mardi, 18 août 2009
Boutin n'aime toujours pas les mariages contre nature
Christine Boutin s'est attaquée à la dernière alliance en date, entre la belle équipée de chasseurs, pêcheurs et puyfolais europhobes de Libertas et l'empire l'UMP. Si, de son côté, Mouton Gnangnan espère récupérer des brebis perdues, Christine Boutin n'entend pas les choses de cette manière. Elle, sent à juste titre qu'elle risque d'y laisser des plumes. Pour la forme, la présidente du parti chétien démocrate, à la "dimension sociale" qu'elle estime forte, trouve qu'à «force de rassembler tout le monde, on risque de faire émerger des extrêmes». Mais lesquels donc ? Sûrement les autres.
Plus amusant de sa part, elle va jusqu'à défendre des principes : «Je suis par exemple favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne suis pas certaine que Villiers le soit. C'est bien de vouloir rassembler tout le monde, c'est une belle idée, mais je pense qu'une démocratie a besoin d'une opposition». Et l'opposition, siouplait, c'est les autres. Allez zou, dehors. Mais pourquoi tce rejet d'un rassemblement qui est dans la nature dominatrice même de l'UMP et à laquelle elle participe largement ? Gauche Moderne et les Progressistes ne la dérangeaient pas. Hortefeux non plus. Mais le couple de même sexe Nihous Villiers, si.
La réalité est beaucoup simple. Le nombre de siège n'augmentant pas avec le ratissage de plus en plus large de l'UMP, sa propre minorité disposera de moins d'investitures. Surtout qu'elle a de moins en moins la côte au chateau où on observe sans doute que son électorat est sans alternative. Le calcul repose simplement sur les investitures qui commencent à se négocier entre l'UMP et ses alliés de plus en plus nombreux.
Elle reconnait dans l'interview qu'en fait, il s'agit pour l'UMP de récupérer les Pays de la Loire des mains du PS, grâce à la bonne implantation de Philippe de Villiers (résultat d'une remarquable politique locale de sa part). Or, elle s'y voyait bien avant qu'il ne vienne bousculer brutalement ses plans. «Je peux le comprendre, mais c'est sans doute une des régions dans laquelle le Parti chrétien-démocrate est le mieux implanté. On va donc voir comment on va être traité dans cette région» dit-elle. En bref, combien d'investis aura-t-elle pour les régionales de mars ? En conclusion, elle va enfin droit au but : elle n'acceptera pas de ne pas avoir au moins 40 élus aux régionales. La politique se résume souvent à ça.
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| Tags : boutin, villiers, nihous, ump, libertas, chrétien-démocrate |
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mardi, 19 mai 2009
Libertas disqualifié pour les Européennes ?
Après avoir nié être à l'origine d'une campagne Internet fort originale, les listes eurosceptiques Libertas (pas le fameux blog qui n'a rien à voir avec ça) ont reconnu que cette initiative était la leur. Cet aveu des cancres chantres de la transparence soulève deux graves questions : qui a financé le détournement très professionnel de ces oeuvres ? Que se passera-t-il si les majors américaines attaquent...ou non ? A la veille d'un grand moment de démocratie, il serait souhaitable de savoir si les listes Libertas risquent de bénéficier d'une exeption comme notre système les aime, ou bien si elles risquent de plonger pour non respect du Code Electoral. Pour des défenseurs acharnés de la réglementation, ils vont être servis.
Le financement des campagnes, comme celui partis politiques, est soumis à des règles aussi strictes qu'iniques. Faciles à détourner, mais à condition de respecter les règles si on ne veut pas risquer gros comme l'affaire Dray nous le montre. Mais à partir du moment où elles s'appliquent à tous, il convient donc de les respecter rigoureusement si on ne souhaite pas que notre démocratie baisse d'un cran supplémentaire dans notre estime (pour ceux qui ont encore de la marge). L'une d'elles stipule que les dons des personnes morales autres que des partis politiques est strictement interdits. Les dons des personnes physiques (vous et moi) sont limités, pour le financement d'une campagne, à 4.600 euros par an et par donateur. Soit le buzz Internet de Libertas a été financé par les partis formant Libertas, le MPF et les rois de la cueillette/chasse/pêche, et le mensonge initial de ces eurosceptiques qui ne cessent de faire la morale à l'Europe pour son prétendu "manque de transparence" m'apparait profondément choquant. Soit il a été financé...par un Irlandais fortuné par exemple, et cela risque fort de compromettre la validation des comptes de campagne de Libertas (ils doivent avoir une bonne équipe d'experts comptables en ce moment). Je ne suis pas certain que le coût de ces productions, à ce stade, fasse sauter le budget de campagne de Libertas (à vérifier toutefois), même si les prestations d'Image et Stratégie et de l'Enchanteur d'Arnaud Dassier sont coûteuses.
