lundi, 07 mars 2011

Marine Le Pen, une républicaine radicale

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mercredi, 12 mai 2010

L’Europe a rendez-vous avec Thatcher, mais elle ne le sait pas encore

Le gigantesque plan de sauvetage de l’Europe et du FMI ne va pas apaiser longtemps les marchés financiers. La remise en cause de l’indépendance de la BCE risque même d’amplifier la défiance à l’égard de l’euro. Quoi que nous pensions de nos atouts, la France n’échappera pas durablement à cette spirale correctrice. L’épargne mondiale perd confiance en la capacité du vieux continent à rebondir et à sortir de l’engrenage de la dette. De l’aveu même de Papandreou, l'utilisation des "fonds publics" et "des subventions européennes", "au lieu d'être utilisés pour le développement, ont fréquemment servi à acheter des maisons, des voitures, et à vivre dans le farniente". La crise financière, bien que née aux Etats-Unis, menace dorénavant les illusions européennes.

 

Seule à rassurer, l’Allemagne risque de payer cher sa caution offerte à la zone euro. Un sondage récent publié par die Welt montrait déjà que 91 % des Allemands souhaitent la sortie de la Grèce de l’euro. Après sa cuisante défaite en Rhénanie Westphalie, combien de temps la chancelière allemande parviendra-t-elle à défendre la cohésion européenne face à une opinion publique de plus en plus rétive ? Il en va pourtant de la survie de l’euro, ainsi que des banques européennes aux bilans lourdement chargés de dettes publiques. Si on la laisse seule entretenir la confiance des marchés, n’excluons pas qu’elle se désolidarise des pays qui se sont trop longtemps abrités derrière elle pour festoyer à crédit. Nous devons donc l’aider à convaincre les Allemands que la France redeviendra le partenaire fiable d’une dynamique européenne seule capable de surmonter la crise. Cette confiance ne sera pas restaurée avec des mots creux mais avec des mesures ambitieuses, à la hauteur des attentes de nos voisins outre-rhin.

 

Depuis plus de trois décennies, la France connaît des déficits publics ininterrompus. De plusieurs dizaines de milliards d’euros avant la crise, ils atteignent dorénavant près de 150 milliards d’euros en rythme annuel. Les déséquilibres de nos comptes sociaux provoqués par le papy boom ne vont pas contribuer à inverser la tendance. Pour revenir à un excédent primaire, la réforme de l’Etat et des collectivités locales est nécessaire mais non suffisante. Les efforts vont devoir porter sur le cœur de notre dépense publique. En 20 ans, notre protection sociale est passée du quart au tiers du PIB de la France sans diminuer la pauvreté. Au contraire, elle aboutit au sentiment de paupérisation des classes moyennes et à la panne de l’ascenseur social. Elle a ajouté un fardeau sur les épaules des actifs stressés, et engendré un assistanat pervers. Le nombre de rmistes a ainsi régulièrement augmenté de 400.000 en 1989 à 1,2 million en 2008. Le moment est venu de tenir un discours de vérité aux Français. Leur réticence est naturelle lorsqu’ils subissent une avalanche de mesures dont ils ne comprennent pas le sens. Mais devant les évènements actuels, leur lucidité permet la tenue d’un véritable débat sur le recalibrage de notre protection sociale afin qu’elle soit mieux ciblée et moins coûteuse.

 

A côté de cette baisse structurelle de la dépense publique, la croissance doit être la priorité absolue de la France. Diminuer les aides sans libérer le marché du travail et le développement de nos entreprises nous mènerait en effet à un désastre social. Comme ligne directrice, il suffit de reprendre les préconisations jusqu’ici ignorées des rapports Camdessus, Cahuc-Kramarz, ou encore du plan Attali, fameuse actualisation du plan Armand Rueff. Réduire le chômage passe, plutôt que par la protection des emplois existants, par un allègement sensible des charges sociales et par une libération du marché du travail. Une première piste consiste à distinguer ce qui devrait constituer une assurance santé ou une épargne retraite individuelle de ce qui relève réellement de la solidarité nationale. Cette part devrait être financée par l’impôt, par exemple la TVA sociale, et non alourdir le coût du travail. Il n’est plus non plus acceptable que notre bureaucratie oblige un entrepreneur à consacrer le quart de son temps aux démarches administratives. Notre fiscalité dissuasive incite aussi de nombreux employeurs à limiter l’énergie qu’ils consacrent au développement de leur affaire, et donc les embauches. Les talents étouffés, les réservoirs de croissance et d’emplois sont ainsi considérables. Le gouvernement doit réactiver ce capital humain inexploité, source de toute croissance.

