mardi, 29 septembre 2009
Libéral à la mode : libertarien
Contrairement au renforcement du rôle de l'Etat que nous subissons en France, les idées libérales ont le vent en poupe en Europe. Le succès historique du Parti Libéral Allemand en est la meilleure illustration. Le combat social démocrate est mort, maintenant que son projet de société a été mis en oeuvre sur tout le continent. L'alternative consiste à mener cette pensée au bout de sa logique socialiste, anticapitaliste, ou à revenir vers la défense des libertés et de la responsabilité individuelle. Dans ce contexte de retournement, un nouveau terme est en train de prendre pied dans notre pays dont la classe politique au pouvoir voue le libéralisme aux gémonies.
Il vient d'outre-Atlantique, où "libertarien" a remplacé "liberal", terme qui a dérivé pour définir l'aile gauche du parti démocrate. Un libéral français est donc l'équivalent d'un libertarien américain. Ce mot intrigue. Contrairement au "libéral" français dont plusieurs tenants ont bradé, sinon détruit le sens (notamment au sein de l'UMP), "libertarien" est nouveau dans notre monde des idées de notre pays. La première touche est venue de notre nouveau ministre de la CUlture, Fred Mitterrand. A l'occasion du vote de la loi Hadopi II, il s'est réjoui de l'adoption par les députés d'un texte qui permet "de protéger le droit face à ceux qui veulent faire du Net le terrain de leurs utopies libertariennes". Tiens donc.
Aujourd'hui, l'édito de Sylvain Cypel dans le Monde est consacré à Ron Paul, chef de file politique des libertariens aux Etats-Unis. Et accessoirement à la Fed :
Qu'est-ce qu'un "libertarien" ? Commençons par enlever les guillemets : le terme désigne aux Etats-Unis une doctrine politico-économique minoritaire, mais reconnue et légitime. Richard Branson, Rupert Murdoch, Clint Eastwood et d'autres en sont des sympathisants. Elle prône le primat de la liberté individuelle sur toute contrainte collective à ses yeux inutile - en particulier étatique. En conséquence, M. Paul vote systématiquement contre tous les budgets par hostilité de principe à l'impôt sur le revenu. Mais il a aussi voté contre la guerre de George Bush à l'Irak et tous ses financements. Il est pour le droit intangible au port d'arme, et il a voté contre le Patriot Act, accusant la Maison Blanche, après le 11-Septembre, d'attenter aux libertés publiques.
Plus loin, l'éditorialiste évoque le cheval de bataille de Ron Paul, candidat mineur mais remarqué par de jolis succès en termes de levée de fond, de diffusion d'idées et de présence médiatique (il a tout de même atteint 8 % dans les sondages pour la primaire au sein du PR) :
M. Paul est pour le retour à l'étalon-or (ou argent, ou diamant, ou tout ce qu'on voudra sauf une monnaie sous la coupe d'une institution non représentative qui peut faire tourner la planche à billets comme bon lui semble). Et il n'a jamais admis que la Fed, un organisme non élu, donc non démocratique, décide de la politique monétaire de son pays. En conséquence de quoi, il a récemment réactivé à la Chambre son vieux projet de loi nommé "Audit the Fed".
Il faut dire que la Fed est en grande partie à l'origine de la crise actuelle. Mais si la BCE est bien plus sage, merci à l'Allemagne et à l'esprit de l'ex Bundesbank que Jean-Claude Trichet respecte au pied de la lettre, pourquoi ne pas défendre l'audit de la BCE et de sa politique monétaire ? Un vrai thème pour les libertariens, c'est Ó dire les libéraux français.
16:03 Publié dans Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libertarien, liberalisme, ron paul
mardi, 10 février 2009
Une pensée pour les antilibéraux : une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour, il faut qu'ils en profitent !
Au cours de la crise financière, le Nouvel Obs avait ouvert un dossier "Mais où sont passés les libéraux ?". Le Parti Libéral Démocrate, encore trop jeune, n'avait pas été convié à ces festivités anti-libérales primaires. On y sentait l'ironie mordante du journal officiel de Delanoë, le même qui l'avait accompagné dans son deuxième "coming out" ("Je suis socialiste et libéral") quelques mois auparavant. L'ironie de ce canard de la gauche caviar n'hésitait pas à descendre bien bas en citant Jean-Marc Sylvestre, rédacteur en chef économique à TF1 et déclaré "libéral flamboyant", sur un drame personnel : « Jusqu'à cet été, je ne connaissais du système de santé français que l'ampleur du défiât de l'assurance-maladie. Depuis, je sais que ce déficit, que j'ai tellement critiqué, m'a sans doute sauvé la vie. Dans une logique purement financière, aucun contrôleur de gestion n'aurait pu accepter de telles dépenses. Le «return» était trop improbable. Le système de santé français est formidable; il faudrait être sûr que tout le monde puisse en bénéficier. Quand on sait la valeur détruite chez Vivendi sous le règne de Jean-Marie Messier... Mon libéralisme s'est tempéré.» Assez bas de la part d'un journal qui prétend défendre une éthique.
Ainsi, le 2 octobre 2008 s'ouvrait un concours de balle-trap dans le Nouvel Obs :
les vrais, les jusqu'au-boutistes, les idéologues. Où sont-ils passés ? Sous la table. Sous la moquette. Aux abonnés absents, en attendant des jours meilleurs. Que faire, que dire alors que les Etats-Unis, modèle d'économie libre, nationalisent à tour de bras comme un vulgaire pays socialiste ? La planète libérale est en état de sidération.
[...]
