vendredi, 29 mai 2009
Libérons le plombier polonais !
Ni les grands partis, ni les médias ne sont parvenus à animer cette morne campagne des européennes. Que voulez-vous, les électeurs attendent du pipole, bien plus que du contenu; Nicolas (dont je finis par aimer le style, même si nos idées sont vraiment opposées) n'a pas tort sur ce point. Rachida Dati a fini par faire réellement campagne pour ce scrutin dont elle ne doit pas bien connaître les enjeux. Mais bon,elle ne veut pas finir au placard comme Rama Yade. On la comprend. L'Europe est complexe, les enjeux le sont tout autant. Libre-échange, protectionnisme limité ou renforcé. Harmonisation fiscale au nom du "dumping fiscal" ou, au contraire, émulation entre les différents systèmes pour éviter de voir les Etats en position de force pour augmenter ensemble la pression fiscale, etc. La même question se pose sur le plan juridique. Nous, qui sommes particulièrement touchés par le pisse-copie réglementaire et ses dizaines de milliers de pages chaque année, nous pouvons voir en l'Europe un simplication unifiée de réglementations confuses et contradictoires d'un pays à l'autre. Au contraire, le jeu de la concurrence réglementaire pourrait bien inciter les pays les plus durement affectés de tailler dans leur jungle de textes. Ce point est celui qui fait le moins unanimité chez les libéraux.
Au final dans notre famille de pensée, le débat oppose les tenants du renforcement de la construction européenne qui ouvre les frontières et fait tomber les monopoles, à ceux qui craignent de voir l'Europe se transformer en méga-Welfare State ultradépensier. Difficile de trancher, on l'a vu au moment du référendum sur le TCE. Alain Madelin avait appelé à voter "oui", mais on sentait ses arguments assez mous. La situation n'a pas beaucoup évolué. L'Europe incite au libre-échange mais s'acroche à la PAC. Elle promeut la concurrence mais a tendance à imposer sa propre vision de ce que devrait être la concurrence, au détriment du marché. Restent la concurrence fiscale et sociale, excellente dynamique qui incite chaque membre de l'Europe à améliorer son modèle. la France s'est marginalisée en tentant d'imposer le sien aux autres...avec un certain succès qui peut inquiéter. Bref, l'alternative reste ouverte pour les libéraux. Or, il faudra choisir le 7 juin.
Pour qui allez-vous voter, donc ? Moi qui n'aime pas la pêche le dimanche, je voterai. Je voterai pour une formation dont les listes ont été composées avec nombre de militants du Parti Libéral Démocrate, et dont les propositions sont les plus proches des nôtres même si un bel écart nous sépare. Le 7 juin, mon bulletin ira à la liste d'Alternative Libérale avec Sabine Herold-Fillias en tête de gondole. Je leur souhaite bon courage. La route est encore longue.
- Lisez aussi les tribunes d'Objectif Liberté (seconde ici).
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| Tags : europe, plombier polonais, marché unique, protectionnisme |
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jeudi, 05 février 2009
Tentation protectionniste : Obama recule
Première grande reculade du nouveau Président des Etats-Unis, il retire "Buy America" de la devanture de la Maison Blanche :
« Je suis d'accord pour dire que nous ne pouvons pas envoyer un message protectionniste, a-t-il déclaré. Au moment où le commerce décline, ce serait une erreur de notre part de commencer à envoyer le message que nous ne nous préoccupons que de nous-mêmes et que nous ne nous inquiétons pas du commerce mondial. »
Il a raison de modifier le tir. L'une des grandes leçons de la crise des années 30, en plus de la nocivité des "plans de relance", c'est la nécessité de développer le commerce mondial. Comme l'a dit Catherine Ashton, la commissaire au Commerce de la Commission Européenne : "Il réalise, comme nous le faisons en Europe, que nous devons nous sortir des difficultés économiques actuelles. Le commerce fait partie de la solution car il agit comme un stimulus." La tentation (électoraliste) protectionniste est présente partout dans le monde. Face aux grèves de salariés anglais demandant des "British jobs for british workers", Gordon Brown a déclaré que « le plus grand danger auquel fait face le monde est un retour du protectionnisme ». Il est du rôle de chaque gouvernement de rappeler ce principe fondamental, et d'agir dans ce sens. Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, doit être plus actif que jamais dans la promotion de ce principe de prosprité et d'équité : le libre-échange.
