lundi, 31 août 2009
Il y a de l'eau dans le CO2 entre les verts et le PS
De la part d'un libéral, c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité. Comme le dit Arnaud Montebourg : «passer de 200.000 à 20 millions d'électeurs, c'est compliqué, mais de 5 à 20 millions, là ça commence à être sérieux...» (et encore, les libéraux seraient heureux de rassembler 200.000 voix depuis le retrait de Madelin). Mais demain, lorsque nous aurons reconstruit un édifice libéral solide, nous constituerons une force avec laquelle il faudra compter. A très court terme, le PS joue sa survie. S'il ne parvient pas à maintenir la grande majorité des régions à gauche, en mars 2010, ses ex-élus battus verront moins d'intérêt à rester dans un parti qui offre une gamelle de moins en moins bien garnie. Ségolène Royal l'a bien compris et préfère consacrer son temps à travailler le terrain avec acharnement, sans brouiller son image en l'associant de trop près avec ce PS moribond.
Cette université d'été sans risque, fade, n'y changera rien : le PS coule. Pas de chef charismatique qui fasse l'unanimité, pas de projet autre qu'une réaction à gauche toute aux mesures de l'UMP qui garde le tempo. Et des alliés qui commencent à attaquer l'os. Ségolère Royal, insensible aux mamours des verts et du Modem, ne leur donne aucune prise. Elles est parevnue à faire jouer des griffes aux premiers en dénonçant la "taxe carbone", cet impôt «injuste» qui va «assommer» des familles n’ayant «pas le libre choix de rouler propre». Réaction immédiate de Daniel Cohn Bendit qui a sorti le revolver sur Europe 1 : ce point de vue est «ridicule» et «aberrant». «Elle est à l'est avec ce qu'elle a dit !» et encore «Ce qu'elle a dit est complètement ridicule, absolument ridicule.» Riche débat en perspective entre alliés de toujours. Mais vrai débat sur le positionnement futur du PS qui n'a rien à gagner avec les verts.
A côté du bon sens de Ségolène Royal, il est frappant de voir Martine Aubry gauchiser brutalement son discours : possibilité de mise sous tutelle des «entreprises bénéficiaires profitant de la crise pour transférer l’activité à l’étranger», «création de 150 000 emplois jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes», ou encore plafonnement des «écarts de rémunération». Bref, un plan digne du NPA. Au lieu de s'affranchir de la politique dirigiste de la droite pour suivre la mutation libérale (sans le dire) des partis travaillistes dans les années 80 (il n'est pas trop tard pour moderniser son discours), elle se laisse enfermer dans une impasse idéologique et électorale par réaction aux mesures de Sarkozy qui garde ainsi un temps d'avance sur elle. Si Aubry maintient cette ligne dure, le PS risque d'avoir un réveil difficile aux régionales. Opportunité pour Royal ?
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| Tags : royal, cohn-bendit, ps, universite d'ete, taxe carbone |
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lundi, 15 juin 2009
Qu'est-ce que la gauche ?
Bertrand Delanoë avait ouvert le débat l'année dernière, au moment de la primaire interne du PS. Il proposait de renommer le PS "Parti Social Démocrate" et écrivait dans la foulée : "Sarkozy n'est pas libéral, il est conservateur. Il l'a prouvé à plusieurs reprises : étatiste, protectionniste, il impose à tous les échelons l'omniprésence d'un Etat que dans le même temps il désarme". Bonne analyse, excellente idée, mais mauvais timing. La crise a fait replonger le Parti Socialiste dans l'enfer de la drogue de l'Etatisme à tout crin, à tel point que même Michel Rocard, plutôt lucide en général, a suggéré qu'on juge Milton Friedman et les libéraux devant le TPI. Exit Delanoë pour le moment. Il peut digèrer tranquillement ses humiliations à répétition dans l'ambiance "festive et citoyenne" de la Mairie de Paris où il est de plus en plus isolé. Méfions-nous toutefois de l'eau qui dort.
