vendredi, 29 décembre 2006
Le grand appartement : mauvais film de propagande sur la loi de 48
Soirée gachée à cause de ce film mal joué, sans réel scénario, aux dialogues baclés et aux scènes absurdes et forcées. Pascal Thomas se moque du monde... avec l'argent des contribuables, ce qui rend le foutage de gueule d'autant plus patent : Pascal Thomas aurait mieux fait d'ouvrir sa fenêtre et de jeter notre argent au gré du vent.
Les valeurs implicites de ce film sont choquantes. Un artiste raté vit avec une belle femme qui ne travaille pas, ainsi que leur famille au sens large (enfant, soeur, mère, ce qui est plutôt sympa en soi), un ami qui se tappe gentiment l'incruste (et toutes les femmes du quartier) depuis 5 ans, le tout dans un bel appartement de 320 m2 dans le septième arrondissement. On retrouve une situation hélas assez proche de la réalité, notamment lorsqu'on entend des artistes tels que Jeanne Moreau se plaindre de devoir payer un loyer "comme tout le monde". Bien sûr, Telerama est enthousiaste :
"Une smala d'intellos précaires se bat pour son logement communautaire. Une utopie joyeusement libertaire."
Connaissant un peu la dureté des critiques de ce journal, cet emballement relève tout simplement du soutien idéologique ! Pas très crédible pour un magazine culturel...ou plutôt révélateur de l'esprit dominant du milieu de la culture.
En gros, une horrible et très vilaine propriétaire de chalets, de maisons en bord de mer et d'appartements parisiens, cherche à faire tomber ce bail de 48 très abusivement repris par les descendants de la locataire initiale. La grand-mère a quitté son appartement depuis longtemps, laissant l'usage (illégal) de cet appartement à une communauté bordélique, sympathique au premier abord, mais franchement choquante quand on sait la difficulté que rencontrent la plupart des Français pour vivre et se loger. Ce type de spoliation des propriétaires, bien généreux en apparence pour les locataires ainsi "protégés", s'est révélée désastreuse pour le logement en France. Louer est devenu un placement peu attirant, les investissements dans le confort ont été longtemps repoussés et la construction en a souffert pendant des décennies. En contrepartie, l'Etat a pris le relais, collectivisant largement le secteur du logement avec les effets tragiques que nous connaissons.
Ce film est triste de bêtise et de poncifs corporatistes : les artistes rament (Laetitia Casta et Arditti le fan de Berlutti en premier) mais sont tous formidables, les banquiers sont des cons inhumains, les avocats sont d'ignobles bourgeois égoïstes dans la plupart des cas (sauf l'avocat qui défend la cause des tricheurs et spoliateurs divers), alors que le frère de la mégère proprio n'aime pas la culture et ne comprend rien, évidemment, à la création artistique. Tout se finit en fête, en danse et en mouvement collectif contre les forces de l'argent.
Le jour où les salaires de ces stars du cinéma (les autres acteurs, eux, cachetonnent bien plus difficielement et à des tarifs plus raisonnables, voire bien faibles) seront plafonnés à 1.5 fois le SMIC par mois de tournage, je serais plus tolérant avec leur vision de la propriété privée et de l'échange.
12:05 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : L'Appartement, loyer loi de 48, logement |
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