lundi, 28 septembre 2009
Le Parti Libéral Démocrate entre au gouvernement
Toutes mes félicitations à Guido Westerwelle, dont la victoire aux législatives vient récompenser non seulement un discours juste, mais aussi 8 années d'efforts depuis son arrivée à la présidence du FDP.
En pleine crise non pas due aux méfaits du libéralisme mais pour l'essentiel à de mauvaises politiques, monétaire et réglementaires, et à de mauvaises incitations publiques et parapubliques, les libéraux voient enfin leur poid considérablement renforcé. La crédibilité de leur projet pour retrouver le chemin d'une croissance saine et durable est au plus haut auprès des Allemands. En offrant un score de 14,6 % aux législatives de dimanche au Parti Libéral Démocrate allemand, le FDP, les Allemands ont fait preuve de pragmatisme. Car aucun parti n'égale les libéraux pour libérer la croissance et renouer avec la justice sociale, celle qui rend fluide l'emploi et relance l'ascenseur social. Pour les libéraux, la croissance ne se dicte pas d'en haut à coup de mesures dirigistes et de dépenses publiques inutiles, elle découle d'une dynamique spontanée des talents et des énergies. L'Allemagne d'en bas, contrairement à la France d'en bas à qui on ne demande pas son avis, en a jugé ainsi à 14,6 %, sans doute dans l'espoir d'être un peu soulagée de son fardeau fiscal et bureaucratique.
Evidemment, Angela Merkel ne va pas changer brutalement de politique et faire sauter les verrous de la croissance. comme le souhaitent les libéraux Mais elle devrait tout de même orienter sa politique dans un sens plus favorable aux libertés. Ses alliés du FDP vont peser bien lourd avec presque la moitié du score du CDU-CSU. Il faut ajouter qu'Angela Merkel, née en Allemagne de l'Est, a une vraie sensibilité libérale au fond d'elle-même. Rappelez-vous, c'est elle qui avait défendu une flat tax avant de se rétracter quelques semaines avant le scrutin qui allait la porter à la chancellerie. C'est elle qui s'est opposée au principe des plans de relance. Avec le soutien des libéraux, beaucoup de choses sont possibles. Un succès à méditer de notre côté du Rhin.
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lundi, 21 septembre 2009
10 à 13 % dans les sondages : forte progression des libéraux
Nous ne sommes pas en France, pas encore. Eux aussi sont traités par la gauche de "néo-libéraux, radicaux du libre marché qui veulent éradiquer la protection du travail et tailler dans l'Etat providence". Pourtant, ils ont la côte. A la différence de notre pays, la droite conservatrice leur fait les yeux doux...et tente même de s'inspirer de leurs propositions. Baisses d'impôt, réduction de la dépense publique et assouplissement du marché du travail pour protéger non pas le travail, mais l'emploi.
Les libéraux allemands sont portés par la crise. Leurs préconisations apparaissent de plus en plus sérieuses par des Allemands lucides qui admettent que l'origine de la crise ne doit pas grand chose au marché. C'est même ce dernier qui a stoppé (certes sans ménagements) l'emballement de la bulle du crédit. La réponse, c'est de ne pas laisser les Etats poursuivre ce dérapage du surendettement, réformer la fiscalité pour soutenir les investissements en capital plutôt que les créances, et libérer les talents. En Allemagne, ce message passe bien, très bien même.
Au point que les libéraux allemands espèrent être la clé d'une nouvelle majorité avec des estimations qui vont de 10 à 13 % des votes. Ce week-end, le président du FDP, Guido Westerwelle, a clarifié les choses en annonçant que son parti n'envisagerait pas d'alliance de gouvernement avec la gauche sociale démocrate après le scrutin dans une semaine. Ni avec les verts. Son partenaire privilégié, c'est le CDU-CSU d'Angela Merkel. Ce positionnement est facilité par les prises de position passées de Merkel...et de son ministre des finances Karl-Theodor zu Guttenberg.
En France, la droite conservatrice au pouvoir ne défend clairement aucune option libérale. Qu'il s'agisse des libertés individuelles, sociales ou économiques, la majorité présidentielle va dans le sens d'un dirigisme étatique croissant, alliant contrôle et la répression. Cette tendance lourde entretient la défiance dans notre société, et bride les talents. Enfin, elle renforce dangereusement la pression fiscale et la dette. C'est pourquoi il est essentiel qu'une formation libérale émerge au centre, visible sur des positions fortes et populaires comme la dette. Comme en Allemagne, elle doit trouver des alliances locales ou nationales afin de pousser ses hommes et ses idées. Comme en Allemagne, c'est plutôt du côté de la droite que les libéraux trouveront des alliés naturels à court terme.
