mercredi, 03 novembre 2010

L'islam condamne Al-Qaida une fois de plus

Amb - Sheikh Al Azhar.jpgNous savons Al-Qaida en guerre contre l’occident pour son impérialisme, réel ou supposé, à commencer par les Etats-Unis. Cette nébuleuse terroriste vise aussi les régimes arabes qui ont trop longtemps instrumentalisé le néofondamentalisme pour maintenir leur pouvoir corrompu. Ce retour de bâton amène les gouvernants arabes à revoir leur stratégie. Les premières victimes de cet obscurantisme assassin, ce sont des individus de confession musulmane. Par-delà de la simple comptabilité de ses atrocités, la folie meurtrière d’Al-Qaida suscite des réactions de plus en plus vives de grandes autorités religieuses islamiques. Sa condamnation ne se fonde pas seulement sur les textes fondamentaux de l'islam, mais aussi sur un meilleur recul des oulémas sur l'évolution et  l’insertion de l’islam dans le monde moderne.

Dans cette perspective, il est intéressant d’entendre le grand imam d’Al-Azhar, haut lieu de la pensée islamique, rappeler officiellement que « l'islam garantit la liberté de culte et interdit les agressions contre les églises ». Il a condamné « avec force » le terrible attentat qui a causé la mort de 53 personnes dans la cathédrale syriaque de Bagdad dimanche dernier, ajoutant que les menaces proférées par Al Qaïda contre les coptes d’Egypte, 6 à 10 % de la population totale, ne servaient « que ceux qui veulent provoquer la dissension et porter atteinte à l'unité nationale », notion non pas religieuse mais sociale. Les Frères musulmans ont réagi de la même manière : « Les Frères musulmans avertissent tout le monde — et en premier lieu les musulmans — que la protection des lieux de culte de tous les enfants des religions monothéistes est la mission de la majorité musulmane » ajoutant « Les Frères refusent toute menace stupide contre les lieux de culte chrétiens en Egypte, de la part de qui que ce soit et quel qu'en soit le prétexte ».

La quête identitaire actuelle des musulmans ne peut que mener à un affrontement théologique et moral de plus en plus marqué avec les mouvances les plus radicales qui ont basculé dans la violence en se revendiquant de l’islam.

mercredi, 02 juin 2010

Le piège de l'embargo sur Gaza

Hamas.jpgLe drame qui vient de se dérouler au large des côtes gazaouies marque le succès d'une belle opération de manipulation de l’opinion internationale par le Hamas et ses soutiens dans la région. En convainquant des personnalités politiques européennes de monter à bord des navires, et en bénéficiant du soutien de la Turquie, le Hamas avait gagné avant même que les navires quittent leur port initial. Qu’ils parviennent à violer l'embargo égypto israélien ou qu’ils se fassent arraisonner dans le sang, la victoire médiatique était assurée. Un nouveau convoi prétendument humanitaire est déjà annoncé. Un mouvement qui promeut les opérations suicide ne peut que se réjouir d’élargir son recrutement à des européens… parmi lesquels des parlementaires. S’ils meurent, à défaut des 70 vierges, eux et leur famille auront droit aux sincères remerciements du Hamas, c’est déjà ça.

 

Quitte à perdre une nouvelle bataille de l’image, Israël a choisi la ligne de la dureté. Etait-ce le bon choix ? Manifestement, la Turquie d’Erdogan est entrée dans un processus de rupture du lien qui l’unissait historiquement à Israël. Cet incident n’a servi qu’à justifier la ligne de plus en plus ouvertement islamiste (l’arrestation récente de généraux envoyant un message clair à l’armée, garante historique de la laïcité du pays) et antisioniste de la Turquie (il serait intéressant d’étudier le rapprochement de la Turquie avec l’Iran). Ce n’est pas un hasard si le convoi partait de ses côtes. En revanche, Israël met l’autorité palestinienne et l’Egypte en difficulté. Le président égyptien, Hosni Moubarak, s'est trouvé politiquement contraint de réouvrir un point de passage avec la bande de Gaza dont il connaît bien les dangers. Quant à l'autorité palestinienne, la première à souhaiter la disparition du hamas, elle risque de devoir se retirer de la fragile reprise du processus de paix pour apaiser la colère populaire des Palestiniens. Au lieu de consolider sa légitimité auprès des Palestiniens, la riposte israélienne l’endommage à nouveau. Le jeu de la division ne peut que desservir les intérêts des Israéliens à terme, même s’il présente des avantages dans l’immédiat.