Voilà que Manuel Valls, après avoir avoué que "coeur battait pour Daniel Cohn-Bendit", tente une échappée audacieuse au lendemain du désastre électoral du PS. Peut-être pour se différencier de Delanoë, il ne veut pas de d'appellation Sociale Démocrate : "L'État providence, longtemps porté par la social-démocratie, se heurte aujourd'hui à l'individualisme et à la forte demande d'autorité et de sécurité." En plus, le Modem a déjà "Démocrate" dans le titre, certes en très bas débit. Leur tendre la main, c'est déjà pas mal, inutile de reprendre partiellement leur nom. Mais il fait comme d'autres une observation pleine de pertinence : "le mot socialisme est sans doute dépassé, il renvoie à des conceptions du XIXe siècle" En pleine crise, les Européens ont privilégié les défenseurs du capitalisme, pas ceux de l'idéologie socialiste." Bonne étape de franchie.
Reste cette question qui nous taraude tous : qu'est-ce que la gauche ? "Il faut que la gauche opère une véritable révolution intellectuelle, sur l'école, sur les retraites, sur l'entreprise, sur l'écologie et la ville. La gauche doit faire des choix pour dégager des solutions crédibles. Nous n'éviterons pas l'allongement de la durée des cotisations, et peut-être le recul de l'âge du départ à la retraite. Plutôt que d'attendre d'être au pied du mur, imaginons des réponses de gauche, avec un système de retraites par points." La retraite à points version Gave - Madelin ? C'est social, en effet, et plus libéral que l'actuel Madoff géant l'actuelle retraite par répartition. Il confirme avec cette phrase : "La gauche doit avoir une réflexion sur l'entreprise, qui crée de la richesse et n'est pas un adversaire. Il y a des milliers d'entrepreneurs qui peuvent porter des valeurs de gauche."
C'est un pas dans la bonne direction, mais ça ne va pas bien loin comme ouverture de débat. Suffisamment pour que l'aile gauche du PS tente de le dézinguer en le faisant passer pour un petit bourgeois de droite. Amusant, Faouzi Lamdaoui use du même argument qui promeut la prétendue "mixité sociale" : peut-être que ça ne marche que dans un sens. En tout cas, il cogne Manuel Valls avec une parfaite mauvaise foi dans le style PS le plus pur... On pourrait naîvement apparenter cette attaque personnelle à un début de bataille en règle du camp de François Hollande contre celui qui devient ainsi son concurrent à la prochaine primaire pour la présidentielle de 2012. Cela ne résoud toujours pas notre énigme : qu'est-ce que la gauche ?
Car sans grande imagination, Valls propose de renommer le PS en "Mouvement de gauche". Bon d'accord, mais qu'entend-il par là, sinon un positionnement "anti-droite" et pas trop au centre non plus. Il y a bousculade autour du concept de gauche, et pas du tout autour du contenu : "parti de gauche", "front de gauche", etc. Ca ne sent pas trop l'ouverture, la tolérance et la fin du sectarisme gauchisant. Alorsd que même à droite, il y a déjà une gauche...moderne. Ce positionnement à gauche toute, ça sent un peu les vitrines poussièreuses de la Galerie de l'Evolution décrépie avant sa restauration. Valls sera-t-il le grand rénovateur de cette belle pétaudière dorée ? Il va devoir trancher ce vieux serpent de mer : anticapitalisme ou social libéralisme. Le Modem tremble... Mais avec tout ça, on ne sait toujours pas ce que c'est que "la gauche". Même si on s'en moque, c'est un sujet qui coûte au bas mot 25 millions d'euros par an aux contribuables (subvention annuelle au PS).