Il faut sauver le soldat libéral ! Sonnés pendant plus de dix jours, les libéraux tentent de relever la tête. Tant d'années d'efforts pour réhabiliter l'économie de marché ne sauraient être ruinées en deux semaines.
Il se trouve surtout qu'on ne leur a pas donné la parole lorsqu'ils l'ont demandée. A chaque fois, leur analyse a été écartée, éludée pour son caractère jugé fantasque. Pas de quoi déprimer, mais de quoi se poser des questions sérieuses sur le fonctionnement de notre démocratie qui consacre tant de place aux anticapitalistes les plus primaires mais refuse la parole aux libéraux. Pourtant à chaque fois, dans les semaines qui suivaient leur constat ou leurs propositions, la réalité leur donnait raison. Les dangers du surendettement public ? Plusieurs pays de la zone euro frôlent la catastrophe et la Californie est au bord du dépôt de bilan. L'inutilité et le danger des plans de relance ? Même Le Monde de l'Economie ouvre aujourd'hui le débat. La nécessité des réformes libérales ne fait plus débat...hors antenne.
Il est vrai qu'à droite, le réflexe jacobin et protectionniste domine. Sa vision économique est proche de celle des élus de gauche, il suffit pour s'en convaincre de suivre la surenchère de mesures prétendues sociales ou d'attaques anticapitalistes à l'occasion de chaque débat. Chacun développe sa vision industrielle et sa stratégie pour Renault, Peugeot, les banques et l'ensemble des entreprises nationales comme seule une économie planifiée pourrait le permettre. Les libéraux observent ce triste tableau, écartés du débat et impuissants devant les sarcasmes à leur encontre. Ils savent aussi que les erreurs dramatiques du gouvernement actuel, économiques s'agissant du soutien à la reprise, politiques s'agissant de rassurer son électorat, lui coûteront cher aux prochaines scrutins. Entre deux discours de gauche, on préfère toujours l'original.
Aujourd'hui, le journaliste Eric Dupin prolonge l'analyse du Nouvel Obs, dont il reprend des citations, avec sa tribune "Libéraux en crise". Pas si en crise que cela en fait, surtout si les étiquetés "libéraux" de l'UMP sont écarté. Il démarre en donnant le ton à charge : "La vigueur des convictions idéologiques se mesure à leur capacité à résister aux coups de boutoir de la réalité. Armés de leur système de pensée, les libéraux français ne sont pas aussi désarçonnés par la crise qu’on aurait pu l’imaginer." Pas de cadeau pour notre courant de pensée qui est pourtant celui qui comprend le mieux les rouages de cette crise. Il cite Nicolas Baverez (qui a bien raison de dire que) : « Le libéralisme n'est donc pas la cause mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé ». Eh oui !
L'analyse de Dupin est assez fouillée, cherchant à débusquer certains incohérences dans les discours des uns et des autres. Il aurait dû citer les libéraux de gauche, les Gracques, pour apprécier sa propre incohérence et se rendre compte que même à gauche, on partage cette lucidité sur les causes de la crise. Mais son sujet est ailleurs. Au moins nous offre-t-il pour terminer cet excellent mot de Philippe Manière qui se moque des anti-libéraux en pleine effervescence ces temps-ci : « une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour, il faut qu’ils en profitent ! »
15:08 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liberalisme, crise
vendredi, 23 janvier 2009
Aznar : «Pour sortir de la crise il faut plus de libéralisme»
Dans notre environnement keynésien, que vient enrichir une forte proportion d'anti-capitalistes primaires, les propos de José Maria Aznar font du bien. Ils nous rappellent que l'Europe est bien plus libérale que nous le pensons. Son successeur (et adversaire) Zapatero n'a d'ailleurs pas changé de trajectoire. Dans une interview au Figaro, n'y va pas par 4 chemins :
Le Figaro : La crise économique ne signe-t-elle pas l'échec du libéralisme ?
J M Aznar : Ce n'est certainement pas l'échec du libéralisme, mais l'échec des mécanismes actuels de régulation et d'intervention de l'État dans un secteur qui est pourtant déjà très régulé, le système bancaire. C'est comme en politique. Lorsqu'on élit un mauvais gouvernement, cela ne remet pas pour autant en cause la démocratie.
Le Figaro : Que préconisez-vous pour sortir de la crise ?
J M Aznar : Nous avons l'obligation de sauver les banques car, sans un système financier solide, il n'y a pas d'économie qui tienne. Mais il faut surtout faire des réformes économiques. Plus de flexibilité et de liberté dans l'économie, moins de taxes, moins de dépenses, plus de stabilité budgétaire, moins d'intervention de l'État.
Je note toutefois une contradiction plus politicienne lorsqu'il défend le bilan et l'agitation autoritaire de Nicolas Sarkozy, à l'opposé de ce qu'il préconise dans son interview. Puisse Sarkozy l'entendre !
Il est loin d'être le seul à promouvoir les idées libérales. Guy Sorman nous rappelle régulièrement ces fondamentaux : "nous ne sommes pas tous keynésiens". Il signale que deux Prix Nobel d'économie, Ed Prescott et Vernon Smith, viennent de signer une pétition appelant à la remise en cause des plans de relance dont ils contestent l'utilité. Ils reprennent le fameux exemple de la crise de 29 et l'enrichissent de l'exemple plus récent du Japon : "More government spending by Hoover and Roosevelt did not pull the U.S. economy out of the Great Depression in the 1930s. More government spending also did not solve Japan's 'lost decade' in the 1990s."
