jeudi, 21 août 2008

La liberté fait le bonheur

Developpement Economique.JPGAlors que nous subissons une redistribution importante de nos richesse par le biais des matières premières et du pétrole, une vraie crise financière et immobilière et que nous nous trouvons au seuil d'une nouvelle guerre froide avec l'Union Soviétique l'Empire Russe, un rapport sur "Le Développement, la Liberté et le Bonheur" fait presque figure d'intrus. Pourtant, ses conclusions sont très prometteuses pour les idées libérales. Ronald Inglehart, Roberto Foa, Christopher Peterson et Christian Welzel ont réalisé leur étude auprès de 350.000 personnes dans 90 pays pour nous éclairer sur les clefs du bonheur individuel. Celui-ci ne serait pas tant lié à la richesse qu'à la liberté. "Si l'argent ne fait pas le bonheur, rendez-le" pensiez-vous. Que celui qui a ri en entendant ce bon mot de Jules Renard fasse aujourd'hui acte de contrition. L'argent contribue au sentiment de bien-être et à la qualité de vie, mais le bonheur est ailleurs : il réside dans la liberté.

 

Leur analyse prouve qu'au-delà d'un certain seuil de développement économique, le confort matériel a un impact négligeable à côté de celui qu'apporte un surcroît de liberté : démocratie, liberté  d'expression, de déplacement, de choix, contrôle de sa vie, droits des minorités, etc. Bref, les éléments qui contribuent au bonheur évoluent tout au long de l'échelle de richesse, et ils concernent essentiellement nos libertés à partir d'un certain niveau. inutile de préciser que les pays avec une richesse moyenne élevée par habitant sont plus heureux, dans l'ensemble, que les pays fortement démunis. Mais à richesse comparable, les écarts révèlent que les citoyens peuvent bien mieux trouver leur bonheur dans certains pays que dans d'autres. Tout le monde s'en doute, les habitants des anciens pays communistes ont du mal à se sentir heureux. Mais certains anciens satellites, en s'émancipant de l'empire soviétique, se sont toutefois trouvés dans une situation paradoxale : la liberté retrouvée a permis un fort sentiment de bonheur, pendant que le sentiment de bien-être, lié au développement économique, souffrait de la dégradation matérielle consécutive au départ du bloc communiste (la forte croissance des années qui ont suivi ont souvent permis de rattraper ce retard). Ceux des grandes démocraties, au contraire, y parviennent plus naturellement. La religion, comme la tolérance sociale envers les minorités, joue un rôle important dans le sentiment de bonheur (l'étude ne cite pas l'e régime iranien, je vous rassure).

 

Bien-Etre et Liberte.JPGEn France hélas, le sentiment de liberté est chaque mois restreint par davantage de lois dites protectrices et de réglementations qui se chargent de notre bien supposé au quotidien (Cf La Grande Nurserie de Mathieu Laine). Pensée unique, culture de la confrontation, poids des idéologies et de l'Etat, les éléments qui pèsent depuis longtemps sur nos libertés sont multiples. Cela explique sans doute le rôle clef que jouent dans le bonheur d'une bonne partie de la population les manifestations contestataires ou les actes de "désobéissance civique", qui ne sont en fait que des actes de vandalisme pur (systématiquement impunis). Ce type d'exutoire est celui de ceux qui n'admettent pas que leur frustration provient de l'insuffisance de liberté, pas de son excès. Au lieu de s'attaquer aux causes de leur insatisfaction, notamment en cherchant à réformer notre modèle social en profondeur, ils luttent pour le renforcer en exigeant davantage de dirigisme étatique, de lois et de taxes. Espérons qu'ils gagneront en lucidité au cours des prochaines années. Comme cette étude le prouve, le bonheur n'est pas loin. Pourvu qu'on retrouve rapidement davantage de liberté dans notre beau pays.

19:18 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : rapport liberté richesse bonheur | | | Digg! Digg |  Facebook