mercredi, 20 septembre 2006
Thierry Crouzet : proche du coming out libéral ?
Début 2006, Thierry Crouzet a publié un livre dans lequel il constate ce que les libéraux savent depuis longtemps : l'individu aspire à la liberté. C'est bien qu'il s'en rende compte, même un peu tard. Bref, ses nombreuses questions montrent qu'il est sur la bonne voie. Ses réflexes sont implicitement libéraux, qu'il s'en rende compte ou non. Manifestement, il a encore du mal à aller au bout de son analyse.
Exemple :
"La plupart des scientifiques on tendance [...] à ne penser qu’à des solutions qui passent par les gouvernements, alors même qu’ils conviennent que les gouvernements n’ont plus de réel pouvoir.
Le problème de tous ces scientifiques prestigieux, c’est qu’ils vivent essentiellement grâce aux gouvernements. Ça fausse leur jugement. Ils ont beau savoir intimement que l’action locale doit être privilégiée, ils n’arrivent pas à scier la branche sur laquelle ils sont assis."
C'est pas beau, ça ?
D'ailleurs, son site bonvote.com est un portail bien conçu qui est l'un des seuls à mettre en avant les "libertariens", famille de libéraux assez orthodoxes (même si la liste des liens indiqués est loin d'être exhaustive). C'est un indice intéressant. La question des libertés et la philosophie qui les concerne ne le laissent pas indifférents. Thierry Crouzet n'hésite pas à citer Karl Popper dans un commentaire. S'il le souhaite, nous sommes plusieurs à pouvoir l'aider à compléter son site...et sa culture.
Plus intéressant, voici ce qu'il répond, dans une interview du site écrans.fr (site dépendant de Libé)
Son ouvrage y est présenté ainsi :
Et si la dépolitisation de la société suivait de très près l’essor des nouvelles technologies ? C’est presque la thèse de Thierry Crouzet, ingénieur informatique et consultant. Ce spécialiste d’Internet analyse en effet notre défiance à l’égard de la politique et de tous les regimes de pouvoir actuels à l’aune du développement informatique, notamment. Exit les systèmes pyramidaux moisis du siècle dernier. Place à une société postlibertaire, en réseau, où une forme d’autogestion peut devenir beaucoup plus efficace que le modèle classique chef/exécutant. Théorie bidon ? Entretien avec l’auteur.
Il s'inscrit clairement dans une démarche libérale, ce que confirment les réponses de l'auteur aux questions suivantes :
N’est-ce pas une pensée un peu libertaire et/ou anarchiste, modernisée par les nouvelles technos ? Une illusion techniciste ?
C’est plutôt l’invention du vrai socialisme : chaque individu prend une valeur infinie. Dans cette perspective, la technologie n’est pas essentielle. Elle nous aide à porter un nouveau regard sur le monde. Après, nous en tirons les conséquences. Les hommes politiques sont incapables de gérer les problèmes complexes de la société d’aujourd’hui. À droite ou à gauche, tout le monde s’en rend compte. En bon cartésiens, les politiques cherchent des solutions qui partent d’en haut. Les scientifiques nous ont démontré que cette approche ne marche pas face à une structure complexe. Dans un tel environnement, les solutions doivent partir du bas, de nous, et remonter. C’est ainsi que les connecteurs ont décidé d’agir, en s’auto-organisant.
[il y a là une profonde contradiction dans ce propos]
Vous prônez souvent dans votre livre l’autorégulation contre le vieux monde pyramidal et légiférant. Mais n’est-ce pas une porte ouverte au libéralisme sauvage ? Les « moins initiés » à l’informatique se retrouvant exclus ?
Parce que notre société devient de plus en plus complexe, nous avons besoin de l’organiser différemment. Si nous refusons de changer, nous ne nous en sortirons que par une dérive autoritaire. Comme nous savons que la complexité ne se contrôle pas par le haut, nous devons chercher des solutions qui s’appuient sur chacun d’entre-nous. Nous devons distribuer les responsabilités. C’est une forme de libéralisme où chacun est interdépendant des autres au travers du réseau social. Voila pourquoi c’est un vrai socialisme. L’informatique joue un rôle important dans la cohésion de ce réseau mais elle n’est qu’un élément. En Afrique ou en Inde, des réseaux d’entraide très denses sont en train de se construire. C’est la preuve que ça peut fonctionner même avec les plus démunis.
Les phrases en rouge sont cruellement paradoxales. Thierry Crouzet ne parvient pas à s'assumer libéral et persiste à se décrire comme socialiste. Comme de nombreux jeunes terrorisé par le discours politiquement correct, il refoule ses sentiments, ses intuitions.
Allez Thierry, un petit effort pour basculer du côté de la force obscure : abandonne tes complexes et fais ton coming out de libéral !
11:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Thierry Crozet, peuple des connecteurs, liberalisme |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