Mais nous avons hélas une différence avec l'Allemagne, la gauche allemande est en soi plus libérale que la droite française. Rappelez-vous, c'est elle qui a engagé les premières réformes assouplissant le marché du travail, responsabilisant les chômeurs et allongeant la durée de cotisation pour la retraite. Dans notre beau pays, la frustration des cadres frustrés du parti au pouvoir me confirme dans l'idée que les libéraux ont un boulevard devant eux. Encore devons-nous gagner en crédibilité pour les faire basculer sur un échiquier verrouillé. Si je ne cache pas que la route est encore longue, la mobilisation croissante que je constate est encourageante.
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vendredi, 12 juin 2009
Quelle stratégie pour les libéraux français ?
Cette question est récurrente dans le microcosme libéral français. Alors que les libéraux ont gagné des sièges au Parlement Européen, confirmant que les électeurs leur font davantage confiance en période de crise, comment expliquer qu'en France, aucune voix crédible ne parvienne à défendre un projet libéral ? Les libéraux ont autant de talent que les non libéraux, ils bénéficient d'une longue tradition de pensée nationale, reconnue dans le monde et validée par les électeurs partout en Europe. Alors pourquoi cette situation d'échec ? Après m'être permis quelques commentaires suite à la question posée par Lomig à Alternative Libérale, je ne souhaite pas revenir sur la stratégie d'AL qui regarde sa direction mais plutôt rebondir sur ces réflexions pour exposer mes vues. Nos difficultés peuvent pas être mises pour l'essentiel sur le dos d'autrui. Nous avons des adversaires coriaces dans l'éducation nationale, dans les médias et dans la classe politique. Mais rien de tout ceci ne suffit à expliquer l'absence des libéraux sur la scène politique. Nous en sommes les premiers responsables nous-mêmes. Observons.
D'abord, le monde libéral connaît plusieurs succès qui méritent d'être analysés pour en tirer de judicieuses leçons. Les think tanks disséminés font un travail de fond qui nourrit notre terreau d'idées : ALEPS, institut Hayek, Molinari, etc. Les intellectuels sont toujours actifs, ils sont même parfois très populaires comme Jacques Marseille, qui fait monter l'audience par son ton franc et provocateur, ou comme Guy Sorman. La relève est assurée par les Nicolas Bouzou, les Mathieu Laine et les Cécile Philippe. Plus proche de l'action politique, l'Ifrap a longtemps fait un bon travail technique. Si son orientation a un peu évoluée depuis le départ de Nicolas Lecaussin, l'Ifrap ne s'approche pas de l'approche mondaine et politiquement correcte de l'Institut Montaigne. Beaucoup plus populaire, Contribuables Associés touche des centaines de milliers de Français et fait frémir les parlementaires qui savent son impact conséquent. Contribuables a choisi une communication simple, claire mais argumentée par de soigneuses analyses. Ils ne dépensent leur budget soigneusement acquis qu'avec parcimonie, privilégiant toujours le placement le plus rentable en termes d'impact, et le fond sur la forme. Bing bing plutôt que bling-bling.
Mais ces organisations excluent l'action politique et militante. Les libéraux qui souhaitent diffuser leurs idées activement sont de plus en plus nombreux, mais ils doutent des projets en cours et ne veulent pas encore trop s'engager derrière une étiquette. Les blogueurs diffusent efficacement les idées libérales, ils nourrissent des débats passionnants et font avancer notre cause. Les conférences se multiplient, les vidéos et les écrits circulent. Mais l'action de terrain reste trop rare. Or, elle est indispensable à une bien plus large diffusion de nos idées. L'action de terrain vise le grand public qui se moque du libéralisme en soi, comme souvent des théories politiques ou philosophiques, mais peut rapidement être intéressé par nos propositions. Surtout, je persiste à penser que l'enjeu reste la prise progressive du pouvoir là il peut se prendre, afin de remettre en place un maillage capable de peser véritablement sur le pouvoir en place verrouillé par quelques grands partis. Les personnalités politiques suivent l'opinion, encore faut-il qu'elles adhèrent, ou du moins comprennent les idées libérales. Il faut donc rentrer dans la forteresse, Rien n'est impossible, les trotskystes et les verts l'ont fait en partant, comme nous, de rien. Aujourd'hui, ils ont 30 ans d'avance sur nous. Et alors ?
