vendredi, 06 juin 2008

Mariage annulé, tempête dans un verre d'eau

Comment l'anecdote intime d'un mariage annulé peut-elle passionner autant les Français alors que des périls bien plus graves menacent la France, la planète et la couche d'ozone ? Pas un débat sans évoquer cette affaire, pas un dîner sans que chacun donne son avis sur la question. 73 % des Français sont choqués par l'annulation du mariage, mais jamais pour les mêmes raisons. La république serait-elle en danger ?

La mésaventure de ce couple lillois aura sans doute relancé temporairement les ventes de quotidiens chargés d'animer l'opinion publique. Instrumentalisée par l'opposition, elle aura aussi servi de prétexte pour attaquer assez bassement le gouvernement...qui n'a rien à faire dans cette histoire (Rachida Dati est tout de même parvenue à fragiliser davantage sa position au sein du gouvernement par un retournement de veste contraint et forcé par l'Elysée).

Difficile d'avoir une vue simple et tranchée sur ce dossier qui concerne avant tout deux individus. Un homme et une femme se rencontrent, tombent amoureux et décident de se marier. Rien d'original jusque là. Lui insiste régulièrement sur l'importance de la virginité. Elle lui promet répondre à ce critère déterminant pour lui. Vient la nuit de noce. Comme le dit joliement Maître Eolas : L'épouse lui révèle alors qu'elle a déjà eu une relation sentimentale qui, si elle n'a pas eu de fruit, lui a coûté une fleur. Ne s'agit-il pas simplement d'une banale rupture de confiance qui vient percuter une relation encore fragile ? L'a-t-elle jugé trop conservateur, l'a-t-il estimée indigne de confiance ? Ces considérations sont d'abord celles de deux personnes qui ont choisi d'annuler leur mariage sur ce constat qu'ils n'étaient peut-être pas faits l'un pour l'autre.

Cette exigence de virginité est encore fréquente. L'abstinence hors du mariage reste une valeur importante pour beaucoup de monde, et il est d'ailleurs choquant de lire les commentaires plus ou moins explicites sur la religion du mari, histoire de détourner le débat sur la prétendue menace islamique et sur les barbus fantasmés qui menacent de venir jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. La question de la virginité n'est ni l'apanage des musulmans, ni celui des juifs ou des catholiques pratiquants. 

Si j'avoue ne pas être sensible au cliché romantique de la virginité préservée pour l'offrir à l'autre (au contraire, un peu d'expérience ne nuit pas au plaisir), je ne cherche pas pour autant à imposer à autrui mes préférences personnelles. A chacun ses choix de vie. Je suppose que la nuit du mariage a été une épreuve particulièrement triste pour ces deux personnes et pour leur famille. L'ex-épouse a certainement payé son mensonge au prix fort. Qu'est-ce qui justifie un tel emballement médiatique et politique autour d'une triste histoire, déjà vieille de 2 ans, de la naissance avortée d'un couple ? La Justice a tranché dans le respect de la loi, rien à redire sur ce point. Laissons-les en paix, et souhaitons-leur de trouver le bonheur chacun de leur côté.

vendredi, 23 mai 2008

Oui, je suis libéral ET socialiste

1721376322.jpgDelanoë fait son coming out avec un timing bien calculé. Il se démarque de Ségo qui, poussée à réagir dans la confusion, révèle à nouveau une vision creuse de l'avenir du pays. Il surfe sur la mode du Blairisme flamboyant (cela dit fort critiquable et dont Gordon Brown est en train de payer la facture). Et avec l'actif concours de son fidèle allié, Le Nouvel Obs, et de Manuel Valls et Vincent Peillon le voilà lancé dans un pari audacieux : assumer l'étiquette libérale au moment où les Français déchantent avec les fausses bonnes réformes du gouvernement, et attendent une nouvelle proposition de "rupture".

Si ce roi du marketing estime que ce positionnement peut lui faire gagner le coeur des socialistes, puis celui du pays, c'est bien que les mentalités évoluent vite. Une aspiration à davantage de liberté, de mouvement et de changement. Le libéralisme, jamais mis en oeuvre dans notre pays, commence à faire rêver. Même à gauche.

Mais qu'entend-il vraiment par "libéral" ? Nous sommes tous d'accord pour refuser la fatalité de la servitude, briser les chaines de l'oppression, défendre la liberté et la responsabilité. Même Henri Guaino. Cela marque-t-il pour autant une réelle volonté d'exiger moins d'Etat pour rendre leur espace de liberté aux individus et à la société civile, ou de défendre le vrai respect du libre choix de chacun ? Va-t-il abandonner les vieilles lunes socialistes concernant les services publics monopolistiques, les statuts protégés et la redistribution excessive pour porter ses priorités sur l'économie du savoir et de l'innovation, sur la mobilité sociale, sur l'émulation nécessaire au sein des services fondamentaux de l'éducation et de la santé ?

En lisant le détail de son propos, on se rend compte qu'il est beaucoup plus reservé sur le libéralisme que ce que le Nouvel Obs a fait ressortir. A la question "Tenez-vous un discours social-libéral ?", il répond d'abord :

"Non, je ne suis pas social-libéral : je n'adhère pas à ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable "libéral". Et quand il s'applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu'un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inaceptable pour un progressiste, c'est de hisser le "libéralisme" au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l'Etat et laisser-faire économique et commercial."