Le protectionnisme est un danger pour notre qualité de vie et pour nos chances de reprise à tous. Eriger des frontières oblige le consommateur à se priver des biens et services moins chers et qui lui auraient apporté davantage de satisfaction. Ce repli favorise la médiocrité en mettant fin à la pression de la concurrence à grande échelle. Il interdit aux entreprises d'acquérir des biens et des techniques qui amélioreront leur propre performance. Enfin, la fermeture des frontières se traduit par la réduction des débouchés pour nos propres biens et services, les autres pays ne les acceptant plus par mesure de rétorsion.
11:52 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : obama, protectionnisme, echanges |
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lundi, 24 novembre 2008
Sarkozy lance un fonds plus spéculatif que souverain
Dopé par la crise actuelle, Nicolas Sarkozy se sent pousser des ailes pour sauver la France, l’Europe et même le monde. Il sait que l’environnement actuel se prête aux mesures exceptionnelles, celles qui marquent l’histoire du sceau de leur initiateur. Mais comme beaucoup de ses chers compatriotes, le Président de la République découvre à peine la complexité de l’économie à l’échelle du monde. Lorsqu’il s’inspire des bonnes pratiques de nos voisins, il ne prend hélas pas en compte leur environnement propre, pas plus qu’il ne regarde leur mode d’emploi. Sa dernière trouvaille, le fonds souverain, va transformer l’Etat français en apprenti sorcier du LBO. Est-ce bien raisonnable d’endetter une fois de plus les Français pour spéculer à crédit ? Quelle est donc cette nouvelle morale que notre Président souhaite insuffler ?
Dans notre contexte financier extraordinaire, Nicolas Sarkozy aurait eu tort de se priver d'un tel effet d'annonce. Le fonds souverain, incarnation d'un Etat financièrement solide, est bel et bien dans l'air du temps. Pourtant, l'apparition du premier fonds souverain date de 1953. Il s'agissait du fonds souverain koweitien...
Depuis des années, les pays disposant de ressources énergétiques, tels la Norvège, le Koweit ou la Russie, ou d’une balance commerciale très largement excédentaire comme la Chine, accumulent des centaines de milliards de dollars dont ils ne savent que faire. Ils ont alors mis en place des fonds stratégiques dits souverains afin de recycler leur épargne nationale en investissements de longue durée.
Chacun le sait : la matière première du fonds est l'argent. Sans argent, le fonds souverain est une coquille vide. Pourtant le Président Sarkozy a annoncé cette semaine la création d'un fonds souverain de 20 milliards alors même que le déficit de l'Etat français tutoie les 50 milliards annuels et que la dette « officielle » (sans compter la dette sociale hors bilan) avoisine les 1.200 milliards d'euros.
Paradoxal ? Poser la question c'est déjà y répondre.
Que représente, pour la France, la constitution d'un fonds souverain à crédit ? Un emprunt supplémentaire de 20 milliards au taux de l'OAT dont le retour sur investissement dépendra en partie de la direction des marchés financiers. L’année 2009 s’annonçant difficile, nous ne pouvons exclure que le CAC 40 frise les 2.000 points. A ce niveau, la note risque d'être extrêmement salée pour le contribuable. Autrement dit, un verre supplémentaire dans notre marigot de dettes. Nicolas Sarkozy entendait-il refonder « le capitalisme financier » en lançant l’Etat français dans une telle opération spéculative à effet de levier ?
Quant à l'argument consistant à avancer que ce fonds souverain sera de nature à protéger nos entreprises de prédateurs étrangers, il n'est pas non plus très sérieux. Que fait-on aujourd'hui avec 20 milliards ? En admettant que le fonds français dit souverain soit effectivement classé dans la catégorie des fonds souverains, la mise en comparaison des fonds en termes de volume financier relègue l'Etat français au rang de petit poucet. L'Abu Dhabi Investement Authority gère plus de 600 Mds $, le Governement Pension Fund-Global de Norvège plus de 300 Mds, et la Chine dispose de plus de 2.000 Mds !