Attirer des militants, des élus locaux, des donateurs et des soutiens exige de l'écoute, beaucoup d'écoute pour bien cibler son électorat et être en résonnance avec lui en puisant dans notre réserve d'idées. Cela exige d'adapter sa stratégie aux réalités de l'électorat, et du temps pour instaurer la confiance. Notre projet de société pour une vraie mobilité sociale, la fin des privilèges et des corporatismes et la possibilité d'une libre poursuite du bonheur par chacun se fonde sur des valeurs universelles : la liberté, la responsabilité, la propriété privée. Mais cela doit se traduire par un message simple pour forger une identité autour de mesures concrètes, tout en étant solidement argumenté pour être crédible. Inutile de vouloir refaire le monde, nous ne le referons pas et ce n'est pas ce qu'attend le grand électorat sensible aux idées libérales, plus lucide qu'on ne le croit. Le Parti Libéral Démocrate, par exemple, a choisi de promouvoir trois mesures prioritaires :
- le chèque éducation pour permettre aux familles de choisir librement l'école de leurs enfants, et mieux former les générations futures
- la baisse de la dépense publique qui passe par une réforme de l'Etat, notamment l'alignement du statut de la fonction publique sur le régime de droit commun; seule voie pour diminuer la dette et la pression fiscale
- les assurances sociales à la carte pour les Français en instaurant le "salaire complet" et leur ouverture à la concurrence
Cela n'interdit nullement de rappeler la nécessité de protéger nos libertés individuelles, de revoir les réglementations sur le travail, le mode de financement des syndicats et de la vie politique, de parler institutions, etc. Mais ces 3 axes doivent forger notre image. Rien de plus. La prise de position purement politicienne, c'est à dire visant les personnalités politiques, ne doit pas dominer le message parce qu'elle lui nuit plus qu'elle ne le sert. La stratégie de Bayrou, par exemple, se révèle aujourd'hui désastreuse : son projet tourne autour du rejet pur et simple de Sarkozy. Pas enthousiasmant, il assure surtout la pub dudit Nicolas dont les positions changeantes et les retournements contraignent la critique à des contorsions absurdes, voire ridicules. Les Français sont largement ouverts au débat d'idées, lorsque celui-ci répond à leurs préoccupations. Ce sont elles qu'il nous faut cibler. Le rôle d'un parti est avant tout de séduire son électorat, pas de se faire plaisir à soi, c'est du simple bon sens. En respectant ses valeurs et son projet, bien entendu. Et cela commence par les élus locaux, excellent relais (et miroir) de ce large public potentiel.
Enfin, une question souvent abordée est celle des proximités politiques en vue d'alliances ou de partenariats ponctuels. Un parti ne peut rester isolé sans apparaître sectaire. Il ne peut aller seul au front sans se faire laminer dans l'épuisement et, pour certains, dans le découragement. Autant sauter comme un cabri et crier "Vive le libéralisme, vive le libéralisme". L'image des libéraux est déjà suffisamment dégradée pour ne pas accentuer ce défaut, mal perçu par l'électorat libéral lui-même. La politique en démocratie, c'est d'abord l'esprit de coopération, de coalition. Reste à savoir avec qui. A gauche, l'accueil est glacial. A droite, ça se réchauffe malgré une certaine méfiance. Dans cette direction, tout tourne plus ou moins autour du parti omniprésent, celui de l'omniprésident, l'UMP. Voir dans l'UMP l'axe du mal est une approche holiste bien trop réductrice. Comme une très grande surface, on y trouve de tout, et de plus petites entités comme le Nouveau Centre ou la Gauche Moderne sont installées autour afin de grapiller le chaland. On y trouve en son sein des libéraux comme François Goulard, des courants autonomes comme ceux de Jean-François Copé le chasseur de dette, ou du député Hervé Mariton qui frise avec une forme de mutinerie (villepiniste ?). Reste que l'idée même d'alliance avec l'UMP fait sourire. Ah, si l'UMP se posait même la question, la partie serait gagnée. Pour le moment, l'UMP ne sait même pas que nous existons, et nous ne représentons pas encore un électorat dans les urnes. Nous en sommes donc réduits, que nous le voulions ou non, à naviguer avec d'autres formations, les réseaux, les indépendants, les dissidents pour promouvoir notre jeune étendard et nous implanter progressivement. Nous avons besoin de ces fondations pour gagner en crédibilité, en audience sur le terrain. Malgré cela, je ne vois rien qui interdise de garder de bonnes relations avec des individualités libérales ou ouvertes à nos idées au sein de l'UMP.