 

L’intervention de l’armée israélienne a eu lieu dans les eaux internationales. Sur le plan du droit, sa légitimité est clairement douteuse. Mais rappelons que la bande de Gaza est une zone de non droit. Elle subissait jusqu'au 1er juin un embargo à la fois de l'Egypte et d'Israël. Depuis quelques années, cette bande de quelques dizaines de kilomètres s’est transformée en prison à ciel ouvert dont les geôliers sont autant les gardiens de l’embargo que les islamistes du hamas. Leur putsch de 2006 - 2007 suite à leur succès local aux législatives s’est terminé dans un bain de sang. Rappelez-vous ces témoignages de militants du fatah torturés, amputés de jambes suite aux balles expressément reçues dans cette perspective des militants du Hamas, ou tout simplement abattus. Financé par l’Iran comme le Hezbollah, le Hamas est une insulte à l’islam, et une menace pour les Palestiniens qui en sont les premières victimes, le moyen-orient et le monde. Dans ce contexte dangereux, difficile de juger cette intervention israélienne aussi durement que le font la plupart des médias français. Leur critique aveugle ne porte pas seulement atteinte une fois de plus à l’image d’un Israël qui abuse de la force, même si celle-ci leur a assuré plusieurs années de sécurité, elle menace aussi l’espoir des Palestiniens de mettre fin de la dictature sanglante du Hamas.

lundi, 02 octobre 2006

Terrorisme islamiste, sujet récurrent d'angoisse collective

Depuis le 11 septembre 2001, l'occident a compris qu'une tumeur bien ancrée n'allait plus l'épargner. Si les premiers symptômes (attentats au Kenya, au Yemen, talibanisation de l'Afghanistan) n'avaient pas été pris à leur juste mesure, personne ne peut plus ignorer le péril terroriste.

Des rares naïfs qui ignorent cette menace à ceux, bien plus nombreux, qui la transforment en guerre des civilisations et s'affichent prêts à piétiner leurs principes pour répondre à cette prétendue menace, la palette des réactions montre que la stratégie mise en oeuvre a payé. Après s'être développé pendant des années, notamment avec le soutien des Etats-Unis dans sa lutte contre l'empire soviétique, le mal est profond. Le seul traitement efficace consiste à défendre les valeurs fondamentales de nos démocraties libérales avec rigueur et fermeté. C'est un combat qui s'annonce long et difficile.

 

Quels sont les effets du terrorisme islamique sur le monde occidental ?

1) Causer des dégâts bien plus importants que les faits commis

medium_annuaire.2.jpgLe rôle premier de la terreur consiste à diffuser un sentiment d'angoisse, de méfiance et de repli sur soi. Dans ce jeu morbide, le combat est avant tout psychologique. En tuant quelques dizaines, centaines voire quelques milliers d'individus (ce qui est affreux, nous sommes bien d'accord, mais dérisoire comparé à une catastrophe naturelle ou aux effets du tabac pour prendre un exemple trivial), l'impact touche des milliards d'individus et peut menacer toutes les économies par contrecoup.

La première des facilités, signe évident de lâcheté, c'est le fait d'accuser les "provocateurs" d'être responsables des actions terroristes, comme si ces derniers n'en étaient finalement que victimes. Présence des Etats-Unis en Arabie Saoudite, intervention en Somalie pour tenter de mettre fin à une guerre civile larvée ou en Irak, tous les prétextes sont bons pour accuser la victime d'attentats soigneusement calculés. Heureusement, ce type de manipulation grossière ne prend pas trop dans nos riches contrées.

