vendredi, 08 mai 2009

L'homme nouveau est en marche

CSP.jpgCSP (taulier en photo) est classé 46ème blog politique le plus influent par Wikio. Comité de Salut Public s'annonce néo bolchévique (NövoBölcho), proche du NPAAAAA. Ses amis sont "Vive le goulag" ou "Vive le feu". Ceux qui ont eu le malheur de connaître ces camps de concentration bolchéviques apprécieront l'humour au 2eme degré. Evidemment, les textes sont violemment liberticides et anticapitalistes. Vive la révolution socialiste qui piétine les droits fondamentaux de l'homme pour confisquer (collectiviser) la propriété privée et établir des droits de classe. En parcourant ses derniers posts, je suis tombé sur un texte qui m'a sidéré. Il s'agit d'une véritable incitation à la violence armée que ces quelques passages illustrent bien :

Je rêve de monter sur des hauteurs pour contempler des villes et de voir partout des nuages s'élever de différents points.
Je rêve de départs de feux et de pompiers impuissants.
Je rêve d'édifices aux façades noircies et d'immeubles dévastés.
Je rêve de marcher dans des rues et de sentir des odeurs de gasoil et de caoutchouc brûlé.
Je rêve de chaussée défoncée, de bitume éventré, de magasins fermés en urgence, de morceaux de verre qui crissent sous mes pas.

[...]

Il y'a de la "colère sociale", il y a des "salariés en lutte", il y'a de la dignité et du chagrin, de la révolte et de l'angoisse, il y a le mépris du patronat et les lecteurs du Figaro, il y aurait une "insurrection qui vient", il y a quelque chose qui flotte dans l'air, il y a beaucoup de choses.
Je ne veux pas qu'on "améliore" quoi que ce soit.
Je ne veux pas qu'on "réforme" ou qu'on fasse du "débat citoyen".

Je veux voir des fumées noires.
Je veux voir leur monde brûler.

 

Je trouve très inquiétant de voir ce genre d'idées nauséabondes se banaliser. On peut penser que c'est marginal. Après tout, ce ne sont que des mots. Ce n'est pas ce que pensent les cadres dirigeants séquestrés, ni les étudiants qui voient leur investissement important réduit en cendres.  Cette violence est littérale, elle se traduit en actes dans la vie réelle, par exemple dans les facs :

 

 

Ces paroles se traduisent aussi en actes dans les rues :

 

 

Est-ce là le monde que CSP souhaite nous préparer ? Il peut se moquer des traitres  socialistes, socio-démocrates, des libéraux qui défendent l'individu et ses droits contre la loi du plus fort, fût-il majoritaire. Mais CSP ne doit pas se plaindre de se faire traiter de "fasciste rouge". Il en est un et doit l'assumer en toute honnêteté.

12:12 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : npa, révolution, grève | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 30 janvier 2009

Petit conte d'un jour de grève

Ca se passe dans le métro, à Washington. Un jeune homme en jean et baskets joue du violon. Seules quelques personnes s'arrêtent, et pas longtemps, la plupart des mille et quelques personnes qui passent devant lui l'ignorent tout simplement. Sauf un babin de 3 ans qui reste là, bouche bée. Il saisit la magie juste à portée de sa main. Il est fasciné par le son d'or qui s'échappe de ce petit boitier coincé dans le creux du cou du musicien. Au bout d'une minute, sa mère le reprend et poursuit son chemin. Quelques passants jettent rapidement un billet ou des pièces. Et puis une femme le reconnaît. Ce prodige aux doigts de magicien est l'un des maïtres contemporains de cet instrument exigeant : Joshua Bell à la discographie impressionnante. Son instrument est un Stradivarius. Au bout des trois quarts d'heure passés à jouer, il a 32 dollars dans son bol. L'histoire est vraie.