Leurs conclusions sont limpides et confirment celles du Parti Libéral Démocrate : "To improve the economy, policy makers should focus on reforms that remove impediments to work, saving investment, and production. Lower tax rates and a reduction of the burden of government are the best ways to use fiscal policy to boost growth." En octobre 2008 déjà, une série d'économistes de renom avaient signé un manifeste allant dans ce sens. On y retrouvait nos deux Nobels d'Economie mais aussi Gary Becker, James Buchanan et bien d'autres noms prestigieux. Dommage que nous ne soyons pas assez entendus sur ces propositions qui engagent notre avenir.
10:22 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liberalisme, crise, aznar
mardi, 13 janvier 2009
J'ai bien fait de m'engager en politique
Mathieu Laine, chroniqueur au Figaro et auteur de l'excellent ouvrage "La Grande Nurserie", dénonce régulièrement le fait que les politiques nous promettent ce qu'ils ne peuvent tenir. Ils n'ont ni les ressources, ni les compétences pour faire aussi bien que la société civile. Surtout, le politique cherche à imposer à tous des solutions collectives qui répondent de moins en moins aux problèmes et aux préférences de plus en plus diverses de chacun. Lorsque l'information circulait lentement, l'illusion pouvait tenir et la gamme de choix restait limitée. Dans notre société qui fait sauter les barrières et même les frontières, cela ne fonctionne plus et ne contribue qu'à faire monter l'insatisfaction populaire. Si les citoyens n'ont pas encore conscience de leurs propres contradictions (appel à plus d'Etat mais aussi à davantage de responsabilité individuelle), leur exigence intuitive de tout vouloir dépolitiser va dans le sens des libéraux. Cette tendance incite nombre de libéraux ne pas s'engager dans l'action politique.
Laurent Wauquiez répond à Mathieu Laine dans une tribune du Figaro : "Un jeune ministre comme moi, surtout quand il a en charge un domaine comme l'emploi, ne sort pas indemne d'une telle lecture. On se remet forcément en question !" Il reprend le cliché éculé concernant "l'origine libérale de la crise", ignorant les analyses sérieuses sur l'action de la Fed, Fannie Mae et Freddy Mac, le CRA et nombre de mauvaises réglementations comme les normes comptables. Il biaise sur le fait que le monde a profondément changé depuis 20 ans, bien plus que la France : "Pour autant, et c'est là où le livre de Mathieu Laine touche juste, la crise ne peut aboutir à un retour pur et simple de l'Etat. " [j'attends toujours qu'on me dise où et quand l'Etat s'est retiré; pour moi, il n'y pas 'retour de l'Etat' mais simple consolidation de ses dérives interventionnistes et dépensières].
Il préconise une culture du résultat, ce qui ira dans le bon sens lorsque l'Etat se sera réformé pour valoriser ses ressources humaines, leur permettre de gagner en productivité pour diminuer les effectifs de la fonction publique. Reste à aborder la question du primètre de l'omni-Etat sous la férule de notre omni-président. Visiblement, Laurent Wauquiez reste attaché à la notion centralisatrice du chef d'orchestre qui coordonne nos actions et les échanges entre acteurs économiques. Cela relève de plus en plus de la fiction, le monde ayant déjà largement dépassé la vision de notre président de la république dont l'action sombre dans la confusion. Pour terminer, Laurent Wauquiez affiche un soupçon de mauvaise foi lorsqu'il caricature les propos de Mathieu laine sur l'individu roi.
Mathieu Laine a pleine conscience de la nécessité de restaurer cette sphère sociale des échanges que l'Etat a tant mis à mal. Mais "vivre ensemble" passe par l'élaboration spontanée de liens sociaux, activés par des personnes responsables. Certaines veulent s'engager dans une action culturelle, d'autres dans des actions de solidarité ou dans le soutien à la recherche. Les formes d'engagement personnel sont infinies, c'est ainsi qu'elles permettent de construire une société. La vision réductrice à un orchestre coordonné par un chef ne correspond plus à la complexité du monde et aux attentes des Français.
Là où je pense que certains libéraux sont naïfs, c'est de croire que seule l'action auprès de la société civile aura un impact libérateur. Le seul domaine de réelle compétence du pouvoir, c'est justement le pouvoir. La classe politique ne cessera de maintenir, sinon de renforcer son pouvoir sur la sphère sociale, sur les échanges et sur nos vies, par tous les moyens institutionnels, moraux et financiers possibles. Le combat doit donc aussi être mené au sein de l'arène politique si nous voulons y introduire le message libéral, y trouver des alliés ponctuels et faire avancer la cause de la liberté de l'intérieur. Cette action n'est peut-être pas la plus efficace, sans doute pas la moins utile non plus. En tout cas, elle est indispensable. C'est pourquoi je suis convaincu que moi aussi, "J'ai bien fait de m'engager en politique".
13:01 Publié dans Libertés individuelles, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laine, wauquiez, liberalisme, politique
jeudi, 13 novembre 2008
Les Gracques : constat réaliste, propositions utopiques
Les Gracques, « groupe de réflexion et de pression » à la modernisation intellectuelle de la gauche et du centre gauche en France, rassemblent de prestigieux intellectuels issus du monde politique ou de la société civile. Ils viennent de publier une longue tribune dans le Monde : La Bourse ou la vie, le chantage des marchés. Leur constat diffère peu du constat des libéraux : "Ce n'est même pas seulement une crise de la dérégulation. Elle n'est née ni des hedge funds (fonds spéculatifs), ni des paradis fiscaux, mais aux Etats-Unis et sur un segment de marché assez régulé, les crédits hypothécaires."
