samedi, 31 mai 2008

L'art, un secteur florissant

786213519.jpgLe monde de l'art se porte bien. Pas de crise pour les ventes d'art moderne et contemporain qui ne cessent d'aller de record en record. La demande grandit aussi dans le secteur des musées et des expositions. Le Louvre avait confirmé cette tendance début 2007 en annonçant l'ouverture d'une annexe à Abou Dhabi. Cela avait déclenché une polémique assez stérile dans le petit monde de la culture. Lorsqu'un mécène finance une nouvelle aile du Louvre, c'est formidable, mais lorsque nous louons nos oeuvres à l'étranger pour les faire circuler (le Louvre n'exposant que 10 % de son patrimoine de 300.000 pièces dans ses murs) et faire la promotion de notre richesse culturelle, c'est un scandale aux yeux des ayatollahs de la culture.
C'est au tour du musée Picasso, qui accueille une collection illustrant bien l'évolution du travail de Pablo Picasso, de louer ses oeuvres pour une coquette somme. Le "Picasso World Tour" a démarré en Espagne et terminera au Japon en 2011. Il se trouve actuellement à Abou Dhabi, nouvelle capitale culturelle du Golfe Arabique. A partir de l'année prochaine, l'Hôtel Salé qui abrite le musée Picasso sera fermé pour une grande restauration que cette tournée financera en grande partie. Beau montage.
 
Le point important de cette histoire, c'est que la tournée rapportera 15 millions d'euros au musée Picasso, couvrant 2/3 des travaux prévus. Anne Baldassari, directrice du musée Picasso, est franche en évoquant les 3.5 millions d'euros reçus de l'Espagne et les 3 millions d'Abou Dhabi :
"Depuis un an et demi, nous n'avons plus d'ascenseur. Nous transportons les oeuvres par l'escalier. Et tout est à l'avenant, ici. Quand les Emiratis voient ça, je vous assure qu'ils trouvent normal de payer. Et nous devrions refuser leur argent par principe et faire appel au contribuable ? Franchement, c'est absurde."
 
Abou Dhabi a choisi d'investir massivement dans l'industrie touristique et a compris que la culture en fait partie intégrante. Cet Emirat Arabe a investi un milliard d'euros dans l'annexe du Louvre, et il soutient le musée Picasso dont il fait la promotion auprès de ses riches touristes. Que demander de plus ? Pourtant, la polémique repart dans les petits cercles de la culture qui voient là une évolution inquiétante...pour leur avenir. Ils vont devoir s'adapter à ce changement de paradigme.
 
L'élévation générale du niveau d'éducation, de la richesse et de la place accordée aux loisirs accélère la croissance du secteur culturel à l'échelle mondiale. Les musées et les expositions constituene dorénavant un enjeu économique important. Chaque exposition coûte de plus en plus cher mais peut rapporter beaucoup, directement et indirectement; et durablement pour le lieu et la ville qui l'hébergent. Ce domaine crééra d'autant plus d'emplois qu'il se pliera aux règles du marché et ira à la recherche de son public, de nouveaux financements et de mécènes. Une révolution culturelle à laquelle nos fonctionnaires de la culture ne semblent pas préparés. Il leur faudra pourtant s'y faire, car aujourd'hui dans la culture, le client est roi !

16:55 Publié dans Culture, Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abou dhabi, le louvre, musée picasso | | | Digg! Digg |  Facebook