samedi, 22 novembre 2008

La fin du PS pour 42 voix ?

Aubry Royal.jpgSégolène Royal a perdu de quelques voix dans un scrutin que les deux candidates ont certainement bien truffé. Au jeu du bourrage d'urne probable, les clans "Tout Sauf Ségo" et la grande Martine ont été meilleurs que Ségolène. Cette dernière peut contester le scrutin,  et même légitimement, il n'en ressortira plus rien. La haine est trop forte, trop personnelle entre les deux camps. Un troisième scrutin serait -il obtenu d'un tribunal, il n'y aurait pas plus de chance de réconciliation, mais une certitude: un enlisement durable au moment où le PS a besoin de toutes ses forces pour redémarrer.  Bref, le PS va probablement exploser. Le camp autour d'Aubry, patchwork hétéroclite de petits notabliaux de la politiques soutenant chacun son éléphant, se serait résolu à la défaite parce qu'il a besoin de cette gamellle pour vivre (la politique se résume souvent à ça dans les grands partis). Pas le clan Ségo,  dont l'ambition est trop forte pour se satisfaire d'une pétaudière ringarde tenue par l'Aubry terne.

 

Premier vainqueur, Nicolas Sarkozy qui sait l'opposition au tapis pour au moins deux ans, européennes et (probables) régionales. Peut-être l'occasion de reprendre des régions au PS (s'il existe encore le jour venu).

Deuxième vainqueur, François Bayrou. Il va pouvoir ratisser large au PS et devenir officiellement le parti de centre-gauche de l'échiquier politique national. Et même tenter de faire monter Ségolène chez lui en loucedé pour discuter recrutement Bon, le jeu des egos domine trop pour rendre ce scénario crédible.

 

Bref, Ségolène se prend une seconde claque en 18 mois, et celle-là est plus grave que celle de la présidentielle. Cet échec marque la première faute lourde d'un parcours jusque-là cohérent et plutôt réussi vu les handicaps qu'elle a dû surmonter. Que ceux qui l'admirent se rassurent, elle a de la ressource. Et puis peut-être Carla Bruni-Sarkozy viendra-t-elle à son secours. Après le fond souverain de Nicolas, pourquoi pas un fond  Ségo par Carla ?

mercredi, 19 novembre 2008

Je vote Ségo

Sego.jpgRassurez-vous, je n'ai pas ma carte au PS, mais seulement au tout jeune Parti Libéral Démocrate. Comme tout le monde, j'ai pu constater le vide abyssal de son programme, suivre ses gaffes et sa démagogie douteuse. Mérite-t-elle pour autant la nuée de critiques qu'elle se prend ? Le "Tout Sauf Ségo" de l'intelligentsia parisienne aboutit à des attaques personnelles terriblement injustes et qui n'ont jamais été adressées à aucun autre tenor du parti, même pour des erreurs bien plus graves. Et pour les raisons suivantes, je soutiens sa démarche au sein du PS :

  • Positionnement du parti au centre gauche. Benoît Hamon, derrière le côté beau gosse et orateur sympa, n'hésite pas à dire : "Si Besancenot s'inscrit dans une logique de rassemblement, je travaillerais avec lui". Gloups. Martine Aubry, dinosaure venu du nord, incarne vraiment ce dogmatisme idéologique d'un vieux socialisme figé depuis 1981. Ségolène Royal, elle, a choisi la direction opposée, plus saine pour la France : pragmatique et social-démocrate. Comme Delanoë, après tout. Sauf qu'une différence majeure les distingue.
  • Objectif : la présidentielle. Elle veut mettre le PS en ordre de bataille, et elle veut gagner. Bertrand Delanoë, lui, s'est couché dés l'annonce de son score décevant. Lui se retire lorsqu'il perd une bataille, elle pense au coup d'après quoi qu'il arrive. Elle ne veut plus non plus d'un parti de petits d'élus, heureux de leur situation locale qui les fait vivre, sans avoir aucunement l'ambition de se retrouver dans le même camp que le gouvernement. Lorsque Michel Rocard dénonce la structure du PS qui se compose d'un tiers d'élus accrochés à leur mandat, d'un tiers de militants qui rêvent d'être élus à leur tout, et d'un dernier tiers de curieux qui se lassent vite et s'en vont, il illustre bien cette déconnection entre les cadres et la base. Elle ne veut plus de ce confort mou qui vit de sa posture stérile d'opposition.
  • Renouvellement. Sans à priori idéologique (pour ne pas dire sans convictions), elle n'hésite pas à s'entourer de talents nouveaux tels que Vincent Peillon et Manuel Valls. Cela signifie qu'elle écrira la ligne du PS sur une feuille encore vierge. Avec elle, aucun tabou. Sa langue de bois n'est pas celle de l'immobilisme idéologique mais du tâtonnement, de l'expérimentation. Cela permettra-t-il d'ouvrir des dossiers que le PS n'osait toucher jusque là ? C'est bien possible.
  • Tendance à défendre le principe de subsidiarité. Dans nombre de ses discours, elle défend l'expérimentation locale, la remontée des idées et des expériences. Sa vision général peut donc s'apparenter à une démarche "bottom-up" (du bas vers le haut), très différente du jacobinisme traditionnel du PS (malgré l'introduction ratée de l'autogestion et de la décentralisation par le PSU).

