mardi, 02 janvier 2007
Collectivisation forcée du logement : mauvaises réponses à une bonne question
La crise du logement est réelle en France. Bien qu'il y ait plus de logements que de besoins en France, le manque de fluidité du marché du logement, la pénurie dans les zones proches des centres urbains et la forte hausse des prix dans les secteurs au confort de vie élevé (bonnes écoles, architecture agréable, bonne desserte des transports en commun, vie culturelle animée) et les blocages du marché locatif expliquent le sentiment général. Les réponses actuelles, une fois de plus, désespérément absurdes, promettent d'alourdir encore davantage cette crise. Alternative Libérale est le seul parti qui propose la mise en oeuvre des solutions qui ont fait leurs preuves partout dans le monde. Mais la classe politique au pouvoir, une fois de plus, persiste à suivre les modèles qui mènent à la faillite. A croire que la pénurie et la pauvreté sont leur fond de commerce !
Ceci explique pourquoi le logement est en voie de collectivisation rapide. Entre le "droit de préemption urbain", le HLM, les aides au logement et, bientôt, le "droit opposable au logement", la propriété devient de moins en moins privée et de plus en plus collectivisée. Sarkozy participe largement à ce mouvement depuis son discours de Périgueux en octobre dernier à l'occasion duquel il déclara : "les citoyens puissent faire valoir leurs droits devant les tribunaux face aux collectivités ou aux institutions qui ne se seraient pas donné les moyens de rendre effectifs les droits dont elles sont responsables". Depuis, pas de changement de cap de sa part.
Tout d'abord, le droit opposable au logement est-il une bonne chose ? Apparemment, il répond au besoin élémentaire des individus et des familles : disposer d'un toit. Le principe de ce "droit à" est simple : tout le monde "a droit à" un toit. Mais il y a ce qu'on ne voit pas : qui aura l'obligation de financer ces toits, pour qui et pourquoi ? Certainement pas l'Etat en soi, mais ceux qui le font vivre, c'est à dire nous, les contribuables. Nous serons tous contraints de financer le logement d'autrui, ainsi que la bureaucratie qui se mettra en place pour gérer leurs besoins. Quels seront les critères de sélection ? Quels seront les critères de logement ? Ces questions seront un jour le fait d'administrations obscures, pléthoriques et incontrôlables. Le coût alourdira encore davantage les charges pesant sur les personnes actives et les entreprises. Derrière un joli principe se dissimule une menace pour notre pouvoir d'achat, qui devra être rogné un peu plus, pour les entreprises, qui embaucheront de moins en moins, et pour l'équité, les uns bénéficiant d'un bien pour lequel ils n'ont fait aucun effort, sur le dos des autres.
Une fois de plus, un effort supplémentaire des uns devra porter l'absence d'effort des autres ainsi que l'absurdité d'un système corrompu par l'interventionnisme de l'Etat. Les classes moyennes se serreront un peu plus la ceinture, les ultra-riches continueront à fuir, les entreprises réduiront la voilure, délocaliseront ou disparaîtront purement et simplement.
Article 2 des Droits de l'Homme et du Citoyen - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
Dimanche soir, la première victime collatérale du discours accablant de Chirac sur le droit au logement opposable, principe soutenu aussi bien par Sarko que par Ségo, fut un immeuble inoccupé du CIC, au 24 rue de la banque. Le DAL, Jeudi Noir et Macaq sont les artisans de ce viol de propriété privée. Les clefs des coffres vides ont été cachées, les murs ont commencé à être recouverts de tags et les dégradations en tout genre ont commencé. Pour rappel, l'immeuble proche squatté plusieurs années, place de la Bourse, a dû subir une lourde restauration tant les dégradations étaient lourdes. Quant aux voisins, bon courage pour affronter l'ambiance festive et citoyenne des prochaines années. Surtout à 3 heures du matin lorsque les fêtards avinés hurleront dans la rue (rappelez-vous le squat de la Bourse !). L'occupation illégale des 1.000 m2 a été fêtée au taboulé-bière. Les militants du DAL, groupuscule d'extrême gauche qui instrumentalise les plus fragiles (et les met parfois en danger, notamment dans des hôtels insalubres), sont traités par les médias comme des héros. Leur appel aux réquisitions ne choque personne, même si d'autres suggestions sont plutôt fondées. Le banditisme immobilier, encouragé implicitement par les candidats de l'UMP et du PS, est en voie de devenir légal. Cette soviétisation du marché immobilier va certainement rendre ce marché encore plus difficile et accentuer la crise.
Pour rendre le logement plus accessible, pour que les SDF disposent enfin d'un toit, il faut au contraire fluidifier le marché, stopper l'expansion du HLM et convertir le gigantesque parc actuel en logements réellement sociaux destinés à ceux qui en ont réellement besoin, libérer la construction pour faire tomber les prix du foncier dans les logements neufs, rassurer les propriétaires qui louent, simplifier la gestion des syndics afin d'attirer les investisseurs institutionnels et faciliter l'accession à la propriété, notamment des locataires anciens de HLM. Comme slogan, c'est moins sexy mais autrement plus juste et plus efficace !
13:05 Publié dans Economie, La vie à Paris, Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
| Tags : DAL, droit au logement, squat, squatteurs, rue de la banque, CIC, Chirac |
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