vendredi, 23 avril 2010

Quelles retraites voulons-nous ?

Les conclusions alarmantes du Conseil d'orientation des retraites confirment le diagnostic établi il y a vingt ans par Michel Rocard dans son "Livre blanc". Notre système de retraite est en train de s'effondrer sous les yeux de notre classe politique tétanisée. Comme il l'avait aussi prédit, le sujet est une poudrière qui a déjà fait sauter un gouvernement. Déjà fragilisée par un niveau excessif d'endettement public, la France aura du mal à résister à l'ardoise supplémentaire de 2 600 milliards d'euros, déficit cumulé estimé des retraites d'ici 2050. Plutôt qu'un rabibochage de notre système de répartition avec des bouts de ficelle, nous devons avoir l'ambition de refonder notre modèle social. La Suède, l'Australie, la Suisse et bien d'autres pays ont fait le choix de sauver leur système de retraite en recourant à l'épargne retraite individuelle. Pourquoi ne pas élargir le débat et envisager à notre tour ces solutions qui ont fait leurs preuves ?

Loin de constituer un lien de solidarité intergénérationnelle comme les syndicats le prétendent, le système par répartition est intrinsèquement porteur d'injustices pour ceux qu'il couvre. Il n'est pas performant : les cotisants n'en ont pas pour leur argent. S'ils avaient placé l'équivalent de leurs cotisations en obligations d'Etat, les retraités actuels recevraient presque le double de leur pension. Il ne permet pas non plus de choisir l'âge du départ à la retraite, fixé arbitrairement pour tous. Avant l'heure administrative, les prestations sont lourdement amputées. Après l'heure, il n'est pas possible – dans les faits – de continuer à travailler pour un employeur ; et tout le monde n'est pas sénateur ou membre du Conseil économique et social pour profiter d'une retraite dorée. Or, nous n'avons pas tous les mêmes préférences, ni la même résistance physique au terme de nos parcours professionnels. Avec sept ans d'espérance de vie en moins par exemple, les ouvriers du bâtiment ne devraient pas avoir à cotiser aussi longtemps que les cadres et fonctionnaires, et plus longtemps que les bénéficiaires des régimes spéciaux.

Enfin, en prélevant environ un quart du revenu brut pour la seule retraite, la répartition bride la capacité d'épargne des ménages, surtout de ceux qui ont de faibles revenus. Au lieu de permettre à chacun d'accumuler du capital pour ses vieux jours, et d'assurer à ses héritiers un patrimoine protecteur, la répartition ne garantit aucune prestation définie, et ne transmet rien aux enfants. Il s'agit là d'une atteinte fondamentale au moteur d'une société capitaliste : constituer un patrimoine personnel et le transmettre en espérant que chaque génération le fera fructifier. La répartition a injustement stoppé ce processus naturel. Cet élément clef de notre modèle social se révèle en fait un mécanisme de paupérisation de la société qui explique en partie la panne de l'ascenseur social en France.

Devons-nous tenter de préserver la répartition ? Augmenter et allonger la durée de cotisation amplifierait la nocivité de ses vices. La diminution des prestations retraite n'est pas politiquement envisageable, les personnes âgées constituant l'électorat le plus mobilisé. Menacer ce qu'elles ressentent comme un dû des jeunes générations à leur égard serait un pur suicide politique. La proposition d'Alain Madelin de passer à la retraite à points – comme en Suède – fut un premier pas dans la bonne direction. Ses préconisations étant de plus en plus souvent reprises, cela prouve qu'il avait vu juste en répondant à l'une des préoccupations des cotisants. Cela restera insuffisant pour assurer la pérennité du système. Nous avons le devoir de refonder un modèle pour qu'il soit juste, viable financièrement et performant pour les générations futures.

Le passage progressif à des fonds d'épargne retraite répond aux attentes des Français. Dans un sondage récent, 46 % des Français se sont déclarés favorables aux fonds de pension. Pour rassurer les plus hostiles à la capitalisation, on peut envisager un minimum de diversification du portefeuille individuel, ainsi qu'une assurance de place envers les fraudes qu'on ne peut jamais exclure. Chaque salarié pourrait alors affecter ses cotisations vieillesse à un ou plusieurs fonds spécifiques de son choix. Intérêts et dividendes seraient capitalisés sans prélèvements obligatoires pour faire grandir cette épargne personnelle. Sur le plan pratique, nous pouvons nous inspirer des nombreux pays qui l'ont instaurée, partiellement sous la forme de retraites par piliers, ou intégralement. L'essentiel consiste à rendre les citoyens directement libres et responsables de leur retraite, l'Etat continuant bien entendu à assurer un minimum vieillesse à tous.

