mardi, 02 novembre 2010
Le Monde change, et la France ?
L'univers évolue, la terre tourne, même le Monde a changé de mains. Les journalistes ont abandonné leur sacro-saint pouvoir aux actionnaires. Et depuis que l'anarchisant Xavier Niel a repris ce quotidien, on y parle de l'appétit sexuel des femmes entretenu par le vin rouge, on développe le fait que le crack est moins nocif que le l'alcool. Ce n'est sans doute pas l'influence de Pierre Bergé qui va inverser la tendance, quoi qu'en pense sa pouliche, la reine du chabichou au conservatisme bon teint (incertain de la réponse lorsque j'écoute ses saillies médiatiques, j'espère qu'elle boit davantage de vin rouge qu'elle n'abuse du crack). Bref, rien ne va plus dans ce monument de la pensée germanopratine.
Hélas, la France n'évolue pas aussi vite. L'un des jeunes talents de notre pays, Guillaume Canet, ne parvient pas à s'affranchir les clichés les plus éculés de la bonne rive gauche parisienne. Son dernier film n'est pas à la hauteur de ses deux précédents. Malgré une mise en scène rythmée, de beaux plans et un honorable jeu d'acteurs, le scénario des "petits mouchoirs" s'enlise comme le bateau dans la vase. Nous n'avons ni l'originalité épatante de "Mon idole", ni le rythme endiablé de "Ne le dis à personne". Sa femme est belle, nous le savions. Inutile d'en faire un film, pas plus pour déclarer sa flamme au génial François Cluzet, même s'il le mérite amplement. Certes on rit, on pleure et l'ensemble se tient. Mais c'est léger. L'exercice de style est plutôt réussi si on le compare aux innombrables navets sponsorisés tous les mois par le CNC, mais il manque les les étincelles qu'on pouvait légitimement attendre de l'artiste. Même si ce film possède indéniablement les qualités qui font défaut à tant d'autres, ses prochains seront certainement meilleurs.
Ce qui m'a attristé dans cette classique histoire de copains en vacances, c'est la platitude des clichés. Le gentil ramasseur d'huitres fait une pitoyable leçon de morale à nos héros. Sa mauvaise tirade finale a du coeur, mais elle ternit l'ensemble du film par sa platitude. Eh oui, tout le monde se ment autour de la table. L'alcool coule à flot, le pétard tourne, mais la thérapie a du mal à crever les abcès. Comme dans chaque film du genre sur les copains qui se retrouvent, la jolie bande d'égoïstes mue dans la douleur sous nos yeux. Ces grands enfants qui ne contrôlent pas leurs instincts sont en train de devenir des adultes un peu plus responsables. Jusque là, tout le monde suit ce chemin balisé mille fois.
Mais le message n'est pas seulement là. La cible essentielle de la colère de notre ostréiculteur, c'est d'abord le bon gros bourgeois maniaque qui voudrait épater ses amis avec son fric. Les autres personnages, comme celui qui trompe assidument sa femme, celle qui, future maman, se drogue et couche avec tout le monde sans pouvoir engager de relation stable, leurs égoïsmes dévastateurs sont accessoires à côté de l'ignoble bourgeois. Ridicule, ne comprenant rien à rien, il ose surveiller son hôtel restaurant à Paris pour protéger son entreprise et les emplois qui vont avec, il projette très (trop) spontanément ses angoisses existentielles dans des manies plutôt rigolotes. Certes, la caricature est drôle, mérite-t-elle de finir aussi lourdement condamnée relativement aux autres personnages ? Aussi attachant que Canet arrive à nous le rendre (il est vraiment amoueux de Cluzet), c'est lui le salaud dans la bouche du jury. Le discours moral de Canet est inutilement pompeux, creux. Il n'a pas évité l'écueil du genre. Dommage.
Le crack est peut-être moins nocif que l'alcool, en effet.
