mercredi, 20 octobre 2010
490.000 fonctionnaires en moins, est-ce possible ?
Oui, mais pas en France. Pas encore. il s'agit du Royaume Uni. Ce pays qui a beaucoup souffert de la crise bancaire est en train d'engager un plan de réduction de la dépense publique digne des années Thatcher. Et encore, comme l'avance The Guardian : "Even Margaret Thatcher delivered real terms increases in NHS spending." Information corrigée concernant précisément le domaine de la santé britannique. En revanche, les autres secteurs vont faire passer Maggie pour une sociale démocrate. Les libéraux démocrates de Nick Clegg et les Tories de David Cameron prévoient de couper et de simplifier les dépenses sociales. Sur les 83 milliards de pounds d'économies, 28 milliards viendront de la réduction des aides sociales. FLa gauche hurle, mais il ne s'agit que du prolongement logique de la politique de Tony Blair, lui qui s'était engagé à couper “the bills of social failure”.
Malheureusement, la France refuse d'évoluer, prise entre l'Allemagne qui décolle avec un taux de chômage inférieur à 7.5 %, et des pays en crise qui se réforment à nouveau comme ils l'ont fait depuis 30 ans. Nous, au contraire, poursuivons nos 30 ans d'immobilisme comme si la terre tournait autour de nous. Miniréformette des retraites, bataille rangée autour de ce réglage technique totalement insuffisant. La gauche, tiraillée par une extrême gauche toujours aussi obscurantiste, s'enferme dans le déni de réalité. Face à une droite qui n'a plus de projet, elle n'ose toujours pas occuper le créneau que Tony Blair, en son temps, a occupé avec le succès que nous connaissons. Quand notre pays sortira-t-il de cette torpeur philosophique, politique ?
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| Tags : david cameron, liberal democrats, depense publique, tony blair, manifestations |
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lundi, 06 avril 2009
Les alliés infréquentables de Besancenot
Sujet tabou. Notre démocratie ne supporterait pas de fait tomber cette jeune icône de son piédestal. Nous ne sommes pas prêts à admettre que le petit facteur de Neuilly s'est acoquiné avec des révolutionnaires, des vrais. La "révolution" fait encore frissonner ceux qui ont été des révolutionnaires de pacotille dans leur jeunesse. Quelques centaines de millions de morts plus tard, les barbares révolutionnaires n'hésitent pas à mettre le feu à des bâtiments et à menacer l'intégrité physique des "défenseurs du capitalisme" (entendez forces publiques, banquiers et cadres de multinationales) au nom du même idéal. Certes, aucun lien n'est prouvé entre Besancenot, patron du Nouveau Parti Anticapitaliste (et accessoirement soutien de Rouillan), et l'ultra-gauche la plus radicale. Mais on le devine très proches de cette nébuleuse sans hiérarchie officielle mais unie dans la sauvagerie. En parcourant le web, on découvre la richesse de cette mouvance de plus en plus structurée. Et lors du sommet de l'Otan à Strasbourg, elle a montré de quoi elle était capable.
Le "Black Bloc" regroupe indistinctement tous les "anti-quelque chose", anti-capitalistes, anti-fascistes, anti-pollution, anti-défense nucléaire, etc. Tous unis dans la violence. Grâce à Internet, des formations à la révolte et au sabotage se diffusent rapidement, les SMS permettant aux groupes de s'organiser dans l'action de terrain. Leur objectif assumé est relativement clair :
Le bloc noir s’inscrit généralement dans une idée d’action directe impliquant parfois des destructions de banques, de bâtiments institutionnels ou de sociétés multinationales (souvent de petites franchises en réalité plus que les gros centres de direction...), magasins, stations d’essence, caméras de vidéo-surveillance, etc. Attaquer la propriété privée est bien en deçà de l'attaque psychologique quotidienne de la publicité et des médias de masse et considérablement réduite de la brutalité et bavures de la police (??--> quelqu'un semble attendre des précisions).
