mercredi, 08 novembre 2006

Un impôt volontaire écologique : prélude aux impôts de demain ?

medium_31643.5.jpg"Après avoir calculé leurs émissions de gaz à effet de serre, des entreprises mais aussi des particuliers acceptent de les compenser en finançant des projets écologiques" dans le Figaro d'aujourd'hui.

 

Action Carbone propose à ceux qui le souhaitent de mesurer le volume de gaz carbonique qu'ils ont émis. Le site est bien conçu, sobre et très pédagogique. Nous sommes loin des discours effrayants qui, même s'ils sont fondés, nous incitent davantage à baisser les bras qu'à agir quotidiennement avec des actes simples. Leur vision est plutôt rassurante :

"La compensation des émissions de gaz à effet de serre n’est pas la 1ère réponse dans la lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions par des comportements économes et responsables est en effet l’action essentielle et prioritaire à mettre en œuvre. Cependant, certaines émissions sont « inévitables » et c’est à ces dernières que la compensation peut apporter une réponse.

Notre action n’est donc pas un moyen de déculpabilisation face aux émissions de gaz à effet de serre mais une action de responsabilisation supplémentaire pour réduire notre impact."

Ce discours me plaît car il sonne raisonnable. reste à payer, deuxième étape, la plus importante.

 

Fondé par l'Ademe et l'association GoodPlanet (créée en juillet 2005 et présidée par Yann Arthus-Bertrand), il permet en outre de verser l'équivalent d'un impôt volontaire à un fonds. Le montant proposé est de 15 euros par tonne de CO2. Evidemment, le premier partenaire de ce projet à apparaître dans la liste, c'est la Caisse des Dépôts, toujours là pour dépenser l'argent des contribuables pour acheter une bonne conscience au secteur public. Bon. Mais plus bas (donc moins visibles), "Défi pour la Terre", la fameuse association de Nicolas Hulot.

 

Qu'il s'agisse d'un financier ou d'Arthus Bertrand, qui a versé 22.600 euros pour compenser ses nombreux déplacements en avion (gourmands en kérozène), de nombreux individus écologiquement responsables ont versé leur écôt à l'association. Des entreprises ont également choisi de participer à ce projet, comme Cortal Consors, Yves Rocher et Lexmark !

 

L'ensemble des versements finance des projets "sobres" en carbone (énergies renouvelables, efficacité énergétique..) mais aussi des projets de séquestration de carbone afin d'absorber une partie du carbone émis et de l'enfouir. Déjà, deux concurrents proposent un type similaire ddirecte : l'ONG Geres (groupe Énergies renouvelables environnement et solidarité fondée au début des années 80) et une entreprise baptisée Climatmundi (calcul d'émissions pour vos voyages en avion très réussi !). 

 

Bref, le principe de cet impôt volontaire pourrait marquer un changement dans l'approche fiscale, non ? Ne pourrions-nous pas basculer progressivement certains impôts et taxes sur ce mode ?

 Rêvons un peu. Pourquoi ne pas offrir aux contributeurs des avantages urbains, par exemple ? La Ville de Paris pourrait faciliter la vie des imposés, comme forme d'incitation à payer cet impôt, sans nuire pour autant aux autres. A quand une carte "Privilèges VdP" avec certains tarifs négociés (stationnement, parkings), des files de priorité (crèche ...), un accès VIP aux élus de Paris et, pourquoi pas, un service de conciergerie pour toutes les démarches locales municipales ou administratives ?

 

En attendant, à mon chéquier !

10:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, import, ecologie, CO2, rechauffement | | | Digg! Digg |  Facebook