mardi, 01 septembre 2009

Le gouvernement maître chanteur

Corbeau.jpgLe ministre du budget Eric Woerth vient de jeter un pavé dans la mare en exerçant un chantage public. Cette pratique déloyale est immorale. Poursuivre les fraudeurs exige de l'Etat le respect de principes  forts afin de rester exemplaire. La liste de 3.000 noms de contribuables français ayant des comptes en suisse dans 3 banques pour un total de 3 milliards d'euros (1 million par tête en moyenne) ressemble à du sous Hollywood IRS, la fameuse autorité fiscale américaine qui a fait plier UBS et la Suisse. Elle risque surtout d'être juridiquement contestable, même si nous savons qu'en France, le fisc a tous les droits. Même Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (Snui), s'interroge : "Le ministre s'est trop avancé sur le contenu et l'étendue de la liste pour qu'elle n'existe pas". Ce fonctionnaire syndicaliste va plus loin : "Après les bonus, c'est une rentrée politique réussie avec un volontarisme sur tous les fronts. C'est un coup tactique bien joué."

 

En plus du coup politique, cette déclaration permet de mettre la pression sur ceux qui ont placé une partie de leur patrimoine en Suisse, et redoutent de figurer sur la fameuse liste, en leur promettant de ne les punir "que" de 20 % au lieu des 40 % habituels s'ils se déclarent d'ici le 31 décembre. Pourtant, le ministre ne semble pas disposer de beaucoup de cartes lorsqu'il avoue : "Les 20 premiers dossiers représentent déjà une collecte d'impôt d'un demi-million d'euros. ". Cela fait 25.000 euros d'impôt par cas [merci à Pierre-Alexandre pour la correction], les cibles appartiennent donc aux classes moyennes et non pas au cercle des milliardaires qui sert de cliché habituel (eux ont fui ou négocié directement avec Bercy). Les observateurs sont sceptiques. Le ministre dispose-t-il vraiment d'une telle liste ? L'a t-il obtenue par des moyens légaux qui la rendent exploitable ?

 

Cette histoire nous ramène au débat moral habituel (l'Etat se révélant, lui, profondément immoral de son côté). Payer sa part de la vie collective est un devoir, tant que celle-ci reste raisonnable. Nous atteignons aujourd'hui des seuils confiscatoires qui constituent une atteinte au principe de propriété privée et à la liberté individuelle inscrits dans la DDHC. Pour un résultat consternant : pauvreté importante, absence d'ascenseur social, taux de chômage important, démocratie verrouillée et défiance généralisée. Pour montrer l'absurde de la situation, échapper légalement à l'impôt a donné naissance à une vraie activité économique, en toute légalité. Et l'évasion fiscale est devenue un sport national par nécessité, des petits revenus qui contournent la TVA et les charges sociales par le travail au noir, aux plus hautes catégories sociales qui tentent d'échapper à l'ISF qui n'existe plus qu'en France, et aux diverses taxes fortement progressives sur le revenu, avant d'envisager de quitter le territoire national pour des cieux plus cléments.

 

La transparence financière renforce les pouvoirs d'un Etat qui peut facilement et inopinément se transformer en dangereux prédateur (rappelez-vous les premières années Mitterrand). En imposant aux Français de révéler le moindre détail de leur patrimoine, de leurs comptes bancaires, de leurs virements et de leurs retraits, sachant que l'Etat peut décider de mesures iniques du jour au lendemain (nationalisations, préemptions, expropriation, contrôle des changes aux frontières, taux fiscaux punitifs, etc.), le signal est clair : les contribuables peuvent brutalement être la proie de décisions politiques contraires à leurs droits fondamentaux de citoyen. Ils n'auront alors aucun recours.

 

Comme l'a bien exprimé un parlementaire français : « Il ne faut pas que le peuple s'attende à ce que l'État le fasse vivre puisque c'est lui qui fait vivre l'État. » Il aurait pu ajouter : "par tous les moyens".

11:03 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : woerth, suisse, fiscal, fiscale | | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 21 avril 2007

Les Suisses votent contre le monopole de la sécu

Allez, ce samedi matin, je feignantise et reprends donc simplement ce passage de l'excellent blog d'AL 91, dont je vous recmmande à tous la lecture régulière. Allez l'Essonne (et Christian Thomas) !
 
