lundi, 22 janvier 2007
Professeurs paupérisés : taisez-vous, la fonction publique s'occupe de vous !
Bien que Le Monde affirme que "le thème du pouvoir d'achat n'est pas directement au centre de la mobilisation actuelle des syndicats d'enseignants ni de la manifestation nationale organisée, samedi 20 janvier, à Paris, par la FSU", le blues des enseignants concerne tout de même bien cet aspect des choses, en plus du traitement déshumanisé des carrières propre à la fonction publique.
Un syndicat plutôt à droite évoque le "hold up" récent pour parler de la suppression des heures supplémentaires par le Ministère, soit 800 à 1000 euros de moins par mois pour les malchanceux ! C'est que derrière la mystification de "la vocation" qui permet d'éluder les questions de salaires, les profs sont vraiment mal payés...et on ne leur permet pas de "travailler plus pour gagner plus" ! Cette liberté élémentaire n'est même pas accordée aux petits soldats de la république. Voilà une belle conséquence de l'hégémonie des syndicats enseignants, aussi collectivistes que peu représentatifs des pauvres enseignants piégés, et qui n'ont jamais autorisé la moindre réforme. Il y a bien eu la dispute sur les remplacements volontaires qui exigaient une double (voire une triple) compétence des enseignants, comme on le demande dans de nombreux pays européens tout à fait civilisés. Mais aujourd'hui, la situation s'aggrave nettement pour les enseignants.
Voilà qu'une collègue évoque devant moi son recours à Acadomia, fameuse boite d'enseignement complémentaire destinée à accompagner les enfants qui traversent des périodes un peu difficiles. Elle a demandé si elle pourrait disposer des services d'un enseignant plutôt que d'un étudiant. La réponse a confirmé l'ambiance post-stalinienne de l'Education Nationale, ou plutôt de la Rééducation Nationale : "Nous n'avons pas la possibilité de recourir à des enseignants en activité. S'ils sont pris en train de donner des cours en plus de leur fonction d'enseignant, ils sont suceptibles d'être sanctionnés lourdement". Restent les profs retraités...
Conclusion : Un enseignant est mal payé, n'a pas le droit de faire des heures sup' : même s'il le souhaite légitimement et s'adresse à des organismes privés hors de son travail, il peut être viré pour faute professionnelle. De qui se moque-t-on ?
Pourquoi chaque école ne gèrerait-elle pas ses ressources humaines comme elle l'entend, sans tutelle d'une académie bureaucratique ? Souhaitons enfin que chaque enseignant puisse employer son temps comme il l'entend une fois remplie sa mission quotidienne pour laquelle il est rémunéré contractuellement.
16:30 Publié dans Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : professeurs, enseignants, ecole, précarité, pouvoir d'achat |
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