Ils ne dénoncent pas mieux le laxisme monétaire de la Fed que ne l'aurait fait Milton Friedman, ils ointent du doigt la mauvaise obligation faite aux banques de prêter aux ménages défavorisés, le soutien des agences semi-publiques Fannie Mae et Freddy Mac, les mauvaises normes comptables. Rien de nouveau, mais ce soutien inattendu à l'analyse des libéraux si décriés venant de la "gauche éclairée", cela rassure. La solution réside dans une bonne analyse de la crise. Avec beaucoup de bon sens, ils reconnaissent la nécessité économique de disposer d'un secteur financier dynamique.
A partir de là, les divergences apparaissent clairement. D'abord avec une petite tirade dans la ligne tiers-mondiste des années 60. Nostalgie de jeunesse...
Mais si les gouvernements avaient retrouvé le goût d'investir ensemble 2 500 milliards pour sauver le monde, ils auraient peut-être eu d'autres priorités que le renforcement des principales banques d'investissement. Si l'on n'oublie pas la vie, après avoir sauvé la Bourse, les idées ne manquent pas au rayon de la fraternité : éradiquer la faim dans le monde (300 milliards de dollars sur dix ans) ; construire "la grande muraille verte" de Dakar à Djibouti pour stopper la désertification du Sahel et l'équiper en bassins de rétention (200 milliards ) ; doter d'ordinateurs les écoles du monde, etc. Les projets existent.
Comparer les investissements des Etats dans les fonds propres de leurs banques, cessibles à terme, avec des dons sans retour pour les citoyens, cela revient à proposer de ne pas ravaler le logement dont nous sommes propriétaires et dont la façade menace de s'effondrer, pour donner le montant des travaux au Secours Populaire. Cela ne signifie pas qu'il ne faille pas aider le Secours Populaire, mais la sauvegarde de son bien le plus essentiel est un investissement qui valorise un bien qui nous appartient. Or, nous parlons ici de l'argent des contribuables. Il est beaucoup plus légitime de les laisser effectuer leurs dons caritatifs directement, et nonpas à leur place. Par ailleurs, les Etats, mauvais gestionnaires, ont laissé filer leurs déficits tout au long des belles années au point de mettre nos pays en danger aujourd'hui. Et sur ce point, la lucidité des Gracques mérite d'être entendue. Je n'aurais pas mieux parlé :
Ce qui peut provoquer la prochaine crise globale, c'est le risque que les Etats, soucieux de "relancer la machine", fassent déraper leur dette. Aujourd'hui, les liquidités affolées se réfugient dans les emprunts d'Etat. Cela ne durera pas toujours ; ne les laissons pas créer une nouvelle bulle sur les emprunts d'Etat, après les quatre précédentes ! La crise bancaire doit au contraire servir de signal d'alerte.
Mais de là, les propositions restent un peu superficielles... et profondément dirigistes : l'encadrement de tous les hauts revenus par une hyperfiscalité est aussi absurde que de vouloir bloquer la circulation des capitaux. La réflexion mérite toutefois d'être menée au niveau des acteurs financiers. Par exemple, les gérants de hedge funds, ces organisations très peu régulées, doivent investir une partie de leur patrimoine dans leur fond, pour les rendre solidaires de leurs résultats. En fait, une double préoccupation domine dans les propositions des Gracques : s'attaquer à la "Mauvaise régulation, mais aussi [à l']excès de gloutonnerie". "Ce ne sont pas des considérations morales qui doivent guider les régulateurs. Il n'y a pas d'un côté les gentils industriels, de l'autre les méchants financiers ; d'un côté, les salariés, dont les hauts salaires devraient être plafonnés, de l'autre, les capitalistes qui pourraient s'enrichir sans limites. La question est d'aligner les intérêts à long terme de l'économie, des actionnaires et du management." Vision de technocrate trop brillant qui croit pouvoir maitriser le risque. Les banques, trop encadrées et contraintes, ont failli à apprécier correctement le risque. Les technocrates sont-ils mieux placés pour le faire à leur place ?
L'appel est intéressant, mais il s'enlise dans des propositions utopiques ou, pis, bien peu originales. On en attendait plus d'eux. Mais dans un monde où domine le populisme le plus primaire, à commencer par celui du gouvernement, il est tout de même positif de lire une tribune aussi mesurée et objective venant de la gauche !
18:40 Publié dans Dans le monde, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gracques, crise financiere, paradis fiscaux, liberalisme, laxisme, onetaire, fed
dimanche, 19 octobre 2008
La crise de confiance menace aussi les Etats
L’inquiétude générale ne facilite pas l’analyse de la crise actuelle dans toute sa complexité. Qu’on y voie l’échec du libéralisme ou celui des interventions publiques, le constat est clair : nos économies, nos gouvernements et le monde de la finance sont indissociables. Face à la coordination des grands pays, les marchés doutent désormais ; la crise de confiance pourrait s’étendre aux Etats. Pour faire face à ce danger, nous devons envisager avec pragmatisme les réformes nécessaires, en gardant à l’esprit la distinction essentielle entre la gestion de l’urgence et l’après crise.
Faussés par l’effet cumulatif d’un ensemble de facteurs, les marchés ont failli. La gestion du risque par les banquiers n’y est pas pour rien. Mais le laxisme de la Fed est autant en cause. Il a alimenté la bulle immobilière et la course au surendettement des ménages. Les crédits subprimes se sont développés avec l’obligation faite aux banques par Bill Clinton, en 1995, de prêter aux ménages défavorisés. Les agences parapubliques américaines Fannie Mae et Freddy Mac ont accéléré ce processus en reprenant plus de la moitié des nouveaux crédits aux banques. Parmi les plus réglementés au monde, le secteur bancaire américain n’a pas évité la catastrophe lors du retournement du marché immobilier. Pire, en fixant l’horizon des banques à un jour, les normes comptables ont accéléré et amplifié la crise.
