vendredi, 24 avril 2009

Rappel : Dan Mitchell le 30 avril au soir

Dan Mitchell Aurelien.jpgJeudi 30 avril au soir, je vous rappelle que Dan Mitchell nous exposera la dérive socialisante des Etats-Unis et les risques qu'elle nous fait encourir. J'invite ceux que le sujet intéresse  à nous retrouver au "Coup d'Etat" (et oui !), proche du Conseil d'Etat.

 

Cet économiste travaille pour le Cato Institute, l'un des meilleurs think tanks libéraux américains. A l'occasion d'un passage à Paris fin avril, la fédération parisienne du Parti Libéral Démocrate, le Café Liberté et Un Monde Libre ont l'honneur de le recevoir. Il exposera son analyse de la dérive actuelle des Etats-Unis avant d'ouvrir les débats.  N'hésitez pas à vous plonger dans ses écrits, nombreux mais clairs et solidement argumentés. Non seulement sa production écrite est remarquable, mais c'est aussi un excellent orateur. Echantillon :

 

A cause du nombre limité de places, l'inscription est recommandée. Et pour ceux qui souhaitent prolonger la soirée autour d'un bon dîner, prévenez les organisateurs.

 

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vendredi, 27 mars 2009

Présidence de l'Europe : Obama's rescue plan is road to hell

Le président tchèque de l'Europe a déclaré devant le Parlement de Strasbourg : "Je crois que les Etats-Unis se sont engagés sur une voie vers l'enfer". Il voulait peut-être parler de "la voie de la ruine", et il devait avoir en tête "La route de la servitude" de Hayek. Ce libéral pro-européen lutte pour éviter que l'Europe s'engage sur le même chemin du désastre. Et il a bien raison, les petits plans mettant déjà à mal des finances publiques dans le rouge, pour un résultat qu'on sait médiocre, sinon nul. Si l'Etat français alimentait la croissance par des déficits, nous serions le pays le plus riche du monde depuis plus de 30 ans !

 

En fait, la tentation des gouvernements de reprendre le contrôle de l'économie est forte. Face à la complexité croissante du monde des échanges, nos dirigeants ont progressivement perdu leur emprise sur lui. Compte tenu de leur incompétence économique, c'était une tendance qu'on ne pouvait regretter. Dans la confusion actuelle, plutôt que de reconnaître le rôle des mauvaises réglementations et de la politique monétaire laxiste dans cette crise, ils voient surtout une magnifique opportunité de se dédouaner et de se venger. Pas seulement en reprenant la main sur les entreprises par des réglementations contraignantes, mais en cognant sur ceux qui se sont trop longtemps affranchis de son pouvoir : entrepreneurs, investisseurs et banquiers. En jouant sur les dissenssions qui peuvent opposer les uns aux autres, les gouvernements occidentaux s'attaquent aujourd'hui à des acteurs économiques affaiblis. Quitte à mettre en danger les chances de reprise.

 

Bravo à la Présidence de l'Europe pour ces paroles courageuses !

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lundi, 09 mars 2009

Pour seulement $ 150.000, je veux bien créer 3 emplois

Barack Obama s'est engagé sur une voie bien périlleuse. Collectiviser une partie de l'économie américaine au prix fort, c'est un pari qui a coûté cher à ses prédecesseurs qui ont tenté ce basculement. S'il va au bout de cette logique, les Etats-Unis pourraient se trouver bien empêtrés pour renouer avec la croissance. Son plan de "relance" (qui n'a aucune raison de relancer quoi que ce soit, cet argent ne tombant pas du ciel et se retirant de projets économiques eux aussi créateurs de richesse et d'emplois) vise à créer et préserver 3.5 millions d'emplois. Calcul simple, divisez le premier montant par le second. Chaque emploi va coûter 225.000 $ au contribuable américain.

 

Je vais faire un geste de soutien au peuple américain, par pure philanthropie. Pour seulement 150.000 dollars d'aide du gouvernement américain, je veux bien créer 3 emplois à mon domicile. Me contacter par mail.

23:14 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, relance, emplois | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 12 décembre 2008

Keynésianisme crasse

Les politiques n'ont que le mot "relance" à la bouche. 1.5 %, 3 %, 7 % ou 10 % du PIB, il faut dépenser de l'argent public pour stabiliser la crise. Paraît-il. On reparle de la crise de 29, que tout le monde semble avoir connu. Mais ce ne sont pas tant les plans keynésiens que la seconde guerre mondiale qui ont relancé l'économie américaine. Espérons que nous n'en viendrons pas là cette fois-ci. Il est dommage que le Parti Libéral Démocrate soit le seul à poser la question de l'utilité...et des dangers d'un plan de relance.

 

Lorsqu'un gouvernement sait réduire considérablement son endettement en peu d'années, preuve d'une belle flexibilité, un plan de relance peut se comprendre (sans rien enlever aux craintes de voir cet argent gaspillé dans des projets absolument inutiles). Cette dépense se traduit par une dette qu'on devine rapide à éponger par des jours meilleurs. En revanche, les pays qui n'ont pas eu le courage de se réformer et de réduire rapidement leur dépense publique n'ont aucune justification pour laisser dériver davantage leurs comptes. La France fait partie de ceux-ci. Par ailleurs, elle dispose déjà de tous les amortisseurs sociaux nécessaires (RMI RSA, sécu gratuite, école gratuite, aides sociales multiples), d'un Etat obèse qui limite l'impact de la récession (autant qu'il bloque la croissance). Ce dont ont besoins les acteurs qui assureront la reprise, c'est de la liberté qui leur fait défaut depuis tant d'années. La vraie relance passe donc ici par des réformes fiscales, de la réglementation du travail, des contraintes administratives qui pèsent sur toute activité économique, et de la répartition des charges sociales dont on peut discuter la légitimité.

