lundi, 18 mai 2009
La crise du siècle...aura duré 3 ans ?
Nous pourrions avoir passé le pire de ce qui devait être la crise du siècle...que dis-je, du millénaire. L'immobilier repart déjà à la hausse en France, quoi qu'en pensent les plus beaux esprits de notre pays (en évoquant les Etats-Unis, certes). Les bourgeons qui annoncent le retour du printemps se multiplient partout dans le monde. Belle revanche du sud sur le nord, les pays qui composent le fameux BRIC sont heureux de vous annoncer que, dorénavant, la croissance se fera peut-être sans nous, mais qu'elle ne pourra s'envisager sans eux : "la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil, détrônant les Etats-Unis." En effet, les optimistes reprennent le pouvoir. Et les grincheux anticapitalistes qui depuis des lustres prédisent la fin du capitalisme tireront la gueule. Bien fait pour eux, ces vautours qui se nourrissent de la misère du monde. Qu'ils se rassurent, la France ne renouera pas avec une forte croissance. Les poches de pauvreté, nous les conserverons grâce au formidable modèle siocial que le monde nous envie tant. Depuis plus de trente ans, nos gouvernements successifs ont choisi la dette et le renforcement de l'Etat sur le dynamisme du secteur privé et sur la concurrence réelle.
Il est fortement probable qu'une fois de plus, la reprise nous passe sous le nez, tout ça par la faute de l'Europe, de la mondialisation et, plus généralement, "des autres". Mais malgré ce choix national pour l'échec, défaussé sur la responsabilité d'autrui, le monde repartira assaini après les spasmes que nous avons connus ces derniers mois. Car le capitalisme reste la source la plus sûre de prospérité. Mais bon, après tout, nous nous sommes habitués à des taux de chômage élevés et à une croissance molle.
Nous aurons la chance de conaître d'autres crises. Peut-être les grands fautifs seront-ils plus explicitement les Etats qui, à force de s'être goinfrés trop longtemps sur notre dos, ont constitué une bulle autrement plus nocive que celle de l'immobilier. Quoi qu'en pensent les plus brillants cervaux de la planète, le risque est inhérent à toute activité humaine. Le réglementer ne l'enlève pas mais ne fait que le déplacer.
22:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise, logement |
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mardi, 28 avril 2009
Logement : crise publique, remèdes privés
Pour élever le débat après les aboiements frontistes en réaction à mon dernier post, voici le contenu de l'intervention de Vincent Bénard, président de l'Institut Hayek et en charge des questions concernant le logement et l'urbanisme au sein du Parti Libéral Démocrate. Auteur d'un livre remarquable sur la question, cet expert d'un aspect central de la vie des Français ose remettre à plat notre système pour ouvrir des pistes intéressantes. A défaut de lire dans la semaine qui vient cette bible qui vous ouvrira les yeux sur les raisons qui expliquent que vous payez si cher votre logement minuscule, vous pouvez entendre une synthèse rapide en vidéo.
La voici, alors qu'il était invité par le comité Liberté Chérie d'Aix pour son café liberté :
Vous trouverez bien d'autres analyses et propositions sur le site de Vincent : objectif liberté
08:41 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : logement, crise |
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lundi, 22 janvier 2007
Merci à toi, l'abbé Pierre !
« Agir pour que chaque homme, chaque société, chaque nation puisse vivre, s’affirmer et s’accomplir dans l’échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité »
Henri Groues, dit l'abbé Pierre, est mort au petit matin du 22 janvier. Toute sa vie, il a montré comment un homme pouvait déplacer des montagnes et agir en être responsable de la vie de son prochain. Son message était celui-ci : "Mêlez-vous de ce qui ne vous regarde pas". L'abbé Pierre fut un entrepreneur social extraordinaire, donnant de lui-même sans compter, confirmant que l'initiative individuelle reste le fondement de toute action caritative réussie et légitime. S'il s'est parfois adressé à la classe politique, son action fut d'abord et avant tout celle de la société civile. Il a eu des héritiers spirituels, on peut compter MSF ou Michel Colucci et ses Restaus du Coeur. La leçon que je retire de ce parcours qui nous a tous marqués, c'est que l'action collective se passe très bien du politique. Une société civile forte, c'est possible.
Naissance d'Emmaüs. A la suite de la terrible crise du logement qui découle de la fameuse loi de 48, il fait du logement le coeur de son action. Dès 1949, il s'installe dans une maison délabrée de Neuilly Plaisance qu'il restaure. Pendant l'hiver rigoureux de 54, il lance son fameux appel aux bonnes volontés, d'une extrême simplicité :
Mes amis, au secours...
Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...
Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !
Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »
La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.
Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !
Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques
Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.
Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.
Merci !