Nicolas Sarkozy devrait écouter les 19 autres pays du G20 qu’il a été si fier de convoquer. Les grandes crises ne se résolvent pas en érigeant des lignes Maginot et en substituant des acteurs publics aux acteurs privés en difficulté. En matière financière, l’Etat n’a aucune raison de faire des choix plus judicieux que les entreprises, il n’en a ne les compétences, ni les moyens. Lorsque les politiques pratiquent une basse démagogie en présentant les investisseurs étrangers comme des « prédateurs », n’oublions pas qu’ils représentent avant tout une aubaine pour obtenir davantage de capitaux et ouvrir de nouveaux marchés. Le géant bancaire suisse UBS a été sauvé de la tempête financière grâce à l'injection de milliards du fonds souverain Singapourien.
Plus récemment, la banque française BNP Paribas a réalisé une belle opération dans son développement en rachetant la banque Fortis de l’Etat belge, qui n’a pas ce genre de préjugé. Plus que jamais, les entreprises françaises doivent être libérées de leurs entraves actuelles. C’est la condition essentielle pour que notre économie s’en sorte le plus vite. L’urgence est à la simplification du marché du travail et à l’allègement des prélèvements et des charges administratives pesant sur leur activité. Assumons enfin nos talents, et profitons des ouvertures qu’offre la mondialisation !
Co-écrit par Edouard Martin et Aurélien Véron
18:02 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : nicolas sarkozy, fonds souverain, protectionnisme |
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jeudi, 03 avril 2008
Protectionnisme inversé
Nous connaissons le réflexe protectionniste traditionnel : limiter et taxer les importations, favoriser les exportations. La dernière innovation Etatique a de quoi surprendre : limiter et taxer les exportations et favoriser les importations...de produits alimentaires. Conséquence directe de la mondialisation, l'amélioration de la qualité de vie permet à des centaines de millions d'individus de "passer d'un repas par jour à deux" comme le récapitule bien Nicolas Bouzou. Lorsque la demande augmente considérablement... Jusque là, tout le monde suit.
Evidemment, il est facile d'imaginer que la question du pouvoir d'achat, déjà omniprésente en France, est en train de s'envenimer dans les pays en voie de développement. Les manifestations populaires, bruyantes et parfois violentes, ennuient le pouvoir. D'un côté, le consommateur se rend compte que le poids de la nourriture remonte dans son panier global. La tendance naturelle d'un homme politique qui ne comprend rien aux échanges, c'est de bloquer les prix. Effet immédiat : entraîner des pénuries et inciter le marché noir et la corruption. Déjà très en avance sur ces points et pour montrer l'exemple, l'Arabie Saoudite et l'Egypte ont coupé leurs droits de douane sur des centaines de produits alimentaires. D'autres ne vont pas tarder à suivre ce mouvement. Dans le même temps, de grands pays agricoles tentent de retenir leur production en fermant les frontières et en bloquant les prix. Tant pis pour leurs paysans. Il ne leur reste que Bové pour pleurer.
Comme on le voit, de l'autre côté, les agriculteurs des pays les plus pauvres et les moins productifs voient là une vraie opportunité pour améliorer leur qualité de vie, investir pour augmenter leurs rendements et répondre à la demande croissante mondiale. En fermer les frontières, les Etats ferme cette voie naturelle d'amélioration de la condition paysanne dans le monde. Non seulement cela ne stoppera pas l'évolution du mode de vie de populations qui sortent de la misère - et souhaitent donc se nourir mieux - mais un tel repli sur soi risque d'interdire aux économies agricoles de se transformer en améliorant leur productivité. Or, seul un tel mouvement permettra à ces pays de consacrer des ressources ainsi libérées dans l'éducation, la santé et d'autres pans de l'économie plus rentables. Il est urgent que ces dirigeants soient conscients des risques qu'ils font courir à leur pays en croyant agir "pour le bien public".
