mercredi, 06 octobre 2010

Free, une entreprise libre !

Free.jpgFree, une entreprise à l'image de son patron, ce self made man qui s'est hissé à la douzième position des plus grandes fortunes françaises ? Xavier Niel est un personnage intéressant qui a connu ses premiers succès financiers avec le minitel rose (réussite qui lui a coûté quelques ennuis judiciaires) avant d'enchainer avec la révolution Internet (pendant que nos technocrates, dont Attali, persistaient à voir la claire infériorité par rapport au minitel bien de chez nous). Inventeur de l'offre triple play avec la free box, il reste un homme d'affaire audacieux et farouchement indépendant, une sorte de Richard Branson français, version plus discrète. Il s'est aussi révélé mécène en créant une fondation Free. Chaque fois, ses actions de communication décalées et différenciées se sont révélées avantageuses sur le plan commercial.

 

C'est aussi Niel qui a racheté le Monde avec le mécène de Ségolène Royal, Pierre Bergé, et Matthieu Pigasse. A cette occasion marquante, il a déchainé les foudres de l'Elysée qui ne voulait pas entendre parler de ces "rouges" aux manettes du quotidien le plus prestigieux du pays. Certes, cela confirme que le Monde ne va pas basculer à droite dans un paysage médiatique globalement dominé par des journalistes ouvertement de gauche. Rappelons que Niel a déjà investi dans Mediapart, dirigé par Edwy Plenel à l'origine du Woerthgate. Dans l'ensemble, ce parcours confirme un esprit très libre. De gauche, ce qui est très convenu, mais libre. Et combattif.

 

Lorsque le gouvernement a annoncé une nouvelle taxe sur l'offre triple play (inventée par Niel, on imagine la motivation de cette décision), Free a réagi en appelant ce projet de surfacturation fiscale "taxe Baroin - Sarkozy". L'idée est brillante. Les héros politiques voient leur nom accolés aux niches fiscales et aux subventions, ils auront également droit d'être associés aux taxes qu'ils ont créées dorénavant. Après les paradis artificiels, ils plongeront avec l'enfer fiscal. Une fois de plus, Niel a fait bondir le président de la république. Et réussi un joli coup de pub pour son entreprise.

 

Enfin, voilà que Free rechigne à mettre en oeuvre la loi Hadopi, traine des pieds et manifeste son soutien aux droits à la protection de la vie privée des internautes. Le gouvernement ne sait pas trop comment réagir, pendant que la meute des corporations favorables à Hadopi se déchaine contre Free. Mitterrand est furieux.

 

Un internaute a déclaré : « Les FAI ne sont que des lâches, la peur au ventre ils n'hésitent pas à dénoncer leurs clients, honte à eux » Pour le moment, Free offre une belle résistance à cette dérive liberticide.

lundi, 04 mai 2009

Quand les artistes jouent les marchands du temple

Dans une lettre adressée à Martine Aubry, Pierre Arditi, Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Bernard Murat et Michel Piccoli accusent "leur camp" de les avoir trahis. De la part d'artistes qui s'affichent ouvertement de gauche, voire qui ont longtemps été "compagnons de route du parti communiste", l'anecdote est croustillante. Ils n'ont pas honte de la jouer franco :

En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays. C'était vrai, en particulier, des dispositions prises sous François Mitterrand. Ceux de nos voisins qui n'ont pas fait ce choix-là n'ont plus de cinéma ni de musique.

 

C'est connu, il n y'a plus de musique ou de cinéma d'auteur au Royaume-Uni, dans le reste de l'Europe ou aux Etats-Unis (ne parlons pas du cinéma japonais, coréen ou de Hong Kong). On les comprend, c'est plus simple quand les subventions publiques tombent tous les mois sans avoir à penser au public. Ah, cruelles règles du marché. Il me semble pourtant que le cinéma d'auteur français n'a jamais été aussi dynamique qu'à l'époque où les subventions n'existaient pas, par exemple à l'époque de la Nouvelle Vague. Depuis, le flambeau du cinéma d'auteur a été repris par d'autres artistes de multiples pays.

