mercredi, 13 mai 2009

Le travail surtaxé en France

Ce que nous savons tous vient d'être confirmé par une analyse de l'OCDE sur l'imposition du travail : le nôtre, de travail, est scandaleusement surtaxé en France, ce qui nous place au 4eme plus mauvais rang au monde avec un taux moyen de prélèvement de 49.3 % sur la valeur du travail, l'impôt sur le revenu ne représentant qu'un cinquième de ces taxes. La nuance qui permet d'enrichir une analyse rapide, c'est que l'impôt sur le revenu, globalement faible, se concentre sur quelques tranches de revenu. En réalité, il fait peser l'essentiel de l'effort sur les classes moyennes et moyennes supérieures (qui n'ont pas accès aux niches fiscales importantes) pour lesquelles le poids de l'ensemble des charges sur leur travail peut dépasser largement 60 % contre 40 % pour les plus bas revenus.

Double effet de ces charges :

  1. les moins qualifiés sont progressivement exclus du monde du travail avec l'augmentation accélérée du SMIC, ce que la Prime Pour l'Emploi tente de modifier marginalement avec quelques effets pervers.
  2. les plus dynamiques sont tellement pénalisés qu'ils sont les premiers à souhaiter ne travailler "que" 35 heures, qu'ils sont de moins en moins chauds pour prendre des risques et augmenter la création de richesse dont leur part est prélevée aux deux tiers.

 

La paupérisation d'une partie de notre société s'explique en grande partie par ces mécanismes pervers. Puissent nos gouvernants méditer ce message limpide.

dimanche, 03 septembre 2006

Les Français aiment leur travail, pas leur patron ni leurs employés

Le World Value Survey est l'un des instituts les plus prestigieux et les plus reconnus pour la valeur deson travail sur les valeurs individuelles, qu'elles soient morales, sociales, politiques ou religieuses. Le WVS vient de publier un rapport saisissant sur le travail, réalisé dans 80 pays.
 

Deux questions portent sur la valeur travail :   

"Quelle est l'importance du travail dans votre vie ?" et     

"Est-il importantd'apprendre à vos enfants à travailler dur ?"            

 

medium_Recherche_jh_dynamique.2.jpgSur 80 pays, la France est 30e sur 80 pour l'importancedu travail, en tête des pays riches, devant les Etats-Unis et loin devant le  Danemark et l'Angleterre !    

 La France est 47e sur 80 pour l'importance d'enseigner aux enfants à travailler dur, une position comparable à celle des Etats-Unis et du Canada, et devant la plupart des autres pays européens.        

 

Le fait accablant qui resort de cette étude approfondie, c'est que les Français sont les plus mécontents de leur travail de tous les pays riches. Pourtant, les Français sont favorables à la mondialisation en majorité, même s'ils en craignent un peu les effets. Ils aiment l'idée d'entreprendre, bien que la peur du risque incite nombre d'entre eux à rester dans l'entreprise. Mais alors, pourquoi les rapports entre employeurs et employés sont-ils maussades, voire mauvais ? Les Français garderaient-ils l'image de "patrons exploiteurs" que nous rabachent tant les marxistes de tout poil ? Le problème n'est pas tant que les travailleurs français n'aiment pas les entreprises en général, mais qu'ils n'aiment pas les entreprises françaises. Dans le classement des entreprises où il fait bon travailler en France, on trouve des entreprises américaines aux quatre premières places et il n'y a que trois entreprises françaises parmi les dix premières. 

 

Pourquoi les employés sont-ils malheureux ? Parce qu'ils ne sont pas assez libres de prendre des initiatives et parce que leur travail n'est pas assez reconnu au sein de leurs entreprises. La France reste un pays où les hiérarchies sont rigides et le management autoritaire.

De quoi les managers se plaignent-ils ? Du fait que les employés refusent de coopérer et ne sont pas assez motivés. Les refus des uns renforcent les frustrations des autres, et justifient la méfiance réciproque. Ce cercle vicieux a des racines historiques profondes. 

Pour sortir de cette hierarchisation des rapports sociaux qui pèse sur le travail, il nous faut laisser les acteurs organiser le travail de façon plus intelligente, plus respectueuse des intérêts des autres. Dans le secteur public, la valorisation individuelle doit primer sur l'approche collective qui ne permet pas l'émancipation des individus qui le compose. Dans le privé, une évolution culturelle s'impose pour sortir de notre capitalisme hierarchique, paternaliste et qui laisse peu de place à l'initiative.

18:00 Publié dans Dans le monde, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : travail, employeur, rigidités, 35 heures | | | Digg! Digg |  Facebook