Illustration. Notre seul engagement, le 7 juin, était de soutenir une liste portant notre joli logo sur la Côte Est des Etats-Unis, dont le deuxième membre était notre vice-président, l'avocat Philippe Manteau. Par son occupation du terrain au sein de la communauté des expatriés, cette liste "L'Union au Centre" a obtenu presque 14 %, et gagné un élu, Richard Ortoli, plutôt proche du Nouveau Centre. Ce résultat constitue un joli tremplin local pour l'avenir, il ouvre la porte à des partenariats prometteurs, et permet de s'implanter honorablement dans le paysage politique par le bas : le terrain électoral.
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lundi, 27 avril 2009
Quand le FN cogne sur les libéraux
La campagne Internet des souverainistes de Libertas, fort réussie, semble avoir été réalisée par Edouard Fillias, cofondateur d'Alternative Libérale et libéral qui assume des positions souvent libertaires. Le paradoxe est croustillant. Pas pour le Front National en déclin accéléré qui a vu là un angle pour tirer sur Philippe de Villiers, son concurrent le plus menaçant. Il faut dire que le Front National, au-delà de ses thèses nauséabondes, n'a plus un tribun remaquable à sa tête mais un papy affaibli dont les héritiers se battent pour récupérer l'héritage. Le Vicomte vendéen, lui, a encore la forme. Il faut donc l'abattre. Là, ça se complique autrement plus qu'avec la scission Mégrétiste pour le FN.
Un article amusant et très tiré par les cheveux parvient à rattacher l'un de mes vieux textes sur le cannabis à la campagne de Libertas...et à Philippe de Villiers. Très fort. Avant de demander la fin de la prohibition, mon texte commence ainsi : "Soyons clairs. La drogue est un produit nocif, détestable dont je ne souhaite absolument pas encourager la consommation." Le genre de "point de détail" dont le Front National ne s'encombre pas. Pas plus quand ils se plantent en avançant "Très présent lors de l’affaire du CPE en 2006 en soutenant le projet de Dominique de Villepin, monté en dépit du bon sens, Edouard Fillias [...]". Une simple recherche permet de constater que l'auteur, malcomprenant, est au mieux l'une des innombrables victimes de notre Education Nationale en échec, au pire un crétin congénital. Je penche pour la seconde option.
Liberté Chérie a aussi eu, accessoirement, le plaisir d'une démonstration de clowns idenitaires à Aix lors d'une rencontre autour de Vincent Bénard, président de l'institut Hayek et en charge des questions du logement et de l'urbanisme au Parti Libéral Démocrate :
Pour en arriver là, le Front National va vraiment mal. Tant mieux.
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mercredi, 22 avril 2009
Quelle Europe veulent les libéraux ?
Chaque libéral peut apprécier la construction européenne comme une chance, ou la rejeter pour les menaces supposées qu'elle fait peser sur nos libertés et notre prospérité future. Les libertés politiques, sociales et économiques étant bien plus dégradées en France qu'ailleurs en Europe, difficile d'y voir autre chose qu'un allié naturel dans notre beau pays. Pourtant, le conflit philosophique qui oppose l'Allemagne au bloc Franco-britannique pourrait avoir des conséquences désastreuses si ces derniers l'emportent grâce à la crise. Avant même de trancher le débat de fond, le devoir des libéraux consiste à défendre la rigueur monétaire de la BCE, et à lutter pour la baisse de l'intervention publique qui se traduit par des dépenses et des déficits. Mais que faire au-delà ? La crise actuelle montre que l'Europe peut changer brutalement de direction un jour et opter pour la voie socialisante d'un "New Deal".
