jeudi, 05 octobre 2006

La productivité française s'effondre

McKinsey publie régulièrement des enquêtes d'un grand niveau. Ce rapport-là n'est pas encore en ligne, mais les grands quotidiens spécialisés en disposent déjà pour en faire la promotion. Son contenu est décapant, particulièrement pour la France. Il avance que la chute de notre productivité, depuis 5 ans, nous a fait perdre 700.000 emplois et nous expose, dans un proche avenir, à une vague d'importations des pays à bas coûts salariaux. Bref, ce que nos démagogues dénoncent n'est rien à côté de ce qui nous attend. Facile d'énoncer, nous voulons tous savoir pourquoi !

 

L'économie française est une économie de services

Premier cliché qui tombe, la part de l'industrie dans notre économie est comparable aux économies réputées axées sur les services (Grande Bretagne et US), nettement en dessous du Japon ou de l'Allemagne. En réalité, notre économie est une économie de services (santé, enseignement et formation, tourisme, aide sociale...).

 

Première raison de notre faible compétitivité : une économie centralisée et planificatrice

Nos gouvernements successifs, en préservant à coup d'aides et de subventions ciblées nos différents secteurs d'activité, n'ont pas permis à notre économie de subir un processus de vraie concurrence, et d'aboutir à des spécialisations compétitives sur le plan international. Bref, nous sommes moyens dans de nombreuses activités, mais l'excellence est rare dans un marché globalisé de plus en plus exigeant.

 

Deuxièmre raison : notre protectionnisme étouffe notre développement économique

Là où 35 % des importations industrielles des Américains providnnent de pays à bas coûts, 24 % pour l'Allemagne et 15 % pour la Grande Bretagne, seules 11 % des importations industrielles de la France arrivent de ces pays. Or, les avantages retirés de ces importations à bas prix sont essentiels pour les industries qui les transforment et revendent des produits finis avec une valeur ajoutée élevée. Autrement dit, l'économie française ne s'appuie pas sur ces avantages comparatifs de pays en voie de développement pour promouvoir sa propre économie.

Résultat, les entreprises françaises, bloquées sur leurs marchés par un niveau trop élevé du prix de leurs composants, sont forcées à délocaliser rapidement, c'est déjà un peu tard. Pour compenser ce retard dans le jeu des spécialisations et de la recherche des meilleurs rapports qualité/prix dans toute la chaine de production, il est pro0obable que les délocalisations et les importations de ces produits issus de pays  bas coûts augmentent très rapidement dans les prochaines années.

 

Seul espoir de rétablissement de notre compétitivité, mettre en oeuvre les recettes classiques que la plupart des pays de l'OCDE ont déjà mis en oeuvre avec succès : rendre le marché du travail plus fluide par la flexibilité et la contractualisation des rapports employé-employeur, rendre l'enseignement, l'enseignement supérieur et la formation beaucoup plus flexibles également afin qu'ils répondent mieux aux besoins des entreprises, revoir les réglementations qui favorisent certains secteurs, nos fleurons au détriment des jeunes pousses innovantes.

09:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : McKinsey, productivité, mondialisation, délocalisations | | | Digg! Digg |  Facebook