Mais ensuite, il y a violation quasi explicite du droit d'auteur. Si les majors donnent leur accord pour un tel détournement officiel d'oeuvres commerciales, ne s'agit-il pas d'un "don en nature" de personnes morales...typiquement un cadeau qui devrait disqualifier les listes de Libertas ? Au contraire, si elles facturent l'usage de ces oeuvres au prix de marché, le surcoût pourrait bien avoir un impact fâcheux sur les comptes de campagne de ces listes. A la place de Dupont-Aignangnan, j'attaquerais tout de suite, histoire de faire le ménage dans la famille des eurosceptiques protectionnistes.
13:53 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : libertas, europeennes |
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lundi, 27 avril 2009
Quand le FN cogne sur les libéraux
La campagne Internet des souverainistes de Libertas, fort réussie, semble avoir été réalisée par Edouard Fillias, cofondateur d'Alternative Libérale et libéral qui assume des positions souvent libertaires. Le paradoxe est croustillant. Pas pour le Front National en déclin accéléré qui a vu là un angle pour tirer sur Philippe de Villiers, son concurrent le plus menaçant. Il faut dire que le Front National, au-delà de ses thèses nauséabondes, n'a plus un tribun remaquable à sa tête mais un papy affaibli dont les héritiers se battent pour récupérer l'héritage. Le Vicomte vendéen, lui, a encore la forme. Il faut donc l'abattre. Là, ça se complique autrement plus qu'avec la scission Mégrétiste pour le FN.
Un article amusant et très tiré par les cheveux parvient à rattacher l'un de mes vieux textes sur le cannabis à la campagne de Libertas...et à Philippe de Villiers. Très fort. Avant de demander la fin de la prohibition, mon texte commence ainsi : "Soyons clairs. La drogue est un produit nocif, détestable dont je ne souhaite absolument pas encourager la consommation." Le genre de "point de détail" dont le Front National ne s'encombre pas. Pas plus quand ils se plantent en avançant "Très présent lors de l’affaire du CPE en 2006 en soutenant le projet de Dominique de Villepin, monté en dépit du bon sens, Edouard Fillias [...]". Une simple recherche permet de constater que l'auteur, malcomprenant, est au mieux l'une des innombrables victimes de notre Education Nationale en échec, au pire un crétin congénital. Je penche pour la seconde option.
Liberté Chérie a aussi eu, accessoirement, le plaisir d'une démonstration de clowns idenitaires à Aix lors d'une rencontre autour de Vincent Bénard, président de l'institut Hayek et en charge des questions du logement et de l'urbanisme au Parti Libéral Démocrate :
Pour en arriver là, le Front National va vraiment mal. Tant mieux.
14:01 Publié dans Libertés individuelles, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, identitaires, liberaux, libertas |
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mercredi, 22 avril 2009
Quelle Europe veulent les libéraux ?
Chaque libéral peut apprécier la construction européenne comme une chance, ou la rejeter pour les menaces supposées qu'elle fait peser sur nos libertés et notre prospérité future. Les libertés politiques, sociales et économiques étant bien plus dégradées en France qu'ailleurs en Europe, difficile d'y voir autre chose qu'un allié naturel dans notre beau pays. Pourtant, le conflit philosophique qui oppose l'Allemagne au bloc Franco-britannique pourrait avoir des conséquences désastreuses si ces derniers l'emportent grâce à la crise. Avant même de trancher le débat de fond, le devoir des libéraux consiste à défendre la rigueur monétaire de la BCE, et à lutter pour la baisse de l'intervention publique qui se traduit par des dépenses et des déficits. Mais que faire au-delà ? La crise actuelle montre que l'Europe peut changer brutalement de direction un jour et opter pour la voie socialisante d'un "New Deal".
