jeudi, 04 janvier 2007
Légumes menacés : la réglementation se tripote le haricot !
A peine le purin d'ortie tiré d'affaire grâce à un amendement (du député Flajolet, ça ne s'invente pas) passé en vitesse suite au mini-scandale de l'automne dernier, voilà que d'autres plantes inoffensives sont menacées par la justice. La dangereuse association Kokopelli développe des végétaux qui passent sous le coup de la loi. Les graines potagères remises en production par cette association qui participe à la préservation de la biodiversité sont illégales, et tant pis pour l'érosion du matériel génétique ! Ces graines n'ont pas été validées, déclarées et contrôlées par les autorités publiques bien plus en pointe que les experts associatifs. Vas-y Koko, on va t'envoyer les faucheurs volontaires si ça continue.
La profession des semenciers est très surveillée, on le comprend bien. Chaque nouveau produit doit passer une batterie de tests (distinction, homogénéité, stabilité) avant d'être inscrit sur un catalogue officiel. Coût estimé de l'opération : 1.500 euros. Cela exclut les associations constituées de passionnés bénévoles...et renforce la position des professionnels ainsi protégés dans leur activité par cette barrière. Pour n'avoir pas respecté ces règles strictes, le président de Kokopelli s'est vu condamné à payer une amende de 17.130 euros suite à la visite d'inspecteurs des fraudes.
Pour légitimer ce type de réglementation nocive, la réplique habituelle est la suivante : "pour protéger l'acheteur, pour que derrière un nim de variété, il y ait toujours la même chose". Bien sûr. Lorsque ce type de réglementation est voté, tout le monde saute de joie : le consommateur est protégé, Haleluia ! Et puis plus tard, les effets pervers apparaissent progressivement, ceux que les professionnels ont largement dissimulé dans le débat. Effet d'éviction garanti, renforcement de la position dominante des professionnels armés pour financer ce tests (facturés aux clients in fine).
L'Europe changera-t-elle la donne en protégeant "les variétés anciennes menacées d'érosion génétique ? Peut-être. En attendant, ce type d'effets dramatiques se retrouve dans bien d'autres domaines. Le vrai virus : ce besoin de tout réglementer "pour protéger le consommateur" qui, au final, paye la note implicite.
11:05 Publié dans Environnement, Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Eric Petiot, Purin d'ortie, légumes plantes rares, Kokopelli, réglementation, engrais naturel |
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