mardi, 29 septembre 2009

Libéral à la mode : libertarien

Ron Paul.jpgContrairement au renforcement du rôle de l'Etat que nous subissons en France, les idées libérales ont le vent en poupe en Europe. Le succès historique du Parti Libéral Allemand en est la meilleure illustration. Le combat social démocrate est mort, maintenant que son projet de société a été mis en oeuvre sur tout le continent. L'alternative consiste à mener cette pensée au bout de sa logique socialiste, anticapitaliste, ou à revenir vers la défense des libertés et de la responsabilité individuelle. Dans ce contexte de retournement, un nouveau terme est en train de prendre pied dans notre pays dont la classe politique au pouvoir voue le libéralisme aux gémonies.

 

Il vient d'outre-Atlantique, où "libertarien" a remplacé "liberal", terme qui a dérivé pour définir l'aile gauche du parti démocrate. Un libéral français est donc l'équivalent d'un libertarien américain. Ce mot intrigue. Contrairement au "libéral" français dont plusieurs tenants ont bradé, sinon détruit le sens (notamment au sein de l'UMP), "libertarien" est nouveau dans notre monde des idées de notre pays. La première touche est venue de notre nouveau ministre de la CUlture, Fred Mitterrand. A l'occasion du vote de la loi Hadopi II, il s'est réjoui de l'adoption par les députés d'un texte qui permet "de protéger le droit face à ceux qui veulent faire du Net le terrain de leurs utopies libertariennes".  Tiens donc.

 

Aujourd'hui, l'édito de Sylvain Cypel dans le Monde est consacré à Ron Paul, chef de file politique des libertariens aux Etats-Unis. Et accessoirement à la Fed :

Qu'est-ce qu'un "libertarien" ? Commençons par enlever les guillemets : le terme désigne aux Etats-Unis une doctrine politico-économique minoritaire, mais reconnue et légitime. Richard Branson, Rupert Murdoch, Clint Eastwood et d'autres en sont des sympathisants. Elle prône le primat de la liberté individuelle sur toute contrainte collective à ses yeux inutile - en particulier étatique. En conséquence, M. Paul vote systématiquement contre tous les budgets par hostilité de principe à l'impôt sur le revenu. Mais il a aussi voté contre la guerre de George Bush à l'Irak et tous ses financements. Il est pour le droit intangible au port d'arme, et il a voté contre le Patriot Act, accusant la Maison Blanche, après le 11-Septembre, d'attenter aux libertés publiques.

 

Plus loin, l'éditorialiste évoque le cheval de bataille de Ron Paul, candidat mineur mais remarqué par de jolis succès en termes de levée de fond, de diffusion d'idées et de présence médiatique (il a tout de même atteint 8 % dans les sondages pour la primaire au sein du PR) :

M. Paul est pour le retour à l'étalon-or (ou argent, ou diamant, ou tout ce qu'on voudra sauf une monnaie sous la coupe d'une institution non représentative qui peut faire tourner la planche à billets comme bon lui semble). Et il n'a jamais admis que la Fed, un organisme non élu, donc non démocratique, décide de la politique monétaire de son pays. En conséquence de quoi, il a récemment réactivé à la Chambre son vieux projet de loi nommé "Audit the Fed".

 

Il faut dire que la Fed est en grande partie à l'origine de la crise actuelle. Mais si la BCE est bien plus sage, merci à l'Allemagne et à l'esprit de l'ex Bundesbank que Jean-Claude Trichet respecte au pied de la lettre, pourquoi ne pas défendre l'audit de la BCE et de sa politique monétaire ? Un vrai thème pour les libertariens, c'est Ó dire les libéraux français. 

dimanche, 09 décembre 2007

Ron Paul : when you sacrifice Liberty to security, you lose both

I Heart Ron Paul

Ron Paul est l'outsider républicain des primaires aux Etats-Unis (voici le blog français de sa campagne). Ce libertarien (libéral au sens européen du terme, et non pas "liberal" au sens américain) est parvenu à se hisser au niveau des grandes figures républicaines avec un discours radicalement différent des autres candidats, notamment parce qu'il est le seul à s'être opposé à la guerre en Irak depuis l'origine. Le 5 novembre, une grande opération lui a permis de lever 4 millions de dollars en une seule journée. Un record aux Etats-Unis. Signe qu'un déclic a eu lieu. De nombreux grands médias ont alors dû se pencher sur ce cas atypique qui a émergé hors de tout système établi.

 

Si je ne partage pas certaines des positions de Ron Paul, notamment en ce qui concerne les banques centrales et l'immigration, je trouve son discours très intéressant. D'autant plus intéressant que ce qui est en train de se passer est important. Face aux dérives liberticides, face aux dérives protectionnistes, face à l'inflation réglementaire, face à l'envol des dépenses publiques qui atteignent des niveaux faramineux, soutenues par l'action d'industries qui en vivent comme le secteur de l'armement, il tient un discours cohérent qui séduit de plus en plus d'Américains. Même s'il ne franchit pas la barrière des primaires, ses idées resteront. En espérant que d'autres porte-parole libéraux talentueux prolongeront ce combat. 

 

 

 

Le 16 décembre, l'équipe de campagne de Ron Paul propose de fêter les 234 ans du Boston Tea Party à Boston, déclencheur de la Révolution Américaine contre l'oppression fiscale britannique, et de renouveler le coup du "money bomb" du 5 novembre. Objectif : récolter plus de 10 millions de dollars en une journée.