vendredi, 12 décembre 2008
Keynésianisme crasse
Les politiques n'ont que le mot "relance" à la bouche. 1.5 %, 3 %, 7 % ou 10 % du PIB, il faut dépenser de l'argent public pour stabiliser la crise. Paraît-il. On reparle de la crise de 29, que tout le monde semble avoir connu. Mais ce ne sont pas tant les plans keynésiens que la seconde guerre mondiale qui ont relancé l'économie américaine. Espérons que nous n'en viendrons pas là cette fois-ci. Il est dommage que le Parti Libéral Démocrate soit le seul à poser la question de l'utilité...et des dangers d'un plan de relance.
Lorsqu'un gouvernement sait réduire considérablement son endettement en peu d'années, preuve d'une belle flexibilité, un plan de relance peut se comprendre (sans rien enlever aux craintes de voir cet argent gaspillé dans des projets absolument inutiles). Cette dépense se traduit par une dette qu'on devine rapide à éponger par des jours meilleurs. En revanche, les pays qui n'ont pas eu le courage de se réformer et de réduire rapidement leur dépense publique n'ont aucune justification pour laisser dériver davantage leurs comptes. La France fait partie de ceux-ci. Par ailleurs, elle dispose déjà de tous les amortisseurs sociaux nécessaires (RMI RSA, sécu gratuite, école gratuite, aides sociales multiples), d'un Etat obèse qui limite l'impact de la récession (autant qu'il bloque la croissance). Ce dont ont besoins les acteurs qui assureront la reprise, c'est de la liberté qui leur fait défaut depuis tant d'années. La vraie relance passe donc ici par des réformes fiscales, de la réglementation du travail, des contraintes administratives qui pèsent sur toute activité économique, et de la répartition des charges sociales dont on peut discuter la légitimité.
En Allemagne, comme en Europe de l'Est, le débat sur ces points est beaucoup plus ouvert. Angela Merkel s'en est violemment prise aux dépensiers irresponsables en Europe, et son ministre des finances a dénoncé le "keynésianisme crasse" des ces politiques aussi coûteuses qu'inutiles :
The speed at which proposals are put together under pressure that don't even pass an economic test is breathtaking and depressing. Our British friends are now cutting their value-added tax. We have no idea how much of that stores will pass on to customers. Are you really going to buy a DVD player because it now costs £39.10 instead of £39.90? All this will do is raise Britain's debt to a level that will take a whole generation to work off.
Dommage que personne, au sein de l'UMP, ne reprenne ce combat à son compte. Nombre de Français ne sont pas dupes. La récession ne sera pas sérieusement adoucie par des dépenses nouvelles, en revanche les hausses d'impôts, demain, sont garantis. Si ces dépenses supplémentaires ne déclenchent pas une nouvelle crise par la faillite de gouvernements européens.
11:07 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : keynes, steinbruck, relance |
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