jeudi, 15 octobre 2009

Le racket fiscal est général

Les banques affichent des résultats "insolents" partout dans le monde. Avec la bénédiction des banques centrales qui leur distribuent de l'argent frais presque gratuit et la reprise de l'activité des marchés financiers (merci aux dettes publiques et au redémarrage des grandes entreprises), elles ont vite repris des couleurs. A finalement se demander si l'aide que certains gouvernements leur ont apportée n'était pas inutile, en plus d'avoir un effet catastrophique sur les autres acteurs économiques ?  Les 23 premières banques américaines vont verser 143 milliards de dollars à leurs cadres (le milliard le demi milliard d'euros de BNP Paribas fait sourire comparativement). D'un côté, ces chiffres peuvent sembler choquants un an après avoir frôlé le gouffre. Mais de l'autre, c'est très encourageant de voir cette activité repartir sur les chapeaux de roue. Cette remontée de la "pression sanguine" de notre économie mondialisée est le signe que nous nous éloignons du coma de l'automne et de l'hiver dernier, et que ce réseau sanguin - financier - alimente à nouveau les organes qui tournaient jusqu'ici au ralenti.

 

Après avoir gesticulé pour amuser la galerie avec des mesures gadget comme l'encadrement des bonus des traders (aucune corrélation prouvée entre leur montant et les risques systémiques), Nicolas Sarkozy vient de se faire doubler par quelques députés à la commission des finances. Alors que les grandes banques françaises ont décidé de rembourser les aides inutiles mais coûteuses de l'Etat français, les 8.2 % d'intérêt leur ayant rapporté plusieurs centaines de millions d'euros au contribuable (c'est toujours ça), le président de la commission des finances, le PS Didier Migaud annonce qu'il n'y a "rien de choquant à taxer un peu plus leurs bénéfices" en contradiction avec le principe d'égalité devant l'impôt. Suivi par 20 membres de la commission (seules 11 oppositions), il a instauré une surtaxe de 10 % sur l'IS déjà parmi les plus élevés de la communauté européenne. Dans sa culture de promotion de l'échec, la maxime du législateur français n'a donc pas changé : il (sur)taxe ce qui marche, réglemente ce qui marche encore, subventionne ce qui ne marche plus.

 

La finance avait quitté Paris dans les années 80. Les banques quitteront-elles la France lorsqu'elles en auront assez de se faire maltraiter, invectiver et racketter ? Ce jour-là, les milliards d'impôts sur les sociétés, les nombreux milliards de cotisations sociales et autres taxes en tout genre iront ailleurs, ainsi que les emplois délocalisés.  Restera toujours la banque sur Internet pour les services de bases chèrement payés.

 

Vivement le jour où notre classe politique saura valoriser nos succès nationaux lorsqu'ils ont lieu ailleurs que sur un terrain de football.

17:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (59) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : banques, traders, bonus, racket | | | Digg! Digg |  Facebook