soir, Nicolas Sarkozy lâche, sec:

"Et Nicolas Beytout?"

 

Silence de mort des visiteurs, estomaqués [...] Rompant le silence, Sarkozy répète:

"Et Nicolas Beytout?"

 

C'est désormais officiel: le Président de la République annonce lui-même les nominations des patrons de presse!

 

Nicolas Beytout lui-même, grand professionnel de l'information, a semblé très surpris par la manière dont cette annonce a été faite...et alors que tout n'était pas encore bouclé. Bien que proche de Nicolas Sarkozy, ce qui n'est pas choquant en soi, il sait à quel point la pression aussi directe du pouvoir sur des journalistes est dangereuse. Lui-même a toujours mis l'indépendance au coeur de sa ligne éditoriale. Sans menacer pour autant la liberté de la presse, une telle intervention est inquiétante. Il semble que notre président joue aussi bien au monopoly avec Alstom, Suez, EADS ou Areva qu'avec les médias nationaux. Demain, poussera-t-il Bouygues à vendre TF1 à Bolloré ou à Arnault pour se constituer un bastion de soutiens inconditionnels ? En tout cas, cet incident doit nous inciter à la vigilance.

 

Note tardive : je vous recommande l'interview de Nicolas Beytout dans le Monde

mardi, 20 novembre 2007

Le financement des régimes spéciaux est-il équilibré ?

f05009d9e62df76851d37fb8d4aa4ebe.jpgCette question est une boutade, bien évidemment. Les seuls régimes spéciaux coûtent 5 milliards d'euros par an à l'Etat 8.7 milliards d'euros de cotisations aux salariés des régimes "normaux" au nom de la "compensation démographique". Prenons le cas de la SNCF : lorsque 160.000 salariés cotisent pour financer la retraite de 300.000 pensionnés (retraités ET ayants droit), il faut être analphabète pour même se poser la question. Si le salarié du privé cotise 10.55 % de charges salariales, le cheminot ne cotise que 7.85 % hors primes à la SNCF.

 

Résultat : au moment de la retraite, le cheminot a une espérance de vie supérieure à celle du salarié privé, le calcul de sa retraite se fait sur les 6 derniers mois de carrière contre les 25 meilleures années pour celui du privé. On ne parle pas des années de bonification (1 sur 5 pour certains postes), ni du fait que le départ avant l'âge légal de la retraite n'entraine pas de pénalités à la SNCF. Ni des régimes très spéciaux. Pour les amateurs, un petit dossier de l'Ifrap (Institut de recherche sur les Administrations Publiques) : ici, rien que pour vous.

 

Comme l'expliquent Les Echos, l'Etat verse son écot annuel :

A la SNCF, les cotisations salariales et patronales couvrent moins de 40 % des dépenses, le reste étant assumé par une subvention d'équilibre de l'Etat (près de 2,8 milliards d'euros en 2007, sur les 5 milliards destinés aux différents régimes spéciaux : 350 millions pour la RATP, 700 millions pour les marins...).

 

Mais ce n'est pas tout, il y a aussi la "compensation démographique", c'est à dire le reversement de cotisations de salariés du privé comme le révèle subtilement cet article du même excellent quotidien :

Certains régimes spéciaux sont par ailleurs bénéficiaires de la « compensation démographique », un mécanisme de solidarité nationale qui fait que les régimes ayant un rapport entre cotisants et retraités plus élevé participent financièrement à l'équilibre des régimes ayant de moins en moins d'actifs. Ainsi le régime général des salariés du privé contribue-t-il globalement à hauteur de 6,7 milliards d'euros par an au titre de la compensation démographique, et celui des fonctionnaires civils à hauteur de 2 milliards.

 
 
 
Notons enfin que la modification des normes comptables va obliger la SNCF à provisionner bien plus que 100 milliards d'euros pour le coût de ce déséquilibre à venir. On ne parle pas de la subvention annuelle de fonctionnemetn, ni de l'investissement dans RFF, mais simplement des retraites des cheminots. Alors, faillite ? En attendant honnêtes citoyens, marchez et fermez-la, cette grève n'est pas du tout égoïste, elle est pour votre bien même si vous ne le savez pas.