Aux foulards noirs se sont ajoutés les masques de ski (protection contre les gaz lacrymo) et les protections de hockey. Si votre enfant vous demande cette panoplie, posez-vous des questions sur ses intentions. Le témoignage d'un militant de la première heure vous donne un petit aperçu de l'état d'esprit de ces nouveaux barbares. Depuis les premières années d'activisme organisé, l'expérience de ces militants s'est enrichie. D'ailleurs, comme le signale le Figaro, la barbarie n'interdit pas l'esprit de camaraderie :
"Dans les cortèges ils affichent envers les manifestants pacifistes une attitude respectueuse, se portant même au secours des «blancs» quand la police charge. Ce qui leur garantit une relative bienveillance dans le camp des modérés. Dans les cortèges ils affichent envers les manifestants pacifistes une attitude respectueuse, se portant même au secours des «blancs» quand la police charge. Ce qui leur garantit une relative bienveillance dans le camp des modérés." (ouf, on est rassuré)
Le Figaro ne s'inquiète pas de la multiplication de ces "casseurs bien de leur temps". Même la ménagère de moins de 50 ans veut en savoir plus sur la question. Pour répondre aux attentes de ce public en quête d'activités ludiques, les grandes chaînes de télévision n'hésitent plus à faire la promotion des camps de formation de cette ultra-gauche qui veut la peau de notre système : comment bloquer l'arrivée d'un convoi d'uranium, comment faucher des champs OGM, etc. Il manque presque les coordonnées des animateurs de ces stages pour pouvoir s'inscrire directement dans la foulée. Bref, ces violences se banalisent doucement.
Dans la réalité, cette tendance est très menaçante. Cette politique de saccages systématiques commence à agacer les professeurs d'université. Et il faut s'attendre à ce qu'un jour, la relève d'Action Directe naisse de ces mouvements de lutte armée. Du cocktail molotov aux armes de guerre, le pas est vite franchi. Besancenot, quand assumeras-tu publiquement ces amis infréquentables ? Ségolène Royal, elle en tout cas, est dans la course en justifiant les séquestrations : " Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue: [...] Ce qu'on appelle la révolte, c'est une réaction contre la violence qui s'exerce contre les salariés et contre le pays. "
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| Tags : black bloc, manifestations, violence |
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vendredi, 26 décembre 2008
"Les manifestations ne servent à rien", si ?
Les manifestations de lycéens sont continuelles. Une tous les 15 mois a dit Xavier Darcos. Dans une ambiance délétère, en plein mouvement de réforme et de réduction d'effectifs, le ministre a hélas trop joué avec le feu. Sans doute ne voyait-il pas les braises qui couvaient sous les soubresauts mous des syndicats et mouvements de gauche épars. La dernière reprise des hostilité a été la bonne. A la veille des vacances de Noël, Nicolas Sarkozy a dû trancher et annuler la réforme de son ministre de l'Education. "C'est une bouffonnerie. Ils peuvent défiler, mais tout ça ne sert à rien !", avait-il affirmé en mai dernier dans le Figaro Magazine. C'est au tour des lycéens de parader : "Darcos, tu l'as dans l'os !". Le mouvement n'est pas mort pour autant, les protagonistes du conflit voyant là de belles potentialités de nuisance pour la majorité dans les semaines qui viennent.