 

Nous voilà rassurés sur les limites de son "libéralisme". Cela dit, il est heureux qu'il se soit tout de même placé sur une voie dont il devra durablement assumer la portée : "être libre, ce n'est pas faire ce que l'on veut mais vouloir ce que l'on fait." Dans le flou de ses propos, nous sommes nombreux à souhaiter connaître sa définition du concept de "servitude", ainsi que le degré de la servitude auquel il n'est pas prêt à renoncer. Ce n'est pas tout de déclarer sa foi dans la Liberté. Encore faut-il en assumer le sens.

Il précise d'ailleurs sa pensée sur des sujets sensibles : "La gauche doit rester le parti de l'impôt", "La gauche a toujours été le parti des fonctionnaires, c'est à dire des agents de l'Etat." En consacrant le principe d'un statut dérogatoire pour le service de l'Etat, il vient contredire ses autres positions. Je ne reconnais pas un fonctionnaire en tant que tel mais en tant qu'enseignant, magistrat, guichetier au service des impôts... Par la fonction plutôt que le statut. Un prof ne sert pas l'Etat, il sert avant tout ses élèves et leur(s) famille(s). Un infirmier d'hôpital public ne sert pas l'Etat mais les patients. Bertrand va devoir réécrire sa copie avant de gagner en crédibilité auprès des libéraux. A ce jour, il reste ardent défenseur de l'impôt, des 35 heures, du statut de la fonction publique et de tout ce qu'il dénonce avec de grands mots pour faire croire à la modernité de sa pensée.

Je crois toutefois que nous devons féliciter Bertrand Delanoë pour cette audace qui place ce débat de fond sur le devant de la scène. Les prochaines années verront probablement s'opposer, à droite comme à gauche, les étatistes et les libéraux. Et sur ce point, Delanoë a raison : "Sarkozy n'est pas libéral, il est conservateur. Il l'a prouvé à plusieurs reprises : étatiste, protectionniste, il impose à tous les échelons  l'omniprésence d'un Etat que dans le même temps il désarme". Mais est-ce tellement différent à gauche ?

dimanche, 20 avril 2008

Le Parti Libéral Démocrate est né

Au terme d’une assemblée constituante, le Parti Libéral Démocrate est né. Son ambition est simple : promouvoir un discours libéral fédérateur pour les libéraux de toutes origines et de toutes sensibilités, obtenir des élus qui défendent les valeurs libérales dans l’arène politique.

 

Il n’aura échappé à personne qu’un certain nombre d’entre nous viennent d’Alternative Libérale. Il s'agit de bien plus que « du rififi chez les libéraux », comme l’a titré Le Figaro. Cette « scission » résulte avant tout d’une divergence stratégique profonde entre le noyau dur qui verrouille AL depuis l'origine et une bonne partie de la communauté libérale qui s’en est rapidement désintéressée. On peut certes se poser la question de savoir si deux partis libéraux sont vraiment nécessaires. AL et le Parti Libéral Démocrate ne concernent pas le même public. Déjà aujourd'hui, nous attirons à nous des sympathisants qu'AL n'intéressait pas pour des raisons de ligne ou de stratégie. Alors que l'attente d'une formation libérale est forte au moment où l'échiquier politique entre dans une phase de décomposition rapide, je suis profondément optimiste pour notre avenir. Et après tout, personne n’est plus favorable à la concurrence que les libéraux, même sur le marché de la politique. A chacun de trouver sa place.

  

Le Parti Libéral Démocrate tiendra un discours clair afin d’être être d’abord entendu là où les libéraux sont attendus. Nous proposerons des réponses aux enjeux de la mondialisation et des délocalisations qui inquiètent tant les Français. Nous évoquerons la réforme de l’Etat, de la fiscalité. Et cela ne nous interdira nullement de surprendre sur des thèmes plus inattendus pour un public qui connaît mal le libéralisme : solidarité et protection sociale, enseignement et égalité des chances, sécurité et libertés, immigration, etc.

Dans un pays où les électeurs persistent à se classer sur une échelle bipolaire, l'arrogance de nous situer au-dessus serait stérile. Par conséquent, nous assumerons le fait que nos partenaires naturels sont au centre droit et à droite à ce jour, et pas à gauche où le rejet des fondements du libéralisme reste trop fort. Il est triste que la gauche française soit encore si éloignée de la modernité du travaillisme anglo-saxon, et nous espérons qu’elle évoluera dans cette direction au cours des prochaines années. En attendant, c'est au sein d'une partie de la droite française, qui n’est pas pour autant libérale, que nous trouvons une compatibilité avec nos idées. Nos affinités nous portent vers elle, sans remettre notre identité en question. 

 

L’avenir nous dira si notre pari est bon. L'avenir nous dira si nous avons répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des libéraux de ainsi que des Français qui commencent à désespérer de ne voir aucun changement dans le déclin de notre pays. De manière plus prosaïque, notre organisation est en train de se mettre en place. Il faudra patienter un peu pour en savoir plus. En attendant, n’hésitez pas à me contacter.

dimanche, 16 mars 2008

Quelles leçons tirer des erreurs d'AL pour mieux avancer demain ?

