vendredi, 13 octobre 2006

Guy Sorman risque la prison !

medium_annuaire.4.jpgLe ci-devant Guy Sorman était déjà un traitre à la pensée unique nationale. Libéral déclaré, qui avait même l'outrecuidance d'afficher son atlantisme (cela dit, c'est une bonne méthode pour avoir son visa pour les US où il passe la moitié de son temps), il se permettait de contester la notion de génocide sur le plan juridique, concernant la fameuse affaire du "génocide arménien". Dorénavant, il pourra aller en prison (un an + 45.000 euros d'amende) grâce au courage, à la pugnacité et au sens de l'histoire de Patrick Devedlian et de 128 autres de nos députés (les 448 autres n'ont pas participé au vote !). Patrick Devedjian, que je respecte pour sa liberté de ton habituelle, a choisi aujourd'hui une voie bien obscure : "la France est le pays des droits de l'homme, le pays qui nous a medium_annuaire.5.jpgaccueillis dans la souffrance et dans la détresse, et qui nous permet d'être aussi protégés dans notre mémoire, dans notre identité, par cette loi qui, justement, vient s'opposer à l'agression que nous subissons par l'organisation en France du négationnisme turc par les autorités turques". Son engagement nous a fait franchir un palier important dans notre descente liberticide.

 

Guy Sorman, pour revenir à ce futur condamné, ne nie pas les faits : "Génocide ou pas ? Les autorités et les élites turques ont longtemps nié l’ampleur du massacre. Puis, les faits étant avérés , ces Turcs ont tenté de les réduire à une interprétation strictement militaire : des Arméniens armés alliés aux Russes ,attaquaient l’armée ottomane sur son front oriental, ce qui aurait déterminé les Ottomans à transférer les Arméniens vers le Sud de la Turquie. De fait, la plupart des Arméniens sont morts au cours de cet exode atroce ; des cortèges entiers furent assassinés par des soldats ottomans et des bandes armées . "

 

Mais il précise que l'emploi d'un terme précis comme "génocide" exige de la rigueur : "Génocide ou pas ? L’ordre d’une extermination des Arméniens par le gouvernement ottoman n’a semble-t-il , jamais été donné ; il n’a en tout cas , pas été trouvé . Ceci est important car la définition internationale du génocide exige cette implication directe comme en Allemagne nazie ou au Rwanda "

Et les conséquences de cette définition est lourde : "Or ce terme précis de génocide a une définition juridique internationale et des conséquences légales tel le droit à restitution des biens, ce que l’État turc n’est pas du tout prêt d’accepter, sauf à déstabiliser la société turque." Bref, la question est délicate. Les relations entre la diaspora arménienne et les Turcs étant extrêmement tendues, la loi vot

Jusque là, il ne recevait que des invectives : "Le 6 juin dernier , j'ai publié un texte sur ce sujet qui m'a valu énormément d'insultes et de menaces venant de tous bords.". Dorénavant, cette loi permettra aux associations arméniennes de l'attaquer en justice, de l'obliger à payer des avocats pour sa défense. Et il risque sérieusement de lourdes condamnations pour ses propos bloguiques.

 

Note : il est "amusant" de constater que celui qui écrit quoi que ce soit sur l'affaire arménienne risque la prison : en France s'il nie le génocide, en Turquie s'il l'affirme. Si la Turquie n'est pas près de rentrer dans l'Europe, la France est en train de rejoindre la Turquie ur le terraind es Droits de l'Homme.