Aujourd'hui, les 250 organisations Emmaüs sont orphelines. Espérons qu'elles conserveront la foi de leur fondateur intacte, et continuerons à vivre le projet du Manifeste des origines : Le Mouvement Emmaüs est né en novembre 1949 par la rencontre d'hommes ayant pris conscience de leurs situations privilégiées et de leurs responsabilités sociales devant l'injustice, et d'hommes qui ne possédaient plus de raison de vivre. Les uns et les autres décidant d'unir leur volonté et leurs actes pour s'entraider et secourir ceux qui souffrent, dans la conviction que c'est en devenant sauveur des autres que l'on se sauve soi-même. Pour ce faire, se sont constituées des communautés qui travaillent pour vivre et donner. En outre, des groupes d'amis et de volontaires luttent sur les plans civique et privé.
11:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : Abbé Pierre, fondation Emmaus, logement, SDF |
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samedi, 20 janvier 2007
Se loger, une équation difficile
Le Monde évoque cette question sous l'angle de l'accession à la propriété. En effet, ce thème touche tout le monde,. Le bon emplacement se paye de plus en plus cher. Les critères de cette sélection se constituent de nombreux facteurs : qualité des écoles de proximité, urbanisme et qualité de l'environnement (jardins et architecture), bonne desserte des transports en commun, bassin d'emplois proche, vie culturelle,... Chacun de ces points fait la différence, et la différence est vite très chère. Pourtant, l'amplitude des tensions actuelles n'est pas inéluctable. Des facteurs précis sont à l'origine de telles distorsions.
Demain, les militants libéraux du centre de Paris iront diffuser le tract suivant, traitant de cette question précise, sur le marché du boulevard Richard Lenoir. Objectif : inviter ceux qui se sentent concernés au débat public qui se tiendra le 24 janvier au soir sur le sujet :
100.000 SDF, entre 1 et 3 millions de mal loges, des conditions de plus en plus insensées exigées par les bailleurs de la part des locataires, des prix qui s’envolent, un sentiment de pénurie et, inaccessible, le Nirvana des HLM. Le constat est dramatique, et le « droit au logement opposable », loin de résoudre cette crise, risque de l’aggraver.
Pas de pénurie, il existe 30 millions de logements pour 25 millions de ménages. Mais les 2.5 millions de ménages qui changent de logement chaque année subissent un marché grippé à cause de réglementations inadaptées et d’une intervention nocive des pouvoirs publics.
Faire baisser les prix des logements neufs
Dans les zones proches des villes, les terrains non constructibles sont encore trop nombreux. Résultat : le foncier constructible atteint vite des sommets par sa rareté. Plutôt que de multiplier des niches fiscales pour l’achat locatif, rendons tout terrain constructible afin d’en diminuer le coût, simplifions et raccourcissons les procédures de délivrance des permis de construire. La baisse du neuf qui en découlerait se répercuterait sur l’ancien mécaniquement.
Un logement « social » est avant tout un logement accessible à tous. Or, une maison familiale bien conçue peut coûter moins de 100.000 euros, soit 700 euros par mois avec un crédit intégral !
Faciliter le rapport entre bailleurs et locataires
Le nombre de logements vacants est trop élevé, les conditions posées par les propriétaires sont disproportionnées et les rares investisseurs institutionnels sortent de ce secteur. C’est le résultat de la surprotection des locataires, initiative louable dans son principe mais dont nous constatons tous les jours les effets catastrophiques. Restaurons la confiance entre les locataires et les propriétaires en respectant les droits légitimes des propriétaires face aux mauvais payeurs : effet gagnant pour tous.
Rendre les HLM à ceux qui en ont vraiment besoin
Les listes d’attente s’allongent alors que les HLM représentent 40 % du parc locatif, ce qui devrait être largement suffisant. En fait, les locataires de HLM ne quittent plus leur logement, même si leurs revenus augmentent ou que leur composition familiale change. Les HLM doivent être destinés à ceux qui en ont besoin : les revenus supérieurs au seuil prévu doivent quitter les lieux en fin de bail pour laisser la place à ceux qui en ont réellement besoin.
Favoriser l’accession à la propriété
Seuls 56 % des français sont propriétaires, ce qui est très faible en Europe. Nous souhaitons que l’accession à la propriété se généralise. Cela passe notamment par l’instauration du crédit hypothécaire, l’acquisition automatique des logements HLM par leurs locataires à faibles revenus qui le souhaitent, à un prix fortement dégressif avec leur ancienneté dans les lieux. En plus du capital ainsi constitué, ils se comporteront en copropriétaires responsables d’un environnement enfin à eux.