Osons abattre notre mur de Berlin en passant du système opaque de la répartition aux fonds d'épargne retraite. Ce changement de paradigme ne préserverait pas seulement l'avenir de nos retraites, il réconcilierait les Français avec l'économie en matérialisant le lien entre épargne de long terme et investissement durable. En étant majoritairement investis dans l'économie française, les fonds d'épargne retraite augmenteraient considérablement le potentiel de croissance du pays .

Le Monde.fr du 24 Avril 2010

 

mardi, 06 avril 2010

Réformer les retraites, réformer les mentalités

Grand-Pere.jpgLes retraites pèsent environ 13.5 % de notre PIB. Dans quelques années, elles représenteront plus de 20 %. Si on leur ajoute la sécu, calquée sur un mécanisme redistributif identique (les personnes âgées consomment des soins payés par les cotisations des actifs), ce sera 1 euros sur 3 de la création de richesse qui ira des actifs aux retraités. A ce stade, ce n'est plus de la solidarité mais du racket. Il faut se figurer que les salariés travailleront bientôt 4 mois par an pour financer leurs ainés avant même de financer écoles, transports public etc.  Ces mêmes retraités ont auparavant laissé filer la dette dans des proportions excessives sans réagir. Bon, c'est un peu la faute des jeunes qui ne votent pas autant que les retraités. A force de s'abstenir, ils ne peuvent se plaindre de leur situation et de ceux qui en ont abusé. Mais cette distorsion n'en est pas moins explosive. Si on montre les 20 % de retraités vraiment misérables, on cache les 80 % qui gagnent nettement mieux leur vie que les actifs actuels en train de ramer pour garantir leur train de vie, et qui disposent de surcroît d'un patrimoine nettement plus important. Ils ont vécu à crédit, et ce sont leurs enfants qui doivent le rembourser. Le constat est facile à dresser, mais que faire ?

 

Il y a 3 moyens d'ajuster le système actuel par répartition : augmenter les cotisations, allonger la durée de cotisation, diminuer le montant des prestations vieillesse. Selon une étude récente, les Français ne veulent pas qu'on touche à l'un de ces paramètres, ce qui aboutit à la position la plus absurde : ne faisons rien et laissons s'effondrer la pyramide infernale. Personne n'a vraiment envie d'être là quand ça se passera, même si personne ne sent vraiment le courage de sauter en tentant de réformer ce sujet explosif (Rocard avait bien raison de dire que les retraites feraient sauter plus d'un gouvernement dans son livre blanc des retraites). Ce à quoi ils sont le moins hostiles, à seulement 62 %, c'est l'allongement de la durée de cotisation. (et, à 67 %, le recul de l'âge légal de la retraite, mais quand on voit le peu d'actifs qui ont la charge exténuante de porter le système, on comprend qu'ils n'aient pas envie de faire des années supplémentaires). En effet, ils sont bien plus nombreux, à 74 %, à se déclarer farouchement opposés à une augmentation des cotisations sociales déjà exorbitantes. Quant à diminuer les prestations, n'en parlons même pas. Question à ce stade : pourquoi s'accrocher à un système condamné et injuste ?

 

La répartition est injuste : personne ne la choisit, et ceux qui en profitent le plus sont ceux qui ont les métiers les moins pénibles physiquement. Les mêmes qui ont souvent pu se contituer une épargne pour leurs vieux jours à côté de cette pyramide de Ponzi des retraites. Personne ne peut prétendre mesurer la pénibilité du travail, à moins de fabriquer une nouvelle usine à gaz accompagnée d'une lourde bureaucratie, de grilles complexes ajoutant de l'opacité à un système déjà branlant. En revanche, il est possible d'imaginer un autre système. Ce même sondage récent montre que presque la majorité des Français se déclarent favorables au système des fonds de pension. En gros, une assurance vie étendue à tous les supports. Chacun gèrerait son épargne en foncion de critères de diversification du risque.Avantage considérable des fonds de pension : en cas de décès prématuré, le conjoint survivant et les enfants hériteraient d'un patrimoine, contrairement à la répartition qui ne laisse que des feuilles de cotisation pour essuyer ses larmes.