Une fois de plus, la planche à billets se trouve donc être l’un des facteurs déterminants de la crise. Aujourd’hui, les vannes monétaires sont grandes ouvertes pour assurer la liquidité vitale pour les banques, et cette intervention est sans doute nécessaire à très court terme pour mettre fin à la panique des marchés. Si nous parvenons à maîtriser la crise et à en sortir, le retour à la rigueur sera toutefois indispensable pour éviter le risque d’une inflation explosive ou d’une nouvelle bulle de grande ampleur. Nous allons devoir apprendre à vivre avec un coût du crédit élevé. Or, loin d’avoir compris les dangers d’une occultation des risques du crédit par la garantie de l’Etat, la France développe avec Oséo, l’extension du « Pass Foncier » et l’agence de garanties interbancaires des mécanismes qui ressemblent à ceux qui ont conduit les banques à prêter sans discernement aux Etats-Unis. Nous aurons dorénavant nos Fannie Mae et Freddy Mac français. Devons-nous renouer avec les erreurs américaines ?
Notre pays, comme l’Europe, se trouve confronté à deux risques majeurs que pourraient entraîner une tentation politicienne démagogique : l’abandon des mécanismes de marché et l’endettement public. Nous l’avons vu, cette crise n’est pas celle du seul marché mais d’un ensemble de facteurs qui le dépassent très largement. Bien que Nicolas Sarkozy ait réaffirmé son attachement au capitalisme, sa volonté de brider l’économie financière pourrait coûter cher à notre économie en figeant l’innovation financière et la circulation des capitaux. C’est au contraire le moment d’accroître la concurrence entre banques en faisant sauter les mesures protectionnistes qui protègent les oligopoles nationaux. Pourquoi interdire aux capitaux étrangers de se porter au secours de banques fragilisées, et demander alors au citoyen de payer deux fois la facture, une fois en tant que contribuable pour les renflouer, l’autre en tant que consommateur captif ? En outre, n’oublions pas que la confiance ne se décrète pas. A trop vouloir réglementer, on favorise l’opacité et son corollaire, le contournement.
Au-delà de la crise financière actuelle, une nouvelle menace se dessine pour l’Europe : celle de voir les Etats être les cibles d’une prochaine crise. L’Argentine faisait faillite il y a dix ans. Avec le cas islandais plus récent, le tabou de l’infaillibilité des Etats est tombé. La zone euro pourrait se trouver déstabilisée si l’un de ses membres, affaibli par un endettement public important, se trouvait fragilisé dans son financement. Nous ne devons pas oublier que nous sommes tributaires des marchés financiers - tant décriés aujourd’hui - qui assurent non seulement le financement des entreprises, mais aussi celui des Etats. Une forte dette créé une forte dépendance.
Si la gravité de la situation exige sans doute des mesures exceptionnelles dans l’immédiat, l’Etat français n’a pas les moyens de se lancer de grands projets publics à fonds perdus. Compte tenu de sa dette officielle et de ses « engagements hors bilan », plus élevés encore, il doit s’engager au contraire sur la voie du désendettement. L’annonce de la fusion des régions et des départements en 2009 est positive, mais insuffisante. L’Etat doit aussi réduire son périmètre de compétences et accélérer la réforme de la fonction publique. Et à terme, le grand danger reste le déséquilibre explosif de la retraite par répartition et de la sécurité sociale.
Si la tentation est grande pour notre gouvernement de se concentrer sur la crise actuelle, il ne faudrait surtout pas que celle-ci devienne un prétexte pour laisser filer la dépense publique et oublier les réformes de fond dont a besoin notre économie. La reprise économique reposera essentiellement sur le dynamisme de nos entreprises. C’est donc le moment de libérer la croissance de ses entraves par une vraie politique libérale.
12:32 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, etats, libéralisme, dette
vendredi, 22 février 2008
Interview par Lomig
Lomig tient un blog intéressant, politique.blomig.com, dans lequel il avait déjà parlé d'Alternative Libérale en avril 2007, autant dire une éternité. Lomig défendait alors (et sans doute toujours) une transversalité des valeurs libérales à l'opposé du principe de constitution d'un parti politique fondé sur elles. L'exemple des verts montre pourtant qu'en tenant une place sensible sur l'échiquier politique, l'impact de leur socle idéologique a été largement supérieur à ce qu'il aurait eu si les verts étaient restés vides cantonés au seul monde associatif.
Très récemment, Lomig m'a sollicité pour répondre à six questions sur mon libéralisme. Après avoir un peu tardé à répondre, occupé par différentes affaires prenantes que je vous laisse deviner, voici mes réponses, reprises sur Agoravox :
Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours (personnel, professionnel, politique) ?
38 ans, père d’une fille en 2eme année de prépa, cadre bancaire depuis 1991. Peu attiré par la politique, je me suis intéressé au libéralisme vers 2003, lors des grèves contre la loi Fillon. Les propos d’Alain Madelin que j’avais pu lire dans la presse m’avait toujours paru très sensés, sans que je cherche à en savoir plus jusque là. L’organisation de la manifestation du 15 juin 2003 « contre les blocages, pour les réformes » m’a plongé directement dans le bain de l’activisme libéral. L’association Liberté Chérie, que j’ai présidée pendant un an en 2006, permettait enfin d’agir pour marquer les médias et développer un discours nouveau auprès du grand public. Je me suis aussi impliqué dans les Cercles Libéraux d’Alain Madelin, qui m’ont beaucoup appris. Grâce à l’émergence d’une blogosphère active et de forums importants comme liberaux.org, de solides réseaux militants se sont enfin rapidement développés.