Ce qui découle de ce choix "pro" ou "anti" construction européenne aboutit à une alternative dont chaque option mène à des compromis avec la doxa libérale. Pour ma part, je suis un "européiste", européen convaincu d'avoir moins à perdre dans les méandres de la construction européenne que dans un souverainisme déguisé. Mais Vaclav Klaus et le mouvement Libertas ont opté pour cette dernière option, qui mérite donc d'être étudiée de plus près
La position du président de la République tchèque, Vaclav Klaus, est intéressante, quoi qu'en pensent nos médias qui n'ont cessé de le caricaturer. En relisant son discours devant le Parlement européen du 19 février, il se déclare favorable à l'Union Européenne : "Je voudrais réaffirmer aussi, [...] très clairement et à haute voix ma conviction que pour nous il n´y avait pas et qu´il continue a ne pas y avoir d´alternative a l'adhésion à l'Union européenne et que, dans notre pays, il n'y a aucune force politique pertinente qui puisse ou veuille mettre cette affirmation en doute." Etrange propos de la part de celui qu'on présente comme un pur eurosceptique. Il poursuit en déclarant que "l'intégration européenne remplit une mission nécessaire et importante." Il cite deux objectifs : "l'élimination des barrières et le choix rationnel des questions à solutionner au niveau de tout le continent." Et sa critique commence ici : "L'effort de réaliser les deux objectifs n'est pas et ne sera même jamais accompli. Des barrières et des obstacles demeurent. Et des décisions prises au niveau de Bruxelles sont sûrement plus nombreuses qu´il serait optimal. Certainement, les décisions y sont prises plus souvent que ce que les citoyens des pays européens le demandent."
Son analyse de la dérive "technocratique" de l'Europe pose la question de l'harmonisation législative au niveau de l'Europe. L'Europe travaille à une simplification législative et réglementaire sur son territoire, forçant les pays à s'aligner, même sur des sujets aussi triviaux que la composition de la ratatouille. Faut-il souhaiter pareilles clarifications qui peut avoir de répercussions très favorables pour le "marché unique" ou au contraire maintenir un mur entre les jungles législatives de chaque pays ? Klaus voit percer un danger implicite :
Il faut dire sincèrement que le système économique actuel de l’UE est celui de l'oppression du marché et du renforcement continu de la gestion centrale de l'économie. Bien que l'histoire nous ait prouvé plus que suffisamment que ce n'est pas la bonne direction à prendre, nous la reprenons de nouveau. Le taux limitant la spontanéité des processus de marché et celui de la réglementation politique ne cessent de croître. C'est aussi l'interprétation erronée des causes de la crise financière et économique qui contribue à ce développement, dans les derniers mois, comme si la crise était due au marché, tandis que sa cause véritable consiste justement dans le contraire – elle a été causée par la manipulation politique du marché.
En France, ce courant est représenté par Libertas2009.fr (design très réussi au passage). La branche française de la fédération européenne Libertas regroupe le MPF de Philippe de Villiers et les chasseurs/pêcheurs du CPNT. L'initiative est financée par le milliardaire irlandais Declan Ganley, héraut du NON irlandais au traité de Lisbonne... qui n'a pas hésité à demander 17 millions de subventions à l'Europe pour sa fondation en novembre dernier. Libertas bénéficie d'une dynamique très pro (un peu trop ?)... dont les financements pourraient ne pas rentrer dans les plafonds des comptes de campagne. Bonne exploitation d'une faille (propre à toute réglementation), de même que Ségo, sur un autre registre, se fait héberger gratuitement par son sponsor officiel, Pierre Bergé. Je sens un certain nombre de libéraux français tentés par Libertas, qui fait une très belle campagne sur le net (avec le soutien d'Arnaud Dassier ?). Mais l'engagement islamophobe de Philippe de Villiers et sa proximité avec l'extrême droite constituent pour eux un blocage majeur. Et justifié.
A y regarder de plus près, une seconde raison justifie de refuser la tentation populiste de Libertas : le fondement de ses représentants français est ouvertement souverainiste. Ils ont failli être rejoints par Dupont-Aignan. Le projet est aussi explicite : "Libertas veut faire passer l’Europe de libre-échange au juste-échange, grâce à un système d’écluses aux frontières européennes. L’Europe responsable que Libertas appelle de ses vœux est celle qui préservera notre protection sociale et l’équilibre de nos systèmes de retraite, [...]". Protectionnisme et maintien de la protection sociale, pas franchement enthousiasmant pour un libéral. Et puis la première obsession de Libertas, c'est la Turquie... implicitement l'islam. Je ne suis pas certain que Libertas ne défende pas l'harmonisation fiscale et sociale.