 

En Allemagne, comme en Europe de l'Est, le débat sur ces points est beaucoup plus ouvert. Angela Merkel s'en est violemment prise aux dépensiers irresponsables en Europe, et son ministre des finances a dénoncé le "keynésianisme crasse" des ces politiques aussi coûteuses qu'inutiles :

The speed at which proposals are put together under pressure that don't even pass an economic test is breathtaking and depressing. Our British friends are now cutting their value-added tax. We have no idea how much of that stores will pass on to customers. Are you really going to buy a DVD player because it now costs £39.10 instead of £39.90? All this will do is raise Britain's debt to a level that will take a whole generation to work off.

Dommage que personne, au sein de l'UMP, ne reprenne ce combat à son compte. Nombre de Français ne sont pas dupes. La récession ne sera pas sérieusement adoucie par des dépenses nouvelles, en revanche les hausses d'impôts, demain, sont garantis. Si ces dépenses supplémentaires ne déclenchent pas une nouvelle crise par la faillite de gouvernements européens.

11:07 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : keynes, steinbruck, relance | | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 09 décembre 2008

Flagrant délit de dé(sin)formation

Liem.jpgUn débat sur le plan de relance m'a fait croiser le fer, hier, avec l'économiste Liêm Hoang-Ngoc, membre du conseil national du PS et tendance Benoît Hamon. Ce maître de conférence est l'auteur de "Sarkonomics", pamphlet virulent dans lequel il dénonce l'ultra-libéralisme de Sarkozy, prétendûment adepte forcené du reaganisme (les clichés ont la vie dure au PS). J'avais déjà eu l'occasion d'entendre cet adversaire coriace au cours de débats autour de l'économie. Je n'avais pas souvenir d'une telle capacité à manipuler et à déformer les concepts avec autant de virtuosité. Dans cet affrontement avec l'apôtre de l'impôt et du tout-Etat, nous n'étions d'accord sur rien. Nicolas Bouzou, économiste libéral également présent, ne semblait pas non plus partager beaucoup d'avis avec lui.

 

Au cours du débat, Nicolas Bouzou et moi-même avons été surpris par cet argument percutant et sonnant faux : l'analyse de l'OCDE sur le marché du travail montrerait, chapitre IV selon Liem, que la flexibilité du travail n'a aucun impact sur la croissance. Dans la confusion du débat opposant 4 intervenants sur une multitude de thèmes (52 minutes passent très vite; très très vite même), difficile (et inutile) de rebondir sur chaque propos choquant (dont le but recherché est d'engluer la discussion) de pareil adversaire si on veut progresser et ne pas subir le rythme.

 

Ce matin, je pars à la recherche de cette analyse de l'OCDE sur l'emploi et la politique du marché du travail (chapitre II, pas très grave). L'intro va effectivement (et étrangement) dans son sens alors que le contenu du chapitre défend le contraire. C'est subtil, mais efficace lorsqu'on a bien travaillé l'argument.

 

Intro :

Certains ont affirmé que seuls les pays qui mettent en oeuvre des politiques d’inspiration libérale (...prestations sociales limitées et ...réglementation peu contraignante) peuvent enregistrer simultanément de bonnes performances en matière d’emploi et une forte croissance de la productivité du travail, qui améliorent incontestablement le PIB par habitant. Cette affirmation n’est cependant pas corroborée par les données contenues dans le présent chapitre, où l’on constate que d’autres pays dont les performances en matière d’emploi sont bonnes (et qui associent des mesures d’incitation au travail énergiques à une protection sociale généreuse et à une réglementation bien conçue) ont enregistré, en moyenne au cours de la dernière décennie, une croissance de leur PIB par habitant du même ordre que celle des pays qui s’en remettent davantage au marché

Cette formulation ambiguë relativise le rôle de la protection de l'emploi en évoquant le recours aux "incitations au travail énergiques" et à une "réglementation bien conçue". Le détail va bien plus loin.

 

Développement :

La protection de l'emploi inciterait les salariés à déployer plus d'efforts pour leur entreprise mais :

  • Accroît les coûts des licenciements et fait augmenter par là même le coût d’une adaptation rapide lorsque apparaissent de nouvelles technologies (en particulier lorsque se diffusent de nouvelles technologies génériques et/ou dans les secteurs à faible intensité technologique, où leur adoption se traduit souvent par des réductions d’effectifs).
  • Fait obstacle à la flexibilité et ralentit le redéploiement des ressources en main-d’oeuvre vers les nouvelles activités à forte productivité.
  • Encourage l’inertie au travail (pas si motivés que ça, au final) en rendant plus difficile le licenciement pour insuffisance professionnelle.

 

La restriction sur les emplois temporaires incite les entreprises à former leur personnel (qui ne peut avoir recours à des compétences ponctuelles en fonction de ses besoins et de l'activité) mais :

  • Empêche les entreprises de s’adapter rapidement au changement technologique ou à l’évolution de la demande en redéployant leurs ressources en main-d’oeuvre vers de nouvelles activités à forte productivité.
  • Réduit les incitations des travailleurs à investir dans le capital humain pour échapper à la précarité de l’emploi.

 

En gros, on nous explique que la protection de l'emploi fige une économie en freinant l'adaptation à des secteurs à forte productivité, en protégeant "l'économie de rente", mais n'a pas d'impact clair global. A croire que le rédacteur du chapitre n'a pas lu les analyses qu'il présente. L'ensemble du document mérite une lecture soigneuse, ce qui n'interdira nullement aux antilibéraux primaires d'instrumentaliser les tournures floues en leur faveur.

11:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liêm hoang-ngoc, bouzou, relance | | | Digg! Digg |  Facebook