 

Bon, cela ne me la rend pas sympathique ni convaincante. Mais entre le jeune gauchiste Hamon, le dinosaure Aubry et Ségo, y a pas photo. C'est Ségo. Malgré son handicap, elle est sans doute la plus apte à bouleverser le désordre qui règne au sein de la pétaudière du PS. A former les alliances qui permettront au PS minoritaire de menacer la droite. Bref, je la vois davantage former une vraie opposition qui incite l'actuelle majorité à ne pas déconner agir de façon un peu trop improvisée.

 

Petite réapparition du Béarnais. Servant d'alibi aux luttes intestines du PS, le Modem de François Bayrou est naturellement revenu sur le devant de la scène. Cette recomposition possible du PS sert ses intérêts. A force de semer à gauche et de labourer d'effectuer un travail de rapprochement subtil avec Ségo, il devrait accueillir les déçus du résultat de jeudi, et mieux se positionner pour une alliance future avec elle si elle devait l'emporter. Tout un programme.

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jeudi, 13 septembre 2007

Sectus Politicus au Centre

Chaque mois qui passe, la vie du Centre ressemble à un épisode de Dallas. Ambiance assassinat et trahison. Après la fission peu cordiale du centre, nous disposons de deux centres. Belle innovation D'un côté, le Modem navigue heureux, comme si de rien n'était. Alors que sa présence se fait discrète sur la scène médiatique, il annonce attirer les adhérents par dizaines de milliers. Entre un PS qui se disloque, une extrême gauche qui se saborde et un Sarko omniprésent,  cette formation encore inclassable ne trouve pas vraiment sa place dans les médias. De l'autre bord, le Nouveau Centre n'existe que par son capitaine improvisé devenu ministre. Comment le centre en est-il arrivé là ?

 

Jusqu'à ce que Bayrou prenne sa hache pour trouer les cales du navire UDF entre les deux tours de la présidentielle, les dirigeants du parti n'avaient pas trop osé élever la voix contre lui. Seul Gilles de Robien avait pris ses distances en critiquant durement son opposition systématique à la majorité, pour une motivation essentiellement électoraliste. Sa propre candidature à la présidentielle. Certes, Bayrou portait l'espoir d'une alternative à la vision populiste et dirigiste de Sarkozy. Ouverture et décloisonnement de notre système sans sa vision sécuritaire et répressive. A l'époque, nombre de blogueurs influents ont défendu ses couleurs pour échapper à une droite conservatrice et à la gauche la plus archaïque d'Europe. Coalition sans succès. Moi-même, j'ai vu en Bayrou cette échappée enthousiasmante. Avec Alternative Libérale, j'ai défendu sa candidature avec ardeur. J'y ai cru jusqu'au bout. Jusqu'à ce qu'il apparaisse pour ce qu'il était, comme le raconte Jean Arthuis dans une interview éclairante sur les raisons de l'éclatement du centre :

La gouvernance mise en pratique par François Bayrou est aux antipodes de la démocratie. On a assisté à une centralisation du pouvoir, à une dilution des responsabilités [...] On ne gère pas un parti comme on anime une secte.