Je vous invite à venir débattre avec nous des solutions libérales à la question du logement
Mercredi 24 janvier à 19h30
Au 1er étage du Café le Progrès,
21:35 Publié dans Economie, Journal de campagne, La vie à Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : Logement, accession à la propriété, urbanisme, loyer, prix du m2 |
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vendredi, 29 décembre 2006
Le grand appartement : mauvais film de propagande sur la loi de 48
Soirée gachée à cause de ce film mal joué, sans réel scénario, aux dialogues baclés et aux scènes absurdes et forcées. Pascal Thomas se moque du monde... avec l'argent des contribuables, ce qui rend le foutage de gueule d'autant plus patent : Pascal Thomas aurait mieux fait d'ouvrir sa fenêtre et de jeter notre argent au gré du vent.
Les valeurs implicites de ce film sont choquantes. Un artiste raté vit avec une belle femme qui ne travaille pas, ainsi que leur famille au sens large (enfant, soeur, mère, ce qui est plutôt sympa en soi), un ami qui se tappe gentiment l'incruste (et toutes les femmes du quartier) depuis 5 ans, le tout dans un bel appartement de 320 m2 dans le septième arrondissement. On retrouve une situation hélas assez proche de la réalité, notamment lorsqu'on entend des artistes tels que Jeanne Moreau se plaindre de devoir payer un loyer "comme tout le monde". Bien sûr, Telerama est enthousiaste :
"Une smala d'intellos précaires se bat pour son logement communautaire. Une utopie joyeusement libertaire."
Connaissant un peu la dureté des critiques de ce journal, cet emballement relève tout simplement du soutien idéologique ! Pas très crédible pour un magazine culturel...ou plutôt révélateur de l'esprit dominant du milieu de la culture.
En gros, une horrible et très vilaine propriétaire de chalets, de maisons en bord de mer et d'appartements parisiens, cherche à faire tomber ce bail de 48 très abusivement repris par les descendants de la locataire initiale. La grand-mère a quitté son appartement depuis longtemps, laissant l'usage (illégal) de cet appartement à une communauté bordélique, sympathique au premier abord, mais franchement choquante quand on sait la difficulté que rencontrent la plupart des Français pour vivre et se loger. Ce type de spoliation des propriétaires, bien généreux en apparence pour les locataires ainsi "protégés", s'est révélée désastreuse pour le logement en France. Louer est devenu un placement peu attirant, les investissements dans le confort ont été longtemps repoussés et la construction en a souffert pendant des décennies. En contrepartie, l'Etat a pris le relais, collectivisant largement le secteur du logement avec les effets tragiques que nous connaissons.
Ce film est triste de bêtise et de poncifs corporatistes : les artistes rament (Laetitia Casta et Arditti le fan de Berlutti en premier) mais sont tous formidables, les banquiers sont des cons inhumains, les avocats sont d'ignobles bourgeois égoïstes dans la plupart des cas (sauf l'avocat qui défend la cause des tricheurs et spoliateurs divers), alors que le frère de la mégère proprio n'aime pas la culture et ne comprend rien, évidemment, à la création artistique. Tout se finit en fête, en danse et en mouvement collectif contre les forces de l'argent.
Le jour où les salaires de ces stars du cinéma (les autres acteurs, eux, cachetonnent bien plus difficielement et à des tarifs plus raisonnables, voire bien faibles) seront plafonnés à 1.5 fois le SMIC par mois de tournage, je serais plus tolérant avec leur vision de la propriété privée et de l'échange.
12:05 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : L'Appartement, loyer loi de 48, logement |
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mardi, 12 décembre 2006
La mairie de Paris dilapide l'argent des Parisiens dans le logement
Sous la pression des verts, le maire de Paris a finalement décidé de consacrer une part de l'argent des contribuables à l'acquisition de logements parisiens dans le cadre de la "vente à la découpe", surtout s'il s'agit de logements vétustes, sans grand confort sanitaire, habités par des occupants dont le revenu est inférieur à 900 euros. En-dessous de cette barre fatidique, sauvé, au-dessus, tant pis !
L'effort financier sera de 900 millions d'euros par an, soit un effort contraint de 50 euros environ par Parisien pour racheter quelques milliers de logements chaque année. Autant de pouvoir d'achat en moins, surtout qu'à ces 50 euros spécifiquement destinés à l'achat, il faudra ajouter le budget de leur remise en état (après relogement des occupants le temps des travaux), soit sans doute un montant assez proche en sus : nous sommes déjà à 100 euros par an et pour chaque habitant (nourrisson inclus) pour cette seule mission prétendument sociale.
Premier effet d'achats massifs de logements : les vendeurs, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, augmenteront sensiblement leur prix et tireront à la hausse l'ensemble des gammes moyennes et supérieures de logement. Cela devrait toutefois faire le bonheur des propriétaires actuels...et permettre quelques opérations spéculatives sur des lots difficiles à écouler. Les logements vétustes de quartiers difficiles ne sont pas toujours évidents à bien rentabiliser. Avec une mairie aussi présente, les marchands de bien sauront à qui s'adresser.
