jeudi, 11 juin 2009
On meurt tous ensemble ou on gagne tous ensemble
Même au fond du trou, le PS creuse ! "On meurt tous ensemble ou on gagne tous ensemble", creuse et tais-toi. La menace est lourde, surtout venant de Martine Aubry. Sa popularité vient de baisser de 7 points quand celle du (mini) vainqueur des Européennes, Nicolas Sarkozy, progresse d'autant. La démocratie impose à tous la loi du plus fort, les peuples aiment les vainqueurs et désavouent les perdants. La ségoliste Aurélie Filipetti, battue aux Européennes, n'y va pas de main morte non plus : "Tout doit changer du sol au plafond au Parti socialiste". Manuel Valls, quadra perdu dans cette pétaudière, est plus explicite : "C'est minuit moins le quart, là, avant la mort clinique du Parti socialiste." Le Modem grignote la part sociale démocrate du PS, le Parti de Gauche de Mélanchon la partie anticapitaliste hostile à la stratégie de la terre brûlée du facteur. Et Cohn Bendit est venu faire un hold-up au moment où le PS avait une carte à jouer. Depuis que Fabius et les Nonistes n'ont pas été exclus par respect du vote des adhérents socialistes, le parti est en chute libre.
Martine Aubry sait qu'elle est sur un siège éjectable dont le mécanisme est déclenché et qui ne tient que pas des bouts de ficelle. Au moindre choc interne, elle gicle. Et Ségolène, qui l'adore depuis une semaine (tout est possible, on voit même Villepin se soumettre à l'autorité de Sarkozy à la veille de son procès), prend sa place. Et avec sa main de fer dans un gant de fer, la machine à claques promet de faire mal. Bref, Martine résiste et cherche un moyen d'échapper à cette épuration violente (qui promet des ouvertures un peu carnassières sur le Modem en déclin). Benoît Hamon, battu aux Européennes, aimerait bien récupérer une partie des commandes avant que Ségo n'emporte le tout. Le timing est serré, et Ségo ne sera pas du genre à composer dans la finesse. N'oublions pas que l'entité juridique actuellement appelée "Parti Socialiste", c'est une machine à cash qui reçoit entre 20 et 25 millions d'euros par an (en deux lignes) du contribuable français, et dont les candidats investis n'ont pas à débourser, leurs frais de campagne sont assurés aussi d'être pris en charge par le même contribuable français, sans parler des multiples avantages tels que les permanences gratuites, etc.
Après la déclaration enflammée (qui a brûlé ses chances de conquérir le PS) de Bertrand Delanoë dans ce sens, Manuel Valls souhaite aussi changer le nom du PS... en "Parti Social Démocrate" ? Et Ségo, qu'est-ce qu'elle veut ? En effet, le mot "socialiste" ne veut plus rien dire. Sarko pique ses idées à la gauche, celle-ci ne sait toujours pas si elle est capitaliste sociale démocrate, celle qui privatise et ouvre la concurrence par souci des Français, ou anticapitaliste, celle qui défend les nationalisations et des taux d'impôt coinfiscatoires par conviction idéologique. Ce n'est pas tant les propositions que leur absence de cohérence, traduisant l'absence de projet, qui est sanctionné par les électeurs. Au sein du PSE, le PS français fait figure de ringard. La tendance est plus proche du progressisme blairiste (ouverture des services publics à une concurrence encadrée, soutien important aux plus faibles dans un environnement très flexible) que du socialisme historique français aux-zacquis-sociaux dévastateurs pour la France d'en bas qui en paye la facture au prix fort.
La grande Martine aurait pu dire : "On meurt dans l'immobilisme ou on gagne dans le changement", En attendant, observons les cheminées de la rue de Solferino pour voir quelle sera la couleur de la fumée.
10:31 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : aubry, valls, hamon, socialiste, social démocrate |
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