dimanche, 05 décembre 2010

Eric Besson et l'UMP prennent modèle sur le Parti Communiste chinois

censorship_protect_reality.jpgNotre gouvernement et l'UMP sont en totale wikileakescence. Nous savons que par nature, les gouvernants politiques sont hostiles à la transparence autour des affaires d'Etat. Leur argment est simple : il en irait de la sécurité de tous. Dans notre beau pays, le PS et l'UMP ont appliqué ce principe avec un zèle tout particulier, combien même cette opacité concernerait des rétro-commissions occultes. Pour notre bien à tous, lespolitiques fançais ont poussé cet "amour de la liberté" un cran plus loin que les autres démocraties européennes. C'est ainsi que Mitterrand visitait son ami nord coréen en son temps. Partageant cette même attirance pour la vitalité démocratique en Asie du sud-est, Xavier Bertrand alors patron de l'UMP avait officialisé un accord de partenariat avec le PCC en octobre 2009. Cette semaine, le nouveau secrétaire général de l'UMP¨Jean-François Copé a renforcé cette relation intime entre entre deux l'un des derniers partis communistes au monde et le parti présidentiel, bonne façon pour lui d'appréhender « les différences d'approche sur des problèmes comme celui de l'intégration des minorités, des religions et des libertés ».

 

Le résultat est flagrant. Cet été, beurs, blacks, roms et autres saltimbanques ont compris le sens de cette « gestion de l'intégration des minorités ». ous observons avec quelle application la bande des affreux y travaille. Le trio BHL (non, pas le mari cocaïnomane d'Arielle Domsballe mais les trois brutes du gouvernement : Besson, Hortefeux, Lefebvre)  apprend vite. Il est tellemet performant qu'il a même réussi à décrocher une condamnation pour injure raciale. Après le débat sur l'identité nationale, le discours assimilant l'immigration à un fléau et la stigmatisation des Roms, place à la lutte contre la liberté sur Internet. Le ministre en charge notamment de l'économie numérique et chouchou de Sarkozy, Eric Besson, vient de franchir une nouvelle étape dans ce combat liberticide en poursuivant l'hébergeur français de Wikileaks, accusé de "dernier degré de l'irreponsabilité", inspiré par les méthodes chinoises sans doute.

 

Convenons que l'UMP et le gouvernement ont encore beaucoup à apprendre du Parti Communiste chinois. Espérons toutefois que les échanges entre think tanks ne se résumeront pas à "tanks", quoi qu'en pense le Nobel de la Paix dont Nicolas Sarkozy se moque éperdument. Pour eux, la transparence s'impose exclusivement aux individus par des intrusions croissantes dans leur vie privée et le détail de leur patrimoine et flux financiers. L'inverse est bien entendu impensable. En tout cas de leur point de vue. Pas du mien.

 

Sur ces questions, je partage entièrement l'avis de Ron Paul :

In a free society, we are supposed to know the truth. In a society where truth becomes treason, we are in big trouble.

mercredi, 30 juin 2010

La peau d'Eric Woerth ne vaut pas cher

Alors que le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique (comment peut-on mettre ces trois responsabilités dans le même sac sans penser à une blague ?) bénéficie plutôt d'une bonne réputation, il a été victime de dommages collatéraux dans une affaire qui le concerne vaguement. Mais du vague on est passé à la vague, et même au tsunami médiatique. Le peuple gronde un peu, surtout après plusieurs affaires remontées sans qu'aucune démission n'y réponde. Aujourd'hui, il faut livrer  des têtes à la vindicte populaire, fussent-elles bien faites. Dommage, ça tombe sur l'un des rares membres sérieux du gouvernement. Il fait partie du clan qui a le plus déféndu la rigueur et les réformes; bref, quelqu'un qui n'a pas que des amis. Le Monde lui consacre des enquêtes approfondies comme il n'avait plus osé en lancer depuis longtemps. Le Canard Enchainé a sonné l'halali. Et aujourd'hui, son passé trouble de trésorier de l'UMP le rattrappe, avec son lot de fréquentations douteuses, de situations sulfureuses et d'affaires proches. Nous saurons bientôt jusqu'à quand il a porté des couches, et quand il a su lire.

 

Après le soutien indéfectible les premières 48 heures, le front s'est vite fissuré. Alain Juppé a balancé un tacle au techno, à croire que Woerth est un peu embarrassant pour lui :  un techno aussi intelligent que lui, mais sympathique en plus. A suivi l'uppercut de François Sauvadet qui enfonce un coin supplémentaire, et plusieurs retraits dans le front uni à l'intérieur de l'UMP. Bref, ses jours sont comptés, voire ses heures. Les lièvres levés le justifient hélas. Et nous sommes loin de la tolérance zéro.

 

Pourtant, cela n'est pas pour me rassurer. Les Christian Blanc aux notes pharaoniques de cigares, les Christine Boutin (dont le bureau et les assistantes inutiles ont été maintenus) et les Alain Joyandet sont tous saufs. Pire, les conjoints des politiques auront intérêt à être fonctionnaires pour ne pas risquer de se retrouver un jour dans une situation compromettante. Et puis cette affaire pose, il est vrai, de nombreuses questions. Le salaire faramineux d'avocat de Jean-François Copé, déjà député et président du groupe UMP à l'assemblée nationale, se justifie-t-il autrement que pas l'accès à un réseau de pouvoir et un pari sur un présidentiable pour son employeur ? La vie politique frise en permanence avec ce genre de relations troubles. Il n'y a pas de réponse simple, sauf à éradiquer totalement les derniers élus qui viennent du privé, ou dont le conjoint fait une belle carrière dans le privé, et veulent garder cette culture distincte de la majorité de leur univers politique : la fonction publique.

 

Pour le moment, la chasse est ouverte, il faut éviter de se prendre du plomb au passage.