 

Méfiants ou pressés, nous ne savons plus flâner, perdre notre temps, nous perdre tout simplement. Nous manquons des merveilles, parfois même l'essentiel. Jeudi, ils étaient plus d'un million à flâner, sans doute en y prenant du plaisir. Ils appelaient ça une "journée d'action", très fort l'humour. Mais à quel prix ! Et pourquoi ? Cette promenade urbaine était-elle utile, inoffensive ? Certains, à gauche, sont sceptiques. François Chérèque avoue que cette journée était un cri de colère, pas une solution. Bref, la manif a surtout traduit un vrai désespoir. La crise, ses effets et l'incompréhension de ses mécanismes alimentent facilement nos peurs, et les syndicats n'ont pas hésité à souffler sur les braises quitte à diminuer les chances d'un retour de la confiance. 

 

Effets attendus ? Nuls. Bernard Thibaut dit attendre un miracle : "il faut des mesures concernant l'emploi, le pouvoir d'achat". Qui pense encore que l'Etat fabrique le pouvoir d'achat ou les emplois comme les lutins du père Noël fabriqueraient des jouets dans le grand nord ? Au contraire, il les détruit pour l'essentiel. Cette grève paralysante organisée par des professions protégées totalement à l'abri de la crise sera subie, une fois de plus, par l'ensemble des Français. Ce sont les dommages collatéraux, que voulez-vous. En emmerdant 63 millions moins un (celui qui défilait) de Français, le cartel syndical sera reçu en février par l'Elysée avant de pouvoir partir au ski. Qui avouera qu'il ne comprend pas plus les rouages de cette crise, qu'il ne sait pas quoi faire et qu'il n'en a pas les moyens.

 

Quel impact sur le moral des ménages ? Si les Français étaient 69 % à éprouver de la sympathie pour l'évènement, ils sont aussi 72 % à exiger une restriction du droit de grève pour imposer un vrai service minimum et 60 % à demander l'ouverture de la concurrence dans les transports en commun. Flâner, oui. Mais en voyageant librement. Nous nous dirigeons vers des temps difficiles avec ces clivages grandissants.

 

14:55 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : joshua bell, greve | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 10 mai 2007

Fachos, hors de nos rues...et de nos facultés

medium_Fachos.JPGMercredi, 300 etudiants ont voté la grève et le blocage de Tolbiac "la rouge", prenant en otage 15.000 etudiants à une semaine des partiels. Leur affiche est claire : "Fachos, hors de nos rues". Ca tombe bien, c'est exactement ce qu'on demande à ces jeunes voyous d'extrême gauche. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce comportement. Contester le résultat et la légitimité d'une élection politique nationale à peine trois jours après la mobilisation exceptionnelle que nous avons connue, c'est une attitude digne des défenseurs des dictatures dites "populaires" qui a de quoi inquiéter le citoyen moyen que je suis.
 
François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur, a demandé au président de l'université de Paris-I de "prendre toute mesure pour assurer la liberté d'accès au site et la continuité du service public". Il considère dans un communiqué "comme profondément inadmissible qu'une minorité d'extrémistes, manifestant leur mépris de la démocratie, prétendent s'opposer à la mise en œuvre du programme du président de la République". Cette seule réaction rassurante sera-t-elle suivie d'effet ? Les jeunes fascistes rouges n'attendent que ça pour étendre la contestation. Juste avant les examens... et les législatives de juin. Le timing ne risque-t-il pas de jouer en leur défaveur ?

jeudi, 29 mars 2007

La CGT fait payer les frais de port au prix fort

Après deux semaines de blocage total, le mouvement des dockers du Port Autonome de Marseille (PAM) a reconduit la grève. L’objectif des grévistes est d’interdire à GDF de se charger du nouveau terminal méthanier censé diversifier notre approvisionnement en gaz. Ce corporatisme étriqué a pour unique justification celle de maintenir un pouvoir de nuisance dans lesmains de la CGT. Le résultat est dramatique pour la région. Pas moins de52 navires, dont 30 pétroliers, attendent sur rade et 34 sont bloqués à quai. L’approvisionnement de l’oléoduc de Fos est menacé. De nombreuxsecteurs d’activité sont ainsi menacés, à nouveau pris en otage par ces « mouvements sociaux » souvent violents. Les PME et l’emploi en pâtiront, encore une fois. Alors que le port de Marseille dispose d’atoutsgéographiques exceptionnels, il a perdu la moitié de sa part du marché des conteneurs en Méditerranée en 15 ans. Et la tendance ne va pas dans le bon sens.