Bref, Libertas n'est pas pour moi, probablement pas non plus pour les libéraux français. Mais cela ne doit pas fermer le débat sur l'harmonisation législative et sur la clarification institutionnelle en cours. Eurosceptiques ou européistes, nous pouvons nous retrouver autour d'un point essentiel : NON à l'harmonisation fiscale et sociale en Europe !
12:16 Publié dans Dans le monde, Economie, Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 07 avril 2009
Les libéraux auraient-ils des alliés infréquentables ?
J'arrive après la tempête dans notre microcosme. Membre du réseau LHC, j'ai découvert hier que plusieurs de ses membres fondateurs avaient lancé, ou suivi, un nouveau réseau de blogs ce week-end : Renovatio Occidentalis. Refusant d'être associé à cette démarche, Rubin, que je connais plutôt serein, a claqué la porte. L'hérétique a suivi. Moi-même, je me tâte. Les hyènes rigolent, mais ont-elles tort ? Certes, c'est agaçant de subir les tombereaux de mauvaise foi de beaufs qui, eux, n'hésitent pas à fricoter avec l'extrême-gauche la plus crasse. Mais les reproches proviennent aussi d'observateurs respectables, aux propos constructifs. Et eux aussi posent cette question importante aux membres du réseau LHC (sympathique mais que je n'espère vital pour aucun de nous). Acceptons-nous d'être associés, en tant que LHC, à Renovatio Occidentalis qui sonne étrangement identitaire. L'occidentalisme est un concept qui peut mener à un débat intéressant. Mais lorsqu'il s'oppose au mondialisme, au métissage culturel et à d'autres peurs civilisationnelles, son vocabulaire frise avec celui de la droite identitaire, même si le rejet affiché du nationalisme active un paradoxe bien utile pour rendre l'ensemble fréquentable.
J'accepte bien volontiers l'importance de débattre de nos valeurs (ou de la perte de valeurs), de l'identité française ou européenne (surtout à la veille des Européennes) en pleine mondialisation, du sens que nous voulons donner à la laïcité, de l'islam contemporain. Mais pas dans n'importe quel cadre, ni avec n'importe qui. Surtout lorsque l'environnement se révèle propice à la venue de partenaires douteux. Plusieurs des premiers blogs qui se sont manifestés pour contribuer officiellement à Renovatio Occidentalis sont clairement engagés dans la lutte contre la pègre gauchiste, la racaille, les "gays" (ou "homosexuels" selon les réécritures) et l'islam (sûrement l'immigration et d'autres thèmes récurrents). Je ne sais pas si c'est la charte ou le milieu de Criticus qui attire ces héritiers de la Nouvelle Droite, mais la meute ne se déplace jamais sans raisons. Le choix de libéraux de prendre leurs distances avec cette initiative envoie un deuxième message clair aux fondateurs, notamment à Lomig que j'apprécie beaucoup, et même à Criticus que je sens encore très instable.
Je crains qu'à ce stade du clivage, l'amour-propre de chacun joue un jeu essentiel. La logique voudrait qu'on suive les conseils, surtout lorsqu'ils sont nombreux, de ceux qu'on a appris à respecter pour leurs avis nuancés, même dans la confrontation d'idées. Les justifications de Lomig sont éclairantes à ce titre, et même rassurantes. Malgré une attirance excessive pour l'islamophobie qui me perturbe, je pense et j'espère qu'il ne mettra pas beaucoup de temps à revenir de ce choix raté. Il vaut mieux garder ses amis et perdre un peu d'amour propre (ça repousse très bien), que conserver intact celui-ci pour signer un pacte avec le diable. Je suis moins optimiste avec Criticus. Pour faire le psy de comptoir (assumé), je sens qu'il cherche encore son identité dans la confrontation virile, ce n'est pas un hasard s'il affiche une belle arrogance, celle de la fougueuse jeunesse (hum hum, je viens de fêter mes 40 ans, je peux enfin parler comme un vieux). D'expérience, je peux affirmer que cette énergie embarque souvent celui qui la déploie dans des impasses bien lugubres. Je souhaite bon courage à Criticus si c'est là sa voie. Heureusement, on revient de tout.
Qu'est-ce qu'on peut perdre de temps avec ces conneries. Allez, c'est l'heure du pastiche. Merci à Mathieu L de détendre un peu l'atmosphère en imitant le bouledogue number one.