Notre microcosme, bien qu'encore insignifiant, vit une crise grave. Cette situation difficile a pourtant le mérite de nous faire réfléchir sur les erreurs à ne pas commettre, et surtout sur les choix à assumer dans un parti digne de ce nom. Elle pourrait même bien nous apporter la maturité dont nous manquons encore pour travailler ensemble et pour franchir une étape dans le rythme de notre développement. Nous savons que les querelles de personnes font partie de la vie d'une association, fût-elle politique. Elles ne doivent pas pour autant bloquer l'action d'un parti mais au contraire favoriser sa croissance et l'émulation interne par une démocratie interne saine et transparente. Une telle vie associative ne peut fonctionner qu'avec des statuts bien conçus, mais aussi des responsables conscients de leur responsabilité dans le succès de l'ensemble du parti.

 

 

Socle de la démocratie interne, le respect des règles est plus important dans un parti libéral qu'ailleurs. Les libéraux s'attachent à respecter les règles de droit, elles doivent primer dans la vie du parti. Si elles sont mauvaises, aux instances de les modifier conformément aux statuts. Ceux-ci doivent être clairs, et le processus décisionnel transparent. Clairement, les évènements passés d'AL nous révèlent les risques de graves dérives qui existent lorsqu'aucun contre-pouvoir n'existe dans un environnement de règles flottant. La séparation du champ des décisions politiques de celui de l'application des règles de droit est cruciale, comme nous le constatons cruellement aujourd'hui.

 

La notoriété se gagne autant dans les médias que sur le terrain et dans les régions. Plutôt qu'un parti hyper centralisé, je crois davantage à une articulation de fédérations autonomes ayant leur vie propre autour d'une direction nationale. Composée d'un Bureau et d'un Conseil National en relations étroites, celle-ci peut se consacrer à ses tâches propres sans brider la vie du parti et sans interdire l'émergence de talents en régions. Si elles disposent de moyens décisionnels et financiers, les Fédérations ont un potentiel d'action et de recrutement important avec le rapprochemant avec des élus locaux, la création de partenariats et la reprise des réseaux libéraux aujourd'hui épars (ex-DL, UMP déçus, Modem en déroute...).

 

Pour notre crédibilité, pratiquons rapprochements et coopération. Nous l'avons vu au moment des municipales, nous devions nous associer à d'autres formations et à d'autres sensibilités pour présenter nos candidats. Les Européennes et l'échéance suivante nous imposeront le même choix. Le discours du repli identitaire est stérile, il lassera nos forces vives rapidement. Nos valeurs sont fortes, ne craignons pas ces rapprochements ponctuels. Un parti libéral dynamique ne doit pas avoir peur non plus de coopérer avec différentes associations libérales indépendantes. Des association comme Liberté Chérie, Libre Croissance ou l'Ifrap peuvent travailler avec nous si les règles de collaboration sont claires. Denise Silber, de l'Institut Montaigne, n'a pas hésité à co-organiser un colloque avec François Goulard et nous à l'Assemblée Nationale en avril.

 

Axons notre discours sur quelques préoccupations majeures des Français. Ne nous éparpillons pas sur des sujets peut-être séduisants pour certains d'entre nous mais foncièrement éloignés de celles-ci. Sans pour autant faire montre d'arrogance, un parti libéral se doit de proposer les mesures concrètes et radicales qu'aucun autre parti n'ose suggérer. Avec des concepts simples, nous devons être les pionniers du "moins d'Etat", de la fin des corporatismes, de la libération des initiatives. Un boulevard nous attend, pourquoi prendre les chemins de traverse qui rendent notre ligne confuse ? Soyons simples et percutants là où nous sommes attendus.

 

Le potentiel d'une action politique reste plus prometteur que jamais pour les libéraux. Sans vouloir redémarrer à zéro, en corrigeant simplement nos erreurs passées, en capitalisant sur notre expérience et sur nos atouts, je suis très optimiste pour l'avenir d'un parti libéral digne de ce nom.

mardi, 11 mars 2008

Pour un nouvel élan libéral

Chers amis libéraux,

Une AG s'est tenue le 5 mars dernier afin d'élire le Bureau d'Alternative Libérale. Pour que les résultats d'une élection soient acceptés sereinement par tous les adhérents, celle-ci doit se dérouler conformément aux règles. Pour un parti qui se veut libéral, ce respect des règles est évidemment d'autant plus important que le respect du droit est l'un des piliers du libéralisme. Or, comme l'avez peut-être déjà appris, nos statuts n'ont pas été respectés dans le cadre de l'Assemblée Générale du 5 mars dernier, puisque plus de la moitié des votes décomptés n'auraient pas dû être pris en compte. J'avais pourtant saisi la Commission Electorale et le Conseil National de ce problème bien avant la tenue de cette élection. Nos commissaires aux comptes, le Président de la Commission Electorale et même le Bureau ont confirmé l'illégalité du processus électoral.

