jeudi, 07 décembre 2006

Droits de l'Homme en Chine : une éclaircie en 2008 ?

medium_26_20juin_20bis_20013cop800.4.jpgLa Chine vit une révolution économique mais aussi politique et culturelle. Les frontières de l'empire tombent chaque jour davantage avec la globalisation. La corruption endémique de ce système hyperbureaucratique, le non respect de certains droits fondamentaux et l'ouverture sur le monde font naître des frustrations dans le coeur de ceux qui subissent les effets les plus douloureux de cette explosion, au point de se terminer en manifestations parfois extrêmement violentes. La presse tente de se remplir son rôle en exposant les faits qui se déroulent dans les zones agitées, en plus de la repression qui perdure au Tibet ou contre Falun Gung. Les autorités ne l'entendent pas de cette oreille-là.

 

Face aux journalistes de moins en moins dociles, la répression s'est accrue d'un cran (Cf RSF). Les arrestations de journalistes, notamment de collaborateurs chinois de médias étrangers, se sont multipliées ces dernières années. Au 1er janvier 2006, au moins 32 journalistes étaient détenus dans le pays. Zhao Yan, collaborateur du New York Times récompensé par le prix Reporters sans frontières, va être jugé pour « divulgation de secrets d’Etat » (la peine risque d'être de 3 ans fermes pour la simple nouvelle de la démission du chef des armées en 2004 !). Dans le même temps, la ville de Hong Kong reste épargnée par cette vague répressive, certes au prix d'une (très) légère autocensure (aucune concernant Internet ou les TV internationales, en tout cas).

 

De plus, Internet est sous contrôle d'une armée de 30.000 censeurs qui font la chasse aux sites qui constituent une menace pour "l'harmonie sociale" (là-bas aussi, le pouvoir aime bien ce concept fort) et aux mails personnels qui contestent la ligne du PCC. Google a négocié un accord cet été pour réaliser lui-même la censure. Heureusement, la communauté du Oueb se bat pour contourner ce mur : les proxys se multiplient, rendant le travail des censeurs d'autant plus difficile.

 

Mais une bonne nouvelle est venue cette semaine. Les autorités chinoises ont déclaré que pour les jeux olympiques de 2007, les journalistes bénéficieraient d'une liberté inhabituelle. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a précisé que l'autorisation de couvrir des "sujets annexes" signifie bien que les journalistes pourront "élargir leur travail au-delà des sujets sportifs pour toucher aux domaines politiques, économiques et sociaux". Pour faire des interviews, "tant qu'ils ont l'accord préalable de leur interlocuteur, les journalistes n'auront pas besoin de l'autorisation des responsables politiques locaux. Cette nouvelle réglementation s'applique à toute la Chine", a précisé Liu.  Si cette décision est vraiment tenue, il est probable que le régime ne revienne pas sur cette liberté au terme de la période d'ouverture même si le décret précise que cette ouverture est temporaire. Voilà une petite raison d'espérer.