Chavez a des amis

En envoyant mon petit texte sur Chavez, pas le meilleur il est vrai, sur Agoravox, je ne m'attendais pas à un délire aussi considérable. Parmi les 127 réactions, je vous laisser descerner le point goodwin parmi ces quelques passages amusants :

 

Comment AGORAVOX peut-il diffusé des articles qui sentent la tentative de manipulation de l’opinion publique par la CIA ou une office américaine pour discréditer l’image d’une président élu et réélu par son peuple sur un programme économique et social.[...]

 

Le centre WIesenthal est un repaire de menteurs comme vous, et oui, il est bien sûr acoquiné avec la CIA. C’est Libération qui a lancé le mensonge de Chavez antisémite. Documentez-vous: il a largement été prouvé que c’était faux. Même les juifs vénézuéliens ont été étonnés de tant de calomnies.
[...]

Mais pourquoi le Venezuela inspire-t-il tant de généreux humanistes brusquement soucieux du confort de ces indiens ? [...]

 

encore un article nauséeux sur Chavez à la gloire de la CIA, non bush n’assassine pas ses compatiotes il le fait faire (lui et sa junte néo-cons) par le biais d’attentat( le 09/11...),de guerres ,de coups d’état,et de manipulations médiatiques,ce qui fait rager les cafards de la finance ,c’est qu’une autre voie est possible pour définitivement enterrer le capitalisme[...]

Je n’ai jamis lu autant de clichés et de mensonges.

Museler la presse ? où ça ? Encore les mensonges énormes de RSF alias renégats sans frontières ? Dictateur ? il a été élu trois fois et a même remis en jeu son mandat par référendum.[...]

 

Quand on en arrive à un tel niveau de complaisance et de mensonge, être traité d’antisémite devient un compliment.[...]

 

Mais de quoi se mêlent-ils ?

Pendant le coup d’état de Carmona (Président du syndicat des patrons et juif de son état), Chavez a été kidnappé et enlevé dans l’avion privé des Cisneros (autre milliardaire juif propriétaire des boissons gazeuses) qui l’a emmené sur une île déserte. Le rabbin Brenner est monté à la tribune pour arranguer la foule devant l’immeuble de PDVSA en utilisant des phrases qui commencaient par (nous les juifs...) Pendant la première réunion du gouvernement fantoche, réunion télévisée que tout le monde peut regarder dans les archives, la personne assise à la droite du nouveau président Carmona, c’est à dire à la place d’honneur, porte ostensiblement la kippa sur la tête. Celui qui a fourni les armes appartient à la même engence.

Dans ce contexte, comment voulez-vous que Chavez n’en veuilles pas au pouvoir juif ? C’est lui qui a essayé de faire la révolution. C’est quand même peu fort de voir les bourreaux crier à l’anti-sémitisme.


Aurelien Veron: "RSF, Renégat sans Frontière ? Je rêve, comment peut-on sortir pareille ânerie ? Ce type de commentaire me laisse pantois."

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Parfaitement: sous couvert de défense de la presse, RSF fait le boulot de la CIA avec l’argent de la CIA.

Au lieu de s’occuper d’une chaîne de télé dont la licence était parvenue à expiration (et non suspendue par Chavez puisqu’elle a continué à émettre sur le cable et le satellite), RSF devrait nous expliquer où elle se trouvait au moment du purtch quand les putschistes ont VRAIMENT muselé les media au Venezuela.

Oui, renégats: au lieu de défendre la presse, ils défendent le fric.

Comme agence de désinformation, il n’y a pas mieux.


Reporters Sans Frontières reçoit une partie de son financement de la NED (National Endowment for Democracy), émanation de la CIA & liée au Congrès américain (via l’IRI) ; ainsi que de l’USAID (US Agency for International Development), autre nébuleuse de la CIA.