Le vote a eu lieu il y a un mois. Beau succès populaire CONTRE le monopole de l'assurance maladie. Un jour, notre pays comprendra ce qu'il a à gagner du libre choix dans ce secteur.
 
 

 

Non à la baisse des prestations et à la médecine à deux vitesses

Dire oui à la caisse unique, c’est accepter la baisse des prestations dans le système de santé. En effet, les coûts du secteur ne cesseraient pas de croître, car ce ne sont pas les caisses maladie qui en sont la cause. Or, si les dépenses continuent d’augmenter, le Parlement n’aura le choix qu’entre deux possibilités si le système de caisse unique avec primes indexées sur les revenus devait être accepté : il devra soit augmenter les impôts, soit réduire les prestations. Les hausses d’impôt n’ayant que peu de chances d’être acceptées par le peuple et le Parlement, il faut donc s’attendre à ce qu’on se dirige vers un rationnement et une baisse des prestations. La caisse unique accélérera le développement d’une médecine à deux vitesses

Non au renoncement à la liberté de choisir ses primes et ses assureurs

Les citoyens et citoyennes suisses n’entendent pas renoncer à leur liberté de choix en matière de santé. Or, si une caisse unique devait être instituée, certaines libertés de choix fondamentales disparaîtraient : le choix des franchises, le système de managed care et le changement de caisse se révéleraient impossibles. Ainsi les citoyens ne seraient-ils plus en mesure d’influer eux-mêmes sur le montant de leurs propres primes, de sorte qu’ils perdraient la possibilité de réaliser d’importantes économies sur ce poste. Les clients se verront ravalés au rang de simples numéros et ne feront plus l’objet d’un traitement personnalisé.

Extraits du site du Parti Libéral Suisse

La Suisse vient de rejeter la caisse unique par initiative populaire, avec une écrasante majorité de 71,2%.

jeudi, 18 janvier 2007

La « richitude », maladie textuellement transmissible devenue ISF-résistante

medium_Riche.JPGAlors que la grande migration des riches vers des cieux moins hostiles continue, la classe politique persiste à chasser cet animal en voie de disparition dans notre belle contrée. Elle bataille pour fixer le seuil fatidique au-delà duquel on est « riche », ce qui est bien entendu honteux dans leur bouche. Ces leaders politiques, responsables de cet appauvrissement de notre écosystème, justifient leur propre contribution à l’ISF avec un ton presque empreint de regrets. En insistant sur la culpabilité du succès économique, ce déni de réalité condamne surtout les Français à subir un déclin prolongé.

 

 

Si nos entrepreneurs, nos artistes, nos sportifs qui rencontrent le succès et nos retraités fortunés s’expatrient pour fuir nos prélèvements confiscatoires, qui va investir son argent dans nos entreprises performantes, fabriquer des richesses et créer des emplois utiles en France ? La richesse n’est pas une maladie honteuse qu’il faut cacher ou faire fuir. Fruit d’un travail hautement productif, ce pactole résulte avant tout de la satisfaction d’un nombre important de clients et de partenaires. Une fois constituée, la fortune se dépense largement dans des activités locales à haute valeur ajoutée et s’investit dans des projets prometteurs, eux-mêmes créateurs de richesse à leur tour.

 

 

Certes, un pays sans riches est un pays sans inégalités. C’est sans doute là ce que recherchent nos dirigeants politiques qui, eux, vivent heureux sous les ors de la république. Mais la SMICardisation des salariés, la précarité de l’emploi et le chômage de masse sont largement dus à notre environnement hostile à la prise de risque et au succès. Il est urgent de supprimer l’ISF, injuste et contreproductif, de supprimer les droits de donation et de succession afin de reconnaître la valeur des efforts consentis et à réduire la progressivité de l’impôt sur le revenu vers un taux unique, proportionnel au revenu. C’est à ce modeste prix que nous relancerons la confiance et son corollaire, la dynamique d’hypercroissance. C’est la condition nécessaire pour faire chuter le chômage et améliorer la qualité de vie presque générale.

 

Autrement, demandons officiellement au dernier "riche" d'éteindre la lumière en refermant la barrière de la frontière derrière lui.