mercredi, 10 juin 2009

L'Assemblée nous fait deux Kerviel avec la sécu

trou secu.JPGFin 2008, les estimations de déficit de la sécurité sociale pour 2009 tournaient autour de 15-20 milliards d'euros. Pourtant, les députés ont voté un déficit à 10 milliard dans la loi de financement de la sécurité sociale, déficit validé par le Premier Ministre dans les semaines qui ont suivi. Bref, il y avait déjà tromperie de 5 à 10 milliards d'euros dans les comptes. De quoi ne pas trop monter la pression en faveur d'une vraie réforme de fond de nos assurances sociales en banqueroute.

 

Au final, ce seront plutôt 20 à 21 milliards d'euros de pertes pour ce régime déjà extrêmement coûteux en soi pour les cotisants, et la crise n'y est pas pour grand chose. Quand un trader triche avec ses compteurs et plonge une société privée dans l'embarras, le Président de la République ose intervenir et demander la peau de son président. Lorsque des parlementaires mentent sur les chiffres et mettent les comptes publics dans l'embarras, c'est la routine.

 

Avant de prétendre moraliser le capitalisme, il serait sain de moraliser la politique.

10:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : trou de la sécu, déficits publics | | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 03 juin 2009

La Caisse Nationale de Retraite se serait trompée de 2.5 Milliards d'euros, une broutille !

La sécu devrait chasser l'incompétence avec autant d'énergie qu'elle chasse la fraude. Le Canard Enchaîné nous avait révélé en avril 2008 que le Fonds de Réserve des Retraites avaiet perdu 3 milliards (10 % de son capital) en spéculation boursière (ce monopole est pourtant déclaré infallible par les autorités publiques), et la crise venait à peine de commencer (j'attends avec impatience les dernières évaluations). Aujourd'hui, c'est au tour de notre merveilleuse retraite par répartition d'avoir versé plus de 2.5 milliards de trop aux retraités (les caisses ne savent pas trop bien s'il s'agit de 300, 900 ou 2.5 milliards d'euros, c'est dire), faute à un "mispricing", un faux calcul. Rien, je vous dis. Cotisez et ayez confiance.

 

Si vous avez moyennement confiance dans ce mammouth, penchez-vous sur le programme du Parti Libéral Démocrate qui propose de laisser aux salariés la libre disposition des charges sociales qu'on attribue aujourd'hui à leur place à ce monopole "d'assurances" inadaptées à leurs attentes...et terriblement mal gérés. Pensez qu'avec 350 euros par mois de cotisations "retraite", un couple qui gagne le SMIC pourrait emprunter 90.000 à 110.000 sur 15 ou 20 ans pour un achat immobilier au taux actuel du marché. A taux zéro et avec un peu d'épargne, notre couple aurait de quoi s'acheter un logement correct dans un quartier choisi plutôt que de subir la distribution aléatoire (et souvent politique) de logement social dont il sera difficile de sortir. De quoi voir l'avenir avec un patrimoine rassurant, cessible et transmissible à ses enfants. De quoi éviter de cotiser pour un plan Madoff géant, qui plus est truffé d'étourderies coûteuses.

 

Evidemment, nos technocrates considèrent les Français bien trop immatures pour gérer leur avenir à leur place à eux, les experts. Des experts qui ne savent quantifier le trou des engagements de la répartition sur les 20 ou 30 prochaines années (le rapport Pébereau évoquait 800 milliards d'euros pour les seules retraites du secteur public !), et qui ne savent éviter de menues erreurs de quelques milliards d'euros  ici ou là. Experts qui aimeraient bien "harmoniser" l'Europe "sociale" (traduction : appliquer nos erreurs à tous). En attendant, ce sont les Français qui ont bien été "harmonisés"...