vendredi, 12 mars 2010

Réflexes d'ancien régime

Morano.jpgNos politiques ne parviennent à pas à oublier leurs privilèges, et ça se voit. Vieux réflexes ancrés dans leur cerveau reptilien, sans doute. Tolérance zéro quand c'est pour nous, le petit peuple, mais on oublie tout quand il s'agit d'eux. C'est de bonne guerre, eux ils travaillent d'arrache pied pour le bien commun, pour redresser ce pays que le monde entier admire, il faut leur pardonner. Tandis que nous, nous ne sommes que de vulgaires égoïstes qui ne pensons qu'à nourrir nos enfants, leur trouver des débouchés (voire à nous-mêmes) et créer un peu de vile richesse dans ce monde cruel.

En début de semaine, le pas malin Xavier Bertrand s’est fait attraper par les gendarmes. Son chauffeur roulait à 144 km/h, en pleine nuit, au lieu des 90 km/h prévus sur la nationale bretonne. Les gendarmes n’ont pas verbalisé et sont repartis bredouilles remplir leurs quotas avec d’autres proies moins intouchables. Sûrement une question de chance, non ?

Le président de l’UMP a enfoncé le clou par son commentaire à la presse : « Nous rentrions vers 2 heures du matin du meeting de Pornic à Nantes après un dîner avec les élus et Philippe Boënnec. Notre train était vers 5 h 30 à Nantes. Nous n’avions donc aucune contrainte horaire, aucune raison de rouler à cette vitesse. C’était un militant bénévole qui conduisait, même s’il ne s’agit pas ici de lui jeter la pierre. On n’était même pas pressé. On pouvait arriver dix minutes plus tard à notre hôtel à Nantes, ça ne posait pas de problème. »

Heureusement que le militant n’était pas pressé, imaginez la vitesse dans un contexte d'urgence. Mais il ne faut pas lui jeter la pierre, ce n’est pas très grave, et il n’y aura aucune sanction. On va pas le lapider pour si peu. Evidemment, ce n’est pas le message qu’ont retenu les 100.000 conducteurs qui ont perdu le permis en 2009. Mais je retiens l’idées, à creuser pour l’avenir.

Complication supplémentaire : le conducteur n’était pas un militant mais un policier selon un gendarme qui a procédé à l’intervention nocturne. Son commentaire : « Le conducteur était bien un policier. On ne peut se prévaloir de cette qualité sans présenter une carte professionnelle», et il ajoute : « Au final, ce qui les gêne profondément dans cette histoire, c’est de mettre des fonctionnaires au service d’un secrétaire général de parti. Ca, ils ne le reconnaîtront jamais. » Effectivement.

Heureusement dans la même semaine, l’UMP a confirmé qu’il restait le parti de la tolérance zéro… quand il s’agit des autres bien entendu. La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, battant le pavé pour sa campagne des régionales, est entrée dans un bar dans lequel les clients fumaient. Elle leur a demandé d’arrêter, cette franchise est tellement rare chez les politiques. Sans résultat  -mais bon vous êtes bien gentille ma p’tite dame, ici c’est un espace convivial où on fume et pis c’est tout -, ni d’une ni deux, elle a traversé la rue et s'est rendue à la gendarmerie, située en face du bar, où elle a dénoncé aux militaires le scandale. Le gérant lui aurait répondu : « S'il fallait que je respecte les lois, il y a longtemps que j'aurais fermé boutique ». Comme Emmanuel Galante, persécuté par les forces de l’ordre jusqu'à ce qu'il mette la clef sous la porte. Le patron du bar de Neuves-Maison encourt une amende de 135 euros, contre 68 euros pour les fumeurs. Bonne chance pour les régionales, madame Morora Morano.

 

mardi, 27 octobre 2009

L'UMP renforce ses liens avec le Parti Communiste Chinois

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Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, en visite officielle en Chine, a signé entre son parti et le Parti communiste chinois un protocole qui "veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre les deux partis. Xavier Bertrand souhaite même "multiplier les échanges entre dirigeants mais aussi entre cadres et élus du parti". Avec le PCC, jamais l'affaire de l'EPAD n'aurait fini en scandale. Il n'y a plus qu'à traiter les autonomistes corses comme les tibétains ou les les ouïghours. Il y a certainement des idées à prendre pour durcir la loi Hadopi et la lopsi.


Lionel Luca a choisi de faire son gamin en faisant grève. Franchement, pour quoi faire ? D'abord, l'UMP tente aussi de rassembler tout le monde, des verts à l'extrême droite, dans l'espoir de n'avoir au final qu'un seul parti politique en France. Il ne manque plus que le PS et le front de gauche, et le tour est joué pour notre petit timonier. Ce sera plus simple ainsi, il faut bien le reconnaître. La continuité dans l'action, avec une perspective dynastique, rien de tel pour la stabilité. Ensuite, rappelons qu'à l'occasion du XVIe Comité central du PCC, le 15 novembre 2002, le PCC avait officiellement environ 65 millions de membres. Même ramené à l'échelle de la France, ça fait plusieurs millions de membres. L'UMP a déjà son Quotidien du Peuple.

 

Il reste heureusement des voix pour s'indigner du comportement des communistes chinois. Cette éthique me parait non seulement essentielle, mais aussi élémentaire pour un parti politique. Pas à l'UMP où j'espère sincèrement voir davantage d'élus comme Lionel Luca et de responsables assumer leurs valeurs.