vendredi, 26 septembre 2008
Short seller, gros dégueulasse ?
Dans la ligne de mire de tous les super régulateurs qui veulent "punir les coupables" et en finir avec cet infect "capitalisme financier" qui a dévoyé le vrai "capitalisme", on retrouve le "short seller" (en français : "vendeur short). Victime de la vindicte parlementaire, il s'est retrouvé récemment...en short en rase campagne lorsqu'on lui a interdit de vendre des actions d'institutions financières à découvert, c'est à dire avant de les avoir achetées (concrètement, le vendeur peut les emprunter auprès de détenteurs du titre jusqu'à ce qu'il rachète ces mêmes titres, il peut aussi attendre le moment de la livraison qui n'est pas forcément proche de la vente même pour les acheter). Pour décrire brièvement le profil type d'un opérateurs de marché qui pratique le "short selling", il mange un enfant cru à son petit déjeuner en lisant le WSJ, sacrifie une vierge à midi sur ses écrans et va défoncer les cimetières le soir pour se détendre. Entre-temps, il vend sauvagement des actions qu'ils croit surévaluées en décapitant au cutter les portraits de ses cibles dans la presse financière. Bref, c'est un "méchant", ça se voit tout de suite.
Evidemment, tout ceci est profondément immoral. Un écrivain peut vendre son projet de livre avant même d'avoir rédigé une ligne. De grandes entreprises vendent des avions dont ils n'ont même pas terminé la conception. Mais là, la cruauté du "short seller" dépasse toutes les limites en révélant les faiblesses d'une valorisation. Leur rôle assainisseur est jugé indigne. Laissons durer la douleur, c'est tellement meilleur. En accélèrant les purges qui, de toute manière, auraient eu lieu sans eux, ils font souffrir tout un peuple, c'est clair. En out cas, ils font souffrir les politiques qui cherchent des boucs émissaires avant que le débat revienne sur leur propre responsabilité.
L'Eglise d'Angleterre a bien entendu condamné ces agissements barbares avec la plus grande fermeté. Pas de chance, ils alimentaient les "short sellers" sans le savoir (en fermant les yeux en tout cas) en leur prêtant leurs titres quotidiennement (contre rémunération) pour un montant de 6.9 milliards d'euros. Et il semble bien qu'ils aient investi des capitaux dans des Hegde Funds réputés pour leur talent de "short seller". Heureusement que l'hypocrisie ne tue pas. Peut-être verront-ils la lumière un jour, et comprendront-ils l'importance du rôle de ces ventes à découvert.
17:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : short selling, vendeur a decouvert, marches financiers |
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