 


Tout en reconnaissant que Bayrou portait un projet crédible, Jean Arthuis reste manifestement sous le choc de la dérive après le 1er tour :

Il faut qu’il sorte de sa vision messianique qui nourrit les illusions et conduit à l’isolement.

 

Sur son blog, on trouve une illustration supplémentaire de la dérive autocratique de Bayrou en juillet :

La gouvernance de l’UDF prend une bien étrange direction. C’est ainsi que 80 noms viennent d’être rayés du Bureau politique, arbitrairement, hors de toute procédure statutaire.

 

 

2bece1a1f9d42f72f8b97fafe1c2635e.jpgLa déception a été grande pour nombre de ceux qui l'ont soutenu. Aujourd'hui, le radeau semble surtout attirer les rebuts de partis en déliquescence. Notamment les verts, secoués par plusieurs ralliements au Modem. A Marseille, à Lyon ou à Paris pour ne citer que ces noeuds de la scène politique, le Modem se rapproche doucement du PS pour préparer un affrontement en ligne de la majorité. Au prix de quelle compromission ? Parviendra-t-il à maintenir sa lisibilité auprès de son public de centre droit, à défendre ses valeurs historiques "sociales, mais surtout libérales et européennes" ? Enfin, des militants déçus  critiquent déjà la direction autocratique du Modem qu'ils jugent trop bas débit. Ce "radeau de la méduse"-là risque fort de se disloquer définitivement.

 

 

L'autre radeau, c'est le Nouveau Centre. Hervé Morin, récompensé pour son ralliement à Sarko par le portefeuille de la défense. Il tente laborieusement d'y recomposer l'UDF d'avant la fracture : « L'ÉTIAGE, c'est celui de l'ancienne UDF, c'est-à-dire entre 20 000 et 25 000 militants ». Ces adhésions sont d'autant plus vitales que le Nouveau Centre, n'ayant pas obtenu les 1 % fatidiques dans au moins 50 circonscriptions aux législatives, ne bénéficie d'aucun financement public. Mais même à poil, ce centre ne manque pas de classe. Un ministre de la Défense, le fameux Christian Blanc (qui pourrait briguer la présidence de ce parti), Jean Arthuis figurent parmi les têtes prestigieuses des survivants à la déflagration thermo-Bayrouesque.

 

 

Jean Arthuis se prend pour un conseiller matrimonial et rêve d'une recomposition du centre historique. Personne n'y croit. Le Modem est au service d'un homme, Bayrou, tandis que le Nouveau Centre, en tentant de prolonger la tradition centriste, est hélas suspendu au bon vouloir de Sarkozy.

 

d0796be3193a28177717b65360ea0b20.jpgPour ne pas rester sur ce constat amer, je vous livre ce petit plaisir que je ne saurais garder solitaire. Le blog des djeunz libres, coqueluche Modemique des maîtres de la blogosphère, reprend de l'activité avec sa fraicheur habituelle. En ce mois de septembre 2007, Quitterie découvre enfin que les communistes ont pu être très méchants. Cette innocence me donne toujours autant envie me plonger dans les profondeurs de sa réflexion, de caresser les contours de sa pensée pour mieux en saisir le fondement; bref, elle me ferait presque aimer sa formation...

dimanche, 06 mai 2007

Rive droite, rive gauche

C'est formidable, tout le monde a le sourire, l'air heureux et content de soi. Ségolène semble enfin souriante, enfin débarassée du poids de cette campagne qui a dû être très éprouvante. Elle s'exprime comme si elle avait gagné. Nicolas lâche une larme discrètement salle Gaveau. Il nous a sorti un bon speech, avec une touche atlantiste qui fait chaud au coeur. Je pense avec joie à tous les apparatchiks gaullistes de l'UMP qui ont mal. Bon, il nous a servi une lampée de Kyoto, personne n'est parfait. Ce qui est vraiment à craindre, c'est que Nathalie Kosciusko Morizet soit nommée ministre du gouvernement Fillon. Bon, restons optimistes...

 

Bref, ce résultat fait le bonheur de tout le monde. De tout le monde ? Non, les éléphants du PS font la gueule. Ils savent que leur derrière est assis sur un siège éjectable. Ségolène ne veut plus d'eux au PS, les législatives ne sont pas gagnées et leur avenir semble d'un coup bien plus sombre qu'il y a quelques heures. Ségolène a exprimé clairement qu'elle comptait reprendre ce parti loqueteux en main pour le décrasser. Comment ? Personne n'en sait rien , à commencer par elle-même. Mais une chose est sûre. Au cours de cette "révision des 100.000", certains vont dérouiller...