Par ailleurs, RSF est aussi en partie financée par les milieux anti-castristes d’extrême-droite principalement à Miami (ils ne sont pas d’extrême-droite car anti-castristes, mais bien d’extrême-droite ET anti-castristes), dont le Center For A Free Cuba, organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Battista ; dirigée par l’ancien terroriste Frank Calzon, et articulée à une officine de la CIA, la Freedom House. (Source: entre autres LGS, lien donné plus bas).

En outre, le budget effectivement alloué par RSF à l’aide aux journalistes réprimés serait d’environ 7%... où va le reste ? D’après vous...

Un lien parmi d’autres: http://www.legrandsoir.info/ar...

Voir aussi les articles de l’Acrimed au sujet des financements de RSF, dont les dons de Kadhafi par exemple:

http://www.acrimed.org/article...


Je propose à ceux qui le désirent de contacter les modérateurs d’Agoravox pour arrêter de laisser passer des torchons pareils. Un tissu de mensonge, rien de constructif, haineux.

Je parle à Agoravox: comment pouvez-vous laisser passer un titre qui associe Chavez et Tyran, alors que c’est simplement de la diffamation, de la manipulation médiatique ?


Je viens de contacter l’ambassade du Vénézuéla à Paris.

Vous diffamez mon cher, et je pense que vous ne connaissez pas le droit Français.


Article pleins de diffamations,de mensonges et d’insultes et qui commencent à l’affiche du titre même.-----------------------Lerma a raison (qui pour une fois est chiffré très positivement),on peut se demander si l’auteur n’est pas payé par la CIA pour pondre un tel article ;---------------------------Et comme je suis pour la loi du talion en particulier envers les privilégiés arrogants,du fait que l’auteur a gravement insulté mr Chavez en le traitant faussement de tyran,je me permets d’insulter mr Aurélien en le traitant véritablement de sale capitaliste.


Vous ne voyez les choses que comme elles vous arrangent.

Ce qui est degoûtant dans cette propagande anti-Chavez, c’est qu’elle ne s’appuie sur rien de concret. L’affabulation, le mensonge, la désinformation poussée à ce point-là, c’est énervant. Surtout quand c’est relayé par prersque tous les médias Français.

Un sacré coup d’éclairage d’ailleurs sur qui possede les médias et surtout quelle idéologie anime ceux qui y écrivent. Y compris Libération, catalogué de gauche il y a très longtemps. Le fait que July et Joffrin soient des membres actifs de fondations et autres "clubs" très atlantistes n’y est sans doute pas étranger. Et derriere cette manipulation orchestrée des médias, qui sont les manipulateurs de marionettes qui ont acheté nos journaux afin de répandre la bonne parole ? Une dérive ? un complot contre les peuples ? Il est des questions qu’il devient important de se poser.


Et pour finir, une contribution plus intéressante que les autres :
Merci Aurélien de ce joli titre ! Il suffit à lui seul à rendre la lecture de votre billet d’humeur inintéressante. Avancez avec des arguments sérieux, s’il-vous-plaît.

Je ne vous demande pas de devenir socialiste, car il est difficile d’exliquer les couleurs à un aveugle, mais évitez les assertions abruptes. Qui se croit assez habilité à décrire Chavez comme un "tyran", ou un "dictateur" ?

C’est curieux que dans le vocablaire utilisé, un chef d’Etat de DROITE comme il y en eut en Argentine, au Nicaragua et j’en passe, c’est un "démocrate", un président qui fait partie de la "communauté internationale".

Un homme élu par son peuple, cinq fois de suite dans des conditions observables, qui reforme l’agriculture, redistribue des terres à ceux qui en étaient privés, qui redistribue les richesses du sous-sol à la nation, qui redistribue le savoir aux aux indigents, qui fait ce que Jules Ferry a fait en France au XIX° siècle en ouvrant des dispensaires de lecture publiques, qui débloque des crédits pour former des médecins qui soigneront gratuitement des enfants jusqu’à leur majorité...etc...etc..., s’il est de DROITE, et qu’il donne des gages aux Banques Mondiales que tout cela va prendre fn et laisser place aux entreprises privées (anglo-saxonnes par ex), alors cet homme est un "Bienfaiteur de l’humanité".