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vendredi, 13 février 2009
Les libéraux allemands montent dans les sondages
Loin de marginaliser les libéraux, la crise renforce leur crédibilité chez nos voisins qui n'hésitent pas à leur donner davantage la parole. Un sondage vient de confirmer leur ascension dans l'opinion en Allemagne : si les élections se tenaient aujourd'hui, le FDP recueillerait 18 % des voix. Bien plus que les 10 % antérieurs. Il semble que cette montée agace sérieusement les conservateurs et Angela Merkel qui "n'a pas su montrer sa compétence économique ces derniers mois",selon Gero Neugebauer, politologue à l'université libre de Berlin. Si la France reste loin du modèle allemand pour des raisons telles que notre culture jacobine et notre inculture économique, nous devons en tirer une intéressante leçon pour l'avenir. Patience...
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mercredi, 04 juillet 2007
Sarko continue à déchainer les passions
Nicolas Sarkozy n'est pas prêt d'arrêter de nous surprendre. Autoritaire et centralisateur mais attiré par le modèle anglo-saxon et l'initiative individuelle, chantre de la rupture mais adepte de la négociation, Sarko est plein de ressource. Il est probable que le rythme qu'il nous impose sepuis des mois continuera jusqu'au terme de son mandat. Nous ne vivons que la première salve de réformes. D'autres suivront, probablement sans relâche. Depuis quelques années, il a su s'entourer des meilleurs éléments d'une nouvelle génération politique pour préparer soigneusement un calendrier de conquête du pouvoir et de réforme du pays. Aujourd'hui, il déroule sans plan sans trop de fautes, le tout enrobé dans un plan de communication efficace. Si le plan est sûr, la charpente des réformes est moins claire, voire confuse. Sous un prétendu pragmatisme, un vide philosophique perce déjà.
Le débat a beaucoup divisé la famille des libéraux : certains ont vu en lui un sauveur de la France. S'ils n'avaient pas entièrement tort, leur espoir était excessif. Les mêmes et d'autres le condamnent déjà après quelques semaines au pouvoir. S'ils n'ont pas tort non plus, leur déception est aussi excessive. Nicolas Sarkozy appartient à une nouvelle génération qui veut rompre avec la pratique ancienne de la politique. On remarquera qu'il a fait reculer l'ENA en octroyant peu de postes à cette caste. Il a nettement rajeuni l'équipe gouvernementale, rompu avec la chiraquie (on lui pardonne Valérie Pecresse et Nathalie Kiosciusko Morizet) et profondément changé la manière de gouverner. Il a brisé ce qui restait de sérénité dans une opposition fragmentée, réduit Bayrou à néant et plié les courants au sein de l'UMP. On peut lui reprocher son autorité, mais il ne fait que se comporter comme un dirigeant d'entreprise. Avantage : le calendrier des réformes est respecté sans laisser de souffle à l'opposition, avec une vraie stratégie. Inconvénient : une volonté farouche d'intervenir en tout, une omniprésence qui ne donne pas de place à la société civile.
Autre trait caractéristique du personnage : sa culture d'avocat l'incite à asseoir sa stratégie sur la négociation avec un objectif, des éléments prêts à être sacrifiés (temporairement ?) et une stratégie de sortie en cas de crise. Sa méthode est à l'opposé de celle de ses prédecesseurs. Une fois que ses adversaires, bien reçus et écoutés, s'avouent plutôt satisfaits devant les caméras, l'accord médiatisé, même acrobatique, ôte toute légitimité aux contestataires potentiels. La rue aura du mal à se mobiliser avec pareille méthode, la rentrée le confirmera peut-être. Certes, Sarkozy est protectionniste et dirigiste. Mais il souhaite aussi changer la donne dans des secteurs clef.
Question pour les libéraux : doivent-ils rester positifs et pousser les réformes qui vont dans le bon sens, ou bien l'opposition systématique est-elle préférable ? Si Sarko continue à dérouler son plan au rythme actuel, ils devront en tout cas s'organiser pour exister autrement que dans une réaction systématiquement en retard d'un mouvement sur les mesures du gouvernement.
06:55 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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mardi, 13 mars 2007
Et voilà, un candidat de moins, un soutien pour Bayrou de plus
22:16 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
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jeudi, 08 février 2007
Alain Madelin et Marielle de Sarnez au congrès du Bataclan
21:50 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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