00:39 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : guillaume canet, les petits mouchoirs, crack, sexe, drogue, vin, cluzet, marion cotillard |
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vendredi, 28 novembre 2008
Crise dure, sexe en berne
La crise n'est pas bonne pour le sexe et la multitude d'activités qui le concernent. Déprime, angoisses, réduction des plaisirs qui vous font culpabiliser d'être heureux au milieu d'un monde qui va mal. Et ainsi se propage la crise. En attendant une analyse rigoureuse de l'activité sexuelle des couples et sur l'accélération du déclin de la qualité des spermatozoïdes des mâles, une étude très sérieuse du cabinet Prince & Associates révèle que la vie des amants riches perd de sa fougue. On imagine qu'il en va de même pour toutes les catégories de la population. 80 % des 191 multimillionnaires interrogés (discrètement) dans le monde avouant avoir une relation extra-conjugale depuis plus d'un an, prévoient de « réduire les dépenses inutiles », ces cadeaux (bijoux, balades en jet privé, etc.) jusqu'ici accordés à leurs amants ou maîtresses. 12 % envisagent même de mettre fin à la relation adultère "pour des raisons financières". Ca fait froid dans le dos. J'espère que DSK ne se laisse pas impressionner par des motifs aussi prosaïques. Il en va de l'honneur de la France.
Il faut dire que ces cadeaux peuvent coûter cher. Dans cette catégorie, une femme a perdu pas mal de plumes sous la couette. 7 millions d'euros pour être précis. Cette belle femme, l'une des plus riches d'Allemagne, a été séduite par un vendeur de poulets... qui savait visiblement aussi plumer les poules (tableau de chasse impressionnant qui devrait lui permettre de méditer sur son sort quelques années derrière les barreaux). Même mariée et mère de deux enfants, certaines savent s'amuser. Susanne Klaten a donc pleinement profité de cette vigoureuse intimité, jusqu'au moment où son amant a réclamé son preservatif parachute doré. A 7 millions le prix de ces grands plaisirs, on comprend que la crise exige un petit resserrement budgétaire.
Heureusement que les frères Cohen sont là pour redresser les sexes la tendance. Leur dernier film (sortie sur nos écrans le 10 décembre) a eu un excellent impact sur les ventes de sex toys aux Etats-Unis. Un grand merci à Georges Clooney, accroc du sexe (dans le film; dans la vie, il parait qu'il est profondément ennuyeux...et laid; ce n'est que mon avis). Un jouet sexuel, c'est quand même plus excitant qu'une capsule de Nespresso, non ? En tout cas, il faut de l'imagination pour envisager de jouer ainsi avec une capsule...
Le moral des particuliers doit être partiellement corrélé à leur activité sexuelle. Enfin, je le suppose., et ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui me contreira sur ce point Elle devrait donc avoir un impact sur la croissance. Nous allons vite pouvoir l'évaluer. Si le film des frères Cohen parvient à faire remonter les indices de confiance aux Etats-Unis au point de faire repartir la consommation, nous pourrons alors juger plus efficaces ce mode de relance que les plans de dépenses publiques qui, eux, sont réellement inquiétants (au point d'affecter ma libido; enfin presque, le dernier Woody Allen a heureusement stabilisé la situation). Peut-être faudra-t-il envisager de passer des films coquins en prime time sur France Television, qui aura au moins une utilité directe et palpable pour pas cher. Restera à déclencher des coupures d'électricité d'une heure après une scène torride...
