mardi, 12 septembre 2006
Encore une douche froide pour la SNCF !
Le torchon brûle entre notre fleuron national, la SNCF, et CMA CGM, troisième armateur mondial. Ce dernier a choisi de se rapprocher de Veolia Transport, filiale de Veolia Environnement, pour transférer par rail ses marchandises depuis les ports français. Alors qu'actuellement seulement 5 % du volume des grands ports emprunte les rails, CMA CGM souhaite faire grimper cette proportion à 10 ou 15 %. Mais le directeur général de cette entreprise confie au Figaro : « Plus que 15 % des trafics que nous confions à la SNCF ont plus de 24 heures de retard ! ». Impossible de travailler convenablement dans ces conditions. Et Rail Link, filiale de Veolia Transport, propose une offre bien plus sérieuse.
Résultat, Veolia Transport va acheter ses propres locomotives, une vingtaine au départ, et ses propres convois afin d'offrir une prestation convenable à ses nombreux clients potentiels, à commencer par CMA CGM. Alors que la division fret de la SNCF coûte régulièrement une fortune au contribuable, 800 millions d'euros lors du dernier plan de restructuration, des concurrents privés se mettent progressivement en place depuis l'application de la directive européenne qui a enfin libéralisé le fret depuis le 31 mars. Ces prestataires libres ne coûteront rien au contribuable et proposeront une prestation digne de ce nom à des prix agressifs...et sans les grèves récurrentes. Tout l'inverse de la SNCF !
Dès la fin 2006, l'axe Marseille / Allemagne devrait permettre une montée en charge rapide de cette activité libre... et contribuer à faire échapper le système à la SNCF, dépassée par les termes et les exigences de cette activité économiques.
Ce nouveau partenariat montre la voie de l'avenir : pour améliorer la qualité des services ferroviaires, dans notre exemple entre les grands terminaux portuaires et les principales régions économiques européennes, il est indispensable d'ouvrir le rail à la concurrence ! Arcelor a déjà créé un opérateur ferroviaire avec les Chemins de fer luxembourgeois. Dans notre exemple, les ports français ont tout intérêt à soutenir cette ouverture car ce sont eux qui bénéficieront pleinement de nouveaux flux de marchandises. Le chiffre d'affaire attendu pourrait atteindre 100 millions d'euros en 2010 pour l'opérateur de transport combiné, et 50 millions pour l'entreprise ferroviaire ! Multipliez les concurrents, dynamisez ce secteur et ce sont plusieurs centaines de millions d'euros et des milliers d'emplois à la clef... Et un peu moins de camions sur les routes.
12:55 Publié dans Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : SNCF, Veolia, transport, rail |
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