lundi, 16 juin 2008
L'Europe à l'arrêt
Non seulement les Irlandais ont manifesté un joli mépris pour le processus de construction de l'Europe par leur abstention massive, ils l'ont aussi stoppé net en votant 'non' à 53 %. Or, nous savons tous à quel point l'Irlande a été aidée par l'Europe ces vingt dernières années. Certes, le chat affamé d'hier ne s'est pas transformé en 'tigre celtique' uniquement grâce à ces aides, mais elles y ont tout de même suffisamment contribué pour qu'on s'interroge sur le résultat de ce referendum.Avant de leur jeter la pierre (comme l'a fait Bernard Kouchner... à la veille du vote, histoire d'augmenter les chances du 'non'), la France devrait se rappeler qu'elle a aussi voté dans ce sens le 29 mai 2005, et avec plus de conviction. Si nous devions détricoter l'Europe, ce qu'il ne faut pas exclure après ce dernier choc en date, je ne serais pas surpris de voir la France renouer avec ses vieux démons (encore très présents) : nationalisations, instauration de nouveaux monopoles. Bref, un recul de 15 ans en arrière. Les antilibéraux l'ont parfaitement compris, c'est pourquoi nous les voyons toujours porter les principaux coups de boutoir contre l'Europe.
Les libéraux peuvent critiquer le scandale de la PAC et de certaines réglementations ineptes. Mais l'Europe, c'est avant tout un vaste marché unique, un mouvement de libéralisation sans précédent, un déboulonnage des monopoles publics et la fin progressive des champions nationaux lourdement subventionnés. Ne l'oublions pas. A vouloir la perfection, nous risquons de retourner loin en arrière. La politique du pire, en quelque sorte.
09:40 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
| Tags : europe, referendum irlandais, traite de nice, traite de lisbonne |
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