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| Tags : valls, delanoe, socialiste, aubry, royal |
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mardi, 07 avril 2009
Ségo, reine de l'opinion de son public
Ségolène Royal fait bien rire. Par exemple, elle fait marrer la communauté germanopratine à chacune de ses saillies incongrues, à chacune de ses gaffes. Je mets le mégalo Pierre Berger à part; que voulez-vous, elle séduit les mégalos comme les métallos. Elle fait hurler Michel Rocard qui trouve qu'elle fait honte au PS. Pourtant, Peillon et Valls l'ont suivie, avec des doutes sur le fond mais en comprenant qu'ils avaient là une machine de guerre politique. Ils ont pris leurs distances depuis quelques mois, mais pour combien de temps ? Même ridicules, ses remarques marquent toujours des points. Pas dans l'opinion publique dans son ensemble, mais dans l'opinion qu'elle vise. Lorsqu'elle déclare cautionner les séquestrations sauvages de cadres dirigeants par des salariés exaspérés, elle connait, ou du moins elle sent, le résultat du sondage CSA - Le Parisien. Elle surfe sur les inquiétudes et la colère du public qu'elle cible. Son premier outil de travail, c'est le sondage. Et ça marche.
Sans avoir le talent (ni l'expérience) de Mitterrand, elle en est la digne héritière et en possède le machiavélisme. Elle n'a aucune conviction mais un sens de l'opinion publique et du pouvoir extraordinaire. Elle finira sans doute par reprendre le PS, il se peut qu'elle le redresse après un ménage élephantesque. Peut-être le mènera-t-elle à la victoire, jouant des coudes et des alliances, prise entre l'extrême gauche en grande forme et un centre gauche moribond. Elle sait mieux que quiconque comment marche la gamelle. Est-ce une bonne chose pour la gauche ? A mes amis de cette sensibilité de répondre.
12:59 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sego, royal, sondages |
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mercredi, 28 janvier 2009
Investissez dans Ségolène Royal
Je croyais le financement de la vie politique extrêmement règlementé. Les dons aux partis politiques sont plafonnés à 7.500 euros par an, les dons pour les campagnes, à 4.600 euros. Et la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques ne rigole pas. Je lis avec surprise que Pierre Bergé finance les nouveaux locaux de Ségolène Royal, 150 m2 au 95 bd Raspail (à titre personnel j'espère, pas au travers d'une personne morale autre qu'un parti politique, ce qui est totalement prohibé en politique). Il semble que ces locaux étaient aussi ceux de l'association de soutien de Royal, ainsi décrits dans le Monde du 4 décembre 2007 : "très chic appartement aux murs blancs [est] mis à disposition par Pierre Bergé, le mécène de la gauche socialiste"
. Si politique.net parle d'une valeur de 1.5 million d'euros pour ces 150 m2, il ne doit pas lire les annonces du 6eme arrondissement souvent. Le montant d'un tel loyer doit avoisiner 4 à 5.000 euros mensuels, soit 50 à 60.000 euros par an, loin des plafonds légaux.
Et il est prêt à aller beaucoup plus loin (interview auprès de l'AFP rapportée par politis.org) :
Q : Vous continuerez donc à soutenir Ségolène Royal ?
R : Je la soutiens complètement depuis des années et je continuerai. J’irai plus loin s’il le faut dans l’aide (financière) que j’apporte à (son mouvement) Désirs d’avenir. C’est autre chose qu’un courant car il y a des militants qui en ont marre du vieux parti socialiste, des courants dans lesquels seul le commandant Cousteau pourrait s’y retrouver.
De la part d'un soutien indéfectible de François Mitterrand et, aujourd'hui, de Julien Dray, c'est assez logique de mélanger l'argent et la politique. Ca doit être sacrément rentable comme investissement. Mais est-ce bien légal ? politique.net signale que Ségolène Royal s'est exprimée dans ce sens sur Europe 1 le 14 janvier 2008 : "il y a "des règles, des lois qui permettent à des associations de fonctionner, à des dons de se faire, à des structures de réfléchir et c'est tant mieux"
. C'est un peu court et j'aimerais entendre l'avis de la CNCCFP sur ce point. Le principe ne me choque pas, ce sontr les plfonds actuels qui me scandalisent. Encore faut-il que la règle soit la même pour tous, et qu'elle soit claire.
10:26 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : royal, berge, financement |
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