Deuxième effet : les habitants ainsi logés dans un cadre protégé n'en bougeront plus. Or, plus la fluidité d'un parc d'habitation diminue, plus la demande générale se concentre sur le parc fluide résiduel et y amplifie les tensions sur les prix.
Troisième effet : dégradation des rapports sociaux. L'effet de seuil entre les "protégés" et les citoyens normaux, qui eux payent le prix normal, est de moins en moins bien vécu. Les classes moyennes voient leur situation se dégrader comparativement à des classes plus défavorisées qui, sans effort, s'en sortent mieux sans partager leurs incertitudes. Les files d'attente s'allongent pour rentrer dans cette bulle, le mécontentement et la pression pour collectiviser le logement s'amplifient, entrainant avec eux l'accélération de la hausse des loyers du secteur libre. Au final, Paris devient une ville de pauvres et de très riches, sans classes moyennes.
Enfin, il faut bien comprendre le mécanisme de "droit de préemption urbain" car il est probable que la mairie y ait un jour recours. Lors d'une mise en vente, la mairie peut opposer son droit de préemption, mais à son propre prix. Le vendeur a alors le choix entre : accepter le nouveau prix, renoncer à la vente ou saisir le juge d'expropriation pour qu'il détermine le prix (autant dire "jouer à la roulette russe" avec frais d'avocats, délais importants et incertitude jusqu'au bout). La mairie de Paris dispose donc d'une arme redoutable si elle souhaite cogner sur le marché immobilier ! Il faut dire que pour réaliser ce noble projet d'acheter des appartements avec l'argent des uns pour loger les autres, encore faut-il qu'il y ait des opportunités sur le marché des immeubles à bas loyer ! C'est rarement le cas.
Toutefois, si la mairie cherche à imposer ainsi ses conditions aux propriétaires, les institutionnels n'auront certainement plus envie de vendre leurs biens, raréfiant davantage l'offre avec un effet simple: pression sur les prix à la hausse et augmentation du nombre de logements vides,
Une chose est certaine : ce cran supplémentaire de collectivisation du secteur du logement incitera encore moins les investisseurs institutionnels à investir dans le logement pour obtenir des revenus locatifs réguliers de faible rendement. Ils sont déjà peu nombreux, il nous faudra les oublier.
Vente à la découpe : scandale ou simple mécanisme de marché ?
Le débat sur le logement favorise généralement toutes les démagogies. La méconnaissance grave des mécanismes sous-jacents complique davantage le débat qui reste hélas sur le plan de l'émotion plutôt que de la raison. Lorsque Jeanne Moreau se plaint de ne pouvoir racheter son appartement à 6.400 euros du m2 situé square du Roule dans le 8 eme arrondissement, cela fait sourire tout le monde : compte tenu de ses moyens et à ce prix-là, cela reste une excellente affaire. Nombre de ceux qui n'ont pas ses revenus et payent le prix normal du marché aimeraient pouvoir acheter cet appartement ce prix-là ! C'est triste d'en arriver à une vision aussi nombriliste et étriquée des mécanismes du logement: Jeanne a bien profité d'un loyer très en-dessous de ce que les gens normaux payent, c'est tant mieux pour elle. Mais exiger d'en faire un privilège perpétuel, c'est même se moquer du monde !
Le fait que les loyers soient bloqués pour des investisseurs institutionnels a contribué à diminuer le rendement de leur capital en-deça du raisonnable. Aussi ont-ils tout intérêt à libérer leur capital pour aller le placer ailleurs, d'autant plus que le marché immobilier a bien monté et qu'ils peuvent compenser par une plus value confortable et légitime le manque à gagner des dernières années (parfois des nombreuses dernières années, et je pense au cas de Jeanne Moreau qui vit square du Roule depuis longtemps). Parmi vous, qui confierait son argent à un fonds qui vous garantirait un rendement quasi nul ? Autant placer ses économies sur un plan d'épargne basique et sans risque.
Après tout, cela n'est que justice : après avoir bénéficié longtemps de loyers dérisoires, n'est-il pas sain que ces locataires chanceux payent enfin le même prix que les citoyens normaux ? Les privilèges sont-ils acquis pour la vie ? Pourquoi ne pas les transmettre de génération en génération ? Pourtant, c'est ce qui est en train de se passer. Jeanne peut dormir tranquille : la mairie va certainement préempter son logement avec mon argent et lui garantir son loyer royal jusqu'à la fin de ses jours. Elle pourra continuer à consacrer ses gras émoluments, certes bien mérités, à d'autres postes de son budget de dépense, contrairement à la majorité des sans-culottes.
17:55 Publié dans Economie, La vie à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : logement, vétuste, mairie de paris, pouvoir d'achat, vente à la découpe |
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