 

Mais voilà, cela retirerait aux partenaires sociaux une prérogative colossale. Ils sont les premiers à clamer haut et fort que les individus ne sont pas armés pour assurer la constitution de leur épargne. Evidemment, ils seraient les premiers perdants en cas de transformation des cotisations perdues en épargne privée gérée par des professionnels (ce qui les exclut d'office, à moins de se reconvertir au service des salariés plutôt qu'en centrales anticapitalistes spécialisées dans la grève et la confrontation stérile avec les emplyeurs). Mais qui sait, peut-être des libéraux parviendront-ils à convaincre les 46 % de Français favorables aux fonds de pension que c'est politiquement possible.

mercredi, 27 janvier 2010

Débat sur les retraites, querelle de dinosaures

Retraites.JPGMartine Aubry avait lancé à chaud "peut-être 61 ou 62 ans". Il faut dire qu'on a même senti Chérèque hésitant. Mais elle a rapidement dû faire machine arrière après une décision unanime contraire du bureau national. Elle est revenue au dogmatisme historique du PS en affirmant, mardi soir sur TF1, qu'il n'était pas question de toucher au symbole des 60 ans. Amis dinosaures, bonsoir.

Au Modem, on ne tient pas une position aussi rétrograde. Marielle de Sarnez s'est déclarée prête à discuter des modalités d'une retraite à points, un pas dans la bonne direction. Elle sait que les Français ne sont pas dupes, ils ont compris que l'allongement considérable de la durée de vie est en train de faire exploser l'équilibre de la répartition. Malgré un taux de cotisation pour financer les retraites actuelles équivalent à près de 35 % du revenu net des salariés, nous sommes de plus nombreux à être conscients qu"un effondrement à la Madoff menace le pays dans les prochaines années. Mais devant la douleur du changement, on préfère fermer les yeux et aller jusqu'au bout. Surtout lorsque des responsables politiques comme Aubry maintiennent leur promesse que demain, on rase gratis.

Face à l'un des plus gros enjeux de l'année, et sans doute l'un des plus lourds de la décennie, la ligne du PS est simple : Français, dormez tranquilles.

Plutôt que la retraite à points (quels points, quelles garanties, quels supports ?), le PLD est partisan de réduire la part de la retraite par répartition au strict minimum, et d'autoriser les Français à investir leurs cotisations retraites ainsi rendues disponibles dans un plan individuel d'épargne retraite composé de placements monétaires, obligataires, actions et, pourquoi pas, dans une première résidence principale pour les jeunes locataires. Voilà une réforme ambitieuse qui rend aux Français une vraie liberté de choix, essentielle, sans faire disparaître complètement le filet de sécurité minimal, la répartition. Mais l'UMP ouvrira-t-elle réellement le débat face à une opposition aussi fermée que le PS ?

dimanche, 17 mai 2009

Réformer, tout un art

Moins fouillé que l'analyse de Pierre Chauc dans "Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy', voici un petit passage pour le week-end :

 

 

 

Pas facile de négocier avec un esprit aussi férocement corporatiste. "Et les autres, alors ?"

14:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sncf, retraites, régimes spéciaux | | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 23 décembre 2008

Concours de Ponzi : le vainqueur est...

...le système de retraite par répartition. La croissance constante de la dette publique figurait aussi dans cette catégorie, mais ses proportions moindres ne l'ont pas fait monter sur la plus haute marche du podium. Contrairement à l'escroquerie de Charles Ponzi, notre système de retraites a été mis en place avec le soutien des autorités publiques en France, et il est obligatoire. Les montages pyramidaux comme celui de Madoff, eux au moins, s'adressent à des investisseurs consentants. La manipulation est donc légale et (un tout petit peu) plus transparente. Au lancement de la répartition, pour bénéficier des cotisations des actifs (jusqu'à 65 ans) et compte tenu de l'espérance de vie (70 ans) il vallait mieux avoir une profession qui offrait l'espérance de vie la plus élevée (autant dire ni dans l'industrie, ni dans le BTP) pour bien vivre vieux sur le dos de ceux qui cotisaient en ayant le moins de chance d'en profiter. Quelques régimes (très) privilégiés spéciaux se sont vite mis en place dans la fonction publique, mais financés par les contribuable bien plus que par les cotisants eux-mêmes.