Il y a un an, un rapport de la Cour des Comptes mettait le doigt sur les causes de ce déclin qui menace l'activité économique de Marseille et de toute la région : manque de fiabilité des services offerts aux armateurs, coût de la manutention supérieur d’un tiers à celui des ports concurrents européens, une productivité deux fois plus faible qu’à Valence à cause d'une organisation inadaptée. Manutentionnaires et grutiers appartiennent à deux structures archaïques distinctes qui ne travaillent pas sur les mêmes horaires. Et lorsque grutiers et dockers sont ensemble au travail, encore faut-il que les grutiers aient l’obligeance de traiter les naviresen tenant compte des besoins des sociétés de manutention et de leurs clients armateurs. Résultat, certains travaillent 14 heures par semaine derrière leurs manettes.

La Cour des Comptes suggère une réforme de fond, à Marseille comme dans les autres ports français. Elle consiste à unifier le commandement, afin de ne plus subir cet environnement digne des Monty Python, et à confier leur exploitation à des opérateurs privés. Avec l’arrivée de nouveaux acteurs lourds qui veulent redonner au port de Marseille une place de premier rang parmi les ports européens, les chances de sortir de cette impasse sont réelles. Encore faudra-t-il que les mentalités des syndicalistes abandonnent leur crispation corporatiste. La Cour des comptes voit un espoir d’amélioration dans l’entrée récente de grands groupes internationaux dans le capital des entreprises portuaires marseillaises.
 
En attendant, de nombreuses PME tremblent et l’économie souffre en silence. Objectif réussi pour les vandales de la CGT : les embauches, ce n’est pas pour demain.

mercredi, 08 novembre 2006

Quand le Monde fait la promo de la privatisation du fret SNCF

Le Monde, repère anti-libéral par excellence, nous sort des analyses qui me laissent parfois pantois. Dans le numéro daté du 8 novembre, sur une page entière, Anne Pélouas et François Bostnavaron nous font rêver d'un frêt dynamique, moderne et répondant aux attentes. Bref privatisé et concurrentiel.

 

Tout le monde sait que le fret est le cauchemar de la SNCF. Déficit abyssal, perte de parts de marché, ce n'est vraiment pas son métier. De plan coûteux en plan horriblement coûteux de sauvetage bricolé, le fret s'enfonce inexorablement. Depuis le 1er avril de cette année, la concurrence est ouverte ! Six opérateurs ont obtenu une licence et exploitent leurs trains sur nos rails. Pour le dire avec tact : "L'arrivée de la concurrence a confirm un handicap de compétitivité très important". Plus clairement, des branleurs incompétents ne foutent rien depuis des années et coûtent la peau des fesses au contribuable scalpé. Heureusement que la SNCF nous a habitués à plus de compétitivité et de réactivité ailleurs.

 

Un tableau comparatif placé bien en vue, avec de gros caractères, vient confirmer cette analyse tranchée :

Nombre de jours travaillés par les cheminots :

- Fret SNCF : 200 jours

- Concurrence : 220 jours

 

Nombre de salariés par convoi :

- Fret SNCF : 3 salariés

- Concurrence : 1 salarié qui fait la vérification, la livraison et le technico-commercial

 

Temps d'utilisation d'une locolmotive de fret :

- Fret SNCF : 6 à 7 heures par jour

- Concurrence :  18 heures par jour

 

Délai moyen d'acheminement des marchandises :

- Fret SNCF : 8 jours

- Concurrence : 3 jours

 

 

C'est clair, il faut vendre le fret SNCF, à l'image du fret canadien qui a vécu la même crise. Le Monde nous raconte une magnifique histoire qui confirme que les privatisations, c'est formidable.

 

Il y a des jours où j'ai presque envie de m'abonner !

19:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Fret SNCF, grève, provatisation, concurrence, Veolia | | | Digg! Digg |  Facebook