18:46 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : sexe, amant, maitresse |
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vendredi, 14 novembre 2008
L'homosexualité reste un tabou politique
Trois affaires quasi simultanées viennent de percuter l'actualité sur la question de l’homosexualité, confrontant une nouvelle fois notre beau pays à ses conservatismes. Si la classe politique de droite comme de gauche reste nerveuse (peut-être à cause de la jurisprudence Boutin, condamnée à porter des robes à fleurs hippies et des lunettes ridicules), parfois au point de commettre des gaffes malheureuses (hélas révélatrices de préjugés lourds), il faut reconnaître qu'en débattre sereinement reste un défi. L’instrumentalisation violente qui en est faite par chaque camp risque bien, une fois de plus, d’enliser des débats autrement plus importants autour du mariage (ou du contrat d’union civile) des personnes de même sexe, et autour de l’homoparentalité. Certes, l'homosexualité se banalise lentement au gré des conflits chaotiques entre tenants et opposants de l'alignement du noyau familial homo sur celui de la famille hétéro, "traditionnelle". Mais la route reste longue pour rattrapper nos voisins européens qui, par exemple, ont déjà reconnu l'homoparentalité. Lorsque j'ai publié une tribune sur la question en 2005, je dois avouer avoir été choqué par le nombre de courriers (anonymes) profondément insultants (quand ils ne contenaient que des mots) en retour. Le sujet est encore très casse-gueule.
La première histoire, la plus lamentable, a pour origine des propos consternants de Gérard Longuet en juillet dernier. Ce membre des Réformateurs (dont le site ne fonctionne plus, les Réformateurs n'ont pas renouvelé leur abonnement, les radins !) de l'UMP a associé, au cours d'un concours de gaffes d'une séance de travail avec Xavier Darcos (évoquant le rôle des enseignants en maternelle se résumant à "faire faire des siestes à des enfants ou leur changer les couches"), l'homosexualité avec la pédophilie. Lui qui voulait poser "une question malicieuse" a directement plongé avec ces phrases : "C'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie… Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête...". La réponse de Gérard Longuet ne répond pas franchement à cet incident : "le Ministre Xavier DARCOS a exprimé son intention de diffuser au sein de l’école des informations luttant contre l’homophobie. Gérard LONGUET s’est réjouit de cela, peut-être sur un ton ironique qui a pu en choquer certains, déclarant qu’il lui paraissait préférable de lutter contre la pédophilie d’abord, qui est un délit, qui concerne aussi bien les hétérosexuels que les homosexuels." Oui, cela a pu en choquer certains. Et... ?
Ensuite, Christian Vanneste, que je connais un peu, vient d'être définitivement relaxé suite à des propos douteux qui lui ont valu des poursuites d'associations homosexuelles. Douteux mais pas illégaux selon la Cour de Cassation : "si les propos litigieux, qui avaient été tenus, dans la suite des débats et du vote de la loi du 30 décembre 2004 ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d’expression, la cour d’appel a méconnu le sens et la portée des textes et principe ci-dessus susvisés ;" La diversité implique de vivre avec des personnes dont nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Je n'apprécie pas ce que pense Christian Vanneste de l'homosexualité, cela ne m'interdit nullement de pouvoir discuter sereinement avec lui. Voire de partager ou de vouloir engager le débat sur certains de ses points de vue, comme celui-ci : "Si on l’assume, ça doit être dans la discrétion et non en s’affichant comme membres d’une communauté réclamant des droits particuliers et une reconnaissance particulière sur le plan social. " Cette affirmation a du sens dans l'absolu, mais elle ne répond pas à la nécessité de faire évoluer le cadre juridique des familles constituées autour de parents de même sexe. Ce combat est en grande partie communautaire. L'harmonisation juridique et la banalisation déliteront sans doute progressivement ce lien trop identitaire.
Enfin, Bertrand Delanoë a essuyé une cuisante défaite au PS. Sa motion, soutenue par François Hollande, reste loin derrière celle de super Ségo. Le contenu des motions n'intéressant personne (à juste titre), il a payé 3 handicaps, par ordre décroissant :
- Le plus lourd, celui d'être le premier bobo de Paris. L'arrogance du centre du monde de la France agace prodigieusement en région. Avant même d'évoquer sa mauvaise gestion de la capitale, il reste le parigo trop sûr de lui. Pas faux.