Ce qui découle de ce choix "pro" ou "anti" construction européenne aboutit à une alternative dont chaque option mène à des compromis avec la doxa libérale. Pour ma part, je suis un "européiste", européen convaincu d'avoir moins à perdre dans les méandres de la construction européenne que dans un souverainisme déguisé. Mais Vaclav Klaus et le mouvement Libertas ont opté pour cette dernière option, qui mérite donc d'être étudiée de plus près
La position du président de la République tchèque, Vaclav Klaus, est intéressante, quoi qu'en pensent nos médias qui n'ont cessé de le caricaturer. En relisant son discours devant le Parlement européen du 19 février, il se déclare favorable à l'Union Européenne : "Je voudrais réaffirmer aussi, [...] très clairement et à haute voix ma conviction que pour nous il n´y avait pas et qu´il continue a ne pas y avoir d´alternative a l'adhésion à l'Union européenne et que, dans notre pays, il n'y a aucune force politique pertinente qui puisse ou veuille mettre cette affirmation en doute." Etrange propos de la part de celui qu'on présente comme un pur eurosceptique. Il poursuit en déclarant que "l'intégration européenne remplit une mission nécessaire et importante." Il cite deux objectifs : "l'élimination des barrières et le choix rationnel des questions à solutionner au niveau de tout le continent." Et sa critique commence ici : "L'effort de réaliser les deux objectifs n'est pas et ne sera même jamais accompli. Des barrières et des obstacles demeurent. Et des décisions prises au niveau de Bruxelles sont sûrement plus nombreuses qu´il serait optimal. Certainement, les décisions y sont prises plus souvent que ce que les citoyens des pays européens le demandent."
Son analyse de la dérive "technocratique" de l'Europe pose la question de l'harmonisation législative au niveau de l'Europe. L'Europe travaille à une simplification législative et réglementaire sur son territoire, forçant les pays à s'aligner, même sur des sujets aussi triviaux que la composition de la ratatouille. Faut-il souhaiter pareilles clarifications qui peut avoir de répercussions très favorables pour le "marché unique" ou au contraire maintenir un mur entre les jungles législatives de chaque pays ? Klaus voit percer un danger implicite :
Il faut dire sincèrement que le système économique actuel de l’UE est celui de l'oppression du marché et du renforcement continu de la gestion centrale de l'économie. Bien que l'histoire nous ait prouvé plus que suffisamment que ce n'est pas la bonne direction à prendre, nous la reprenons de nouveau. Le taux limitant la spontanéité des processus de marché et celui de la réglementation politique ne cessent de croître. C'est aussi l'interprétation erronée des causes de la crise financière et économique qui contribue à ce développement, dans les derniers mois, comme si la crise était due au marché, tandis que sa cause véritable consiste justement dans le contraire – elle a été causée par la manipulation politique du marché.
En France, ce courant est représenté par Libertas2009.fr (design très réussi au passage). La branche française de la fédération européenne Libertas regroupe le MPF de Philippe de Villiers et les chasseurs/pêcheurs du CPNT. L'initiative est financée par le milliardaire irlandais Declan Ganley, héraut du NON irlandais au traité de Lisbonne... qui n'a pas hésité à demander 17 millions de subventions à l'Europe pour sa fondation en novembre dernier. Libertas bénéficie d'une dynamique très pro (un peu trop ?)... dont les financements pourraient ne pas rentrer dans les plafonds des comptes de campagne. Bonne exploitation d'une faille (propre à toute réglementation), de même que Ségo, sur un autre registre, se fait héberger gratuitement par son sponsor officiel, Pierre Bergé. Je sens un certain nombre de libéraux français tentés par Libertas, qui fait une très belle campagne sur le net (avec le soutien d'Arnaud Dassier ?). Mais l'engagement islamophobe de Philippe de Villiers et sa proximité avec l'extrême droite constituent pour eux un blocage majeur. Et justifié.
A y regarder de plus près, une seconde raison justifie de refuser la tentation populiste de Libertas : le fondement de ses représentants français est ouvertement souverainiste. Ils ont failli être rejoints par Dupont-Aignan. Le projet est aussi explicite : "Libertas veut faire passer l’Europe de libre-échange au juste-échange, grâce à un système d’écluses aux frontières européennes. L’Europe responsable que Libertas appelle de ses vœux est celle qui préservera notre protection sociale et l’équilibre de nos systèmes de retraite, [...]". Protectionnisme et maintien de la protection sociale, pas franchement enthousiasmant pour un libéral. Et puis la première obsession de Libertas, c'est la Turquie... implicitement l'islam. Je ne suis pas certain que Libertas ne défende pas l'harmonisation fiscale et sociale.
Bref, Libertas n'est pas pour moi, probablement pas non plus pour les libéraux français. Mais cela ne doit pas fermer le débat sur l'harmonisation législative et sur la clarification institutionnelle en cours. Eurosceptiques ou européistes, nous pouvons nous retrouver autour d'un point essentiel : NON à l'harmonisation fiscale et sociale en Europe !
12:16 Publié dans Dans le monde, Economie, Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : europe, libertas, liberaux, libre-echange, dassier |
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