Comme un certain nombre de libéraux, je me suis rendu compte qu’à côté des associations de terrain comme Liberté Chérie, des Think Tanks comme l’Ifrap ou des groupes de pression comme Contribuables Associés, il manquait un parti pour occuper l’arène politique. En 2006, nous avons donné naissance à Alternative Libérale sans élus ni ressources autres que les nôtres.
Aujourd’hui, Alternative Libérale devient la référence libérale de la sphère politique. Si nous sommes encore une petite formation, peu connue du grand public, notre impact commence à être réel. Plusieurs personnalités politiques cherchent à travailler avec nous pour bénéficier de la richesse de nos réflexions, de nos propositions et de notre capacité militante.
Pascal Salin définit dans son livre “Libéralisme”, un libéralisme humaniste et un libéralisme pragmatique (ou utilitariste, qui met une dose de libéralisme quand ça l’arrange, et maintient la contrainte étatique quand ça l’arrange), pour montrer que seul le libéralisme humaniste est cohérent, dans un souci de ne plus utiliser la contrainte comme moyen d’échange. Quelle est ta position sur ce point ?
L’opposition entre libéralisme éthique et utilitariste n’est pas si simple. Une bonne pédagogie associe souvent les deux approches en fonction du sujet ou de l’interlocuteur. Personnellement, je ne crois pas que la pensée libérale offre des réponses à tout, et surtout des réponses uniques à des questions spécifiques. Dans un environnement profondément Etatique et encore hostile à notre pensée, la réflexion des libéraux doit porter sur les points névralgiques de notre « modèle social » qu’il est réaliste d’attaquer, et sur les attentes insatisfaites des Français auxquelles notre discours apporte une réponse. Inutile, selon moi, d’aborder des thèmes trop déstabilisants ou trop abstraits tels que la fin du monopole des banques centrales. Il y a suffisamment à faire avec, par exemple, nos propositions sur l’école, le statut de la fonction publique dans la réforme de l’Etat, ou sur les corporatismes.
Cela ne m’interdit pas d’approfondir ma réflexion personnelle avec la lecture de Mises ou de Hayek. Mais l’action politique consiste à dialoguer avec un public qui se fiche de la pensée libérale et qui ne s’est jamais posé de questions aussi fondamentales et abstraites. Le convaincre exige davantage de talent pédagogique que philosophique. Deux grands auteurs classiques ont choisi cette approche de vulgarisation destinée au grand public : Frédéric Bastiat avec “Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas” et, plus récent, Henry Hazlitt avec “L’économie politique en une leçon“.
N’y a t-il pas un paradoxe à vouloir être élu quand on est libéral ? Puisque le libéralisme dénonce dans une large mesure la contrainte étatique, et l’intrusion des pouvoirs publics dans les affaires privées…
Compte tenu du degré d’Etatisme en France, les libéraux ont encore une marge considérable avant de rentrer dans des considérations plus pointues au sujet du périmètre “naturel” des pouvoirs publics. Plus concrètement, mon engagement politique a d’abord pour ambition de réduire le poids de l’Etat, et nous avons de la marge dans cette voie. Pour vous montrer à quel point nous aimons scier la branche sur laquelle nous sommes assis, nos candidats aux cantonales proposent la suppression des conseils généraux pour en attribuer les compétences aux communes ou aux régions. Etre élu pour supprimer son mandat, c’est osé. Le message passe de mieux en mieux dans l’opinion publique, et je suis heureux de voir que le rapport Attali l’a repris.
Bref, comptez sur nous pour assumer pleinement notre programme de réduction de l’Etat.
Le contexte français, avec un Etat très fort et très présent, semble très défavorable aux libéraux : si on cumule le nombre de fonctionnaires, au nombre de ceux qui récupèrent de l’argent de la redistribution étatique, cela fait tout de même beaucoup de potentiels opposants à des réformes vraiment libérales. Comment comptez-vous convaincre les français de voter pour vous ?
Je ne crois pas que ce soit le poids de l’Etat qui rende les Français plus hostiles au libéralisme que nos voisins. De nombreux pays sont beaucoup plus libéraux avec des Etats forts. Je vois surtout notre inculture économique à l’origine de cette appréhension. Enseignants, journalistes et artistes ne comprennent pas les rouages de l’échange. Ils s’enferment dans leurs propres contradictions qu’ils ne cessent d’enseigner et de diffuser aux Français depuis des générations.
L’échiquier politique est très en retard sur l’opinion, c’est pourquoi Alternative Libérale a un réel potentiel. La droite reste profondément conservatrice et méfiante à l’égard du capitalisme et de la mondialisation. La gauche française reste anticapitaliste pour des raisons historiques. Vivant une crise profonde, elle est en train de se transformer dans la douleur. Elle se rend compte qu’elle va devoir choisir entre une ligne anticapitaliste idolâtrant Bové, le Che et Chavez, et une gauche social-démocrate beaucoup plus proche du libéralisme. L’émergence d’une gauche qui accepte l’économie de marché, la concurrence et le risque devrait avoir un profond impact culturel sur les Français. Mais ce n’est pas pour tout de suite, et les quelques hommes politiques ouverts aux idées libérales se trouvent encore au centre droit.