Cependant, le prestataire externe qui gère notre communication et l'outil informatique du parti et de vote sur Intranet est, depuis longtemps, un proche d’Edouard Fillias et de Sabine Herold-Fillias (un de ses colistiers en a même été le co-dirigeant). De façon inouïe, avec l'aide de ce prestataire et à travers l'outil informatique, Sabine Herold-Fillias contrôle l'ensemble de la vie de ce parti et les communications adressées aux adhérents et à la presse, ce  qui était d'ailleurs l'une des raisons de la situation actuelle.

C'est dans ce contexte que le forum de l'Intranet a été fermé et que la plupart des cadres dirigeants du parti qui m'ont soutenu se sont vu couper leurs accès aux informations essentielles à la vie du parti. La Commission Electorale de notre formation s'est vue elle-même retirer tous ses droits d'accès aux informations nécessaires pour contrôler les irrégularités dénoncées !

La situation du parti est absurde, puisque l'élection est illégale et que  je demeure donc Président, alors même que Sabine Herold Fillias revendique également la présidence. En outre, je sais que certains d'entre eux vous préparent des recours à la fois internes et judiciaires contre le processus électoral. La situation va donc encore s'envenimer.

Je lance donc un appel, à ceux qui ont voté pour ma liste et mon projet, mais aussi à tous ceux qui sont choqués par cette invraisemblable situation. Je souhaite en effet rassembler autour de mon équipe et des nombreux cadres du parti qui se sont déjà manifestés pour soutenir cette initiative, les militants qui croient en un projet de parti libéral géré de façon démocratique et professionnelle, exempt des pratiques de pouvoir et d'opacité mises en oeuvres par Edouard Fillias et Sabine Herold-Fillias au cours des deux dernières années.

Manifestez votre soutien à ce projet tout simplement en m'écrivant, afin  que je puisse vous tenir informés des suites qui lui seront données dès que l'imbroglio actuel sera résolu.

vendredi, 22 février 2008

Interview par Lomig Unger

Lomig Unger tient un blog intéressant, politique.blomig.com, dans lequel il avait déjà parlé d'Alternative Libérale en avril 2007, autant dire une éternité. Lomig défendait alors (et  sans doute toujours) une transversalité des valeurs libérales à l'opposé du principe de constitution d'un parti politique fondé sur elles. L'exemple des verts montre pourtant qu'en tenant une place sensible sur l'échiquier politique, l'impact de leur socle idéologique a été largement supérieur à ce qu'il aurait eu si les verts étaient restés vides cantonés au seul monde associatif.

 

Très récemment, Lomig m'a sollicité pour répondre à six questions sur mon libéralisme. Après avoir un peu tardé à répondre, occupé par différentes affaires prenantes que je vous laisse deviner, voici mes réponses, reprises sur Agoravox :

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours (personnel, professionnel, politique) ?

38 ans, père d’une fille en 2eme année de prépa, cadre bancaire depuis 1991. Peu attiré par la politique, je me suis intéressé au libéralisme vers 2003, lors des grèves contre la loi Fillon. Les propos d’Alain Madelin que j’avais pu lire dans la presse m’avait toujours paru très sensés, sans que je cherche à en savoir plus jusque là. L’organisation de la manifestation du 15 juin 2003 « contre les blocages, pour les réformes » m’a plongé directement dans le bain de l’activisme libéral. L’association Liberté Chérie, que j’ai présidée pendant un an en 2006, permettait enfin d’agir pour marquer les médias et développer un discours nouveau auprès du grand public. Je me suis aussi impliqué dans les Cercles Libéraux d’Alain Madelin, qui m’ont beaucoup appris. Grâce à l’émergence d’une blogosphère active et de forums importants comme liberaux.org, de solides réseaux militants se sont enfin rapidement développés.

Comme un certain nombre de libéraux, je me suis rendu compte qu’à côté des associations de terrain comme Liberté Chérie, des Think Tanks comme l’Ifrap ou des groupes de pression comme Contribuables Associés, il manquait un parti pour occuper l’arène politique. En 2006, nous avons donné naissance à Alternative Libérale sans élus ni ressources autres que les nôtres.

Aujourd’hui, Alternative Libérale devient la référence libérale de la sphère politique. Si nous sommes encore une petite formation, peu connue du grand public, notre impact commence à être réel. Plusieurs personnalités politiques cherchent à travailler avec nous pour bénéficier de la richesse de nos réflexions, de nos propositions et de notre capacité militante.

Pascal Salin définit dans son livre “Libéralisme”, un libéralisme humaniste et un libéralisme pragmatique (ou utilitariste, qui met une dose de libéralisme quand ça l’arrange, et maintient la contrainte étatique quand ça l’arrange), pour montrer que seul le libéralisme humaniste est cohérent, dans un souci de ne plus utiliser la contrainte comme moyen d’échange. Quelle est ta position sur ce point ?

L’opposition entre libéralisme éthique et utilitariste n’est pas si simple. Une bonne pédagogie associe souvent les deux approches en fonction du sujet ou de l’interlocuteur. Personnellement, je ne crois pas que la pensée libérale offre des réponses à tout, et surtout des réponses uniques à des questions spécifiques. Dans un environnement profondément Etatique et encore hostile à notre pensée, la réflexion des libéraux doit porter sur les points névralgiques de notre « modèle social » qu’il est réaliste d’attaquer, et sur les attentes insatisfaites des Français auxquelles notre discours apporte une réponse. Inutile, selon moi, d’aborder des thèmes trop déstabilisants ou trop abstraits tels que la fin du monopole des banques centrales. Il y a suffisamment à faire avec, par exemple, nos propositions sur l’école, le statut de la fonction publique dans la réforme de l’Etat, ou sur les corporatismes.