Quoi qu'on pense du contenu de la réforme, comment ne pas être choqué par ces méthodes de voyou que nous ne connaissons que trop bien en France ? Ces blocages illustrent bien le conservatisme détestable d'une certaine gauche que l'autre n'ose que trop rarement critiquer (rappelez-vous la réaction après les propos peu amènes Allègre). Rien ne justifie qu'on se serve de nos enfants pour contester les décisions de la majorité en place. Témoignage édifiant, Erick Roux de Bézieux nous raconte sa surprise en découvrant un tract "Ecole en danger !" collé par l'enseignant dans le carnet de liaison de son fils et appelant à la grève. Même les journaux d'écoles, publiques et dites laïques, n'hésitent plus à faire la promotion de ces manifestations et des grèves sans craindre de sanction administrative. Voici ce que raconte un journal, article rédigé par la classe de CM1 :
“Ils ont fait une réunion d’information parents- enseignants sur les évènements et, suite à ça, ils proposent, entre autres, une mise en berne du slogan républicain, avec mise en scène genre enterrement (faut peut-être faire attention aux enfants, que ça ne soit pas trop triste !). Ils pensaient faire ça à la rentrée, la date n’est pas encore fixée… “
Une fois de plus, des enseignants militants, heureusement minoritaires, ont instrumentalisé les enfants qui leur sont obligatoirement confiés pour défendre leurs propres convictions d'adulte engagé. Belle leçon de démocratie pour ces enfants captifs. Comme le dit Roux de Bézieux, "certains enseignants confondent Maître d’école et Maître à penser". Hélas, le lieu où devrait se construit le lien social et où s'apprennent les règles de vie en commun sert parfois des objectifs moins louables. Résultat : après des décennies d'activisme de la part d'enseignants politiquement engagés, et de désengagement de parents dépassés, ne sommes-nous pas en train de voir émerger une génération de barbares ? Certains établissements subissent la montée d'une violence irrépressible chez des enfants de plus en plus jeunes. Quant aux lycéens, ils apprennent que la force doit dominer la démocratie, que la loi du plus fort est supérieure aux droits fondamentaux de chacun. Comme l'écrit Michel Segal, auteur d'une tribune effrayante dans les Echos:
"Que ce soit par le soutien de quelques enseignants complaisants et de parents nostalgiques, ou par le silence craintif et massif de tous les autres, c'est par la seule défaillance des adultes en charge de l'autorité que ces enfants sont devenus malgré eux de véritables archétypes fascistes."
Michel Segal conclut avec cette citation extraite de La République de Platon :
"(...)le professeur craint ses élèves et les flatte, (...) les jeunes imitent les anciens (...), tandis que les anciens, s'abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffonneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques.
C'est tout à fait ça ! dit-il.
Eh bien, dis-je, mon très cher, tel est le beau et vigoureux commencement duquel naît la tyrannie."
"encore une histoire d'apprenti sorcier qui finira mal"...
15:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : darcs, manifestations, lyceens |
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mercredi, 20 septembre 2006
Hongrois que ce qu'on voit !
En 24 heures, quelques mauvaises nouvelles ont failli troubler mon appétit d'occidental repu. La Russie destabilise nos multinationales en bloquant arbitrairement leurs investissements colossaux (20 milliards de USD pour Royal Dutsch Shell notamment, mais il semble que d'autres entreprises seraient concernées par ce racket Poutinien). L'armée thaïlandaise profite lâchement d'un déplacement du gouvernement à l'étranger pour prendre le pouvoir et fermer les chaines de TV (mais pas Internet, qui diffuse toutes les infos bien mieux que la TV seule).
Et en Hongrie, la foule manipulée par la droite a pris la rue, envahi les locaux de la TV publique et échangé quelques
coups avec la police, avec 150 blessés tout de même ! Je suis toujours heureux d'apprendre que nous ne sommes pas seuls, en France, à aimer la castagne avec les forces de l'ordre. Alors que la foule, toujours galvanisée par une droite qui rêve de faire tomber le premier ministre Gyurcsany, campe devant le Parlement, la vraie question concerne le fond de l'histoire : mentir sur les comptes de l'Etat suffit-il à déclencher pareils mouvements populaires ? Est-ce le ton méprisant, sinon insultant, ou l'annonce de la manipulation qui a echauffé les esprits ? En tout cas, le fait d'avoir dissimulé l'état réel des comptes de la nation a réellement eu un impact lourd. Depuis le rapport Pébereau et le flux de dépenses nouvelles d'un gouvernement autiste, une seule question me vient ici à l'esprit :
Qu'attendons-nous pour passer à l'action en France ?