Deux tendances me donnent de l’espoir : la forte croissance du nombre d’expatriés offre aux familles des témoignages directs bien plus efficaces que tous les discours du monde. Ensuite, Internet a ouvert les volets en grand, permettant à tous d’aller regarder ailleurs. Dans un monde profondément attaché à la Liberté, l’anachronisme de notre modèle commence à apparaître clairement aux Français, ainsi que les risque qu’il leur fait courir à terme. Et ils apprennent vite. Je suis très optimiste pour les années à venir.
Je suis d’accord avec les fondements philosophiques du libéralisme. Une seule question me turlupine : le libéralisme défend un droit strict à la propriété privée (propriété de soi, propriété du fruit de son travail, etc…). Un enfant battu et détruit par sa famille doit-il être considéré comme nécessitant une protection particulière, à ce titre ? Qui organisera son “sauvetage” ?
Un enfant a des droits fondamentaux indiscutables, l’autorité parentale n’est pas illimitée. La justice doit pouvoir être saisie pour déterminer s’il y a atteinte à ces droits ou non, notamment si cette atteinte est le fait des parents. Par qui, comment ? C’est un sujet extrêmement délicat pour lequel je n’ai pas de réponse simple et tranchée. Il est surtout important que des institutions dédiées puissent assurer la relève de l’éducation des enfants lorsque les parents ont commis des actes graves à leur égard. Je crois nettement à l’avantage d’institutions privées ou semi privées sur un organisme public comme la DDASS. Elles assurent leur mission sous le regard vigilant de leurs membres contributeurs alors qu’au sein d’un organisme public, personne ne connaît la notion de responsabilité.
Quelles sont, pour toi, les champs d’action légitimes de l’Etat ?
Dans un monde idéal, cette question ne se pose pas puisqu’il est sans Etat. Mais cette utopie relève du conte de fées. D’un point de vue plus pragmatique, je pense que l’Etat doit continuer à superviser le pouvoir de la Justice et la sécurité tant intérieure qu’extérieure, ce qui n’est nullement contradictoire avec l’émergence de tribunaux privés, par exemple de proximité, ou le développement des sociétés de sécurité. A mon sens, l’Europe est l’échelon nécessaire pour assurer notre défense extérieure et prendre en main notre politique étrangère.
A titre personnel, je suis attaché à l’accès général à l’enseignement et à l’universalité d’une couverture santé couvrant les soins essentiels. Sans réaliser lui-même ces services, l’Etat doit pouvoir les garantir à tous. Je crois au rôle redistributif de l’Etat, même simplifié et allégé, tant que la société civile n’est pas en état de prendre le relais, par exemple sous la forme de l’impôt négatif de Milton Friedman.
15:37 Publié dans Libertés individuelles, Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lomig, libéralisme
lundi, 03 décembre 2007
Pologne : Donal Tusk promet une approche à la machette
"Nous devons reconnaître qu'une économie libérée de ses règlementations inutiles est bien plus performante... Vous devez prendre une machette et trancher, trancher. La détermination est nécessaire, parce qu'il y a un fétichisme régulateur." Donal Tusk
Le Premier Ministre polonais fraichement élu confirme donc bel et bien la priorité de son gouvernement : déréglementation, privatisation et fin de la défiance de l'Etat envers le monde des entreprises. Soutenu par une équipe de jeunes réformateurs formés au capitalisme, il promet un traitement de choc pour mettre la Pologne sur la voie d'une forte croissance. Radoslaw Sikorki, Ministre des Affaires Etrangère, a été formé à Oxford et déjà travaillé avec l'AEI, think tank réputé et influent. Jacek Rostowski, Ministre des Finances (qui possède un passeport britannique), s'avoue profondément libéral et prêt à mettre en oeuvre les réformes structurelles promises par Donald Tusk.
Les grandes lignes du projet gouvernemental sont simples : retour à l'équilibre des comptes publics en vue de l'entrée dans l'Euro, dérèglementation du plan d'occupation des sols, de la fiscalité et des déclarations administratives des entreprises, privatisation des entreprises d'Etat, accélérationdes investissements dans les infrastructures (aéroport, autoroute et chemins de fer). Sur le plan extérieur, Tusk est connu pour son atlantisme actif. Il compte toutefois retirer les dernières troupes polonaises d'Irak, il tient aussi une ligne d'ouverture à l'égard de son voisin russe, ne s'opposant plus à sa demande d'adhésion à l'OCDE.
Comment ont-ils fait sans commission Attali, sans Grenelles divers et variés ? Encore un pays qui pourrait doubler la France dans la prochaine décennie si Nicolas Sarkozy continue à se tenir éloigné de la voie libérale.
16:54 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Pologne, Libéralisme, AEI, Donald Tusk
mercredi, 26 septembre 2007
Je suis un Républicain libertaire
C'est ainsi que se définit l'une des personnalités les plus influentes dans le monde. Pythie des marchés, ses phrases sont toujours décortiquées et chacun de ses mots étudié avec le plus grand soin. Même à la retraite, ses commentaires ont un impact mondial. Je vois en lui l'un des plus actifs promoteurs de la pensée libérale par son opposition aux réglementations et sa défense constante du gouvernement minimum et de la baisse de la pression fiscale. Il préfère Reagan à Clinton, et Clinton à Bush : "Le président Bush aurait pu faire des choses merveilleuses avec tous ces atouts. J’ai été attristé de voir que les républicains ont oublié leur programme de réduction de la taille du gouvernement, d’encouragement de la concurrence et de réduction des taxes et des dépenses publiques, pour choisir de conforter leur pouvoir. À la fin, ils ont tout perdu ".