- Vient ensuite son positionnement presque libéral (je rassure les socialistes, il y a de la marge), en tout cas substituant à l'étiquette socialiste celle de social démocrate. Ce parti d'élus locaux a déjà dû accepter du bout des lèvres l'économie de marché. Ce n'est pas pour se retrouver à la droite de Nicolas Sarkozy, presque adoubé socialiste européen, en pleine crise financière !
- Le soupçon d'homophobie, ou au moins "d'homosceptiscisme" (on revient à notre sujet). Sans l'avoir entendu reprendre cette raison dans son discours (très bref) de perdant, ce facteur a certainement dû jouer, quoi qu'en pensent certains. La banalisation en cours de cette préférence sexuelle n'est pas encore venue à bout de toutes les réticences. Surtout quand on joue la carte communautariste à fond comme Delanoë, ainsi que le confirme Sophie Coignard dans "Le marchand de sable". Surtout de la part d'un Parisien...
Bref, le sujet reste ouvert, autant que les plaies. Il faudra d'autres incidents, d'autres affaires pour faire avancer ce débat cahin-caha. Espérons toutefois qu'avec le temps, il se calmera pour laisser un espace d'échange plus serein entre sensibilités différentes, parfois opposées. Derrière nos jugements de valeur, derrière des morales différentes, il y a la vie de couples, de familles, d'enfants. Qu'on défende l'évolution vers un cadre pour l'union de personnes de même sexe et l'homoparentalité ou non, nous devons apprendre à accepter les erreurs, les maladresses et les dérapages du camp d'en face sans verser dans la violence ou dans la judiciarisation des échanges. C'est possible.
15:21 Publié dans Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : homoparentalite, homosexualite, sexe, chritian vanneste, gerard longuet, bertrand delanoe |
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vendredi, 09 mars 2007
Proxénète sans le savoir
L'histoire d'un informaticien malheureux rappelle la douloureuse situation des prostitué(e)s français(es) et des personnes qui tournent autour d'eux/elles. Ce jeune homme de 27 ans aux lunettes cerclées ne paye pas de mine. Pourtant, qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Bobigny car devant la loi, «qu'il le veuille ou non, il est bien un proxénète». Et il risque à ce titre jusqu'à sept ans de prison et 150 000 euros d'amende à cause de ses nombreuses créations virtuelles sur le net.
L'histoire avait pourtant bien commencé. Tombé amoureux d'une belle jeune femme en 204, il découvre qu'elle est Escort Girl (sous le nom de Ginger si jamais vous l'avez croisée...). En février 2005, à sa demande, notre jeune informaticien lui construit son propre site gratuitement. Cela lui prend à peine une nuit (certes, Ginger demande 1.000 euros pour la nuit, mais là nous baignons dans les sentiments plutôt que dans le business) : Ginger75.com est né. La jolie Pascaline pose un peu dévêtue, rien de vraiment choquant sur ce site très simple et sobre.
Voilà que toutes les copines de Pascaline rappliquent : Pénélope, Samantha, Jennifer, Tania, Noémie... Sous leur pression, il accepte alors une rémunération de 600 à 1.200 euros (au lieu du taif habituel de 2 000 à 3 000 euros pour de telles prestations : ce job est visiblement mieux payé qu'une nuit avec une magnifique call girl) : «C'était un forfait qui comprenait les photos, la bannière, le référencement». Bref, ses longs efforts lui rapportent 9 000 euros bien mérités. Il continue son activité même après sa rupture avec Pascaline en novembre 2005.
Et quelques mois plus tard, il lâche ce petit milieu qui ne le ragoûte pas vraiment : «Je me suis dit que c'était pas mon truc». Et d'ajouter : «Je n'ai jamais voulu en faire une industrie.». Mais voilà, c'est trop tard. Les fruits de son travail ont déjà été détectés par les ordinateurs de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Arrêtée par la brigade de répression du proxénétisme, placée en garde à vue, Pascaline livre le nom de son ancien petit ami. Ce dernier se rend à la police dès qu'il apprend qu'il est recherché.