Cela ne m’interdit pas d’approfondir ma réflexion personnelle avec la lecture de Mises ou de Hayek. Mais l’action politique consiste à dialoguer avec un public qui se fiche de la pensée libérale et qui ne s’est jamais posé de questions aussi fondamentales et abstraites. Le convaincre exige davantage de talent pédagogique que philosophique. Deux grands auteurs classiques ont choisi cette approche de vulgarisation destinée au grand public : Frédéric Bastiat avec “Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas” et, plus récent, Henry Hazlitt avec “L’économie politique en une leçon“.

N’y a t-il pas un paradoxe à vouloir être élu quand on est libéral ? Puisque le libéralisme dénonce dans une large mesure la contrainte étatique, et l’intrusion des pouvoirs publics dans les affaires privées…

Compte tenu du degré d’Etatisme en France, les libéraux ont encore une marge considérable avant de rentrer dans des considérations plus pointues au sujet du périmètre “naturel” des pouvoirs publics. Plus concrètement, mon engagement politique a d’abord pour ambition de réduire le poids de l’Etat, et nous avons de la marge dans cette voie. Pour vous montrer à quel point nous aimons scier la branche sur laquelle nous sommes assis, nos candidats aux cantonales proposent la suppression des conseils généraux pour en attribuer les compétences aux communes ou aux régions. Etre élu pour supprimer son mandat, c’est osé. Le message passe de mieux en mieux dans l’opinion publique, et je suis heureux de voir que le rapport Attali l’a repris.

Bref, comptez sur nous pour assumer pleinement notre programme de réduction de l’Etat.

Le contexte français, avec un Etat très fort et très présent, semble très défavorable aux libéraux : si on cumule le nombre de fonctionnaires, au nombre de ceux qui récupèrent de l’argent de la redistribution étatique, cela fait tout de même beaucoup de potentiels opposants à des réformes vraiment libérales. Comment comptez-vous convaincre les français de voter pour vous ?

Je ne crois pas que ce soit le poids de l’Etat qui rende les Français plus hostiles au libéralisme que nos voisins. De nombreux pays sont beaucoup plus libéraux avec des Etats forts. Je vois surtout notre inculture économique à l’origine de cette appréhension. Enseignants, journalistes et artistes ne comprennent pas les rouages de l’échange. Ils s’enferment dans leurs propres contradictions qu’ils ne cessent d’enseigner et de diffuser aux Français depuis des générations.

L’échiquier politique est très en retard sur l’opinion, c’est pourquoi Alternative Libérale a un réel potentiel. La droite reste profondément conservatrice et méfiante à l’égard du capitalisme et de la mondialisation. La gauche française reste anticapitaliste pour des raisons historiques. Vivant une crise profonde, elle est en train de se transformer dans la douleur. Elle se rend compte qu’elle va devoir choisir entre une ligne anticapitaliste idolâtrant Bové, le Che et Chavez, et une gauche social-démocrate beaucoup plus proche du libéralisme. L’émergence d’une gauche qui accepte l’économie de marché, la concurrence et le risque devrait avoir un profond impact culturel sur les Français. Mais ce n’est pas pour tout de suite, et les quelques hommes politiques ouverts aux idées libérales se trouvent encore au centre droit.

Deux tendances me donnent de l’espoir : la forte croissance du nombre d’expatriés offre aux familles des témoignages directs bien plus efficaces que tous les discours du monde. Ensuite, Internet a ouvert les volets en grand, permettant à tous d’aller regarder ailleurs. Dans un monde profondément attaché à la Liberté, l’anachronisme de notre modèle commence à apparaître clairement aux Français, ainsi que les risque qu’il leur fait courir à terme. Et ils apprennent vite. Je suis très optimiste pour les années à venir.

Je suis d’accord avec les fondements philosophiques du libéralisme. Une seule question me turlupine : le libéralisme défend un droit strict à la propriété privée (propriété de soi, propriété du fruit de son travail, etc…). Un enfant battu et détruit par sa famille doit-il être considéré comme nécessitant une protection particulière, à ce titre ? Qui organisera son “sauvetage” ?

Un enfant a des droits fondamentaux indiscutables, l’autorité parentale n’est pas illimitée. La justice doit pouvoir être saisie pour déterminer s’il y a atteinte à ces droits ou non, notamment si cette atteinte est le fait des parents. Par qui, comment ? C’est un sujet extrêmement délicat pour lequel je n’ai pas de réponse simple et tranchée. Il est surtout important que des institutions dédiées puissent assurer la relève de l’éducation des enfants lorsque les parents ont commis des actes graves à leur égard. Je crois nettement à l’avantage d’institutions privées ou semi privées sur un organisme public comme la DDASS. Elles assurent leur mission sous le regard vigilant de leurs membres contributeurs alors qu’au sein d’un organisme public, personne ne connaît la notion de responsabilité.

Quelles sont, pour toi, les champs d’action légitimes de l’Etat ?