 Peut-être même cela annonce-t-il a fin de l'extrême gauche. Croisons les doigts pour que le PS se rapproche du mouvement démocrate à venir, voire même qu'il se démembre. Le PS ancien n'est plus. L'extrême gauche n'a plus de parrain. Elle est probablement condamnée. Enfin.

 

 

Le score est en plus bien tranché. Les Français veulent des réformes, et des réformes profondes. Les Français ont soutenu un candidat de la majorité sortante, ce n'est donc pas un vote CONTRE mais un vote POUR un projet. Il nous faut tous en tenir compte. D'un libéralisme limité, ce projet n'est pas idéal pour les libéraux. Il ouvre toutefois des perspectives, à nous d'avoir un regard critique sur son déroulement, de juger sans concession ce qui nous parait dangereux pour les liberté individuelles, pour la démocratie ou pour le retour de notre prospérité. A nous aussi de soutenir les choix libéraux, même s'ils sont difficiles et contestés dans la rue par le dernier bastion de la réaction que sont la CGT, FO ou Sud.

 

Soyons impartiaux, honnêtes et francs dans nos jugements à venir. Préparons activement les législatives dans un esprit constructif.

samedi, 28 avril 2007

Bayrou adapte "Le bon, la brute, le truand"

Nous vivons une période extrêmement tendue. A tous les repas, à chaque rencontre, sur tous les sites, il n'y a qu'un sujet: l'enjeu présidentiel. Le moment est propice pour s'engueuler un bon coup avec ses amis, sa famille ou ses collègues de bureau. Voire de se fâcher définitivement. Jusqu'au 7 mai au matin en tout cas. C'est peut-être même le prétexte idéal pour rompre une relation qu'on a trop tardé à couper.

 

Cette tension vient d'un homme, François Bayrou. De manière improvisée car imprévue. Il a senti qu'il avait ouvert une belle faille dans le bipolarisme artificiel gauche-droite; artificiel parce qu'il ne repose sur rien mais permet seulement à une caste d'hommes politiques de vivre du système avec un risque bien plus limité que dans un jeu ouvert. Il a compris qu'il lui restait un temps assez court pour asséner ses coups de burin dans ces fissures béantes. Porté par une vague irrationnelle de lassitude et d'espoir, sa défaite n'en est pas réellement une. Mais il sait que le 10 juin, son parti ne sera plus. Pris en tenaille entre un PS moribond et une UMP extrêmement renforcée, sa place dans ce secteur économique qu'est la politique est menacée. Il risque de devoir se retirer pour une longue traversée du désert. Sarko s'en est remis, pourquoi pas lui ? Mais d'autres n'ont pas cette patience : ses députés ont massivement rejoint Sarko. Par manque d'imagination...et par aversion au risque.

 

Car Bayrou tient une carte maîtresse en main, la carte qu'il a jouée depuis le début de sa campagne pour la présidentielle. La gauche est condamnée. Aujourd'hui, demain, dans 6 mois. Le rassemblement de dinosaures antilibéraux et anti-européens et de socio-démocrates européistes est une contradiction interne que le PS, fragilisé, ne peut plus surmonter. Emmanuelli parle déjà de fonder un nouveau parti des anti-libéraux, c'est à dire de quitter le navire PS qu'il juge en "perdition". Tenu bien en main par Une Ségolène Royal sans convictions autres que celle de la conquête du pouvoir, ce PS doit affronter une crise d'identité majeure, ignorée depuis trop longtemps.

 

Les socialistes réformistes, DSK, Rocard ou Kouchner, n'ont rien à faire avec les Mélanchon et autres grincheux anticapitalistes primaires. Nous le savions tous, mais sans réel espoir que cette réalité soit prise en compte. Car un tel choix remet en question leur modèle économique, leur carrière (pour ceux qui en ont encore une en politique). Aujourd'hui, il ne peut plus être ignoré ou reculé si Royal est battue au 2nd tour. Bayrou l'a compris et joue une recomposition du centre et du centre-gauche sous la forme d'un parti social-démocrate unifié (le PD) ou d'une confédération à l'italienne, sur modèle de l'Olivier. Là se trouve sa seule chance de poursuivre sa route dans le business politique. Il joue gros, ses troupes sont perdues et pas toutes tentées par ce risque considérable. Au moins Bayrou aura-t-il eu le courage de faire ce pari fou, quitte à finir seul.

