mercredi, 20 décembre 2006

L'Empire Sécu contre-attaque!

La sécu est un Etat dans l'Etat. Il ponctionne 370 milliards d'euros de prélèvements obligatoires par an alors que l'Etat ne prélève "que" 275 milliards. Remettre en question son pouvoir démesuré et en faire un enjeu électoral, c'est s'attaquer à un empire. Cela explique l'agressivité de l'Humanité suite à l'annonce d'Edouard Fillias de quitter l’assurance maladie, mais aussi l'intérêt de médias dont la réaction intéressée révèle que le sujet est brûlant. Aujourd'hui, c'est l'empire qui montre des dents.

 

En faisant de ce monopole un enjeu politique, Edouard Fillias a déclenché une forte fièvre du côté de l’administration. Une conférence de presse organisée dans l’urgence confirme que la sécu, malade de sa mauvaise gestion, commence à avoir vraiment chaud. Deux hauts fonctionnaires ont fait le déplacement pour rassurer les défenseurs du monopole actuel de la sécu, notamment les partenaires sociaux qui se chargent (et vivent) de sa gestion. Dominique Libault, directeur de la direction de la sécurité sociale au ministère français de la Santé, et Jérôme Vignon, directeur de la direction Emploi et affaires sociales de la Commission de Bruxelles, ont expressément confirmé le caractère obligatoire de ce monopole. L’initiative de ces deux technocrates apparaît un peu présomptueuse pour trancher un débat à la fois politique et juridique. Ils auraient peut-être dû attendre la conclusion des procédures en cours sur la question auprès de la Cour Européenne de Justice.

 

La sécu dispose d'une arme redoutable et profondément liberticide pour lutter contre ceux qui remettent en question sa légitimité : prison et grosse amende. Si les personnes incitant au non-paiement des cotisations risquent six mois de prison et 15.000 euros d'amende pour une simple incitation, ces peines n’ont jamais été appliquées jusqu’ici. Aujourd’hui, Dominique Libault est clair : "Nous espérons que l'effet dissuasif suffira. Mais s'il le faut, nous utiliserons cet article." Cette réaction aussi hâtive que brutale confirme que le mal est profond et que la contestation gagne du terrain. Pourtant, le vrai débat qu'Alternative Libérale a ouvert ne concerne pas l’ambiguïté juridique du monopole, plus ou moins contestable, mais bien la proposition politique d'ouvrir à la concurrence le monopole de l’assurance maladie en 2007 pour ceux qui le souhaitent.

 

Ce monopole archaïque de l’assurance maladie n’a qu’un traitement comptable de la santé des assurés, du travail des personnels soignants, du médicament ou des hôpitaux publics. Une gestion de la santé de 60 millions d’individus digne du Gosplan ne pouvait faire émerger des solutions adaptées et efficaces. A l’opposé de notre assurance maladie, les systèmes de santé modernes intègrent une dimension forte de prévention, d’incitation intelligente à des comportements sains et de responsabilisation individuelle face à la consommation de soins. Grâce à cette gestion sanitaire dynamique, ils coûtent aussi sensiblement moins cher.

 

C’est pourquoi Alternative Libérale propose l’abolition de ce monopole avec le maintien de l'obligation et de l'universalité de l'assurance maladie autour d'un panier de soin universel. C’est l’unique voie assurée de mener à une baisse drastique des charges sociales pesant sur le travail, à une amélioration de la couverture santé pour tous, à la mise en œuvre de plans de prévention et à la promotion d’offres adaptées aux besoins et aux attentes de chacun. L’émulation qu’entraînerait une telle ouverture permettrait une réorganisation rationnelle et souple de l’ensemble de la production de soins, qu’il s’agisse du médicament, de la médecine hospitalière ou ambulatoire.

 

La société du libre choix, c’est aussi l’assurance de meilleures couvertures sociales, notamment de notre santé. Cette liberté nous apparaît plus que jamais cruciale.

dimanche, 26 novembre 2006

Insécurité sociale : Total recall

Cette semaine, quelques médias ont osé évoquer l'affaire des 384 cadres étrangers de Total travaillant en France mais ne cotisant pas à la sécu. Au lieu d'affilier ces cadres internationaux aux caisses françaises ruineuses d'assurance-maladie et de retraite, Total a préféré confier la gestion de leur contrat de travail et de leurs prestations sociales à sa filiale suisse Total gestion internationale, créée en 1982 à Genève. Pour un coût considérablement moindre, le niveau des prestations est nettement plus élevé. Tout le monde y gagne.

 

L'administration a toléré ce régime pendant vingt-cinq ans, un manque à gagner de près de 20 millions d'euros par an. Aujourd'hui, elle comprend que son monopole est en train de tomber avec la multiplication de "sorties de la sécu". Il y a quelques années, Buffalo Grill avait démarré une procédure de sortie de la sécu pour ses salariés, ce qui aurait arrangé l'employeur (diminution massive des charges patronales) et les employés par une hausse de leur pouvoir d'achat. La sécu avait alors réagi assez brutalement et le patron avait dû se coucher rapidement.

 

En tout cas, le phénomène prend de l'ampleur alors que la sécu approche de la faillite pure et simple. Pour l'évaluer, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a demandé à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) un état des lieux et des propositions pour le début de 2007. Je suis impatient d'en lire les grandes lignes. Le mur de la sécu se fissure et de plus en plus de citoyens lucides regardent ce qui existe au-delà de cette barrière qui nous a été imposée jusqu'alors.

 

La seule solution consiste à abolir le prétendu monopole de la sécu afin que chacun puisse choisir de vrais prestataires d'assurances sociales" dignes de ce nom. Notre sécurité à tous est en jeu.

Les partenaires sociaux et l'Etat ont failli à leur mission en nous imposant ce monopole injuste et inefficace :

 

  • Les cotisations ont nui à notre économie et contribué au chômage de masse
  • Les prestations ont été profondément injustes : régimes spéciaux plus ou moins occultes, traitement des cas individuels sans égard pour leurs spécificités ou les attentes de ces êtres humains que le système traite toujours comme de vulgaires matricules à poil (pour la tonte)
  • La faillite des régimes qui nous attend est dramatique. L'Etat, en interdisant la diversification du risque, a mis tous nos oeufs dans le même panier. Saignée par les cotisations sociales, ma génération sait qu'elle n'aura presque aucune retraite demain.

 

J'appartiens à cette génération sacrifiée qui exige aujourd'hui le respect de mes libertés fondamentales, notamment celle de m'assurer comme je l'entends avec l'organisme que je souhaite. 

 

Avec Alternative Libérale, faisons le mur !