Une fois de plus, les Etats surpris s'opposent aux aspirations de leurs populations en cherchant à bloquer les échanges. Les effets attendus risquent d'être bien plus pénibles que les ajustements de consommation actuels. Et au fait, que devient la PAC là-dedans ?
17:26 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : protectionnisme |
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jeudi, 19 avril 2007
Le gouvernement francais coupable de non-assistance à pays en danger
22:05 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Cycle de Doha, protectionnisme, Commission européenne, PAC, agriculture, subventions |
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mardi, 03 avril 2007
Image de Sarko en Europe : un protectionniste de choc !
22:45 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : Nicolas Sarkozy, conservateur, libéral, Bernard Zimmern, IFRAP, protectionnisme, intrventionnisme |
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vendredi, 27 octobre 2006
OGM : enjeux mercantiles
Alors que la progression des cultures OGM reste extrêmement forte, l'Europe est en train d'instrumentaliser les peurs entretenues par nos khmers verts pour bloquer les importations de produits agricoles américains. La lutte n'est pas gagnée. Quoi qu'en pensent nos "faucheurs volontaires", 8 millions de fermiers cultivent 90 millions d'hectares de terres dans 21 pays. Il va y avoir du boulot et des crampes dans les mains pour ces obscurantistes actifs !
Voilà que du riz Bt de Syngenta a été retrouvé dans les produits importés des US, certes en quantité infinisétimales mais supérieures aux seuils fixés. Conséquence immédiate : un décret européen impose un contrôle méticuleux de tous les produits d'importation US déchargés des navires. Autant dire que cette marque d'accueil ralentit considérablement la chaine, augmente les coûts, et aboutit même à l'interdiction de certaines productions qui n'auraient eu aucun souci autrement. Principe de précaution oblige.
Il est affligeant de voir que des OGM autorisés aux US (qui disposent pourtant d'une autorité sanitaire extrêmement exigeante) sont ainsi repoussés à la mer en Europe. En amont, les fermiers américains se rebiffent et attaquent Bayer pour le LL601, dont la présence dans des riz-longs leur a coûté une interdiction de certaines exportations agricoles.
Comme l'a bien compris l'Europe, ce simple motif "ant-OGM" a des répercussions lourdes sur l'économie agricole aux Etats-Unis. Le protectionnisme européen a très bien su intrumentaliser le marketing d'associations d'extrême gauche pour servir ses intérêts. C'est de bonne guerre, les Etats-Unis disposent aussi d'un arsenal comparable. Tout ceci au détriment des consommateurs finaux, c'est à dire nous.
13:50 Publié dans Dans le monde, Environnement, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : OGM, mais bt, protectionnisme, faucheurs volontaires |
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jeudi, 13 juillet 2006
Patrick Ollier, l'UMP dans toute sa splendeur
"C'est moi qui ai inventé le concept de patriotisme économique à l'occasion de l'affaire Danone. Ce n'est pas du tout du protectionnisme, et ce n'est pas incompatible avec la mondialisation. Le fait de vouloir préserver des pans entiers de l'économie française n'est en rien criticable. On n'est pas obligé d'accepter l'application brutale des règles du marché." avance-t-il sans rire.
Malheureusement, les actionnaires, propriétaires légitimes de "pans entiers de l'économie", subissent ainsi régulièrement "l'application brutale des règles" Etatiques. Alors qu'ils auraient certainement pu retirer une jolie revalorisation de leur bien, ils n'auront que leurs yeux pour pleurer cette violence légale injustifiable.
Si ces interventions n'étaient que grotesques, nous ne pourrions qu'en rire. Mais les décisions de ces politiques, qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, ont un effet désastreux sur notre économie. En préservant aussi mal de supposés "fleurons", ces actions bloquent complètement l'émergence de nouveaux leaders. Nos PME meurent ou stagnent. Celles qui connaissent le succès s'expatrient.
Patrick, il y a des coups de boule qui se perdent...
09:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, UMP, protectionnisme |
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