mardi, 08 février 2011

Marseille et ses vieux porcs

Prenez une vieille corporation sclérosée vivant grassement de ses privilèges, ajoutez un syndicat mafieux. Vous obtenez une paralysie générale qui asphyxie les entreprises, tue l'emploi et transforme l'ascenseur social en piste de bobsleigh. Ce n'est plus du déclassement, c'est le donjon des masochistes. C'est ce qui arrive à Marseille dure depuis si longtemps que des riverains passent maintenant par le port d'Anvers pour se faire livrer. Très régulièrement en grève, nos feignants de dockers marseillais ont été remarqués par la Cour des Comptes qui n'y est pas allée avec le dos de la cuillère. Moyenne de 13 jours d'absentéisme (en hausse de 44 % entre 2004 et 2008), "gratifications" illégales (et non fiscalisées, le tout de la part des clients...) jusqu'à 1,300 € par mois entrainant des rémunérations situées entre 3,500 et 4,500 € nets par mois, temps de travail hebdomadaire de 12 à 14 heures par semaine pour les portiquiers, grèves à répétition (avec, comme le raconte alors la presse : menaces, agressions, etc.).

 

François Chérèque, exclu des ports par la CGT, n'a pas hésité à dénoncer ses vilains petits camarades : le système syndical en place dans les ports français n'est "pas tout à fait démocratique". Le Monde va loin, presqu'aussi loin que mon blog en commentant François Chérèque : "La situation syndicale dans les ports est bien particulière. Depuis la Libération, nous sommes dans un syndicalisme unique, où ce sont les syndicats qui font l'embauche, à savoir la CGT", a estimé le leader syndical, refusant toutefois de parler de "système mafieux". Nous n'en sommes donc pas loin, selon le Monde. Tout le monde est au courant des emplois fictifs ici, des CE grugés là.

 

La CGT coûte cher aux Français, mais c'est un peu notre exception culturelle. Les politiques vont parfois devant les tribunaux quand ils sont vraiment pris la main dans le sac à frauder, sauf autoamnistie qui tombe à pic. Mais les syndicalistes, vous ne les verrez jamais être poursuivis, voire condamnés pour avoir violenté des jaunes, pris en otage et menacé la vie de cadres ou volé des sommes considérables à une entreprise ou à la collectivité.

 

Votre serviteur a déjà lutté à Marseille contre une autre mafia syndicale, celle des transports collectifs. Aujourd'hui, d'autres acteurs prennent le relais, notamment le collectif "Touche pas à mon port !". Cela signifie qu'une fois la lutte engagée, la résistance contre l'oppression syndicale peut s'organiser. Ce n'est pas un hasard si, après des années de dénnonciations de leurs agissements, les syndicats voient leur image de plus en plus dégradée. Un sondage du Cevipof montre que les Français font davantage confiance aux grandes entreprises qu'aux syndicats. Ils ont entièrement raison. En l'occurrence, ce sont des milliers de PME qui sont affectées dans leur activité économique, bridées dans leur expansion à l'international, et des dizaines de milliers d'emplois perdus.

 

Le port de Marseille et la CGT ont cassé pendant de trop nombreuses années une dynamique qui aurait dû améliorer la qualité de vie d'une région aujourd'hui dégradée. A défaut de poursuivre les meneurs en justice (au moins pour la fraude fiscale et les actes de violence répétés), le pays doit ouvrir totalement la concurrence dans les ports français, rompre les anciens usages mafieux de corporation qui n'ont plus de raison d'etre. Plutôt que de faire mourir le port à petit feu, le risque d'une grève des quelques centaines de dockers et personnels administratifs mérite d'être pris. L'avenir de Marseille en dépend.

08:19 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cgt, port de marseille, mafia | | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 10 janvier 2010

Recrutement innovant à la CGT : Thibault validera-t-il ces méthodes ?

CGT.JPGJe connais un peu la CGT marseillaise, après un contact vigoureux in 2005 (rappelez-vous, cette fameuse grève de la RTM et contre-manifestation que j'avais organisée, alors que j'étais président de Liberté Chérie). En pleine grève de la RTM, je m'étais glissé dans les rangs de la CGT avec un tee-shirt à l'effigie de Liberté Chérie dont le slogan bien visible était "Stop la grève". Face aux caméras, même abaissées (pour ne pas permettre à des opposants de s'exprimer, réflexe de journalistes marseillais...complices), les cadres locaux de la CGT m'avaient simplement encadré pour limiter tout risque de dérapage. Sympa de leur part. A la CGT, l'ordre règne. Les patrons locaux de ce syndicat sont efficaces. et autoritaires Aussi est-ce surprenant qu'un salarié du port de Marseille soit roué de coups par plusieurs militants de ce syndicat stalinien sans que que ses responsables soient au courant de l'affaire...et ne l'aient validée. Déjà en 2005 au moment de la grève de la RTM, j'avais reçu des témoignages de conducteurs de bus dont la voiture avait été endommagée, et qui avaient reçu des coups pour le simple fait de ne pas faire grève.  Menaces, coups, un vrai harcèlement syndical caractérisé. Une affaire nous montre que cette vieille tradition de la CGT est toujours d'actualité.

 

Les faits jugés remontent à décembre 2006. Un salarié du port de Marseille qui refuse de se syndiquer se fait tabasser. Depuis, les témoins ne se battent pas au portillon pour venir donner des détails. Ils ne connaissent même plus leur collègue, surtout défiguré après les coups, ni les 3 assaillants comme le confirme le Monde : "Les gens ont eu peur de parler, car ils craignaient des représailles de certains membres de la CGT, estime Me Jouan. C'est d'ailleurs ce qui ressort des procès-verbaux dressés par les policiers." Dans son jugement rendu le 2 décembre 2008, le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence écrit que "la loi du silence est bien respectée sur le site". Donc la peur.

 

La brute sauvage condamnée, M. Magne, se déclare "anéanti" (mais ne livre personne, surtout pas le syndicat qui entretient cette culture de la violence) après ses 6 mois de prison avec sursis confirmés par la cour d'appel. Ses deux complices relaxés démarrent, eux, l'année en pleine forme. A qui le tour ?

 

Chaque affaire de cette nature, chaque condamnation (comme celle des anciens responsables du CE d'EDF) éclaire un peu mieux les méthodes de la CGT. Bernard Thibault, réélu à la tête du syndicat, aura-t-il le courage de faire autre chose de sa centrale que l'actuel syndicat du crime délit ?

12:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cgt, syndicalisme, port de marseille | | | Digg! Digg |  Facebook