10:50 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Hongrie, Gyurcsany, manifestations |
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vendredi, 15 septembre 2006
Aux armes, citoyens !
Faudra-t-il faire intervenir la légion étrangère ? En tout cas, cette annonce nous promet de jolis "conflits sociaux" entre une mafia financée par le contribuable et les représentants...de ces mêmes contribuables spoliés.
Une nouvelle fois, rapports et propositions convergent sur la question des retraites, histoire de ranimer un peu le débat. Scandale, polémique ou bon augure ? François Fillion, l'un des premiers à avoir trahi Chirac pour rejoindre Sarko (il faut dire que Villepin l'avait dégagé du gouvernement sans ménagement, ce qui suffit à motiver un retournement de veste dans ce monde d'ambition), vient de faire une gaffe (est-ce réellement une gaffe, ou un coup bien ficelé par Sarko à l'approche de la remise...dans le vide... du rapport de la Cour des Comptes, sans prévenir ses alliés au-delà du petit cercle des prétendus fidèles ?) : il va falloir s'attaquer aux régimes spéciaux, héritage scandaleux de nos monopoles publics instaurés par les communistes après la guerre. Ce pavé dans la mare fait vite réagir tous les frileux de l'UMP.
Villepin, comme d'hab, veut calmer la "polémique". Il avance sans rire qu'il ne faut pas monter certains Français contre les autres... Même si les premiers volent impunément les seconds depuis des décennies (ça, il ne le dit pas). Cet homme est décidément le roi de la république des lâches. Beau parleur, mais totalement passif. Et au sein de l'UMP, la majorité le suit : Jean-Louis Debré critique durement Fillion, la porte-parole de l'UMP avance innocemment que les propos de Fillion n'engagent que lui, mais certainement pas l'UMP ni Nicolas Sarkozy.
Tombe alors le rapport. Philippe Séguin, président de la très impuissante Cour des Comptes, se redit inquiet face à une "situation préoccupante" selon la fameuse formule qui veut tout dire sans choquer. Les déficits prévus entre 2004 et 2009 sont prévus à hauteur de 37 milliards d'euros pour le régime général et les fonds de financement, 44 milliards pour l'ensemble des régimes de base ! Comme le dit Séguin, ils nécessiteront « dans de très brefs délais de nouvelles et profondes réformes ».
Voilà que patatras... le maître de la rue de la Boétie, de retour d'une chaleureuse rencontre avec Bush, défend son lieutenant et maintient cette position de fermeté, qui figurera manifestement dans le projet de l'UMP : réforme des régimes spéciaux ! Attendons de savoir ce qu'il entend par "réforme". L'option Villepin consiste à créer un Haut Conseil qui se penchera sur la question longuement avant de transmettre ses idées à une commission... L'option courageuse [désolé, pas de modèle en France] : Thatcher ! Mais nous allons alors devoir organiser une solide défense, car nous nous attaquerions alors à une mafia terriblement bien organisée, habituée à la guérilla urbaine sous la forme de bloquages généralisés. Comment affronter cet adversaire qui sait se battre ?
A regarder l'expérience de 57 étudiants d'HEC envoyés en stage commando encadré par Saint-Cyr, la grande école du commandement, dans la forêt de Brocéliande, il y a peut-être là matière à réflexion pour les politiques, surtout pour ceux qui aimeraient manifester un peu de courage pour changer de leur habitude. Ce stage est peut-être le bon moyen de leur apprendre à affronter les difficultés face à un ennemi organisé, imprévisible et dangereux. La leçon de cette formation physiquement éprouvante est éclairante : dans un conflit armé comme dans une entreprise (ou une négociation politique), l'absence de dialogue a des effets dévastateurs. Mais la négociation nécessaire peut tout de même déboucher sur un conflit dur. Là, il faut savoir donner la troupe ! Ce stade là, nos politique ne le connaissent pas.
10:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : retraites, régimes spéciaux, manifestations, syndicalisme |
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