 

Cela explique pourquoi il cogne sur Sarko à toute force, le traitant implicitement de truand. Lui, c'est le bon.  Qui est le troisième homme, enfin la 3eme femme ? Le western se jouera sur toutes les chaînes à partir de dimanche 6 mai à 20h00 (enfin 18h00 sur letemps.ch  si le serveur n'explose pas).

lundi, 23 avril 2007

Tout sauf Ségo !

C'est décidé. Un dernier verre de vodka cul-sec. Le 6 mai, je me mets au Canada Dry du libéralisme, Nicolas Sarkozy. Il a le goût et l'apparence du libéral, mais il n'est pas libéral; et la liqueur pourrait bien faire des trous dans le ventre. Toutefois, à côté de Ségo et son zoo de mammouths ambulant, je prends le risque du moindre mal. Même si cela constitue un risque non négligeable.

 

Une bonne nouvelle pour les libéraux, c'est que la philosophie libérale est de moins en moins taboue. Alors que les Français jugent (à tort) que Sarko est ultra-libéral, 11 millions d'entre eux ont eu l'audace de lui apporter son suffrage. Il n'y a que les amateurs éclairés pour comprendre la nature du tonique petit Nicolas. C'est un vrai bonapartiste qui rêve d'empire et d'autorité de l'Etat. Nous sommes loin de notre idéal de liberté.

 

medium_Sarko.2.JPGLa mauvaise nouvelle, c'est que sa politique, qui a de fortes chances de ne pas être libérale, risque d'être assimilée au libéralisme. Bayrou, lui, ne cherchait pas à apparaître comme un libéral, il n'y avait pas de risque de tromperie sur la marchandise. Sarko joue l'ambiguïté à plein. Et les libérauxauront alors pour mission de recadrer le débat pour ne pas ressombrer dans l'oubli à cause de leur image à nouveau trop droitière. Tout n'est pas perdu.

 

Je dirais même, y a d'la joie : le FN recule lourdement, avec un score qui devrait bien casser sa dynamique dans les prochains mois. Et puis comment ne pas sabrer le champagne devant la médiocrité du score de stars de l'extrême gauche telles que Bové, la Voynet, Schivardi ou Buffet , candidate au score historiquement le plus faible du PCF, parti des barbares ? José Bové, qui annonçait une surprise le 22 avril, nous a bien fait rire. Surtout quand il a eu le culot et la mauvaise foi de déclarer qu'il était profondément déçu par l'incapacité de la gauche antilibérale de jouer l'unité. De la part du dernier paria à s'être greffé sur la campagne présidentielle, cette mauvaise foi patente le place sur la deuxième marche du podium, juste derrière le champion cycliste Noël Mamère.

 

dimanche, 15 avril 2007

Esprit, sors de là

Au PS, il y a le feu à la maison. Ce corps est habité par un esprit mauvais, le socialisme le plus ringard. Il en souffre tellement depuis le réferendum du TCE que sa survie est en question. Un sondage des RG, dénommé "Mercure", donnerait Nicolas Sarkozy en tête, selon le Nouvel Obs, Ségolène Royal éliminée, et François Bayrou et Jean-Marie Le Pen au coude à coude, avec une "conjoncture positive" pour ce dernier. Bref selon les RG, le deuxième tour pourrait opposer Nicolas Sarkozy au leader du Front National... ou à François Bayrou. La pression pour un vote utile en faveur de François Bayrou est grande. Manip du Nouvel Obs et de la "gauche éclairée" ou informations fondées sur des faits réels ?
 