La seconde erreur, c'est de céder à la panique et de répondre à des attentes sécuritaires par des dispositifs liberticides, inutiles mais médiatiques. Du Patriot Act au débat sur la "légalisation encadrée" de la torture, les Etats-Unis ont prouvé qu'ils pouvaient eux aussi agir dans l'excès et causer au peuple américain un préjudice moral, politique...et même économique, d'une amplitude sans commune mesure avec l'action terroriste à l'origine de de ces mesures. Sans céder à l'angélisme tel qu'on peut le lire sommairement sur certains sites, il faut bien mesurer leur coût. Si le rapport coût/bénéfice n'est pas évident à mesurer et à rendre publique dans le cas de la lutte contre le terrorisme (l'absence d'attentats fait oublier les mesures qui l'ont permise, ces mesures sont confidentielles pour préserver leur efficacité, etc.), des évaluations sans concession du Patriot Act sont cruellement justes. Une lutte efficace contre des cellules minuscules et autonomes ne passe par par une restriction aussi dramatique des libertés individuelles. Une telle atteinte aux droits fondamentaux de l'individu constitue, en soi, une belle victoire des combattants fondamentalistes sur nos démocraties.

 

2) Faire croire à une guerre des civilisations (I) : dites aux musulmans que l'occident est la cause de leurs malheurs !

medium_annuaire.jpgL'occident a une fâcheuse tendance à oublier que la première des victimes de ce terrorisme calculé, ce sont les musulmans eux-mêmes. La clientèle essentielle d'Al Qaïda, ce sont les 1.2 milliards de musulmans dans le monde : indonésiens, canadiens, indiens, anglais, pakistanais, perses, arabes ou français, chiites ou sunnites, des modernistes aux wahabbites les plus rétrogrades, tous sont associés malgré eux dans ce discours qu'on pourrait qualifier d'impérialiste. Le génie de cette petite nébuleuse, c'est de faire croire à la "communauté des croyants" qu'elle est victime d'un occident impérialiste, pendant que dans le même temps, elle en égorge femmes et enfants dans l'ombre. Des attentats de Nairobi et de Dar Es-Salaam aux bombes quotidiennes d'Irak, les centaines de milliers de victimes de ce terrorisme sont musulmanes pour l'essentiel. Pourtant, l'image de ces monstres ne s'est pas suffisamment détériorée dans l'esprit d'une part encore trop importante des musulmans dans le monde, notamment en Europe. Une sorte de romantisme protège Ben Laden et ses complices barbares de son halo.

Les populations soumises à des dictatures (Arabie Saoudite, Syrie, Irak sous Saddam et, d'une ampleur moindre, l'Egypte et la Tunisie) ont accumulé une profonde frustration, une rancoeur que les islamistes ont su exploiter dans leur communication anti-occidentale. Les tyrannies corrompues, se sachant assises sur une poudrière, ont laissé agir ces groupuscules menaçants dans l'espoir qu'ils les préserveraient des foudres populaires. Dans cette ambiguïté trouble, les plus désespérés de ces populations malheureuses en oublient ainsi leurs bourreaux quotidiens, le régime qui les oppresse et les terroristes qui massacrent leur famille sans aucun scrupule. Comme une sorte d'exutoire à leurs malheurs, ils accusent les Etats-Unis, Israël et l'ensemble des démocraties d'être à l'origine de leurs maux.

Suprême manipulation de nos stratèges islamistes !

 

3) Faire croire à une guerre des civilisations (II) : dites à l'occident que les musulmans veulent sa destruction

medium_Caricatures_Jyllands-Posten.jpgLe choc des civilisations reste solidement ancré dans un certain nombre d'esprits occidentaux qui placent les idéologies et les religions au-dessus de l'Homme plutôt que de les envisager comme de simples outils dont ce dernier se sert parfois pour asservir son prochain. Que la critique relève d'une approche théologique sans nuance ou d'un amalgame grotesque qui résume l'immense diversité des musulmans à une communauté structurée, aisément manipulée dans la perspective de conquérir le monde, le débat contradictoire ne peut avoir lieu dans un cadre serein. Il n'y a pas de gène "musulman envahisseur", pas plus qu'il n'y a de gène "crétin de facho". Mais à l'inverse, il ne faut pas nier qu'un cancer mortel ronge cette vaste communauté, en s'adaptant à son morcellement extrême. L'occident ne peut laisser cette stratégie formidablement pensée se réaliser sous ses yeux et, de plus en plus, sur son territoire, sans réagir. Au contraire, c'est en aidant ceux qui s'engagent contre ce fondamentalisme violent que nous progresserons contre le mal.

