lundi, 30 octobre 2006
La Fiac est de retour au Grand Palais
Comme chaque année, la Foire Internationale d'Art Contemporain se tient à Paris. Mais avoir été installée Porte de Versailles pendant de nombreuses années, la voici de retour au Grand Palais comme à l'origine, répartie entre une tente dans la Cour carrée du Louvre, le Jardin du Louvre et le Grand Palais à la magnifique verrière ultra contemporaine. Si les chanceux du vernissage ont pu éviter cette épreuve pénible, le commun des visiteurs doit patienter jusqu'à une heure avant le guichet d'entrée. L'entrée à 20 euros ne rebute pas grand monde. A l'intérieur, c'est le grand plein. Un truc : prenez votre billet à l'entrée du Carrousel du Louvre, l'attente est bien moins longue, et vous n'aurez pas à faire les 300 mètres de queue du grand Palais.
Tout est à vendre, même les sculptures monumentales contemporaines du Jardin des Tuileries (attention, pas les grandes oeuvres de Henry Moore ou les animaux étranges de Germaine Richier, qui font partie du patrimoine national !). Si les jeunes galleries de la Cour carrée du Louvre abritent de belles surprises, notamment dans le secteur du design, les merveilles se trouvent dans le Grand Palais. En général, les prix ne sont pas affichés. Si vous n'avez aucune idée des "cotes" du marché de l'art, lorsque vous demandez le prix d'une oeuvre d'un artiste déjà connu, imaginez un prix, et rajouter deux...voire trois zéros. Vous serez plus proche de la réalité.
Un détail choquant pour tout amateur d'art qui conçoit la création comme indépendante du pouvoir : le plus gros acheteur de cette foire, c'est l'Etat français !
Comme l'indiquent de très nombreux jolis cartons munis de la pastille rouge et signés par le Centre National des Arts Plastiques, de très nombreuses oeuvres ont été acquises par le du ministère de la Culture. Avec notre argent de contribuables, ou en endettant encore davantage les générations futures, l'Etat acquiert des oeuvres qui iront s'entasser dans des FRAC, dans le FNAC ou qui décoreront les bureaux d'obscurs hauts fonctionnaires. Il me parait important de revoir ce type d'institution qui constitue une immixtion anormale de l'Etat dans le monde de la création plastique.
La foire de Basle ou la Frieze Art Fair de Londres sont extrêmement dynamiques et se passent très bien de ce type d'intervention Etatique. En revanche, la règlementation concernant les fondations est bien plus avenante et favorable aux fonds privés de soutien des artistes. Au contraire, l'environnement français du marché de l'art est un peu vicié. La fondation Pinault a fini par s'expatrier à Venise après des années d'attente. Les droits de suite pésent sur le marché secondaire des enchères. Enfin, les grands collectionneurs ont tendance à se faire discrets pour ne pas être repérés par le fisc. Bref, la faiblesse du marché "libre" de l'art moderne et contemporain tient à divers facteurs cumulés. Premières victimes : les artistes et la création plastique.
13:40 Publié dans Culture, La vie à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Fiac, art contemporain, grand palais |
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