A l'occasion de la publication de ses mémoires, largement commentés partout dans le monde, "Al" en profite pour distribuer ses bons points et ses mauvais points aux pays qui l'accueillent et pour donner ses recommandations. Dans une interview donnée au Figaro, il parle de la France : " J’admire la France pour beaucoup de raisons. Il est clair que votre histoire est plus longue que la nôtre. Ma femme adore Paris. Le Louvre est sans égal. Je comprends que les Français jugent que leur civilisation est supérieure à la nôtre. ". Cette gentille condescendance vient après un discours plus franc : "seules des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie.
Pour en arriver là, il faut un processus efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du marché libre. Naturellement, cette «destruction créative» est extrêmement pénible pour les individus qui sont du côté des perdants. ".
Les seules réponses aux effets négatifs mais inéluctables de cette destruction créatrice, ce sont l'enseignement, la formation et une grande mobilité sociale. En protégeant les entreprises en déclin, nos gouvernements bloquent ce processus nécessaire et font du chômage de masse une fatalité, avec toutes les conséquences sociales, culturelles et économiques qui en découlent mécaniquement : "Les champions nationaux sont certes très utiles pour stimuler la conscience nationale d’un pays. Mais si l’État se met à protéger une société vieillissante, il prend le risque de soutenir une firme qui, laissée aux forces du marché, disparaîtrait logiquement. (...) Naturellement, je sais que les États-Unis protègent aussi certaines de leurs firmes ou certains de leurs secteurs. Et je pense que c’est une grave erreur. Les Britanniques sur ce point sont plus vertueux que l’Amérique et la France."
Laisser les entreprises disparaître permet d'en laisser de nouvelles se développer et renouveler les produits et les prestations dont le plus grand bénéficiaire final est le consommateur. Nous perdons notre industrie ? "l’industrie manufacturière, ce n’est pas un secteur d’avenir. L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir des produits." nous répond aussitot Greenspan. Mais un tel laisser-faire exige un système scolaire, universitaire et de formation continue de grande qualité. Pour disposer d'établissements adaptés, il est nécessaire de favoriser la meilleure émulation entre eux au travers d'un marché libre de l'enseignement et de la formation. L'Etat doit se désengager de ces domaines bien trop importants pour lui en laisser la supervision.
En tout cas, en lisant ses écrits, je me sens un peu, à mon tour, républicain libertaire.
07:30 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Alan Greenspan, libertarien, libéralisme, parti républicain
mardi, 19 juin 2007
Le gouvernement s'ouvre aux libéraux... enfin !
Tranquillement, quelques têtes libérales font leur apparition dans les rangs du gouvernement :
- Jean-Marie Bockel (ex-Jiminy Cricket du PS, immédiatement exclu du parti : bonne chose de faite pour cet homme que le PS ne méritait pas) a un poste symbolique de l'ouverture de Nicolas Sarkozy : chargé de la Coopération et de la Francophonie. Sa motion, la plus progressiste du Congrès du PS, n'avait attiré que 0.7 % des voix des adhérents en novembre 2005. "L'Etat ne peut pas tout" semblait encore bien utopique aux adhérents du PS. Pourtant, son approche méritait un vrai score...et un soutien des médias un peu plus marqué.
- Hervé Novelli, sympathique leader des Réformateurs, remercié pour s'être tu tout au long de la campagne présidentielle. L'absence remarquée des libéraux au sein de l'UMP depuis plus d'un an a enfin reçu sa récompense : un secrétariat d'Etat aux entreprises et du commerce extérieur, poste sans risques.
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Christine Lagarde, enfin, nous offre le plus bel espoir de changement positif. Elle se voit offrir un vrai poste à la hauteur de ses compétences de brillantes avocates d'affaires : Bercy. Voilà une libérale assumée, bosseuse et fine négociatrice, qui prend la direction du monstre bureaucratique français. Sera-t-elle absorbée comme Francis Mer avant elle ? Lui appartenait bien davantage au système et s'en est vite trouvé prisonnier. Espérons qu'elle saura s'affranchir de cette pression vers l'immobilisme.
Autrement, que rajouter ? Borloo se retire des affaires économiques et prend l'environnement, avec Nathalie Kosciuscko-Morizet dans les pattes.
Toutefois, quelques surprises viennent confirmer la volonté d'ouverture de Sarkozy :
- Fadela Amara, présidente de "Ni putes ni soumises", devient secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville sous l'autorité de la ministre du Logement Christine Boutin, dont les tenues récentes laissaient espérerer, sans grand espoir, qu'elle s'était mise au pétard. On sent que les longues soirées d'hiver vont être animées. Est-ce pour punir Boutin que ce choix lui a été imposé, ou pour la remettre sur le droit chemin ? En tout cas, je suis très curieux de voir le résultat. "Je n'aurais pas accepté si je n'avais pas eu une marge de manoeuvre et une liberté de ton", a-t-elle assuré, expliquant vouloir "peser de tout (s)on poids et de toute (s)a force de conviction pour transformer les quartiers". C'est "une très, très grande nouvelle", s'est félicité le socialiste Malek Boutih, pour qui "c'est vraiment, pour la première fois depuis des années, la première bonne nouvelle pour les quartiers". Mais d'autres à gauche ne sont pas du tout du même avis.
- Rama Yade, en devenant secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l'Homme, sera-t-elle la Rachida Dati de demain ?
20:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Gouvernement Fillon II, Jean-Marie Bockel, libéralisme, Fadela Amara, Hervé Novelli, Christine Lagarde, Bernard Kouchner


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