samedi, 22 décembre 2007
La Direction de la RATP estime que le régime spécial a été maintenu
Nos grands quotidiens n'ont pas trop insisté sur ce titre étrange. Les syndicats ont beau se dire "partagés", il semble bel et bien qu'ils soient parvenus à maintenir le fameux régime de retraite de la RATP proche de son état initial, les compensations arrachées coûtant presque plus cher au contribuable, au final, que la situation d'origine.
Le détail des négociations étant particulièrement technique et opaque, difficile d'en savoir plus à ce stade...
11:35 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : Régimes spéciaux, RATP |
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lundi, 12 novembre 2007
Poker menteur sur les rails
Les syndicats du secteur public veulent nous faire revivre 1995 : 5 semaines de grèves dévastatrices qui ont fait de Chirac la loque que nous connaissons. Nicolas Sarkozy et François Fillon veulent refaire 2003 pour mieux continuer les réformes au rythme actuel et asphyxier leurs adversaires. Les syndicats savent que Sarkozy n'a pas le choix, et que l'opinion est avec lui. S'ils ne sentaient pas leur base aussi chaude, ils seraient certainement moins pressés de descendre dans la rue. Eux non plus n'ont plus le choix. S'ils cèdent ici, ils savent que Sarkozy abordera en position de force les négociations autour de la refonte du Code du Travail, de la vie syndicale et de multiples autres sujets qui, eux, pourraient se retourner plus facilement contre lui que les régimes spéciaux.
«Le mouvement de grève annoncé, coûteux pour ceux qui y prendront part, n’apportera rien de bon pour l’entreprise et les cheminots»
Anne-Marie Idrac n'est pas née de la dernière pluie, et la lutte contre ce "mouvement social" semble plutôt bien préparée cette fois-ci (les facs occupées ont vite été fermées pour limiter la propagation du mouvement). En écrivant à ses 160.000 cheminots pour proposer des aménagements importants sans passer par leurs représentants, en négociant avec un syndicat minoritaire mais surpuissant, la FGAAC, elle est parvenue à diviser les rangs syndicaux. Objectif : faire de la grève du 13 novembre un demi-succès...ou plutôt un demi-échec en vue de la grande mobilisation de toute la fonction publique, une semaine plus tard.
Les syndicats de la SNCF sentent bien le risque. En accusant leur présidente de «semer le trouble sur le terrain pour diviser les cheminots et minimiser les effets de la grève», ils avouent être en position fragile. Les salariés vont-ils jouer quitte ou double compte tenu de l'ambiance, des sondages, de la posture du gouvernemnt et dui risque de perdre leur salaire pour rien en faisant une grève inutile ? Il semble déjà que la CFDT et la CFE-CGC, qui représentent 18 % des cheminots, seraient en train de négocier pour se retirer du mouvement. Bref, une fois de plus, la stratégie de rachat des privilèges et de négociation musclée semble porter ses fruits. Nous avons une bonne chance de ne plus entendre parler de grève à la fin du mois. Cela dit, rien n'est joué.
10:30 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : SNCF, RATP, régimes spéciaux, Nicolas Sarkozy, réformes, 1995, 2003 |
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mercredi, 15 novembre 2006
La mairie de Paris ne nous transporte pas de joie
En décembre 2005, le rapport Kopp / Prud’homme / Bocajero révélait que la politique de l’alliance Rose-Verts à la mairie de Paris n’avait abouti qu’à une dégradation des transports et de l’air respiré par les Parisiens.
La multiplication irréfléchie des couloirs de bus et la politique de « l’emmerdement maximum des automobilistes » a tout d’abord entraîné un net ralentissement de la vitesse moyenne des voitures…et des bus coincés dans leur couloir et facilement bloqués (carrefour, bus de devant à l’arrêt, livraisons, etc).
Plus grave, la pollution s’est aggravée du fait des embouteillages permanents, même aux heures creuses. Là où la majorité municipale espérait que le sacrifice des uns améliorerait la vie de tous, la réalité est toute autre : nous subissons tous une dégradation générale de nos conditions de vie.
Le rapport très récent de Jean-Pierre Orfeuil et Marie-Hélène Massot apporte un éclairage nouveau sur cette stratégie de la circulation. Pour eux, les deux points clef de la politique des déplacements de la majorité municipale, c’est le stationnement et les couloirs de bus.
Stationnement : politique de la pénurie aggravée
Le stationnement de surface offre 22.100 places gratuites, 22.300 places rotatives (payantes plein pot pour tous) et 123.100 places « mixtes » (donc accessibles aux résidents à un tarif très avantageux). Or, les 254.537 cartes de « stationnement résidant » indiquent un rapport de 2.1 entre le nombre de résidents…et les places « mixtes » disponibles dans leur ensemble. Autant dire que les tensions sont fortes pour stationner. Conséquence : la baisse du nombre de déplacements automobiles à destination de Paris… et une vie difficile pour les Parisiens qui disposent d’une voiture.
