jeudi, 09 septembre 2010
La grève du 7 septembre coûtera 1 milliard d'euros par an aux Français
Comme à chaque rentrée scolaire, nous avons droit aux grèves et défilés habituels. Cette fois, le motif, c'est la réforme des retraites. Après tout, c'est aussi une manière de préparer nos chérubins à devenir grévistes plus tard. Bon, cette fois, une seule journée de "mobilisation" (ils sont forts, nos syndicalistes. La "mobilisation", ce sont les journées non travaillées !) aura fait plier Nicolas Sarkozy sur plusieurs points secondaires du projet de réforme des retraites, secondaires mais dont le coût est tout de même estimé à 1 milliard d'euros par an. Le pouvoir de nuisance des manifestants a donc été de 500 à 1.000 euros par an selon qu'ils étaient 1 ou 2 millions dans la rue (en plus de l'argent que leur centrale syndicale détourne sur les fonds publics : subventions déguisées, fonctionnaires mis à disposition, etc.). Les syndicats français continuent donc à bafouer les principes démocratiques les plus élémentaires sans aucun scrupule. Ils font de la politique sans passer par les urnes, un peu comme une dictature qui suivrait un cours généralement parallèle, mais avec des croisements brutaux, au processus démocratique.
Il faut dire que le modèle social français leur offre un solide bâton pour nous battre. Le budget de la sécurité sociale, que les partenaires sociaux ont pour mission de gérer, est supérieur à celui de l'Etat français. Ces assurances prétendument privées sont en fait semi-nationalisées car les règles qui les régissent sont décidées par le pouvoir politique. Cette ambiguïté est un formidable outil d'action pour les syndicats, à peu près le seul qu'ils dominent bien aujourd'hui. Aucun des deux acteurs n'est vraiment dans son rôle, le plus brutal tente donc chaque fois de l'emporter. Une vraie simplification serait une nationalisation pure et simple, totale et sans confusion. Exit les partenaires sociaux, on remplace "prélèvements sociaux" par "prélèvements fiscaux", ce qui ne changerait rien. Soit on privatise totalement les assurances sociales et on les ouvre à la concurrence afin que chaque salarié puisse choisir celles qui lui conviennent le mieux, ce que je souhaite avec ardeur. Au final, rien n'avance (si, la dette).
La droite est archi minable jusqu'ici, mais la gauche est encore pire. Totalement irresponsables, Martine Aubry et Benoît Hamon enfoncent le clou en exigeant l'abandon pur et simple du projet, au point de faire toussoter certains socialistes plus ouverts. Moscovici, Valls ou Delanoë (qui vient de saigner l'UMP de 1.7 millions d'euros pour financer les emplois fictifs de Chirac, cette victoire vaut bien un silence courtois sur les retraites) reconnaissent sur les plateaux ou en off que cette réforme est nécessaire. Que dirait DSK, le candidat sur toutes les lèvres, s'il était là ?
En attendant, la grève reprend le 23 septembre. Peut-être qu'un durcissement de ce conflit social est souhaitable pour le mouvement libéral dans son ensemble. La droite affaiblie cèdera sans doute, mobilisant encore davantage son électorat contre elle... au profit de libéraux moins carriéristes mais plus ambitieux pour l'avenir du pays.
19:58 Publié dans Santé et Sécu, Société | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : greve 7 septembre, syndicats, reforme des retraites, concessions |
|
|
Digg |
Facebook
jeudi, 17 septembre 2009
Les syndicats instrumentaliseraient-ils les suicides en entreprise ?
Les derniers suicides chez France Telecom ont donné lieu à une vague d'indignation. Le président du groupe a même été convoqué à Matignon. Ces drames terribles concernent tous les Français. Mais sont-ils plus fréquents dans cette entreprise si on ramène ce taux de détresse extrême au taux national, hélas l'un des plus élevés au monde ? Quelles peuvent être les raisons de cette exception française ? Avant de mettre en cause la concurrence, le capitalisme et le mauvais management des entreprises concernées, ne faut-il pas être un peu prudent avec ce sujet douloureux ?
Les chiffres sont clairs : en 18 mois, 23 suicides pour 100.000 salariés en France, soit un triste taux de 1,53 pour 10.000 en rythme annuel. Rappelons que 160.000 personnes tentent de mettre fin à leurs jours, plus de 10.000 y parviennent chaque année, dont les (un peu moins de) 16 salariés de France Telecom (au pro rata temporis). En 30 ans, le taux de suicide a fortement augmenté dans notre pays : il 1,60 pour 10 000 habitants en 2006 (après un pic de 2.53 pour 10.000 en 1985 en plein bonheur socialiste), soit sensiblement plus que le seul segment des 100.000 salariés qui travaillent chez France Telecom.