Dans un monde idéal, cette question ne se pose pas puisqu’il est sans Etat. Mais cette utopie relève du conte de fées. D’un point de vue plus pragmatique, je pense que l’Etat doit continuer à superviser le pouvoir de la Justice et la sécurité tant intérieure qu’extérieure, ce qui n’est nullement contradictoire avec l’émergence de tribunaux privés, par exemple de proximité, ou le développement des sociétés de sécurité. A mon sens, l’Europe est l’échelon nécessaire pour assurer notre défense extérieure et prendre en main notre politique étrangère.

A titre personnel, je suis attaché à l’accès général à l’enseignement et à l’universalité d’une couverture santé couvrant les soins essentiels. Sans réaliser lui-même ces services, l’Etat doit pouvoir les garantir à tous. Je crois au rôle redistributif de l’Etat, même simplifié et allégé, tant que la société civile n’est pas en état de prendre le relais, par exemple sous la forme de l’impôt négatif de Milton Friedman.

mardi, 19 février 2008

Avec le soutien de Liberté Chérie !

1405022079.jpgComme vous le savez, j'ai toujours eu des relations privilégiées avec Vincent Ginocchio, actuel président de Liberté Chérie, avec Christophe Maillard, mon prédecesseur à la présidence de Liberté Chérie, avec Jacques de Guénin qui a activement contribué à son développement et avec bon nombre de militants que j'ai rencontrés un peu partout en France. De solides amitiés sont nées de ces années d'activisme libéral. Qui n'a pas en mémoire la contre-manifestation que j'ai organisée à Marseille ainsi que nos autres succès marquants ?

 

Bref, je suis bien placé pour mesurer aujourd'hui à quel point Liberté Chérie est attachée à sa précieuse indépendance. Nous connaissons tous sa neutralité régulièrement revendiquée avec fougue. Aussi, lorsque les responsables de cette association connue de tous les libéraux a décidé de m'offrir son soutien au cours de la campagne interne d'Alternative Libérale, je me suis senti particulièrement honoré par ce geste que personne ne les obligeait à faire. Je mesure combien il a dû leur coûter. Ils ont pourtant choisi de s'engager devant cet enjeu qui ne les laissait pas indifférents. Aujourd'hui, je me sens particulièrement fier de cette manifestation de confiance, je me sens aussi une obligation morale de ne pas décevoir le public des libéraux qui espèrent voir un grand parti libéral occuper la place qui devrait être la sienne sur l'échiquier politique français.

 

Après avoir fait figurer le logo de Liberté Chérie sur ma profession de foi, je lis ce soir un communiqué de son comité directeur qui me va droit au coeur, accompagné d'un témoignage de Christophe Maillard, ancien président et porte-parole de Liberté Chérie. 

 

Ce texte inhabituel de la part de Liberté Chérie est un message fort pour tous les libéraux. Si notre parti veut pouvoir travailler avec  les associations libérales reconnues, cela ne peut se faire que dans le respect mutuel et la confiance. Ayant toujours privilégié la communication avec un partenaire aussi naturel que Liberté Chérie, je ne vois pas comment coopérer à l'avenir en agissant autrement, de manière autoritaire ou intolérante, avec arrogance. Ce n'est clairement pas ma manière de concevoir nos rapports.

 

Aujourd'hui, les membres d'Alternative Libérale doivent bien réflechir à la relation que notre parti souhaite entretenir avec une association aussi importante que Liberté Chérie, sachant qu'il en va de même avec des associations telles que l'Ifrap ou Contribuables Associés. En choisissant ma liste, vous ouvrez un avenir bien plus prometteur à ce type de coopération intelligente et durable avec des partenaires libéraux importants.

Pourquoi je soutiens Aurélien Véron

192d2ad70a522b40fd198f0bdf110a1b.jpgAgé de 51 ans, je suis le gérant d'un cabinet de gestion de patrimoine, de courtage en assurances et d'intermédiation en opérations de banques à Paris et à Rouen. Des métiers fort divers impliquant une information constante, une remise en cause et des rencontres quotidiennes.



A 18 ans, année de l'élection à la Présidence de la République de VGE, j'ai adhéré à Génération Sociale et Libérale, créée par Dominique Bussereau  . "Nous étions les nouveaux révolutionnaires de Giscard" . Puis, adhésion au PR de François Léotard avec de grands moments que j'aimerais bien retrouver "style la bande à Léo" ! Puis, suite logique et inoubliable pour chaque libéral de ce pays, création de DL avec peut-être une légère tendance à l'idôlatrie de Madelin, mais nous ne pourrons oublier l'immense concours, la formidable reflexion qu'a pu apporter Alain au libéralisme dans notre morne paysage politique ! J'ai donc co-créé les Cercles Libéraux de Seine-Maritime dont nous avons encore (!) gardé la structure afin d'y accueillir les militants d'AL, des Réformateurs, de libéraux ne désirant pas s'encarter etc....