Il faut préciser que la loi punit le simple fait d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui. Or, depuis qu'un ministre a remis au goût du jour la prévention du racolage passif, ces jeunes femmes sont contraintes à de nouveaux modes de communication : l'e-commerce. Si le droit pénal ne punit pas la prostitution, il sanctionne lourdement son exposition et, surtout, le proxénétisme au sens large. Le simple fait de louer un appartement à u(e) prostitué(e) ou de vivre avec quelqu'un vivant du commerce du sexe peut être ainsi poursuivi par ces lois immorales.
Pourtant, des messages presque identiques sont publiés au prix fort dans des journaux parfaitement légaux. Eux vivent très bien de la promotion des escort girls et ils ne risquent rien. Selon l'avocat de notre victime de la loi: «Il faudrait que les cybergendarmes de temps en temps quittent leurs écrans et achètent ce type de publication.»
Verdict : quatre mois de prison avec sursis. Et la condamnation n'est pas inscrite à son casier. La balle a sifflé à ses oreilles pour cette fois. La question mérite d'être revue afin de permettre aux travailleurs du sexe de vivre une vie normale, de faire appel à des prestataires de service pour assurer leur promotion, leur sécurité ou d'autres services importants sans passer sous le coup de la loi. Le sujet est tabou pour nos vieux élus. Pour la nouvelle génération, ce type de question ne peut éternellement rester dans l'ombre.
19:00 Publié dans Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : Sexe, escort girl, proxénétisme, sites internet, prostitution |
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lundi, 20 novembre 2006
Une monnaie privée est née : le Linden dollar
Etrangement, c'est par le jeu en ligne que ce principe sulfureux émerge. Le monde virtuel Second Life propose à ses 1.5 millions de joueurs d'acheter et de vendre des prestations virtuelles, des objets virtuels et tout ce qui nous passe par la tête de virtuel contre des L$... eux-mêmes transformables en dollars US bien réels ! Le cour tourne autour de 250 L$ pour 1 $, mais cela pourrait évoluer si la règle s'assouplit. Ce jeu est la plus magnifique occasion de blanchiment d'argent si les sommes continuent à grimper...mais aussi, avec un peu d'imagination, de transfert financier hors du contrôle de l'Etat (pour le moment). En 3 ans, Second Life a conquis 1.5 millions de joueurs, et vous êtes toujours assuré d'en trouver 10.000 en ligne à tout moment du jour ou de la nuit. La surface virtuelle, initialement de 64 acres, atteint désormais 20.000 acres. Car il vous faudra devenir propriétaire d'un terrain virtuel si vous comptez faire unebelle carrière en ligne.
Rentrer dans l'univers de Second Life est simple. Allez sur le site, inscrivez-vous gratuitement, servez-vous de l'interface pour "modeler" votre personnage. Vous, lecteur moyen libéral boutonneux, pouvez vous transformer en bombe sexuelle ou en playboy qui ferait palir d'envie Georges Clooney (encore élu "mâle le plus sexy de l'année", pour la seconde fois). A partir de là, tout est permis. Lors de votre inscription initiale, le système vous propose de verser des vrais dollars en ligne pour alimenter votre compte en L$ par conversion. Votre vie virtuelle peut ensuite vous rapporter des revenus ou des plus-values. Vous pourrez acheter équipement, terrain (voire une ile si vous versez vraiment beaucoup d'argent) et un appareil génital. Eh oui, la formule de base, gratuite, ne vous permet pas de disposer de cet attribut. Pourtant, cela devrait beaucoup vous servir si vous comptez, comme de nombreux autres joueurs, vivre librement vos fantasmes. L'offre est large. Des clubs échangistes à la prostitution, ces rencontres sont toujours le fait d'autres joueurs, car il n'y a aucun personnage non-joueur, les fameux NPC pour les amateurs. Si les joueurs consacrent beaucoup de temps au sexe, ils n'en sont pas moins accrocs au shopping.
