dimanche, 03 septembre 2006
Les Français aiment leur travail, pas leur patron ni leurs employés
Le World Value Survey est l'un des instituts les plus prestigieux et les plus reconnus pour la valeur deson travail sur les valeurs individuelles, qu'elles soient morales, sociales, politiques ou religieuses. Le WVS vient de publier un rapport saisissant sur le travail, réalisé dans 80 pays.
Deux questions portent sur la valeur travail :
"Quelle est l'importance du travail dans votre vie ?" et
"Est-il importantd'apprendre à vos enfants à travailler dur ?"
Sur 80 pays, la France est 30e sur 80 pour l'importancedu travail, en tête des pays riches, devant les Etats-Unis et loin devant le Danemark et l'Angleterre !
La France est 47e sur 80 pour l'importance d'enseigner aux enfants à travailler dur, une position comparable à celle des Etats-Unis et du Canada, et devant la plupart des autres pays européens.
Le fait accablant qui resort de cette étude approfondie, c'est que les Français sont les plus mécontents de leur travail de tous les pays riches. Pourtant, les Français sont favorables à la mondialisation en majorité, même s'ils en craignent un peu les effets. Ils aiment l'idée d'entreprendre, bien que la peur du risque incite nombre d'entre eux à rester dans l'entreprise. Mais alors, pourquoi les rapports entre employeurs et employés sont-ils maussades, voire mauvais ? Les Français garderaient-ils l'image de "patrons exploiteurs" que nous rabachent tant les marxistes de tout poil ? Le problème n'est pas tant que les travailleurs français n'aiment pas les entreprises en général, mais qu'ils n'aiment pas les entreprises françaises. Dans le classement des entreprises où il fait bon travailler en France, on trouve des entreprises américaines aux quatre premières places et il n'y a que trois entreprises françaises parmi les dix premières.
Pourquoi les employés sont-ils malheureux ? Parce qu'ils ne sont pas assez libres de prendre des initiatives et parce que leur travail n'est pas assez reconnu au sein de leurs entreprises. La France reste un pays où les hiérarchies sont rigides et le management autoritaire.
De quoi les managers se plaignent-ils ? Du fait que les employés refusent de coopérer et ne sont pas assez motivés. Les refus des uns renforcent les frustrations des autres, et justifient la méfiance réciproque. Ce cercle vicieux a des racines historiques profondes.
Pour sortir de cette hierarchisation des rapports sociaux qui pèse sur le travail, il nous faut laisser les acteurs organiser le travail de façon plus intelligente, plus respectueuse des intérêts des autres. Dans le secteur public, la valorisation individuelle doit primer sur l'approche collective qui ne permet pas l'émancipation des individus qui le compose. Dans le privé, une évolution culturelle s'impose pour sortir de notre capitalisme hierarchique, paternaliste et qui laisse peu de place à l'initiative.
18:00 Publié dans Dans le monde, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : travail, employeur, rigidités, 35 heures |
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