Les intellectuels musulmans qui s'engagent dans cette voie se retrouvent actuellement pris en étau entre des islamistes intransigeants, parfois menaçants pour leur vie et celle de leur famille, et des islamophobes qui refusent d'entendre leurs analyses et propositions. Les libéraux doivent s'ériger en défenseurs de la libre pensée, de la libre croyance et de la libre expression. Lorsque nos droits sont piétinnés au nom de leur défense, sans efficacité réelle, lorsque l'Islam est injustement montré du doigt, nous devons nous dresser contre ces actes iniques et contre ces jugements de valeur simplistes.

 

 

Pour être parfaitement présomptueux (un blog, ça sert d'abord à ça), il me semble que le combat contre le terrorisme se réalise à plusieurs niveaux à la fois. A court terme, la fermeté nécessaire doit être bien réflechie afin de ne pas donner de points supplémentaires aux adversaires de nos démocraties. Des mesures populistes, démagogiques et liberticides devraient donc être exclues lorsque leur efficacité n'est pas établie. Plutôt que de réinventer la roue, nous devrions nous appuyer sur l'expérience des pays qui vivent avec la menace terroriste depuis plusieurs décennies. Avec l'expertise de pays comme Israël, nous pourrions mettre en oeuvre des mesures peut-être moins visibles (et donc politiquement moins "rentables") mais redoutablement efficaces. Certes, chaque attentat incite les politiques à surenchérir de mesures visibles, coûteuses mais sans réel effet. Apparemment, le sang-froid est la première qualité nécessaire pour bien affronter ce fléau.

La question la plus délicate concerne la politique à mener vis-à-vis des bastions de cet obscurantisme meurtrier, en Afghanistan, en Iran, au Pakistan, en Arabie Saoudite, au Soudan, en Somalie, etc. Les mouvances terroristes, du wahabbisme d'Al Qaïda aux mouvements chiites pro-iraniens, cherchent à ouvrir de nouveaux fronts pour alimenter la flamme anti-occidentale avec le carburant de la victimisation permanente. Ces fronts sont aussi des lieux de formation de combattants qui y apprennent le maniement des armes, des explosifs et qui en reviennent tout auréolés, héros idôlatrés par les jeunes des cités dont ils sont issus. Cette guerre-là est sans doute la plus difficile à appréhender pour ne pas se laisser prendre au piège.

Car à plus longue échéance, le combat est essentiellement culturel et politique. L'Islam n'a aucune raison de rester bloqué dans une lecture archaïque de textes qui ont plus de 1.000 ans et dans une interprétation figée, arriérée et incompatible avec d'autres cultures. Favorisons son évolution, laissons les lectures modernistes et les débats théologiques avoir lieu. N'érigeons pas de mur absurdes entre les musulmans et "les autres". Facile à dire, parfois moins facile à faire. Les "piscines réservées aux femmes", le port du voile ou le refus de se faire soigner par des médecins d'un autre sexe sont exactement le type d'incidents publics qui visent à alimenter le clivage actuel et à crisper chacun sur ses positions. Terrain glissant mais aussi structurant si on fonde le débat sur un socle de valeurs intangibles (liberté, responsabilité, égalité devant le droit, propriété privée).

Loin du "républicanisme dogmatique" dont le pays crève, mais sans se coucher non plus devant des revendications aussi fortes, sur le plan symbolique, que contraires à nos principes fondamentaux, nous devons procéder par tâtonnement, sans brusquerie et sans tabous. L'objectif, évident pour les libéraux : permettre la diversité des cultures dans le respect des droits de chacun.

