mardi, 23 janvier 2007

Walmart exploite aussi l'énergie solaire !

medium_gursky_99cent.jpgTout le monde connait Wal Mart, ce monstre de la grande distribution qui a une facheuse tendance à exploiter ses salariés et à se battre contre les tentatives de syndicalisation. Avec certaines pointes à 1.5 milliards de dollars par jour, le chiffre d'affaire de Wal Mart frise les $ 316 milliards ! (et une marge nette de 3.5 %) Certes, ses 1.8 millions de salariés ne travaillent pas avec un pistolet sur la tempe : ils doivent bien y trouver satisfaction, notamment ceux qui travaillent aux Etats-Unis, pays qui ne connait pas le chômage. Mais enfin, les méthodes de l'entreprise n'e sont pas franchement emballantes, même si tout le monde y va faire ses courses car sa force, c'est : « Everyday Low Prices ».

Ce que le public sait moins, c'est que Wal Mart consacre plus de 700 millions de dollars par an à sa fondation, avec une importante distribution à de nombreuses institutions vénérables. Wal Mart a choisi de soutenir les projets éducatifs ou caritatifs des communautés qui vivent autour de ses grands centres commerciaux, sans oublier quelques instituts prestigieux de recherche (contre le cancer, le diabète...). Cette fondation constitue évidemment un moyen de rehausser l'image du groupe, mais aussi une contribution à la société civile, chose toute naturelle dan un pays qui n'attend pas grand-chose de l'Etat (avec raison).

medium_Solaire.JPGUne évolution récente mérite d'être exposée : Wal Mart, qui est aussi réputé pour sa négligence vis-à-vis de l'environnement, est en train de chauffer un investissement massif dans l'énergie solaire. Il faut dire que la pression monte chez les concurrents : Tesco a annoncé un investissement de $ 13 millions dans des toits solaires pour produire 2MW sur son immense centre de distribution californien à venir. Staples a démarré des investissements similaires, ainsi que Whole Food Market, spécialiste du bio.

Wal Mart a annoncé s'être fixé pour objectif de ne consommer à terme que des énergies renouvelables, de baisser drastiquement ses émissions de CO2 et de gaz à effet de serre. Wal Mart a donc lancé un appel d'offre considérable afin d'équiper progressivement tous ses centres commerciaux de toits photovoltaïques. Comme pour le reste, Wal Mart veut être le plus ambitieux, le plus gros, le plus impressionnant : le montant des contrats à venir pourrait se révéler gigantesque, "50 fois supérieurs à tout ce qui a été fait à ce jour."

La structure est originale : un organisme intermédiaire se chargerait de l'investissement (emprunt, investisseurs, amortissement) et de l'entretien, et Wal MArt s'engagerait à acheter l'énergie produite à un prix fixe pendant 20 ans. C'est le modèle déjà choisi par SunEdison et Whole Food Market pour 25 centres : SunEdison a formé un fond d'investissement de $ 60 millions avec le soutien de banques d'investissement pour le montage financier, et Whole Food ne s'engage qu'à acheter l'énergie à venir, sans avoir encombré son bilan de cet investissement lourd initial. Evidemment, les aides de certains Etats américains particulièrement sensibilisés par la question du réchauffement a tendance à accélérer le processus.

mardi, 26 décembre 2006

A new Starr (International Foundation) is born

medium_060923_LeFigaro_Alternative_Liberale_veut_un_candidat_en_2007.4.jpgLe sulfureux mais non moins génial Hank Greenberg a fondé une nouvelle fondation caritative dotée de 20 milliards de dollars (en actions AIG pour l'essentiel), basée en Suisse. Il a reçu l'aide de trois personnes fortunées, dont l'ancien patron de la prestigieuse Goldman Sachs, son vieil ami John Whitehead. Son objectif est de lutter contre la pauvreté et contre certaines maladies dévastatrices dans le monde le moins développé. Peut-être s'agit-il d'une revanche sur la vie, suite aux trahisons qui se sont abattues sur lui depuis quelques années (et qui l'ont évincées de la maison qu'il a fondée : AIG). Ou bien un ressort vital, celui de construire un projet d'envergure internationale. A son âge, on ne rebâtit pas un groupe comme AIG. En tout cas, l'enjeu est considérable, les sommes investies aussi.

 

Rappelons que Melinda et Bill Gates ont engagé 32 milliards dans leur fondation, rejoints par les 29 milliards de Warren Buffet. Bref, la dynamique est lancée : les plus grosses fortunes mondiales ont compris qu'il était de leur responsabilité d'engager leurs compétences, leurs réseaux et leur fortune au service de grandes causes humanitaires : lutte contre le SIDA, contre la malaria, pour l'alphabétisation de populations entières ...

 

Ce mouvement est très important car il révèle à quel point l'initiative individuelle est cruciale dans ces domaines humanitaires. Aujourd'hui, le budget annuel de la fondation des Gates dépasse celui de l'OMS. Et l'emploi de chaque dollar y est également bien plus efficace car les donateurs se sentent bien plus concernés par leur emploi que les hauts fonctionnaires internationaux d'institutions telles que l'OMS, si impliqués soient-ils. Après des décennies de gabegie d'institutions internationales, de dons d'Etat à Etat qui ont nourri la corruption et freiné (sinon bloqué)  les réformes, l'espoir avait commencé à fondre. Avec l'émergence de personnalités qui ont vraiment étudié et mis en oeuvre des solutions qui ont fait leurs preuves, telles Hernando de Soto ou Muhammad Yunus, les perspectives de la solidarité internationale sont encourageantes. Espérons que ces sommes nouvelles viendront accélérer ce mouvement.