lundi, 28 septembre 2009

Le Parti Libéral Démocrate entre au gouvernement

FDP.jpgToutes mes félicitations à Guido Westerwelle, dont la victoire aux législatives vient récompenser  non seulement un discours juste, mais aussi 8 années d'efforts depuis son arrivée à la présidence du FDP.

 

En pleine crise non pas due aux méfaits du libéralisme mais pour l'essentiel à de mauvaises politiques, monétaire et réglementaires, et à de mauvaises incitations publiques et parapubliques, les libéraux voient enfin leur poid considérablement renforcé. La crédibilité de leur projet pour retrouver le chemin d'une croissance saine et durable est au plus haut auprès des Allemands. En offrant un score de 14,6 % aux législatives de dimanche au Parti Libéral Démocrate allemand, le FDP, les Allemands ont fait preuve de pragmatisme. Car aucun parti n'égale les libéraux pour libérer la croissance et renouer avec la justice sociale, celle qui rend fluide l'emploi et relance l'ascenseur social. Pour les libéraux, la croissance ne se dicte pas d'en haut à coup de mesures dirigistes et de dépenses publiques inutiles, elle découle d'une dynamique spontanée des talents et des énergies. L'Allemagne d'en bas, contrairement à la France d'en bas à qui on ne demande pas son avis, en a jugé ainsi à 14,6 %, sans doute dans l'espoir d'être un peu soulagée de son fardeau fiscal et bureaucratique.

 

Evidemment, Angela Merkel ne va pas changer brutalement de politique et faire sauter les verrous de la croissance. comme le souhaitent les libéraux Mais elle devrait tout de même orienter sa politique dans un sens plus favorable aux libertés. Ses alliés du FDP vont peser bien lourd avec presque la moitié du score du CDU-CSU. Il faut ajouter qu'Angela Merkel, née en Allemagne de l'Est, a une vraie sensibilité libérale au fond d'elle-même. Rappelez-vous, c'est elle qui avait défendu une flat tax avant de se rétracter quelques semaines avant le scrutin qui allait la porter à la chancellerie. C'est elle qui s'est opposée au principe des plans de relance. Avec le soutien des libéraux, beaucoup de choses sont possibles. Un succès à méditer de notre côté du Rhin.

lundi, 21 septembre 2009

10 à 13 % dans les sondages : forte progression des libéraux

Nous ne sommes pas en France, pas encore. Eux aussi sont traités par la gauche de "néo-libéraux, radicaux du libre marché qui veulent éradiquer la protection du travail et tailler dans l'Etat providence". Pourtant, ils ont la côte. A la différence de notre pays, la droite conservatrice leur fait les yeux doux...et tente même de s'inspirer de leurs propositions. Baisses d'impôt, réduction de la dépense publique et assouplissement du marché du travail pour protéger non pas le travail, mais l'emploi.

 

Les libéraux allemands sont portés par la crise. Leurs préconisations apparaissent de plus en plus sérieuses par des Allemands lucides qui admettent que l'origine de la crise ne doit pas grand chose au marché. C'est même ce dernier qui a stoppé (certes sans ménagements) l'emballement de la bulle du crédit. La réponse, c'est de ne pas laisser les Etats poursuivre ce dérapage du surendettement, réformer la fiscalité pour soutenir les investissements en capital plutôt que les créances, et libérer les talents. En Allemagne, ce message passe bien, très bien même.

 

Au point que les libéraux allemands espèrent être la clé d'une nouvelle majorité avec des estimations qui vont de 10 à 13 % des votes. Ce week-end, le président du FDP, Guido Westerwelle, a clarifié les choses en annonçant que son parti n'envisagerait pas d'alliance de gouvernement avec la gauche sociale démocrate après le scrutin dans une semaine. Ni avec les verts. Son partenaire privilégié, c'est le CDU-CSU d'Angela Merkel. Ce positionnement est facilité par les prises de position passées de Merkel...et de son ministre des finances Karl-Theodor zu Guttenberg.

 

 En France, la droite conservatrice au pouvoir ne défend clairement aucune option libérale. Qu'il s'agisse des libertés individuelles, sociales ou économiques, la majorité présidentielle va dans le sens d'un dirigisme étatique croissant, alliant contrôle et la répression. Cette tendance lourde entretient la défiance dans notre société, et bride les talents. Enfin, elle renforce dangereusement la pression fiscale et la dette. C'est pourquoi il est essentiel qu'une formation libérale émerge au centre, visible sur des positions fortes et populaires comme la dette. Comme en Allemagne, elle doit trouver des alliances locales ou nationales afin de pousser ses hommes et ses idées. Comme en Allemagne, c'est plutôt du côté de la droite que les libéraux trouveront des alliés naturels à court terme.

 

Mais nous avons hélas une différence avec l'Allemagne, la gauche allemande est en soi plus libérale que la droite française. Rappelez-vous, c'est elle qui a engagé les premières réformes assouplissant le marché du travail, responsabilisant les chômeurs et allongeant la durée de cotisation pour la retraite. Dans notre beau pays, la frustration des cadres frustrés du parti au pouvoir me confirme dans l'idée que les libéraux ont un boulevard devant eux. Encore devons-nous gagner en crédibilité pour les faire basculer sur un échiquier verrouillé. Si je ne cache pas que la route est encore longue, la mobilisation croissante que je constate est encourageante.