Car les vrais marques y pullulent. Coca cola, Adidas et toutes les marques grand public y ont installé leurs boutiques. Mais IBM et Sun Microsystems aussi y ont ouvert des bureaux virtuels. L'Allemand Axel Springer a lancé un tabloïd il y a quelques semaines. Reuters a suivi et a demandé à un cadre d'y suivre les news, les potins pour faire une newsletter régulière. Toyota y vend des voitures virtuelles et des cabinets de recrutement y cherchent des talents, mais pour la vie réelle. Pour des raisons purement marketing, Greene & Heaton, prestigieux chasseurs de tête londonien, y a établi ses bureaux. Tout y est virtuel, fictif, mais le lien avec le monde réel apparait parfois bien ténu.
Evidemment, tout a un coût. Soit vous versez de vrais $ pour obtenir des L$, soit vous travaillez virtuellement. Des jobs sont proposés contre salaire : croupier de casino, tatoueur, détective, etc. Vous pouvez aussi monter votre entreprise, attirer les investisseurs sur un projet (ligne de vêtements, design...) et fabriquer des objets en ligne ou construire des maisons, des immeubles ou des navires. Tout cela prend du temps, nécessite des compétences. Il vous faut suivre des formations en ligne pour savoir utiliser les logiciels de fabrication virtuelle adaptés. mais à la clef, vous répondez à des attentes qui, si elles sont virtuelles, ne permettent pas moins d'en retirer un revenu en L$ convertibles.
Vous pourrez revendre les L$ accumulés au cours du jour lorsque vous le souhaiterez. En octobre, sur les 12.364 joueurs qui ont gagné de vrais $, 263 joueurs ont gagné entre 500 et 1.000 $, 160 entre 1.000 et 2.000 $ ! Il y a eu un total de transactions pour 8.8 millions de L$, soit environ 35.000 $. La croissance phénoménale de ces flux pourrait rapidement aboutir à des sommes en millions.
Déjà, l'IRS (fisc US) s'intéresse à cette source de revenus et oblige les joueurs à les déclarer sur leur feuille d'impôts. Comme aux US, une commission australienne réflechit aux moyens de forcer les contribuables à déclarer leur "patrimoine virtuel" et les sources de revenus potentielles afin de les fiscaliser. A quand l'intégration, en France, dans l'ISF et le droit des successions ? Il y a en effet dans ce circuit un principe génial de contournement de l'argent d'Etat, notamment en conservant son compte et en proposant à d'autres joueurs de les payer via ce jeu pour des prestations...réelles. Ainsi, pas de revenus convertis en $, mais une vraie circulation monétaire libre.
Dernière preuve que les règles virtuelles ont des incidences bien réelles, de vrais procès ont déjà lieu pour vol de propriété virtuelle entre l'opérateur et de vils spéculateurs immobiliers...virtuels ! Si ce monde ne me fait pas franchement rêver sur le plan du développement personnel, il faut avouer qu'il ouvre de belles perspectives pour les échanges libres et les monnaies privées. Hélas, les Etats ont déjà compris ces implications évidentes.
19:25 Publié dans Dans le monde, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : Second life, Linden, sexe, shopping, jeu de role, dollars, monde virtuel |
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mardi, 03 octobre 2006
Toy story : les hommes sont de grands enfants
Loin d'être infantilisés par notre Etat nounou, les Français n'ont qu'une envie. Celle de s'éclater (hum) et de transgresser les tabous traditionnels de la morale. Selon la responsable marketing de Durex, qui évoque le rattrapage des moeurs des Français : 70 % se disaient prêts à expérimenter de nouvelles formes de sexualité, et 60 % déclaraient parler ouvertement de leurs envies et de leur plaisir. C'est plutôt encourageant de voir que notre pays ne reste pas sur la voie de la déprime et de l'auto-flagellation. Pourvu que cela contribue à diminuer notre taux de suicide, hélas parmi les plus élevés de l'OCDE, et à monter, entre autre, notre moral en berne.