 

En envoyant le message clair d’un changement de cap important par rapport aux pratiques du passé, en réduisant de manière drastique les dépenses publiques et en misant sur les entreprises, la France pourrait lancer un mouvement bénéfique à tous ses partenaires européens. Un choc aussi salutaire constituerait non seulement l’occasion de redresser notre économie depuis trop longtemps moribonde, mais aussi de relancer la construction européenne par une action concertée dans ce sens. Le gouvernement a les cartes en main pour transformer cette crise en mue salvatrice pour notre pays. Nicolas Sarkozy a été élu pour mener cette réforme, il faut maintenant le courage de la mettre en œuvre en dépit des corporatismes.

mercredi, 03 juin 2009

La Caisse Nationale de Retraite se serait trompée de 2.5 Milliards d'euros, une broutille !

La sécu devrait chasser l'incompétence avec autant d'énergie qu'elle chasse la fraude. Le Canard Enchaîné nous avait révélé en avril 2008 que le Fonds de Réserve des Retraites avaiet perdu 3 milliards (10 % de son capital) en spéculation boursière (ce monopole est pourtant déclaré infallible par les autorités publiques), et la crise venait à peine de commencer (j'attends avec impatience les dernières évaluations). Aujourd'hui, c'est au tour de notre merveilleuse retraite par répartition d'avoir versé plus de 2.5 milliards de trop aux retraités (les caisses ne savent pas trop bien s'il s'agit de 300, 900 ou 2.5 milliards d'euros, c'est dire), faute à un "mispricing", un faux calcul. Rien, je vous dis. Cotisez et ayez confiance.

 

Si vous avez moyennement confiance dans ce mammouth, penchez-vous sur le programme du Parti Libéral Démocrate qui propose de laisser aux salariés la libre disposition des charges sociales qu'on attribue aujourd'hui à leur place à ce monopole "d'assurances" inadaptées à leurs attentes...et terriblement mal gérés. Pensez qu'avec 350 euros par mois de cotisations "retraite", un couple qui gagne le SMIC pourrait emprunter 90.000 à 110.000 sur 15 ou 20 ans pour un achat immobilier au taux actuel du marché. A taux zéro et avec un peu d'épargne, notre couple aurait de quoi s'acheter un logement correct dans un quartier choisi plutôt que de subir la distribution aléatoire (et souvent politique) de logement social dont il sera difficile de sortir. De quoi voir l'avenir avec un patrimoine rassurant, cessible et transmissible à ses enfants. De quoi éviter de cotiser pour un plan Madoff géant, qui plus est truffé d'étourderies coûteuses.

 

Evidemment, nos technocrates considèrent les Français bien trop immatures pour gérer leur avenir à leur place à eux, les experts. Des experts qui ne savent quantifier le trou des engagements de la répartition sur les 20 ou 30 prochaines années (le rapport Pébereau évoquait 800 milliards d'euros pour les seules retraites du secteur public !), et qui ne savent éviter de menues erreurs de quelques milliards d'euros  ici ou là. Experts qui aimeraient bien "harmoniser" l'Europe "sociale" (traduction : appliquer nos erreurs à tous). En attendant, ce sont les Français qui ont bien été "harmonisés"...

mercredi, 06 décembre 2006

France is getting old

Arrivée mardi à Roissy à 5h30 du matin de mon vol de Hong Kong. La police est là, juste à la sortie de l'avion. Ambiance. Les journaux français, dans l'avion, ne parlent que de Ségo et de Nico. Discours sécuritaires, sauvegarde de notre modèle social, rien n'a changé après quelques jours d'absence. Mais après plusieurs décennies d'immobilisme, il ne fallait pas rêver. Après une petite semaine passée à Hong Kong, le choc du retour est rude. J'avais bien entendu amis et collègues vivant à l'étranger me raconter comme ils se sentaient de plus en plus éloignés de la France. Mais là, ce n'était plus du tout abstrait. En quelques jours, ma perception du retard français est plus réel que jamais.