L'enjeu est lourd : la survie du PS. Si Ségolène Royal a réussi son hold up (préparé depuis longtemps) sur un PS moribond tenu par des éléphants défendant une idéologie d'un autre âge, le parti est une pétaudière au bord de l'implosion. Les anticapitalistes les plus archaïques (Mélanchon, Fabius) cottoient des socio-démocrates modernes (DSK, Bockel, Vals), européens convaincus des bienfaits de la concurrence et du marché. Certains esprits plus plus ouverts et véritablement influents, tels Michel Rocard ou Bernard Kouchner, sentent que cette occasion est à la fois historique et effrayante. Le PS peut mourir demain (2eme échec à passer au second tour d'une présidentielle), ou se transformer en un parti moderne véritablement social-démocrate. Voire à la pointe des réformes tant attendues.  
 
A l'origine des demandes de rapprochement de Bayrou et de Royal, aussi utopiques soient-elles, deux figures majeures hautement crédibles annoncent une révolution  culturelle de la gauche : Michel Rocard et Bernard Kouchner. Soit celle-ci se modernise et devient une force de progrès comme les travaillistes australiens ou néozélandais qui ont fait de leur pays des exemples de réussite. Soit elle s'enferme dans ses contradictions philosophiques et meurt. Au profit d'une UDF qui, ouverte aux différentes sensibilités, offre les meilleures perspectives de réformes structurelles à terme. Bayrou, pas la vacuité de son programme mais la ferme intention de sortir de notre impasse actuelle, est une éponge aux idées modernes.
 
Or, le PS dispose de personnalités capables de lancer cette dynamique. Un rapprochement entre les esprits les plus ouverts de la gauche et l'UDF me semble le plus prometteur. Il placerait nos confédérations syndicales devant un choix cornélien : faire trébucher un centre-gauche réformateur au profit d'une droite conservatrice bien plus brutale, ou laisser faire. Quoi qu'il arrive le 22 avril, les prochains mois promettent du changement. Il est temps !
 
Pour les libéraux, une porte est en train de s'ouvrir, sachons y placer le pied. Nous serons en bien meilleure position pour pousser nos réformes après cette recomposition inéluctable.

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samedi, 24 février 2007

Bayrou fait un modeste pas vers les libéraux

medium_Bayrou.jpgFrançois Bayrou, patron du traditionnel bourbier de centre mou, est sorti du bois hier, muni d'un bâton pour frotter les fesses de ses adversaires, en annonçant quelques axes de son programme. Il s'est offert une franche partie de plaisir en distribuant les mauvais points pour démagogie avancée à son rival de l'UMP et à sa concurrente du PS qui « à chaque réunion publique ajoutent un, deux, dix milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Cette attitude est irresponsable » va-t-il jusqu'à affirmer. Chapeau. Si le contenu n'est pas vraiment satisfaisant pour un libéral, certaines propositions méritent le respect.

 

Notamment sa guerre officiellement déclarée à la dette et aux déficits : « Lutter contre son accroissement, ça n'est pas un geste de théoricien, c'est un combat social ». Enfin un peu de lucidité dans ce monde de politiques irresponsables. Proposition : "Hors périodes de récession, l'interdiction de financer par la dette les dépenses courantes de l'État sera de toute façon gravée dans la Constitution. Ce principe fort répond exactement aux attentes de Contribuables Associés. Bonne mesure pour imiter l'expansion incontrôlable de notre Etat nounou.

 

Quelques mots sur un Small Business Act, ça ne mange pas de pain et ça plaît au public des PME. Et puis l'annonce d'une réforme (d'avance courageuse, même si tout le monde la promet maintenant) du régime spéciaux de retraites, avec le maintien de la répartition "à la carte". On retrouve là l'idée d'Alain Madelin (qui a passé du temps à aider François à rédiger ce programme, dans l'ombre) et de Christian Saint-Etienne, Sarkophobe notoire.

 

 

Ensuite, c'est le gloubiboulga habituel de l'UDF. Un peu plus de dépenses ici, quelques vagues promesses d'économies que l'Institut de l'Entreprise, dans sa grande naïveté, s'est tout de même amusé à évaluer (comme si les réductions étaient réalisées par qui que ce soit de l'establishment, surtout quand on apprécie à sa juste valeur le travail de Bayrou au Ministère de l'Education dans le passé...). Pas de réforme fiscale ambitieuse, pas beaucoup plus de liberté pour les citoyens. bref, rien de vraiment innovant, seulement un peu de sagesse par rapport aux promesses délirantes de Sarko et Ségo.

 

 

Allez François, encore une vingtaine d'années à ce rythme, et tu seras presque libéral !