L’abus de bus rend malade
Tout d’abord, c’est le réseau ferré qui fait fonctionner Paris. Certainement pas le bus. Pourtant, le métro ne propose que 200 km de lignes sur 16 lignes contre 600 km et 60 pour le bus. Quelles en sont les raisons ? Le bus est essentiellement utilisé par les Parisiens sur de courtes distances car sa vitesse est assez lente (proximité des stations, feux rouges…) et son rythme de passage, inadapté aux attentes. Il ne représente que 6 % de l’ensemble des déplacements, et 6.7 % de l’ensemble des distances parcourues. Peanuts ! Plus inquiétant, l’Ademe avait révélé que le bus polluait plus en Nox et en microparticules qu’une voiture par km-passager en 1997 ! Depuis, on se doute que la situation a radicalement changé. Bref, le bus n’est pas la panacée. Pourquoi lui avoir consacré tant de couloirs, alors que leur vitesse moyenne n’a finalement pas augmenté et qu’il reste marginal dans l’ensemble des déplacements ?
Et le vainqueur est…
…le deux-roues, dont l’utilisation explose depuis quelques années. En privilégiant une approche purement technique, la politique des transports a éludé la question essentielle de la satisfaction des usagers. Or, ces derniers sont malins. Ils ont vite su choisir la voie rapide. Hélas, là où les voitures émettent 0.35 g/km de HC+Nox, les deux-roues en émettent 1.5 g : bien joué !
Bref, le résultat de la politique Delanoë-Baupin est un échec cuisant pour nos poumons et notre confort ! Nous en retiendrons surtout les emmerdements.
11:15 Publié dans Environnement, La vie à Paris, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : mairie de Pars, Delanoë, Baupin, bus, métro, RATP, vélo |
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lundi, 18 septembre 2006
Régimes spéciaux : le débat prend de l'ampleur
François Fillon s’est récemment avancé sur le terrain des « régimes spéciaux », affirmant qu’il fallait en finir avec eux. L’UMP a frémi au point que son porte-parole, Valérie Pécresse, a démenti son propos. Nicolas Sarkozy a alors confirmé ce que son lieutenant avait dit : la réforme aura lieu, s’il est élu, en concertation avec les partenaires sociaux. François Bayrou défendait déjà cette position en 2003 lors de la timide réforme Fillon, qui avait moins de courage à l’époque. Un sondage récent révèle que 59 % des français sont favorables à une réforme qui aligne les régimes spéciaux sur celui de l’ensemble des Français. Chirac, comme d’habitude, freine des quatre fers.
Les régimes spéciaux de retraite concernent plus d'un million de personnes en France, notamment dans les entreprises publiques comme la RATP, la SNCF ou encore EDF et GDF. Les agents de la SNCF bénéficient d'une retraite à l'âge de 55 ans, 50 ans pour les conducteurs de train, pour 25 années de service. Les conducteurs de la RATP ont droit à la retraite à 50 ans et les personnels assurant la maintenance à 55 ans. Le reste du personnel part à la retraite à 60 ans. Les salariés de EDF et GDF partent à la retraite à 60 ans, sauf dans le cas des personnels qui occupent des fonctions considérées comme pénibles et qui bénéficient d'une retraite à 55 ans. Les salariés de la Comédie française, ou encore ceux de la Banque de France bénéficient aussi de régimes spéciaux. Ces retraites très précoces sont calculées sur les derniers salaires et non pas, comme dans le privé, sur les 25 dernières années. Les contribuables assurent l'équilibre de ces régimes qui coûtent chaque année de nombreux milliards d’euros de plus que les cotisations prélevées.
Rappelons que la Cour des comptes vient de publier un rapport accablant sur ces privilèges qui représentent plusieurs
dizaines de milliards d’euros. Les trois principaux régimes spéciaux de retraite (EDF-GDF, SNCF et RATP), touchent déjà près de 500 000 bénéficiaires retraités (dont 20 % ont moins de 60 ans !) et comptent 361 000 cotisants actifs. Ce ratio va rapidement se dégrader, aux dépens des contribuables qui devront éponger ces déficits colossaux. Les partenaires sociaux, malgré leur position défensive, connaissent des débats internes houleux entre ceux qui en profitent et les autres. Il suffit de lire ce que publie l'IFRAP (Institut de Recherche sur les Administrtaions Publiques) pour comprendre les enjeux. Espérons qu'ils comprendront que ce régime d'exception, profondément inéquitable, est choquant pour tout le monde.
14:25 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : deficit public, regimes speciaux, edf, gdf, ratp, sncf, retraites |
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