La France reste en 2006 l’un des pays européens où la mortalité par suicide est la plus forte
Au-delà du sondage anecdotique que chacun de nous peut faire autour de lui, il semble bien qu'une grande partie des Français est directement concernée : l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide avait réalisé un sondage avec la Sofres en 2000. Celui-ci révèlait que 35 % des français avaient connu la mort par suicide d'un proche. Pour 18 % il s'agissait d'un membre de leur famille et pour 5 % d'un parent proche (père, mère, frère, soeur ou enfant). Le calcul suivant est inquiétant : "Pour les 25-34 ans, les suicides constituent la première cause de mortalité pour les hommes et la deuxième pour les femmes". Un tiers des morts violentes sont des suicides en France.
Bref, le coup asséné à France Telecom constitue une manipulation de l'opinion, et il est dommage qu'aucun média, ni aucun membre du gouvernement ne se soit posé la question. La question du suicide dépasse très largement le cadre de l'entreprise, et particulièrement de cette entreprise-là. Parlons de la police et du monde enseignantbien isolés de l'affreux monde de la concurrence. En revanche, les raisons pour lesquelles le taux de suicide est aussi élevé en France, comparé aux pays occidentaux, devrait soulever un débat de société : notre modèle étatiste qui repose sur la sainte trinité transparence-contrôle-répression rend-elle vraiment les Français heureux ? Une démocratie avec un tel taux e suicide n'est-elle pas une d!mocratie malade ?
Un Français sur deux porte l'autre sur ses épaules
Comme le décrit bien Jacques Marseille dans "La guerre des deux France", la reditribution forcenée qui exige que la moitié du pays travaille pour faire vivre l'autre moitié n'implique-t-elle pas une pression excessive sur les actifs, pressés comme des citrons par les charges sociales, le fisc et les impôts ? Sans parler de l'impact des 35 heures qui a véritablement désorganisé le travail et poussé la productivité horaire de chaque salarié un cran plus haut ? Si les pays bien plus libéraux que le nôtre (ce n'est pas difficile) ne connaissent pas de taux de suicide proche du nôtre, ce n'est pas la concurrence ou le capitalisme mais peut-être bien la pression de l'Etat qui explique ce mal-être général.
Un modèle éducatif qui ne laisse pas de place à l'estime de soi
Bien en amont, notre modèle scolaire, plutôt destiné à former des élites selon l'idéal républicain, reste fondé sur la dévalorisation et l'humiliation. Les jeunes arrivent déprimés à l'âge adulte, sans estime de soi et sans confiance en l'avenir. Pour les quelques uns qui parviennent à HEC, l'ESCP, Polytechnique ou l'ENA, combien de centaines de milliers de jeunes ressortent brisés de notre système scolaire ? Ne faudrait-il pas voir là les failles graves d'un système qui refuse de se remettre en cause et sacrifie ses citoyens captifs sur l'autel d'un idéal dépassé ?
Les syndicats ne devraient pas se laisser aller à de telles facilités. Instrumentaliser de tels drames humains à des fins idéologiques est malhonnête. En revanche, n'est-il pas temps de faire tomber ce tabou et de remettre à plat notre modèle social ?
Petite note : étrangement, le taux de suicide en Suisse dépasse le nôtre.
09:50 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
| Tags : suicides, syndicats, violence, sociale |
|
|
Digg |
Facebook
samedi, 17 mai 2008
L'argent sale des syndicats
Ce livre a peu fait parler de lui. Il touche un point névralgique dans notre pays : le syndicalisme. Tout le monde s'accorde à le dire malade, archaïque et essentiellement tourné vers la défense d'intérêts corporatistes. Peu osent le déclarer corrompu. Pourtant, deux journalistes qu'on ne peut soupçonner d'anti-syndicalisme primaire, Roger Lenglet, Jean-Luc Touly (ancien délégué CGT chez Vivendi), viennent de lancer un pavé dans la mare.
De l'affaire de la CGT et du CE d'EDF à la "fluidification des relations sociales" par l'UIMM, plusieurs dossiers avaient déjà défrayé la chronique. Ils restaient ponctuels. Ce livre dresse un tableau beaucoup plus sombre du syndicalisme dans son ensemble. Espérons que les médias français oseront s'appuyer sur cette bombe pour ouvrir le débat...malgré le risque de rétorsion du syndicat du livre. Même si les fameux "partenaires sociaux" ont esquivé le scud au moment de se partager le gateau en négociant un compromis de représentativité syndicale en avril.
Après s'être un peu attaqués aux pratiques mafieuses du monde politique, nos "petits juges" ne devraient pas tarder à étudier de près celles des syndicats officiels. En faisant tomber ce tabou, ils ne changeront sans doute pas les règles du jeu ni ses acteurs principaux (pas plus qu'en politique), mais ils faciliteront le débat de fond sur le rôle et l'utilité du syndicalisme dans notre pays.
10:04 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
| Tags : argent sale, corruption, syndicats |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