Au-delà de ces considérations, je n'ai pas la solution magique, juste une certaine foi en l'Homme.

vendredi, 25 août 2006

Irshad Manji : une musulmane parle librement

Je me permets de rapporter les propos de Irshad Manji, parus dans l'International Herald Tribune du 18 août (traduction : Albert Soued, http://www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com). Cette enseignante à l'Université de Yale est l'auteur de : "Musulmane et libre"

 

La semaine dernière, les lumières de la communauté musulmane de Grande Bretagne, lords, membres du parlement, groupes de pression, ont publié une lettre ouverte au premier ministre Tony Blair, lui disant que la débâcle en Irak et au Liban profitait aux extrémistes en leur donnant des munitions qui menaçaient tout le monde. Dans une Amérique de plus en plus pacifiste, cette argumentation trouve un écho "les Etats-Unis brutalisent les Musulmans, qui à leur tour génèrent la terreur islamiste". Mais les violents du Jihad ont rarement eu besoin des griefs contre la politique étrangère occidentale pour justifier leurs têtes brûlées. Quand ils ont essayé de faire exploser le World Trade Center en 1993 et quand ils ont attaqué le destroyer américain Cole en 2000, ils n'avaient pas encore le motif de la "débâcle d'Irak". Mais ce dernier assaut eut lieu après que l'intervention militaire menée par les Etats-Unis eut sauvé des milliers de Musulmans en Bosnie et au Kosovo. Si les Islamistes se préoccupaient de faire changer la politique en Irak, ils n'auraient pas pris la peine d'enlever 2 journalistes français, probablement les plus anti-guerre, anti-Bush qui soient en Occident! Même une solidarité reconnue à l'égard des souffrances Irakiennes n'ont pas empêché l'exécution sommaire par les insurgés de Margaret Hassan, qui dirigeait une organisation humanitaire mondialement réputée.  

 

En attendant, il y a au moins autant de Musulmans tués par d'autres Musulmans que par les forces étrangères. Au Soudan, les Musulmans noirs sont affamés, violés, asservis et massacrés par des milices arabes, avec le consentement du gouvernement central islamiste. Où est la fureur "officielle" musulmane contre ce génocide ? Est-ce que les vies musulmanes ne comptent seulement que losqu'elles sont emportées par des non-Musulmans? Sinon, j'ai une idée pour les représentants de l'Islam en Occident: allez sermonner les responsables occidentaux sur leur politique étrangère qui encouragerait le radicalisme, mais en même temps lancez un défi aux jeunes Musulmans éduqués et en colère, pour qu'ils soient responsables aussi de leurs actes.

 

 

Ceci veut dire qu'il faut leur rappeler qu'au Pakistan, les sunnis persécutent les shiites à tout moment, qu'en Israël les missiles lancés par le Hezbollah atteignent aussi bien les foyers musulmans que les foyers juifs, qu'en Egypte, la police des émeutes de Moubarak ne cesse de matraquer, de violer, de torturer et d'assassiner tout activiste qui met en avant la démocratie. Cela veut dire par-dessus tout qu'il faut leur dire que les guerres civiles sont devenues courantes dans le monde musulman.

 

Mais les responsables musulmans n'oseront jamais être aussi honnêtes; ils répéteront à l'infini les péchés pour lesquels ils fustigent les gouvernements Bush et Blair, changeant de logique à chaque fois et prétendant être intègres.

 

Suite aux attentats du 7/7 à Londres, Iqbal Sacranie, alors le chef de l'important Conseil Musulman de Grande Bretagne insista sur le fait que c'était la discrimination économique qui était à l'origine du radicalisme islamiste dans le pays. Quand on a découvert que certains des suspects appartenaient à la classe moyenne aisée, avaient diplôme, emploi et voiture, Sacranie a trouvé un nouveau coupable, la politique étrangère. En faisant cela, il prenait le train de la pensée dominante lancée alors par les élites musulmanes.

 

 

Les bonnes nouvelles sont que le croyant de la rue est capable d'auto-critique. Selon un sondage d'il y a deux mois, 65% des musulmans britanniques pensaient que leur communauté devait faire un effort plus grand d'intégration, et fait troublant, qu'en même temps 13% adulaient les terroristes du 7/7 et 16% leur étaient sympathiques. N'empêche que 2/3 des interviewés cherchaient à appartenir plus complètement à la société britannique.

 

 En Grande Bretagne ou aux Etats-Unis, ceux qui prétendent parler au nom des Musulmans ont une responsabilité vis-à-vis de leur majorité, qui ne cherche qu'à concilier l'Islam avec le pays d'accueil. Indépendamment le leur politique, il n'appartient pas à Tony Blair ou à G Bush de restaurer de meilleurs sentiments dans l'Islam. Ce devoir et sa gloire reviennent aux Musulmans.