 

Aussi est-il inquiétant d'entendre ce contresens majeur de la bouche de personnalités qui, finalement, agissent de manière bassement corporatiste :

Souvenez-vous en : le droit d'auteur est un droit de l'homme. Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirts que leur âpreté et leur cupidité est moindre. Pour être cool en apparence, le capitalisme numérique n'en est pas moins sauvagement prédateur ! Héraclite nous enseigne : "le Peuple doit combattre pour ses lois comme pour ses murailles".

 

Un droit de l'homme contemporain et matérialiste, peut-être, mais pas de l'Homme dans la déclaration version de 1789. Quant aux PDG des multinationales si facilement caricaturés, ce sont au contraire les premiers défenseurs de la loi Hadopi qui protègent leur vieux modèle marchand périmé. Quand une artiste engagée (qui aurait pu cosigner cette lettre) comme Agnès Jaoui négocie ses tarifs pour ses films, elle ne pense certainement pas par cupidité. En fait, ses 500.000 euros annuels tombent d'un ciel généreux. Soyons sérieux.

 

Artistes, écoutez vos enfants, regardez le monde changer. Il ne veut plus de cet arbitraire d'un autre temps. Internet et l'univers numérique ont changé la donne. Mozart ne vivait pas de "droits d'auteur". Par la force des choses, les artistes de demain non plus. Puisse ce quarteron d'artistes s'occuper de ce qui le regarde pour laisser vivre l'humanité tranquillement. Nous avons assez de tyrans sur le dos pour ne pas récolter les artistes en plus.

 

Allez, j'en profite pour suggérer à Ségolène d"étoffer sa gamme en demandant pardon aux artistes pour le vote de Martine.

20:58 | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, hadopi, piccoli | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 12 mars 2009

La France imite la Chine, merci Nadine !

La loi Hadopi est inutile et injuste. Elle promet de faciliter les intrusions dans notre vie privée, les sanctions prévues sont totalement iniques et il est probable que les télechargeurs les plus actifs sauront contourner les mesures techniques mises en place. C'est le pékin moyen qui sera puni, voire privé de son outil de communication avec le monde. En cas de coupure de l'abonnement Internet, adieu courses, consultations bancaires, mails, etc. Sur le fond, Maître Eolas a mieux décortiqué que quiconque les méfaits de cette loi. Comme je l'avais déjà exprimé en 2006, le droit d'auteur va devoir évoluer pour s'adapter au télechargement qui est devenu un usage courant et naturel. D'ailleurs, le modèle économique du secteur a déjà profondément changé malgré tous ses efforts pour bloquer cette tendance entrée dans les moeurs.  En attendant, le projet de loi avance. Peut-être une association militante (quadrature-du-cercle ?) trouvera-t-elle d'ici-là ne solution pour contourner cette coupure technique en offrant un réseau de re-connectionsur les bornes wifi voisines. En attendant, nous rentrons dans l'univers de la surveillance et de la dénonciation.

 

Nadine.jpgSignal très grave de cette dérive liberticide, Nadine Morano a lancé des procédures pour pister et retrouver les internautes qui l'ont insultée sur des sites comme Youtube et Dailymotion. Bienvenue dans le monde de l'omnisurveillance. Souriez quand vous conduisez, vous êtes flashé. Souriez quand vous surfez, vous êtes surveillé. Nadine, vous vous compromettez de manière scandaleuse. Vous agissez comme le gouvernement chinois et ses sbires. L'insulte sur le net est fort répandue et ne va pas bien loin, et rien ne justifie que vous agissiez de la sorte en piétinant la liberté d'expression, même bête et potache. Pire, la procédure va mobiliser des ressources importantes et coûter cher au contribuable. Ce 1001eme point du plan de relance est nauséabond.

 

Si la Ministre de la Culture ne juge pas l'accès à Internet comme un droit fondamental, pas plus aue nos députés ignares la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne stipule que "toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques, et sans considération de frontières". Une fois de plus, la France privilégie la voie de l'autoritarisme et porte atteinte à nos libertés les plus élémentaires.

 

J'offre une tournée générale avec "Nadine, prends tes cachets et laisse vivre les internautes" !

21:58 Publié dans Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hadopi, internet | | | Digg! Digg |  Facebook