Si le même homme a le malheur de se dire de GAUCHE et d’appliquer réellement un projet socialiste et indépendant, c’est un "tyran"...

Voilà Veron, vous n’êtes pas un mauvais bougre, vous valez sûrement mieux que les excès que votre perception du monde assoifée de la "liberté" des nantis vous incline à écrire.

Pesez le pour et le contre, les aspects qui vous déplaisent chez l’homme Chavez (et que je peux comprendre) ne doivent pas vous inciter à ne vous orienter que d’un seul côté de la balance et jetant le bébé avec l’eau du bain.

Laissez au moins le droit au peuple de ce pays la liberté de choisir comme il le fait son destin politique. Ceal ne regarde que lui, puisque ces citoyens sont informés et libres.

 

Hugo Chavez : encore un tyran accueilli en sauveur

1d4d9755c7a1535a4560fb6ca6ef20e6.jpgLa venue de Hugo Chavez à Paris fait la une de nombreux quotidiens, à croire qu'il arrivait avec Ingrid Bettencourt dans les bras. Hélas, il vient nous dire qu'il ne sait rien, mais qu'il a confiance. Le chef des guérilleros marxistes colombiens, les FARC, lui aurait promis qu'Ingrid est envie. Mais il ne dispose toutefois pas d'autres preuves plus concrètes de cette affirmation d'un terroriste sanguinaire. Pour ne pas être venu pour rien, il nous promet une preuve d'ici la fin de l'année. C'est déjà ça. Est-ce une raison pour dérouler le tapis rouge et faire des courbettes devant ce dictateur qui aurait pu jouer dans Bananas ?

 

Rappelons qu'Hugo est le nouveau Castro sud américain. Il muselle la presse de son pays, exproprie les  entreprises qui ont investi des milliards de dollars dans son économie et annonce une nouvelle constitution sur mesure. L'Etat vénézuélien deviendra officiellement un Etat socialiste, avec un président aux pouvoirs renforcés au nom de la légitimité populaire, une modification de la définition de la propriété privée, l'élargissement des prérogatives de l'Etat en matière d'expropriation, la suppression de l'indépendance de la banque centrale, la politisation de la police et de l'armée, l'encadrement de la liberté d'expression au nom du socialisme. Bref, une vraie république populaire qui verra la misère exploser, l'économie s'effondrer sous le poids du repli autarcique et de la corruption galopante et les libertés individuelles de plus en plus bafouées. Il n'a pas hésiter à faire tirer à balles réelles sur les étudiants en colère. Qui veut de ce tyran sur notre territoire ?

 

Les proches de Chavez, ceux qui ont participé à cette "révolution bolivarienne" dés la première heure, commencent  prendre leur distance avec ce Lider Maximo. L'armée a des doutes, elle qui a sauvé Chavez d'un putsch ! Mais Hugo est un vrai populiste qui sait manipuler les foules. Assis sur l'une des plus grosses réserves de pétrole au monde, il distribue largement les revenus en aides sociales qui achètent les voix des plus défavorisés. Classes moyennes et supérieures n'ont qu'à bien se tenir si elles ne veulent pas finir lynchées. Lorsque le général Baduel a critiqué les derniers projets de Chavez, dont il était l'un des plus proches, le tyran a laissé une foule imposante scander le slogan prometteur : "Trahison, Baduel au peloton d'exécution".

Ceux qui osent le critiquer sont vite traités de "laquais de l'impérialisme" et évincés des emplois importants. Demain, nous assisterons sans doute aux premières disparitions d'opposants. En attendant, on sabre le champagne à l'Elysée avec ce margoulin sans envergure mais qui rêve tout de même de propager sa vision à tout le continent sud américain, au point d'inquiéter Lula au Brésil.

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