 

 

Hélas, les progrès de la médecine et l'amélioration de notre qualité de vie nous ont permis de vivre de plus en plus vieux, menaçant progressivement la chaîne entière. Surtout, l'évolution de la pyramide des âges a tout bousculé. Aujourd'hui, nous ne sommes pas loin de la berezina du type Madoff. Surtout sachant qu'on a doublé ce mécanisme de répartition avec un financement de l'assurance maladie sur un modèle proche. Cette année, le "trou" serait entre 15 et 20 milliards d'euros, une broutille qui ne devrait cesser de croître d'année en année.

 

Bref, l'envergure du régime est restée longtemps modeste, et le baby boom d'après-guerre a constitué le mécanisme de croissance idéal pour ce type de pyramide Ponziesque. Bref, personne n'a vu la perversité du système jusqu'aux années 80. C'est alors devenu la bombe politique. Car comme on le voit avec la fraude de Bernard Madoff, le plus difficile (et le plus douloureux), c'est la sortie de la spirale infernale. Pour être cllair, tous les derniers entrants l'ont (ou vont l'avoir) dans l'os.

 

Etonnamment, il semble que les Etats-Unis ont été les premiers à instaurer une retraite par répartition obligatoire et généralisée, lors du New Deal de Roosevelt. La France ne l'a mise en place que sous Vichy, principe validé et renforcé après la seconde guerre mondiale. Les marchés financiers et assurantiels ne permettaient alors peut-être pas d'offrir des produits diversifiés et sans frais importants à tous comme dans les décennies qui ont suivi. Le système mutualiste existait pourtant bien à cette époque. Le système de la réparition est donc simple, aussi simple que les escroqueries de base : tous les actifs entrants cotisent pour les sortants. Mais contrairement aux arnaques, les cotisants perdent de l'argent tout au long de leur vie (avec une accélération lors des ajustements imposés au cours du déclin du système) au lieu de se voir promettre des gains faramineux rapidement intenables. Au lieu de constituer une bulle qui éclate rapidement, elle peut durer plusieurs décennies avant d'atteindre ses limites.

 

Illustration : imaginons un retraité qui a gagné 1.000 euros par mois pendant 40 ans et cotisé tout au long de sa carrière à inflation nulle. Avec une somme de cotisations sociales salariales et patronales de 350 euros mensuels, il aura cotisé 168.000 euros au total (350 X 12 X 40). Ces sommes seraient devenues 323.000 euros si elles avaient été placées mensuellement à un taux de 3 % (sur 40 ans, ces chiffres restent des hypothèses, certes, mais des hypothèses réalistes; j'attends une approche actuarielle plus fine si un volontaire se manifeste), ou 411.965 euros avec 4 % de taux moyen. Avec la répartition, il n'aura droit qu'à 50 % de la moyenne de ses 25 meilleures années, soit 500 euros par mois jusqu'à la mort. Rien ne sera légué à ses hypothétiques héritiers. Alors qu'en ayant capitalisé ses cotisations, et en ne touchant qu'aux intérêts (toujours 3 %) de ses 323.000 d'épargne finale, il gagnerait 800 euros mensuels sans grignotter son capital transmissible à ses héritiers. Ou avec ses 411.965 euros, sa rente mensuelle atteindrait 1370 euros environ à 4 % !

 

Celui qui gagne 1000 euros par mois et cotise pendant 40 ans aura perdu bien plus que 300.000 de capital, et sa rente sera 30 à 60 % plus faible que s'il avait capitalisé ses cotisations. Et ceux qui cotisent pour ce système ne sont pas sûr qu'il restera suffisamment de cotisants le jour où leur tour viendra. Voilà pourquoi la fameuse "solidarité intergénérationnelle" est aujourd'hui de plus en plus fragile. Tout ça à cause d'une arnaque à la Ponzi qui remonte à 60 ans en arrière, dont les jours années sont comptées mais qui reste obligatoire.

13:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ponzi, madoff, retraites, repartition | | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 26 novembre 2006

Insécurité sociale : Total recall

Cette semaine, quelques médias ont osé évoquer l'affaire des 384 cadres étrangers de Total travaillant en France mais ne cotisant pas à la sécu. Au lieu d'affilier ces cadres internationaux aux caisses françaises ruineuses d'assurance-maladie et de retraite, Total a préféré confier la gestion de leur contrat de travail et de leurs prestations sociales à sa filiale suisse Total gestion internationale, créée en 1982 à Genève. Pour un coût considérablement moindre, le niveau des prestations est nettement plus élevé. Tout le monde y gagne.