 

Connaissant tant Londres et les US que la mentalité anti-anglo-saxonne de certains Parisiens, je ne me permets plus, depuis longtemps, de mettre en avant les formidables qualités de ces modèles un peu plus libres que le nôtre. La moindre remarque dans ce sens et tout le monde me tombe dessus. "Et la misère sociale ?", "et le communautarime ?", "ça ne va pas durer", "ce sont des pays individualistes, égoïstes"...avec le traditionnel "Si ça te plait tant, vas-y !". En gros, je n'ai qu'à me barrer si je ne suis pas content du système français. Heureusement, l'engagement politique reste une bonne alternative quand on aime son pays. C'est mon cas. J'ai encore bon espoir de voir notre système se moderniser avant de baisser les bras et d'aller payer mes impôts ailleurs.

 

Dorénavant, l'échantillon du modèle asiatique que j'ai découvert me donne de nouveaux arguments pour secouer les esprits autour de moi. Ici, le poncif anti-anglais ou anti-américain ne joue plus. Dans cette zone surpeuplée du monde, des centaines de millions d'individus sont sortis de la pauvreté pour former une vaste classe moyenne. En quelques années, 150 millions de Chinois sont sortis de la très grande pauvreté. L'Inde voit de vastes zones vivre une révolution sociale et économique. Tout le continent est en marche vers le progrès social et l'amélioration générale des conditions de vie. Et dans cette perspective, Hong Kong constitue une belle vitrine de ce que pourrait être cette Asie de demain.

 

Propreté étonnante quand on vient de Paris, sentiment de sécurité permanent, transports en commun extraordinairement efficaces, totalement privés (eh oui, même le métro !), architecture audacieuse, une activité économique permanente bien palpable, un sentiment favorable à l'immigration et le sentiment qu'il faut croquer dans la vie à pleines dents. Certes, les bas salaires sont bas. Mais pas de SdF comme un peu partout en France, et un ascenseur social qui fonctionne à plein régime. Des salaires les plus bas aux plus élevés, tout le monde a des projets et épargne pour les réaliser. Un autre univers.

 

La France dispose de tous les atouts nécessaires pour exporter services et produits en Asie. Excellente technicité, haut niveau de formation général et réseau international important. Mais elle n'a plus la mentalité nécessaire pour relever ce défi. Cela dit, le sentiment général de rebellion pourrait rapidement se transformer en énergie positive si certains verrous importants sautaient. Au lieu de tout attendre du politique, de l'Etat, de la réglementation et de la "solidarité" forcée, les Français doivent prendre conscience que la richesse est en eux, nulle part ailleurs. A eux de savoir l'exploiter en reprenant confiance en eux-mêmes. Aucune entité supérieure ne les aidera à se réaliser.

 

Cette nouvelle ambition ne doit plus être une ambition commune, nationale, c'est à dire presque collectivisée mais une ambition de chacun. Il y a de la place pour toutes les bonnes volontés. Le gateau grossit tous les jours, et les besoins sont largement supérieurs aux capacités produites. A chacun de savoir se placer dans ce monde d'échanges sans limites.

 

Une dernière anecdote pour conclure. Dans l'avion de la ligne chinoise Cathay Pacific, chaque passager s'est vu remettre une pochette pour une association caritative à l'aller comme au retour. Chacun y laisse ses devises inutilisées. Un moyen intelligent de sensibiliser les voyageurs à la solidarité consentie (l'opposé de la taxe sur les billets d'avion). Espérons qu'Air France se mettra un jour au rythme de l'Asie.

11:25 Publié dans Dans le monde, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Hong Kong, Chine, Asie, modèle social, France | | | Digg! Digg |  Facebook