Et c'est, avant tout, pour cette dernière raison, que j'ai (ainsi que l'intégralité des membres de la Fédération des 2 Normandie sans exception) choisi de soutenir Aurélien Véron. Un important malaise s'était installé car nous ne désirions pas devenir des libéraux isolés et repliés sur eux-mêmes de par nos traditions de réflexion et de relations locales . Aurélien, lors de ses diverses venues à Rouen (lorsque nous le souhaitons !), nous a montré une attitude en phase totale avec la nôtre, à savoir ouvrir de justes relations avec nos amis qui, eux, sont encartés à l'Ump, au NC, ou au Modem. Il nous faut accpeter de reconnaître ceux avec lesquelles nous avons des affinités naturelles, tout simplement en clamant et en identifiant nos valeurs libérales reconnues.



N'oublions pas que c'est un parti que nous sommes appelé à restructurer, ce qui signifie, lorsque j'entends mes amis des autres tendances, "une machine à gagner, une machine de guerre". Nous ne pouvons nous permettre des errements fantaisistes qui peuvent convenir à des associations libérales, oit, mais aucunement à un parti qui est appelé à devenir une force politique respectable . Pour être reconnus, il faut que l'on nous situe. Seul Aurélien a la dimension pour assumer cette tâche .

Pour un parti dans l'action !

938329551.JPGLa fin de la mini crise qui secoue Alternative Libérale est pour très bientôt. Comme nombre d'entre vous le savent, un nouveau Bureau sera élu lors de l'Assemblée Générale qui se tiendra le 5 mars prochain. Aujourd'hui, deux projets s'affrontent, deux visions pour le développement de notre jeune formation. Pour éclairer nos membres dans leur choix, je leur rappelle que la grande majorité des Conseillers Nationaux et des responsables locaux ont exprimé leur choix en faveur de ma liste. Ce week-end, le bureau de Liberté Chérie est sorti de sa neutralité et a également décidé de soutenir mon projet qu'ils jugent plus prometteur pour la promotion du libéralisme en France. Ce geste renforce la voie que je préconise : nous devons maintenir une relation de confiance avec tous les mouvements et associations de libéraux en France, dans le respect de chacun, sans essayer de nous imposer à eux.

 

Vous trouverez en pièce jointe ma profession de foi, en vue des élections du Bureau et du Président d'Alternative Libérale. Comme vous le constaterez, mon programme est tout entier tourné vers l’action, pour relancer notre parti et en faire un pilier durable du libéralisme en France. Dorénavant, à vous de choisir en connaissance de cause.

 

Pour la survie de notre parti, il faut vous mobiliser, il faut voter.

En particulier, si vous avez été déçus par l’orientation du parti en 2007, vous pouvez maintenant redresser la barre. L'avenir d'Alternative Libérale est dans vos mains.

 

QUI PEUT PARTICIPER A L'AG DU 5 MARS ?

De nombreux membres et sympathisants libéraux ont exprimé leur surprise en apprenant que seuls les adhésions avant le 3 février permettaient de participer à l'AG du 5 mars. Cette décision n'étant pas conforme à nos statuts, une clarification doit rapidement s'imposer, sachant que les statuts priment sur tout le reste : je travaille toute personne souhaitant adhérer d'ici le 5 mars pourra participer à l'AG qui décidera du sort d'Alternative Libérale.

 

Bon vote à tous !

mardi, 12 février 2008

Pour un libéralisme indépendant et ouvert

Chers amis libéraux,

  

Voici les grands axes de mon programme pour les deux ans à venir si vous me confirmez à la tête d’Alternative Libérale. Bien que nos tensions internes soient pénibles pour tous, vous avez compris qu’elles résultent d’une crise qui les a rendues inévitables. Notre formation est au seuil d’un choix crucial pour l’avenir. Ce que je propose aux membres, c’est de passer d’un « club de copains », fort sympathique jusque là mais aussi très amateur et fragile comme l’expérience nous l’a montré, à une organisation plus solide et plus rigoureuse.

 

Passer de l’amateurisme à l’efficacité, ne pas dépendre d’une poignée de personnes

 

Plutôt que d’aller vers une personnalisation renforcée de la direction d’Alternative Libérale, fort éloignée du partage des pouvoirs défendu par les libéraux, mon projet préconise une professionnalisation de certaines missions. Des missions aussi importantes que la communication, les relations presse ou encore l’outil Internet ne peuvent être confiées à des amateurs ou à des prestataires directement liés à certains membres du Bureau. Parallèlement, le Bureau doit accueillir davantage de compétences et d’expérience, afin de pouvoir mettre en œuvre plus efficacement les orientations stratégiques du parti. Les finances du parti devront aussi être gérées de façon plus professionnelle. Il n'est pas normal que le passif très important laissé par mon prédécesseur m'ait contraint, avec un autre membre du parti, à me porter personnellement caution auprès de la banque pour un montant de 30.000 euros pendant deux ans. Mon objectif sera de finir l’année avec des comptes positifs pour nous engager en 2009 avec une vraie marge financière.

 

Afficher un message cohérent plutôt que des coups médiatiques éphémères

 

Plutôt qu’une agence de communication dont la seule ambition consiste à monter des coups médiatiques sans stratégie d’ensemble, mon mandat aura pour priorité de construire un grand parti libéral dans la durée. Je crois d’abord que notre ligne de communication doit s’affranchir de cette confusion passée. Passer dans les médias à tout prix (quitte à défendre Bertrand Delanoë, comme l’a fait un membre de l’ex-Bureau), s’est trop souvent fait au détriment du travail de terrain de nos responsables et de nos comités locaux. Je souhaite davantage de cohérence dans notre message, pour promouvoir le libéralisme authentique « grand angle » qui est le nôtre d’une manière lisible.