 

L'administration a toléré ce régime pendant vingt-cinq ans, un manque à gagner de près de 20 millions d'euros par an. Aujourd'hui, elle comprend que son monopole est en train de tomber avec la multiplication de "sorties de la sécu". Il y a quelques années, Buffalo Grill avait démarré une procédure de sortie de la sécu pour ses salariés, ce qui aurait arrangé l'employeur (diminution massive des charges patronales) et les employés par une hausse de leur pouvoir d'achat. La sécu avait alors réagi assez brutalement et le patron avait dû se coucher rapidement.

 

En tout cas, le phénomène prend de l'ampleur alors que la sécu approche de la faillite pure et simple. Pour l'évaluer, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a demandé à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) un état des lieux et des propositions pour le début de 2007. Je suis impatient d'en lire les grandes lignes. Le mur de la sécu se fissure et de plus en plus de citoyens lucides regardent ce qui existe au-delà de cette barrière qui nous a été imposée jusqu'alors.

 

La seule solution consiste à abolir le prétendu monopole de la sécu afin que chacun puisse choisir de vrais prestataires d'assurances sociales" dignes de ce nom. Notre sécurité à tous est en jeu.

Les partenaires sociaux et l'Etat ont failli à leur mission en nous imposant ce monopole injuste et inefficace :

 

  • Les cotisations ont nui à notre économie et contribué au chômage de masse
  • Les prestations ont été profondément injustes : régimes spéciaux plus ou moins occultes, traitement des cas individuels sans égard pour leurs spécificités ou les attentes de ces êtres humains que le système traite toujours comme de vulgaires matricules à poil (pour la tonte)
  • La faillite des régimes qui nous attend est dramatique. L'Etat, en interdisant la diversification du risque, a mis tous nos oeufs dans le même panier. Saignée par les cotisations sociales, ma génération sait qu'elle n'aura presque aucune retraite demain.

 

J'appartiens à cette génération sacrifiée qui exige aujourd'hui le respect de mes libertés fondamentales, notamment celle de m'assurer comme je l'entends avec l'organisme que je souhaite. 

 

Avec Alternative Libérale, faisons le mur ! 

lundi, 18 septembre 2006

Régimes spéciaux : le débat prend de l'ampleur

François Fillon s’est récemment avancé sur le terrain des « régimes spéciaux », affirmant qu’il fallait en finir avec eux. L’UMP a frémi au point que son porte-parole, Valérie Pécresse, a démenti son propos. Nicolas Sarkozy a alors confirmé ce que son lieutenant avait dit : la réforme aura lieu, s’il est élu, en concertation avec les partenaires sociaux. François Bayrou défendait déjà cette position en 2003 lors de la timide réforme Fillon, qui avait moins de courage à l’époque. Un sondage récent révèle que 59 % des français sont favorables à une réforme qui aligne les régimes spéciaux sur celui de l’ensemble des Français. Chirac, comme d’habitude, freine des quatre fers.

 

medium_Revendic.jpgLes régimes spéciaux de retraite concernent plus d'un million de personnes en France, notamment dans les entreprises publiques comme la RATP, la SNCF ou encore EDF et GDF. Les agents de la SNCF bénéficient d'une retraite à l'âge de 55 ans, 50 ans pour les conducteurs de train, pour 25 années de service. Les conducteurs de la RATP ont droit à la retraite à 50 ans et les personnels assurant la maintenance à 55 ans. Le reste du personnel part à la retraite à 60 ans. Les salariés de EDF et GDF partent à la retraite à 60 ans, sauf dans le cas des personnels qui occupent des fonctions considérées comme pénibles et qui bénéficient d'une retraite à 55 ans. Les salariés de la Comédie française, ou encore ceux de la Banque de France bénéficient aussi de régimes spéciaux. Ces retraites très précoces sont calculées sur les derniers salaires et non pas, comme dans le privé, sur les 25 dernières années. Les contribuables assurent l'équilibre de ces régimes qui coûtent chaque année de nombreux milliards d’euros de plus que les cotisations prélevées.