Nous ne sommes pas en avance, néanmoins. Il faut dire que toute l'Europe pratique des plaisirs sexuels débridés depuis belle lurette. Outre-manche, parler de sex toys à table ne choque presque plus personne à en croire les commentateurs locaux avisés (retenez-vous tout de même si vous parlez à la famille d'accueil de vos enfants à l'occasion d'un voyage linguistique). Alors que seuls 14 % des Français se serviraient de vibromasseurs, fin 2004, 45 % des Britanniques, Américains et Australiens en seraient adeptes. Dans ces pays, il ne serait pas rare que les femmes y gardent un petit gadget à portée de main dans leur sac (dans un univers tétanisé par la hantise des plaintes pour "harcèlement sexuel", cette technique de dépanage a du sens). Nous pouvons aussi penser que nous, Français, sommes réellement performants sur le plan sexuel, en tout cas suffisamment pour ne pas nous soucier de ces "compléments" inutiles que nous laissons aux autres. Mais la tendance est nette, les ventes de ces produits connaissent une forte croissance. Les lieux de distribution sont branchés et, surtout, de plus en plus visibles. Bientôt dans toutes les vitrines...
Sachez aussi que certains objets ne sont pas encore reconnaissables par les profanes. Peut-être vos voisins ont-ils laissé trainer l'un de ces signes ultimes de la branchitude sexuelle sur leur bureau avec une fausse négligence ? Mieux et beaucoup plus direct que Meetic pour draguer !
En tout cas, les gadgets à la mode sont loin des objets qu'on peut trouver dans les sex shops dont le banal confine au sordide. Dans les boutiques chics, il faut des formes design ou rassurantes : canard, dauphin, totalement dédramatisants...ou le fameux "rabbit" (le vrai, le "jack rabbit", non pas les pales copies qui circulent depuis lors !) qui fit fureur après qu'un numéro entier de Sex in the City lui fut consacré. Il parait que ses deux oreilles (qui lui ont donné son nom) font un effet fou !
Et pour les bricolos qui snobent le design branché et préfèrent les produits faits maison, il suffit de s'y mettre.
Certes, le phénomène de mode touche surtout les grandes villes, et principalement des femmes de catégorie supérieure. Il est toutefois intéressant de voir les hommes se pencher aussi sur la question : le plaisir de leur compagne (compagnon ?) commence enfin à être pris au sérieux. Mais à quand la vente sur les étals des marchés de province, entre les couteaux de cuisine et la quincaillerie ? En tout cas, les hommes ont maintenant un sérieux concurrent, et il n'est plus question pour eux de pratiquer l'acte sexuel en deux minutes, temps de déshabillage compris. Le plaisir est d'autant plus grand qu'on prend le temps de le savourer.
Mais attention, un danger vient d'être révélé par les experts de Greenpeace (Nina Hagen ?) L'association environnementaliste a demandé l'interdiction de mousses plastiques, qui enrobent habituellement les sex toys, pour leur teneur trop élevée en phthalates, un produit toxique. Sept des huit sex toys testés contenaient entre 24% and 51% de phthalates (dont le fameux rabbit ?), un produit qui peut perturber notre système hormonal, diminuer la fertilité et avoir des effets négatifs sur les reins et le foie. Bref, que du bonheur !
Ils n'hésitent pas à nous rappeler qu'il existe quantité d'alternatives non chimiques. Pensez à choisir vos courges, concombres et pastèques bio, car les pesticides ne sont certainement pas plus adaptées que les phthalates à vos tendres muqueuses.
En tout cas pour ma part, dans ces débats compliqués, je me sens bizarrement "out of fashion". Mon côté "old school" sans doute...
08:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : sex toys, greenpeace, sexe |
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