 

Développer les fédérations et le travail de terrain

 

Ensuite, je compte multiplier et renforcer nos fédérations. Cet axe est essentiel pour asseoir notre implantation nationale et pour faire émerger des talents au niveau national. Dés que notre passif financier sera apuré, nos comités devront disposer d’un pourcentage des adhésions et des dons de leurs membres. Les « meilleurs pratiques » des comités les plus actifs seront diffusées aux comités encore fragiles afin de favoriser cette émulation de manière décentralisée. Des rencontres régulières entre présidents de comité et de fédération permettront ainsi le débat entre responsables locaux.

 

Etre un parti qui se présente aux élections, et non un parti des salons parisiens

 

Je conçois le combat politique autant dans le monde des idées que sur le terrain. C’est pourquoi je me suis engagé pour les municipales comme j’ai incité les autres membres du Bureau à le faire. C’est aussi pourquoi j’irai à Aix, le 20 février prochain, soutenir trois de nos candidats aux cantonales ainsi qu’aux municipales. Je compte fixer un calendrier pour que des membres du Bureau se déplacent à la rencontre des comités qui le souhaitent tout au long de l’année. Encore une fois, le parti ne doit pas rester un club de Parisiens, car il se construit avant tout dans les régions Elles doivent donc être notre priorité. A la fin de mon mandat, je me fixe l’objectif de 80 comités et de dix grandes fédérations actives pour Alternative Libérale. Dans ces conditions, je souhaite viser l’objectif de 1.800 membres pour notre formation, presque le triple du nombre actuel.

 

Une place pour nos élus

 

Rien n’a été prévu, dans nos statuts ou notre règlement intérieur, pour accueillir nos élus et leur donner un espace légitime d’expression. Etre élu signifie qu’on a su gagner une bataille difficile sur le terrain en entrainant une équipe avec soi. Il me semble important de réfléchir rapidement à la place que ces personnalités devraient prendre au sein de notre formation pour apporter leur expérience et prodiguer leurs conseils aux fédérations et aux instances nationales.

 

Etre un parti indépendant, mais ouvert au dialogue

 

Je l’ai dit et je le répète, notre formation doit rester indépendante et maintenir sa capacité de dialogue avec des élus d’autres formations qui partagent nos valeurs. Si de tels rapprochements sont aujourd’hui impensables avec les socialistes ou avec le Modem, nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait et il ne faut pas négliger les nombreux libéraux qui ont rejoint les partis de la droite. A ce jour, je compte continuer notre projet de partenariat avec François Goulard, ancien ministre qui a toujours manifesté sa vive opposition à Nicolas Sarkozy, avec qui nous préparons une première conférence conjointe à l’Assemblée Nationale en avril. Avec Edouard Fillias et Sabine Herold, nous avons rencontré Hervé Morin et Charles de Courson du Nouveau Centre, ainsi qu’Hervé Mariton de l’UMP que nous avons suivi ensemble assez régulièrement. Je continuerai à maintenir ces contacts sans exclure de nouvelles ouvertures afin qu’Alternative Libérale soit de mieux en mieux reconnue par la classe politique la plus proche de nos idées.

 

Etre prêt pour les élections européennes

 

La question des Européennes se posera dés le lendemain des municipales. Je crois prématuré d’avancer une stratégie précise. Notre programme définit assez clairement notre approche et il revient au Conseil National d’en modifier les termes. Nous savons que plusieurs camps, souverainistes ou européens, d’inspiration plus dirigiste ou plus libérale, se formeront. Nous devons nous fixer l’objectif de nous rapprocher des listes les plus proches de nos valeurs, dans l’objectif d’obtenir plusieurs places éligibles pour nos têtes d’affiche. Il reviendra au Conseil National et au Premier Conseiller de débattre et de valider une telle opération ponctuelle. Il me parait essentiel d’instaurer un dialogue constant entre le Conseil National et le Bureau, ce qui passera par la soumission régulière de propositions au Conseil National par le Bureau concernant la ligne programmatique et l’orientation de notre parti.

 

Sortir de la crise …

 

La crise que nous traversons a au moins le mérite de révéler les qualités et les défauts de chacun en période de grand stress, ainsi que notre capacité à surmonter ce type de conflit qui est le propre de la vie politique. Face aux enjeux déterminants qui nous attendent, nous aurons tous le devoir d’aider le Bureau qui sortira vainqueur de ce scrutin. Si l’équipe de Sabine l’emporte, je m’engage, ainsi que tous mes colistiers, à continuer à contribuer au développement d’Alternative Libérale. Par respect pour la démocratie interne, mais aussi parce la vie d’une association, encore une fois, exige de savoir travailler avec autrui dans un esprit constructif, même mis en minorité. Je respecterai donc le choix de nos membres, et j’espère le même engagement positif de Sabine Herold, dont la mission de porte-parole consiste avant tout à servir la ligne de notre parti plutôt qu’à servir une ambition et une vision personnelle des choses, et de son équipe.

 

Aurélien Véron 

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