 

Rappelons que la Cour des comptes vient de publier un rapport accablant sur ces privilèges qui représentent plusieurs medium_Revendic.2.jpgdizaines de milliards d’euros. Les trois principaux régimes spéciaux de retraite (EDF-GDF, SNCF et RATP), touchent déjà près de 500 000 bénéficiaires retraités (dont 20 % ont moins de 60 ans !) et comptent 361 000 cotisants actifs. Ce ratio va rapidement se dégrader, aux dépens des contribuables qui devront éponger ces déficits colossaux. Les partenaires sociaux, malgré leur position défensive, connaissent des débats internes houleux entre ceux qui en profitent et les autres. Il suffit de lire ce que publie l'IFRAP (Institut de Recherche sur les Administrtaions Publiques) pour comprendre les enjeux. Espérons qu'ils comprendront que ce régime d'exception, profondément inéquitable, est choquant pour tout le monde.

14:25 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : deficit public, regimes speciaux, edf, gdf, ratp, sncf, retraites | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 15 septembre 2006

Aux armes, citoyens !

Faudra-t-il faire intervenir la légion étrangère ? En tout cas, cette annonce nous promet de jolis "conflits sociaux" entre une mafia financée par le contribuable et les représentants...de ces mêmes contribuables spoliés.

 

medium_Manif.3.jpgUne nouvelle fois, rapports et propositions convergent sur la question des retraites, histoire de ranimer un peu le débat. Scandale, polémique ou bon augure ? François Fillion, l'un des premiers à avoir trahi Chirac pour rejoindre Sarko (il faut  dire que Villepin l'avait dégagé du gouvernement sans ménagement, ce qui suffit à motiver un retournement de veste dans ce monde d'ambition), vient de faire une gaffe (est-ce réellement une gaffe, ou un coup bien ficelé par Sarko à l'approche de la remise...dans le vide... du rapport de la Cour des Comptes, sans prévenir ses alliés au-delà du petit cercle des prétendus fidèles ?) : il va falloir s'attaquer aux régimes spéciaux, héritage scandaleux de nos monopoles publics instaurés par les communistes après la guerre. Ce pavé dans la mare fait vite réagir tous les frileux de l'UMP.

 

Villepin, comme d'hab, veut calmer la "polémique". Il avance sans rire qu'il ne faut pas monter certains Français contre les autres... Même si les premiers volent impunément les seconds depuis des décennies (ça, il ne le dit pas). Cet homme est décidément le roi de la république des lâches. Beau parleur, mais totalement passif. Et au sein de l'UMP, la majorité le suit : Jean-Louis Debré critique durement Fillion, la porte-parole de l'UMP avance innocemment que les propos de Fillion n'engagent que lui, mais certainement pas l'UMP ni Nicolas Sarkozy.

 

Tombe alors le rapport. Philippe Séguin, président de la très impuissante Cour des Comptes, se redit inquiet face à une "situation préoccupante" selon la fameuse formule qui veut tout dire sans choquer. Les déficits prévus entre 2004 et 2009  sont prévus à hauteur de 37 milliards d'euros pour le régime général et les fonds de financement, 44 milliards pour l'ensemble des régimes de base ! Comme le dit Séguin, ils nécessiteront « dans de très brefs délais de nouvelles et profondes réformes ».

 

Voilà que patatras... le maître de la rue de la Boétie, de retour d'une chaleureuse rencontre avec Bush, défend son lieutenant et maintient cette position de fermeté, qui figurera manifestement dans le projet de l'UMP : réforme des régimes spéciaux ! Attendons de savoir ce qu'il entend par "réforme". L'option Villepin consiste à créer un Haut Conseil qui se penchera sur la question longuement avant de transmettre ses idées à une commission... L'option courageuse [désolé, pas de modèle en France] : Thatcher ! Mais nous allons alors devoir organiser une solide défense, car nous nous attaquerions alors à une mafia terriblement bien organisée, habituée à la guérilla urbaine sous la forme de bloquages généralisés. Comment affronter cet adversaire qui sait se battre ?

 

medium_Manif.4.jpgA regarder l'expérience de 57 étudiants d'HEC envoyés en stage commando encadré par Saint-Cyr, la grande école du commandement, dans la forêt de Brocéliande, il y a peut-être là matière à réflexion pour les politiques, surtout pour ceux qui aimeraient manifester un peu de courage pour changer de leur habitude. Ce stage est peut-être le bon moyen de leur apprendre à affronter les difficultés face à un ennemi organisé, imprévisible et dangereux. La leçon de cette formation physiquement éprouvante est éclairante : dans un conflit armé comme dans une entreprise (ou une négociation politique), l'absence de dialogue a des effets dévastateurs. Mais la négociation nécessaire peut tout de même déboucher sur un conflit dur. Là, il faut savoir donner la troupe ! Ce stade là, nos politique ne le connaissent pas.